la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

84, Charing Cross Road

 

84, Charing Cross Road par Hanff

 

Helene Hanff

Marie-Anne de Kisch (Traducteur)

ISBN : 2746700581

Éditeur : AUTREMENT (23/12/2000)



4ème de couverture :

 

Pendant vingt ans, une New-Yorkaise fauchée a entretenu une correspondance avec son libraire londonien. Ses lettres, libres, émouvantes et inattendues, ont déjà conquis Anglais et Américains.



Mon avis :

 

Pendant des années, j’ai évité ce tout petit bouquin. Le titre ne me plaisait pas. Le fait que tous les lecteurs aiment et encensent cette histoire ne me plaisait pas. Et puis, à court de lecture, baguenaudant dans les rayons de la médiathèque, sans idée, rien, le voilà qui me fait de l’oeil sur une étagère. Hop dans mon sac et retour à la maison.

Évidemment, comme j’ai bon caractère, je me suis dit en râlant et en commençant l’histoire que je n’aimerais pas. Et je l’ai lu d’une traite.

Ce recueil de courriers entre Helene et Franck est un délice. Un peu comme une trouvaille dans un grenier, tu t’installes sur place et tu sais que tu ne vas plus bouger avant la fin de ta lecture.

Helene est fauchée, aime les beaux livres et décide de les commander dans une librairie londonienne par courrier. C’est l’après-guerre et même si Helene a des difficultés pour vivre, elle a de quoi manger. Le rationnement est encore en vigueur à Londres. Très vite Helene va proposer à Frank, son correspondant, d’envoyer des colis alimentaires surtout de viande et d’oeufs. Les employés de la librairie sont ravis et reconnaissants. Si la correspondance est basée sur Helene et Frank, d’autres employés vont correspondre avec Helene.Elle est exigeante avec les commandes de ses beaux livres rares, a beaucoup d’humour, de tendresse. Une amitié est née et elle va durer plus de vingt ans. Helene aura toujours le désir de se rendre à Londres pour voir ses amis mais ne pourra pas le faire.

Le temps passe, certains employés partent et Frank meurt, la librairie ferme.

J’ai adoré ce livre à tel point que je n’ai noté aucun extrait, je ne voulais pas perdre la magie de ce moment.

 

Posté par pyrouette à 09:13 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

À qui se fier ?

 

À qui se fier ? par Dumont

 

 

 

Agnès Dumont

ISBN : 2930538813

Éditeur : QUADRATURE (07/02/2018)





4ème de couverture :

 

« Elise s'était contentée d'un sourire affectueux. Son grand avait toujours été ainsi : il se méfiait de tout et de tout le monde, et qu'est-ce que cela lui rapportait au bout du compte ? Des aigreurs d'estomac ou des migraines. Maux dont elle-même, heureuse nature, était le plus souvent dispensée. »

Qui sommes-nous ? Qui sont ceux qui nous entourent et que nous croyons connaître ? Nous portons un masque et les autres aussi. Mais ces masques ne sont-ils pas tout aussi vrais que ce qu'ils prétendent dissimuler ?



Extraits :

 

“S'il y a pire que les justifications de ceux qui n'ont pas osé vivre leur aventure, ce sont les souvenirs ridés de ceux qui ont osé il y a longtemps.” (Nous c'est pas pareil)

 

“Je n'avais pas encore eu le temps de m'habituer à ma nouvelle situation de femme déçue.” (Cent cinquante grammes de Christophe Colomb)

 

“Je connais ce genre d’individus solitaires, capable de n’importe quelle excentricité pour engager la conversation. J’ai un don pour les attirer." (Pourquoi m’a-t-il élue ?)

 

 

Mon avis :

 

Je me déplace en transports en commun essentiellement et  un recueil de nouvelles est parfait pour ce temps-là. Une petite histoire dans le train, une autre dans l’attente de la correspondance, je peux voyager et être concentrée sur des histoires courtes.

Des scènes de la vie d’individus qui se font des idées sur des quiproquos, des angoisses personnelles, une certaine culpabilité et interprètent des faits selon des circonstances aggravantes. Dans la vie réelle, de tels agissements sont dramatiques, mais ici plutôt des scènes cocasses. J’ai beaucoup ri. Je me suis reconnue dans la nouvelle : pourquoi m’a-t-il élue ? Il y a toujours des gens pour m’adresser la parole dans les gares, les salles d’attente, les trains. Fréquemment ce sont des gens qui souffrent, pas très stables qui me parlent longtemps, longtemps… J’essaie, comme je peux, de les éviter, en vain. Et c’est vraiment très drôle de lire les pensées d’une femme qui me ressemble.

La vie ordinaire de gens ordinaires, le tout écrit avec amour et malice.

Merci à Masse critique de Babelio et aux Éditions Quadrature pour cette lecture divertissante.

