la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

La communication non violente au quotidien

 

La communication non-violente au quotidien par Rosenberg

 

Marshall B. Rosenberg

 

Simone Mouton di Giovanni (Traducteur)

ISBN : 2883533148 

Éditeur : JOUVENCE (15/06/2003)



4ème de couverture :

Communiquer, nous le faison tous constamment et tous les jours. Cependant peu sont celles et ceux qui connaissent les règles d’une communication réellement respectueuse de soi et de l’autre.

Dans ce livre, Marshall B. Rosenberg propose une méthode qui permet en toutes circonstances d'accroître la qualité de la relation, la compréhension et les rapports entre les personnes, mais aussi et surtout le respect de nos différences mutuelles.



Extraits :

 

"Nous nous créons beaucoup de problèmes en employant un langage statique pour faire face à un monde en perpétuel changement."

 

"Lorsque quelqu’un vous entend réellement sans vous juger, sans essayer de vous rendre en charge, ni de vous modeler, c’est délectable."

 

"La violence, entre nations ou membres d’une famille, a de plus fortes chances de survenir quand les gens ont appris à penser en termes de ce qui ne va pas chez les autres au lieu de ce qui se passe en eux."



Mon avis :

La communication non violente est la base de mon métier, enfin, dans un monde idéal. Je suis presque obligée d’être violente maintenant. En moyenne j’accueille téléphoniquement ou physiquement, dans un centre social, 14 personnes en une heure. Je dois écouter, évaluer l’urgence et orienter. Pendant que j’essaie d’écouter une personne, le téléphone sonne inlassablement et les autres usagers entrent et attendent, entendant les propos de la personne que je reçois.

Si je laisse la personne s’exprimer sans lui couper la parole, sans aucun autre bruit autour, elle mettra moins de deux minutes à exposer son problème mais ce n’est pas le cas.

Alors faire les exercices de ce petit livre m’a permis de retrouver un certain équilibre, de me remettre en question.

 

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Nous

 

Nous par Nicholls

 

David Nicholls

ISBN : 226406742X 

Éditeur : 10-18 (07/04/2016)

 

4ème de couverture :

Paris, Venise, musées, trattorias : un été bien chargé pour les Petersen. Douglas est ravi, mais il le sait, c’est sa dernière chance de prouver aux siens qu’il est attentionné et fun. Lasse de leur vie rangée, Connie, la mère rumine son passé. Quant au fils, Albie, entre fugues et flirts, il pense à s’émanciper. Crise de la cinquantaine, de couple, d’adolescence - et nouveau départ ? La vie, et les sentiments… Eux, c’est nous.

 

Extraits :

“On m'avait toujours laissé croire que vieillir était un processus lent et progressif, un glacier avançant en toute discrétion. Aujourd'hui je m'aperçois que ça vous tombe dessus très vite, comme la neige qui s'écroule d'un toit.”

“Seul est un mot dérangeant, on ne le balance pas comme ça sans façon. Trop souvent associé à toutes sortes d'adjectifs plus sombres, comme triste ou bizarre, il met les gens mal à l'aise.”

“L'intelligence émotionnelle. Un parfait oxymore.”

“Pourquoi, me demandais-je, les gens cherchaient-ils une représentation de ces mêmes expériences qui, dans la vraie vie, les rendraient fous de désespoir ?”

“Le verbe croire n’implique-t-il pas un certain doute, la possibilité d’une persuasion ?”

“On défend les gens qu’on aime. C’est comme ça, un point c’est tout.”

 

Mon avis :

Tout part d’une phrase prononcée par Connie, la femme de Douglas, une nuit : je crois que j’ai envie de te quitter. Connie explique à Douglas qu’elle l’aime toujours, qu’elle veut toujours partir en vacances avec Albie, leur fils, et lui et qu’elle prendra sa décision au retour. Albie est un adolescent de 17 ans, nonchalant, sale et voulant faire des études pour être photographe au grand désespoir de son père biologiste. Connie, une ex-artiste, ex-fêtarde, ex-droguée, profitant de la vie, protège son poussin.

Douglas pense avoir encore une chance de faire changer d’avis Connie. A lui d’être le mari et père protecteur et cool. 

Ils partent en train et à chaque ville visitée, Douglas nous raconte son histoire avec Connie, son couple improbable, les bons moments comme les mauvais. Cet homme aimerait le meilleur pour son fils, Albie pense qu’il n’est pas à la hauteur avec son père. Connie calme d’un côté, rassure de l’autre et nous continuons notre voyage. La vie de couple est disséquée, leur passé raconté jusqu’à ce jour où Albie rencontre une jeune femme rebelle qui joue de l’accordéon dans les rues d’Europe et il fugue avec elle. Ses parents se retrouvent seuls et ne supportant plus leur tête à tête, Connie prend la décision de rentrer.

Douglas se retrouve dans la peau d’un super héros et promet à Connie qu’il va retrouver leur fils et imagine surtout qu’il va sauver leur couple.

Le voyage continue et Douglas piètre voyageur va se retrouver dans des situations extrêmes et cocasses.

Si la première partie nous fait ressortir le mauvais côté des personnages, leur égoïsme, leur manque d’effort pour vivre harmonieusement, la suite est différente et fait ressortir l’humanité et l’authenticité de ces trois personnages. C’est un récit drôle, très drôle, tendre et pourtant construit avec une précision digne d’un chirurgien.

La crise de la cinquantaine vécue et racontée par cet homme, pas très doué, est jubilatoire. Connie va t-elle quitter Douglas ? Vous ne croyez quand même pas que je vais vous le dire !

 

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Il est grand temps de rallumer les étoiles

 

Il est grand temps de rallumer les étoiles

 

Virginie Grimaldi

ISBN : 221370970X 

Éditeur : FAYARD (02/05/2018)

 

4ème de couverture :

Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers.

Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée.

À 17 ans, Chloé a des rêves plein la tête mais a choisi d’y renoncer pour aider sa mère. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l’amour.

Lily, du haut de ses 12 ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire.

Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.

 

Extraits :

 

"J'ai traversé la cité en la regardant s'animer. Le matin, ça sent l'espoir."

 

"Les études, au pire, c'est payant, au mieux, ça ne paie pas."

 

"Peut-être que les hommes sont comme Cendrillon, ils se transforment après l'amour."

 

"Tout ce que je ressens est décuplé. Je grouille d'émotions, je fourmille de sentiments."

 

"Les parents sont des funambules. On marche sur un fil tendu entre le trop et le pas assez, un colis fragile entre les mains."

 

"Plus tard, quand on les a quittés, j'ai songé que, nous autres, les humains, serions bien emmerdés si on n'était pas doté du rire. On serait obligés de toujours afficher nos vraies émotions."

"On m'avait prévenue que le temps filait, je n'imaginais pas à quel point."

 

" Mais ce silence-là, il était différent. Il nous réunissait."

 

Mon avis :

Anna croule sous les dettes, est exténuée par son travail de serveuse, ne voit plus ses filles. Chloé, jeune femme de 17 ans veut être aimée et est devenue la fille facile de la cité.  Lily est une petite fille très drôle, différente et harcelée à l’école. Le père vit à Marseille et ne donne que très peu de nouvelles. Le patron d’Anna veut la licencier pour embaucher à sa place sa maîtresse. Anna va avoir le courage nécessaire, après réflexion, pour lui faire un tout petit chantage. La somme d’argent représente l’intégralité de ses dettes et ne plus entendre frapper l’huissier à sa porte est un luxe qui donne du courage à cette femme, ou plutôt à cette mère.

Tout est réglé dès les premières pages alors ? Non, la vie n’est pas si facile, elle réserve toujours des surprises et pas toujours des bonnes.

Anna est à la maison maintenant, voit vivre ses filles, surprend Chloé avec un garçon dans sa chambre et apprend le harcèlement de Lily à l’école.