 

mc logo.png

 

Posté par pyrouette à 06:11 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

Le secret du mari

 

Le secret du mari par Moriarty

Liane Moriarty

ISBN : 2253067946

Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (06/04/2016)

Traductrice : Béatrice Taupeau



4ème de couverture :

 

Jamais Cecilia n'aurait dû lire cette lettre trouvée par hasard dans le grenier. Sur l'enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « À n'ouvrir qu'après ma mort ». Quelle décision prendre ? Respecter le voeu de John-Paul, qui est bien vivant ? Ou céder à la curiosité au risque de voir basculer sa vie ? Tous les maris - et toutes les femmes - ont leurs secrets. Certains peuvent être dévastateurs.



Extraits :

 

“Mais au fond d'elle-même couvait une rage sourde, une rage extraordinaire, susceptible d'exploser et de détruire tout ce qui se trouvait alentour.”

 

“Entre deux maux, mieux vaut choisir le moindre, n'est-ce pas ?”

 

“Dire que les gens s'imaginent qu'après une tragédie on devient plus sage, plus spirituel. Foutaises. C'était tout le contraire. Une tragédie, ça rend mesquin et malveillant. On n'en sort ni plus lucide ni plus avisé.”

 

“Voilà comment il fallait s'y prendre. Voilà comment on vivait avec un secret. Il suffisait de se lancer. De faire comme si tout allait bien. D'ignorer le noeud qui vous tordait l'estomac. De vous anesthésier de sorte que vos émotions restent égales.”

 

“Les mille autres chemins que nos vies auraient pu, et peut-être dû, prendre nous restent à jamais inconnus. C’est probablement pour le meilleur. Certains secrets sont faits pour demeurer secrets. Ce n’est pas Pandore qui vous dira le contraire.”



Mon avis :

 

Cécilia est la femme que nous rêvons toutes de devenir. Mariée à un très bel homme d’affaire, mère de trois filles adorables, elle gère sa maison d’une propreté implacable, ses enfants, parent d’élève à l’école de ses filles, et son activité professionnelle de conseillère à domicile. Elle organise les fêtes familiales, les fêtes scolaires, anime le quartier. Cécilia est parfaite vous dis-je !

Une de ses filles s’est entichée de l’histoire du mur de Berlin et Cécilia lui a promis de dénicher un bout du mur, souvenir de ses voyages. Elle sait parfaitement où sont rangées ses affaires dans le grenier. Mais une boîte appartenant à son mari tombe et s’éventre et Cécilia trouve une lettre écrite par son mari à n’ouvrir qu’après sa mort.

Le doute et la curiosité s’installent.

En parallèle de la vie de Cécilia nous découvrons deux autres femmes plus ordinaire : La secrétaire de l’école qui vit avec le souvenir du meurtre de sa fille adolescente. Seul son petit fils lui procure de la joie et du bonheur mais les parents ont décidé de partir loin, très loin.

Tess apprend que son mari et sa cousine s’aiment. Elle repart vivre chez sa mère avec son fils.

Toutes les trois habitent le même quartier. Le décor est planté. L’intrigue aussi.

Superbe portraits de trois femmes tellement différentes dont le destin va être lié.

Les hommes faisant partie de leur vie sont intéressants mais moins combattants. Ils se laissent un peu vivre, évitent les confrontations, bref des hommes.

Le titre de ce livre me rebutait un peu, j’avais tort. De scènes cocasses en scènes dramatiques je ne me suis pas ennuyée, bien au contraire.

 

Posté par pyrouette à 10:49 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

Un mariage anglais

 

Un mariage anglais par Fuller

Claire Fuller

ISBN : 223408329X

Éditeur : STOCK (02/05/2018)

Traductrice : Mathilde Bach

 

4ème de couverture :

 

Ingrid a 20 ans et des projets plein la tête quand elle rencontre Gil Coleman, professeur de littérature à l’université. Faisant fi de son âge et de sa réputation de don Juan, elle l’épouse et s’installe dans sa maison en bord de mer.

Quinze ans et deux enfants plus tard, Ingrid doit faire face aux absences répétées de Gil, devenu écrivain à succès. Un soir, elle décide d’écrire ce qu’elle n’arrive plus à lui dire, puis cache sa lettre dans un livre.

Ainsi commence une correspondance à sens unique où elle dévoile la vérité sur leur mariage, jusqu’à cette dernière lettre rédigée quelques heures à peine avant qu’elle ne disparaisse sans laisser de trace.



Extraits :

 

"Que pensez-vous qu'il se produise dans les creux, les non-dits, dans tout ce qui n'est pas écrit ?"

 

"J'éprouvais ce sentiment exaltant de me trouver à un seuil, et qu'à tout moment ma vie pouvait basculer dans une direction que je n'avais jamais envisagée ou appréhendée."