Ses filles vont mal et les priorités d’Anna changent à la minute même de ce constat. L’argent ne servira pas à régler les dettes mais à voyager avec ses filles, histoire de les changer d'environnement, de les couper de leur vie malheureuse.

La mère et les filles vont entreprendre un parcours jusqu’en Scandinavie en camping-car. La cohabitation va être rude mais cela en vaut la peine.

Chacune à leur tour nous raconte ce périple, les rencontres, les amitiés, la solidarité avec d’autres personnes et la beauté des paysages. Chacune nous raconte les rancoeurs, leur colère, leur tristesse mais aussi la joie et les moments de bonheur.

Elles vont devoir rentrer, les dettes seront toujours là, la cité aussi, mais elles auront une vision différente de leur vie et auront les clés pour continuer.

Une belle histoire à savourer dans nos contrées chaudes, voire caniculaires cette année. J’ai envié tous ces gens de pouvoir se blottir sous des couettes et de boire des boissons chaudes. J'aimerais que toutes les femmes puissent prendre de telles décisions, et surtout reprendre leur vie en mains comme Anna.

 

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Âpre coeur

 

Âpre coeur par Zhang

Jenny Zhang

ISBN : 2809713898 

Éditeur : PHILIPPE PIQUIER (03/01/2019)

Traducteur : Santiago Artozqui



4ème de couverture :

Elles ont 7 ou 9 ans à New York. Elles s’appellent Christina, Lucy, Frangie ou Annie… Elles partagent des lits à punaises et des parents chinois qui luttent chaque jour pour les nourrir, leur payer l’école et les faire grandir dans le rêve américain. C’est leurs voix qui nous parlent, spontanées, crues, bouleversantes, elles racontent une enfance dans les marges, le racisme et la violence quotidienne, et l’amour immense des parents qui les protège et les étouffe.

C’est ainsi qu’elles apprennent à sortir de l’enfance avec une audace et une soif de vivre qui éclatent à chaque page.

Des gamines inoubliables qui font valser les clichés de la littérature d’immigration, dans ce premier roman d’une énergie folle qui laisse le lecteur étourdi.

 

Extraits :

“Rien de tout ça ne nous mènerait à un endroit qui diffèrerait un tant soi peu de notre point de départ.”

“J'ai toujours pensé que c'était cette possibilité - que mon père puisse mourir en se couvrant de ridicule - que ma mère avait le plus apprécié.”

“Je suis désolée, lui disais-je tout le temps dans ma tête, mais jamais dans la vraie vie, tout comme elle, qui ne disait jamais non plus dans la vraie vie qu'elle était désolée, bien que je ne sache pas si elle s'excusait aussi dans sa tête et si elle se rendait compte qu'elle pouvait me blesser et me décevoir tout autant que je la décevais, et qu'elle me faisait me sentir si seule que parfois, je n'arrivais même plus à me reconnaître dans un miroir ou sur une photo.”

“Être quelqu'un c'est terrifiant.”

“Pourquoi ma mère, une adulte, parlait-elle comme si on avait chié sur tous ses espoirs et tous ses rêves tout en me poussant, moi, une simple petite fille, à faire mieux, à accomplir plus, à tenir  tête à tous les impondérables pour devenir une légende ?”

 

Mon avis :

Le rêve américain raconté par une ou deux ou sept petites filles d’une dizaine d’années dont les parents viennent de Chine. Au début, une chambre insalubre, des punaises, les aliments ramassés dans les poubelles, les combines pour se faire un peu d’argent. Les pères violents ou infidèles, les mères battues ou rancunières. Dehors il y a les gangs, la drogue, les meurtres. Il faut apprendre la langue du pays, subir les humiliations, les agressions sexuelles ou autres. Le poids du sacrifice des parents pour que leur fille puisse avoir une belle vie dans ce beau pays. La protéger aussi, alors on vérifie tout, sur son corps pour la préserver. Puis le temps passe, la vie s’améliore un peu avec le travail trouvé mais interminable. IL y a de l’amour dans ces familles, même quand elles sont au fond du gouffre, on voit le soleil briller, l’espoir est là, toujours.

Les mots sont crus, les phrases sont longues comme une noyade avant de reprendre son souffle. C’est leur vie, c’est la vie, laide et belle, tout en paradoxe.

 

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Mission Hygge

 

Mission Hygge par Franc

Caroline Franc

ISBN : 2412037337 

Éditeur : FIRST (24/05/2018)



4ème de couverture :

Reporter de guerre émérite, Chloé aime le frisson, l’adrénaline, le danger. Mais quand elle est coincée au journal, elle est insupportable. Son rédacteur en chef décide donc de l’éloigner un moment, pour le bien des équipes. Direction Gilleleje, petit village côtier au nord du Danemark, dont les habitants viennent d’être très sérieusement déclarés “les plus heureux du monde”. Le bonheur ? Chloé ça lui file le bourdon… mais on ne lui laisse pas le choix : c’est ça ou la porte. Alors l’habituée des conflits va devoir s’adapter aux grosses chaussettes au coin du feu. Et cela pourrait bien changer sa vie.



Extraits :

"A bien y réfléchir, c’était la raison de son trouble. Le fait qu’elle ait pu, au-delà de la colère, lui inspirer de la pitié."

"On croit beaucoup à ça, nous. A l’importance des choses minuscules."

"Elle venait de s’installer dans un lieu préservé de toute ironie et dont le calme était étrangement contagieux."

"C’est plus quelque chose qui se ressent. C’est une façon de vivre. Comme si on mettait en place des petits rituels, pour que les bons moments soient encore meilleurs."


Mon avis :

Chloé a poussé le bouchon trop loin. Son rédacteur en chef lui demande de choisir entre le licenciement pour faute ou une enquête sur le bonheur au Danemark. Elle n’a pas trop le choix la Chloé, alors après avoir râlé pendant des heures, elle part au pays du bonheur. Hors d’elle, Chloé se donne à fond pour repousser la bienveillance naturelle des danois. La cohabitation la plus pénible est avec Inge sa nouvelle collègue. Tout son contraire : souriante, toujours de bonne humeur, aimable avec tous alors que sa mère est en fin de vie. Une belle leçon. En plus Inge est grassouillette, s’habille en rose sans complexe, et à l’air bien dans son corps. Chloé observe le comportement des personnes qui l’entourent : sa logeuse, son patron, sa collègue, et les autres. Sa carapace fond doucement sans qu’elle s’en aperçoive et elle va devoir expulser ses angoisses, ses doutes, sa culpabilité.

C’est un très bon moment de lecture. Je me demande Si Chloé et Inge ne seraient pas les deux moitiés d’une même femme : l’Auteure. Je lisais son blog depuis de nombreuses années, c’est mon ressenti à la fin de cette histoire. Le Yin et le yang, le noir et le blanc, le petit démon sur l’épaule gauche et l’ange sur la droite. La complexité d’une femme moderne.

Faire avec… J’ai bien compris le message, merci !

 

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L'écho de ta mémoire

 

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Cristine Verlédène

Parution le 25 juin

 

 

 

 

 

 

Extraits :

"Je me rappelle encore ce jour, où de manière si imprévisible, tu t’es avec fracas introduite dans ma vie."

 

"Qu’importe. Le rêve à la vie dure."

 

"Tu es désormais mon doux regret. Vois-tu ? Le temps ne guérit pas les blessures. Il ne fait que commuer en amer renoncement, ce qui hier, était désespoir."



Mon avis :

C’est une terrible, et pourtant si belle histoire d’amour. L’amour d’un pays en premier, puis celui d’une très jeune femme.

Cristine entraîne sa soeur à la découverte de la Sicile. Elles sont jeunes, libres, gaies et se font vite des amis siciliens, se font héberger puis vivent dans un camping. Elles font la fête tous les soirs, jusqu’à la rencontre : l’inimitié ressentie par Cristine sera à la mesure de cet amour qu’elle ne pourra nier plus tard.

Le destin fait ce qu’il veut, tourneboule les coeurs et fait chavirer des vies. Christine nous narre d’une voix poétique, légère et douce l’incompréhensible, le chaos, puis les regrets et l’acceptation. J’ai suivi  l’auteure dans ses aventures, j’ai tremblé avec elle, et pleuré, j’y étais aussi, en Sicile, à Paris où sur son île natale.

Rentrer dans cette histoire  avec le style délicat de l’auteure, c’est comme rentrer dans un magasin de porcelaine avec la peur de tout casser. Je suis ressortie sur la pointe des pieds, admirative et avec cette citation de René Char dans la tête :

“Ne te courbe que pour aimer

Si tu meurs, tu aimes encore.”

 

Une magnifique découverte. Merci Cristine.

 

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Toute une vie et un soir

Toute une vie et un soir par Griffin

 

 

Anne Griffin

ISBN : 241301750X

Éditeur : DELCOURT LITTÉRATURE (03/04/2019)

 

4ème de couverture :

Dans une bourgade du comté de Meath, Maurice Hannigan, un vieux fermier, s’installe au bar du Rainsford House Hotel. Il est seul, comme toujours. Sauf que ce soir, rien n’est pareil : Maurice est là pour se souvenir - de tout ce qu’il a été et de tout ce qu’il ne sera plus. Au fil de la soirée, il veut porter un toast aux personnes qui ont le plus compté pour lui. Il lève son verre à son grand frère Tony, à la petite Molly, son premier enfant trop tôt disparu, à l’innocente Noreen, sa belle soeur un peu timbrée, au talent de son fils journaliste qui mène sa vie aux Etats-Unis et, enfin, à la modestie de Sadie, sa femme tant aimée, partie deux ans plus tôt. Au fil de ces hommages, c’est une vie entière qui se révèle dans sa vérité franche et poignante…

 

Extraits :

“Il n'empêche, je suis assis ici et j'ai mes raisons fiston. J'ai mes raisons.Il n'empêche, je suis assis ici et j'ai mes raisons fiston. J'ai mes raisons.”

“J'aurais peut-être été plus heureux si t'avais été con. Le portrait de ton père. J'aurais eu moins de mal à discuter avec toi.”

“Moi, je préfère les petits espaces douillets, rassurants. On s'y sent au chaud, sans compter que c'est plus pratique d'avoir tout à portée de main.”

“Crois-moi sur parole, ça s’arrange pas avec l’âge. C’est comme si on s’enfouissait toujours plus loin dans notre solitude. Pour régler nos problèmes nous-mêmes.”

“Personne, absolument personne ne peut savoir ce que c’est de perdre quelqu’un qu’on aime tant qu’il l’a pas vécu.”

“Vous savez donc que c’est l’enfer sur terre. On a le choix entre vivre avec cette peine ou la fuir.”

 

Mon avis :

Tout d’abord je n’ai pas apprécié la rencontre avec Maurice vieil homme de 84 ans. Dès les premières pages le voilà qui abandonne son chien et le donne à sa femme de ménage. Le chien fera de la résistance ne comprenant pas. Maurice a quand même un mauvais caractère, a passé sa vie à gagner de l’argent sur le malheur des autres et il est rancunier, c’est le moins qu’on puisse dire. Sa femme est morte il y a deux ans et son fils lui suggère depuis de vivre dans une maison de retraite.

Alors Maurice a mis de l’ordre dans ses affaires, a rangé, vendu et fait son testament. Un an qu’il fait des cartons. Le dernier avec ses affaires courantes est parti. C’est le grand soir, Maurice a réservé la suite de l’hôtel du village et il va passer la soirée au bar, portant un toast à chaque personne chère à son coeur et comme il ne sait pas bien écrire il va raconter en s’adressant à son fils.

Il commence par Tony son grand frère protecteur mort jeune de la phtisie après des semaines d’agonie. Il raconte ses parents, son frère, ses deux soeurs. La misère aussi mais bien plus douce que dans les autres familles. Le travail et l’injustice, cette injustice qui le rendra rancunier à mort ou presque.

Sa petite fille morte avant de naître. Un abîme de chagrin pour Sadie son épouse et lui. Maurice se remémore la rencontre avec l’amour de sa vie, le mariage, la vie commune.

Et dans cette vie commune avec Sadie, il y a Noreen, sa belle-soeur si différente et vivant dans un institut fermé, puis avec eux à la mort des parents.

Un toast pour Kevin, son fils, si brillant, tout le contraire de son père. Maurice, si fier de son fils, aurait peut être préféré qu’il lui ressemble plus.

Le dernier toast est pour Sadie l’amour de sa vie, celle qui lui a redonné confiance en la vie.

Maurice nous narre ses grands malheurs et ses petits bonheurs, ce qui remplit une existence.

Et puis, et puis… Il y a tout ce que je n’ai pas dit. A vous de le découvrir.

C’est un livre à lire au coin du feu, enveloppé dans un plaid avec un thé fumant sur la table du salon. Un style agréable pour exposer une vie simple et pourtant si riche.

 Un grand merci à Babelio Masse critique ainsi qu'aux Editions Delcourt 

 

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À son image

 

À son image par Ferrari

 

Jérôme Ferrari

ISBN : 233010944X

Éditeur : ACTES SUD (22/08/2018)



4ème de couverture :

Par une soirée d’août, Antonia, flânant sur le port de Calvi après un samedi passé à immortaliser les festivités d’un ma­riage sous l’objectif de son appareil photo, croise un groupe de légionnaires parmi lesquels elle reconnaît Dragan, jadis rencontré pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Après des heures d’ardente conversation, la jeune femme, bien qu’épuisée, décide de rejoindre le sud de l’île, où elle réside. Une embardée précipite sa voiture dans un ravin : elle est tuée sur le coup.

L’office funèbre de la défunte sera célébré par un prêtre qui n’est autre que son oncle et parrain, lequel, pour faire rempart à son infinie tristesse, s’est promis de s’en tenir stric­tement aux règles édictées par la liturgie. Mais, dans la four­naise de la petite église, les images déferlent de toutes les mémoires, reconstituant la trajectoire de l’adolescente qui s’est rêvée en photographe, de la jeune fille qui, au milieu des années 1980, s’est jetée dans les bras d’un trop séduisant militant nationaliste avant de se résoudre à travailler pour un quotidien local où le “reportage photographique” ne sem­blait obéir à d’autres fins que celles de perpétuer une collec­tivité insulaire mise à mal par les luttes sanglantes entre clans nationalistes.

C’est lasse de cette vie qu’Antonia, succombant à la tenta­tion de s’inventer une vocation, décide, en 1991, de partir pour l’ex-Yougoslavie, attirée, comme tant d’autres avant elle, dans le champ magnétique de la guerre, cet irreprésentable.

De l’échec de l’individu à l’examen douloureux des apories de toute représentation, Jérôme Ferrari explore, avec ce roman bouleversant d’humanité, les liens ambigus qu’entre­tiennent l’image, la photographie, le réel et la mort.

 

Extraits :

"La lumière réfléchie par des corps désormais vieillis ou depuis longtemps tombés en poussière avait été captée et conservée au cours d'un processus dont l'aspect miraculeux ne pouvait être épuisé par de simples explications techniques."

"En prenant des photos, elle réalisa qu'elle devait connaître à coup sûr chacun des visages dissimulés sous les cagoules et ce qui aurait pu lui apparaître comme un privilège d'initiée aux mystère la déprime profondément. Toute sa joie d'accomplir une tâche qui en valait la peine disparu."

"Comment a-t-elle pu partir sans même songer à s'assurer qu'elle serait en mesure de comprendre ce qu'on lui dirait et de se faire comprendre elle-même ?"

“Elle est venu photographier la guerre, garder la trace de ce qui se passe ici. Elle est aussi venue pour vivre une autre vie que la sienne.”

 

Mon avis :

Difficile de se construire en tant que femme quand on naît en Corse. Outre l’atavisme des familles de l’île singulière, le poids de la religion et le FLNC, entrave toute liberté. Antonia a la chance d’avoir son parrain prêtre qui l’aide dans ses passions et projets.  Antonia décida de devenir Photographe. Elle aime Pascal, l’indépendantiste en herbe et le meilleur ami de ce dernier aime Antonia en silence. Le ton est donné.

Antonia meure, et en ce jour où son parrain doit célébrer son éloge funèbre, sa vie défile dans la mémoire et le chagrin de ceux qui l’accompagnent dans son dernier voyage.

La vie d’Antonia et la culture Corse sont passionnantes dans cette histoire. Cette jeune femme part dans un pays en guerre pour fuir sa vie et être le témoin de l’horreur ailleurs.

Forcément j’ai moins aimé les descriptions un peu longues sur la photographie et les horreurs de la guerre. Le tout est parfaitement maîtrisé par l’auteur avec un style enlevé.

 

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Être à distance

 

Être à distance par Guelfenbein

Carla Guelfenbein

ISBN : 2330074654

Éditeur : ACTES SUD (11/01/2017)

Traducteur : Claude Bleton



4ème de couverture :

Vera Sigall, romancière octogénaire aussi discrète qu’adulée, est retrouvée inconsciente au pied de son escalier, victime d’une chute supposément accidentelle - mais une porte dérobée de sa maison est restée entrouverte… Son ami Daniel, de cinquante ans son cadet, architecte sans illusion et mari mal aimé, est troublé par les conclusion de l’enquête. Dans la salle d’attente de l’hôpital, il fait la connaissance d’Emilia, étudiante franco-chilienne qui consacre sa thèse à l’oeuvre de la romancière. Elle était venu au Chili pour la rencontrer, sur la recommandation, sur le recommandation chaleureuse d’Horacio Infante. Cet éminent poète, ancien amant de l’écrivaine, a mystérieusement pris Emilia sous son aile.

Ensemble la jeune femme et Daniel affrontent les secrets de la liaison passionnelle et destructrice de ces deux monstres sacrés, unis par un pacte indicible depuis plus d’un demi-siècle, et commencent à écrire la légende de leur propre histoire.

Autour du corps inanimé de Vera, telles des planètes en gravité tirant leur énergie d’une superbe étoile, chacun vient mettre en scène ses plus intimes failles et faire l’inventaire des zones d’ombre du mensonge et de la vérité, du talent et de la médiocrité, de la consécration et de l’oubli.

 

Extraits :

“Tu me disais souvent que toute la richesse d'un créateur, c'étaient ses fractures, ses incertitudes, ses questions et ses faiblesses, le doute constant de la raison ultime des choses. C'était à travers ces failles que pouvait surgir ce qui n'avait jamais été là auparavant.”

“Et je me dis que le bonheur et la douleur allaient ensemble, et que nous ne pouvions pas savoir à l'avance quand l'un ou l'autre prendrait l'avantage.”

“Que puis-je faire de cette paix qui se faufile dans les interstices en m'étouffant, et que vous autres appelez le bonheur ?”

“Jusqu’à quel point sommes nous capables de connaître l’autre ? Il reste toujours une zone insondable, un espace où sont nichés les sentiments les plus bas, un territoire obscur, qui bien souvent n’est même pas visible à nos propres yeux, car dans le cas contraire le délicat échafaudage que nous avons dressé au cours de notre existence s’effondrerait d’un seul coup.”

 

Mon avis :

Tout est dit dans le résumé de l'Éditeur et ce n’est pas en le lisant que j’ai choisi ce livre. C’est le titre qui m’attirait : Être à distance… À distance de quoi, de qui ? Et puis je connaissais le style de  Carla Guelfenbein et je savais que cette histoire serait idéale pour quelques jours de congés. Une romancière octogénaire qui fait une mauvaise chute accidentelle ou pas dans un escalier, c’est presque banal. Ce qui ne l’est pas, ce sont les personnages qui gravitent autour d’elle et le mystère qu’elle a entretenu toute sa vie presque malgré elle.

Daniel, l’ami voisin, l’Architecte incapable d’aller au bout de ses rêves, marié pourtant à son premier amour, mais qui vit mal car son épouse est une arriviste. Emilia, l’étudiante qui vient rencontrer Vera  au Chili et étudier son oeuvre pour sa thèse et qui ne supporte pas qu’on la touche et pourtant fiancée à un ami d’enfance, petit en taille. Horacio, l’ancien amant, poète reconnu et pourtant porteur de secrets et léger manipulateur. Ces trois personnages nous racontent, du moins nous en avons l’impression,  l’histoire de Vera, leur histoire et révèlent petit à petit, leurs failles, leurs amours, les mensonges et les raisons de leurs actes.

L’auteure est une magicienne, elle nous entraîne, dans ses histoires, et nous sommes ferrés dès les premières lignes. Alors il ne reste qu’une envie : rester dans l’histoire le plus longtemps possible.

 

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Une fois dans ma vie

 

Une fois dans ma vie par Legardinier

 

 

Gilles Legardinier

ISBN : 2081416921

Éditeur : FLAMMARION (04/10/2017)



4ème de couverture :

Trois femmes, trois âges, trois amies que les hasards de la vie et les épreuves ont rapprochées dans un lieu comme aucun autre.

Trois façons d’aimer, dont aucune ne semble conduire au bonheur.

Séparément, elles sont perdues. Ensemble, elles ont une chance.

Au milieu des hommes, cramponnées à leurs espoirs face aux coups du sort, avec tous les moyens et l’imagination débordante dont elles disposent, elles vont tenter le tout pour le tout.

Personne ne dit que ça ne fera pas de dégâts…

 

Extraits :

“Aujourd'hui consciente d'être minuscule dans un monde tiède, elle ne voit plus d'horizon vers lequel courir.”

 

“Eugénie n'est plus vraiment jeune et pas tout à fait vieille. Qu'est ce qu'on fait quand on en est là ? A qui peut on poser les questions ? A qui peut on seulement confier ses doutes ? Elle flotte entre deux clichés au coeur de la zone grise dont personne ne dit jamais rien.”

“C'est ainsi que, sous les étoiles, elle a commencé à remplacer les regrets par une volonté d'adaptation et les résignations par des révoltes.”

 

“Qu'une fois dans nos vies, nous puissions nous dire, chacune à notre façon, que ces chemins tortueux nous ont conduites, au bout du compte, à l'endroit où nous pouvons être nous-mêmes, en paix, au milieu de ceux que nous aimons.”

“Dans la vie, comme sur une scène, rien n’est jamais gagné, rien n’est jamais perdu. Les belles choses n’arrivent pas qu’une seule fois dans une vie.”

 

Mon avis :

Dans un théâtre, on est à l’abri de la vie. Une sorte de pause. Eugénie a fait de son rêve une réalité et elle est gardienne de ce théâtre. Elle arrive à un âge où il faut qu’elle redessine sa vie, son avenir. Ses enfants, devenus adultes, sont partis vivre leur vie. Victor, son mari, l’observe avec inquiétude. La dépression n’est pas loin.  Ses deux jeunes amies Céline et Juliette rencontrent aussi des difficultés dans leur vie.Elles sont bénévoles et passent leur temps libre dans le théâtre. Leur amitié est sincère, authentique, rafraîchissante et si isolées ces femmes restent au pied du mur, ensemble elles vont trouver des solutions ou du moins un moyen d’avancer. Les chapitres peuvent être gais, tristes, très drôles selon les situations vécues. Plusieurs thèmes sont abordés comme la dépression qui guettent les femmes à la cinquantaine, le coup de foudre et l’amour interdit, l’entraide, l’acceptation des différences et même la rivalité.

J’ai beaucoup ri et ce livre cocon a été réconfortant.

 

Posté par pyrouette à 18:37 - Commentaires [10] - Permalien [#]
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