 

"Est-ce que ta mémoire te joue des tours parfois ? Tu penses à un endroit et tu te rends compte qu'en fait tu y es déjà ?"

 

"Cela veut dire que le cerveau est capable de prêter foi à deux idées contradictoires en même temps : l'espoir et la peine."

 

"Le monde entier était devenu plus raide, plus abrasif : les draps m’écorchaient la peau, les vêtements m’irritaient, tout comme les gens."



Mon avis :

 

Ingrid a 20 ans et vit ses derniers moments de liberté. Ingrid a 20 ans, rencontre son prof de littérature et tombe amoureuse. Elle aurait mieux fait de se casser une jambe Ingrid. Dès le début, Gil donne le ton. Il demande à Ingrid de ramener quelques livres à la bibliothèque et elle doit  régler un impayé alors qu’elle peine à se nourrir. Ah l’amour… Ingrid est enceinte, ils se font renvoyer tous les deux de l’université. Louise, sa meilleure amie, tente de la dissuader, propose de lui avancer les frais pour se faire avorter. Ils partent vivre dans un cabanon familial au bord de la mer. Gil est aussi un écrivain raté. Nan, leur première fille naît dans la pauvreté, au milieu de ce couple désaccordé. Gil veut six enfants, Ingrid ne veut pas d’enfant. Elle accepte tout par amour, elle y croit. Gil achète les livres au lieu de les écrire, trompe Ingrid dans son atelier, part régulièrement. Ingrid tombe enceinte, perd des enfants, puis Flora s’accroche et voit le jour, bébé furieux. Ingrid fait face pendant quinze ans. Puis elle décide d’écrire à Gil, l’éternel absent. Elle cache chaque lettre dans un livre correspondant au thème du jour. Puis, Ingrid disparaît. Les dernières révélations sont insupportables pour une jeune femme qui a tout sacrifié.

Gil est vieux, il vit toujours dans la maison où sont stockés des milliers de livres en piles, arpente les rayons de la librairie du village. Un jour il croit voir Ingrid, court et chute. Il finit à l’hôpital. Ses deux filles reviennent pour s’occuper de lui. Richard le petit ami de Flora les rejoint.  Flora se souvient et cherche ce qui lui rappelle sa mère.

Je n’aime pas lire les histoires d’amour mais celle-ci est merveilleusement bien écrite. J'ai suivi la vie d’Ingrid avec passion, sans jugement, parce que c’est sa famille, son mariage, avec ses failles et ses forces.

Il y a d’autres personnages mais je ne vais pas les disséquer laissant une part de mystère.

Juste pour vous donner envie de lire ce récit un petit extrait :

Je suis tombée sur un bloc de ce papier jaune et je me suis dit que j’allais t’écrire une lettre. Une lettre qui mettrait à plat les choses que je n’ai pas réussi à te dire en face - la vérité sur notre mariage, depuis le début. Je sais que je vais écrire des choses que tu prétendras tout droit sorties de mon imagination, rêvées, inventées, mais c’est ainsi que je les vois. Ceci, ici, est ma vérité.

Belle lecture !

 

Posté par pyrouette à 16:37 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

Michel Galabru, une vie d'artiste

 

Michel Galabru, une vie d'artiste par Dureau

Christian Dureau

ISBN : 2841678237

Éditeur : EDITIONS CARPENTIER (07/03/2013)




4ème de couverture :

 

Rendu célèbre par le rôle de l'adjudant Gerber du Gendarme à Saint-Tropez, consacré pour sa stupéfiante prestation dans Le Juge et l'Assassin, Michel Galabru est aujourd'hui le plus populaire des acteurs français. Sept années à la Comédie-Française, une cinquantaine de pièces de théâtre, plus de cent téléfilms et deux cents longs métrages à son actif font de sa longue carrière l'une des plus belles réussites du métier.



Extraits :

 

"La plupart des personnages qui me furent proposés au cinéma hésitait entre le burlesque et la monstruosité. Ce qui illustre après tout, le sens de la vie."

 

"On atteint l'équilibre quand on a mesuré que tout cela n'existe guère, qu'on sera oublié peu après, qu'on n'intéresse personne."

 

"J’ai longtemps rêvé d’être Sacha guitry, la séduction incarnée, le magicien du verbe, toute la subtilité du monde."



Mon avis :

 

Dans ma mémoire, il y avait cette scène avec Michel Galabru dans l’arrière pays. Je pensais pouvoir relier le village où sa famille avait une maison de vacances et ce film. Ma mémoire me joue des tours. Malgré la lecture très intéressante de cette filmographie, plus qu'une biographie, de cet artiste, je n’ai pas retrouvé le titre de ce film.

Michel était adolescent quand il est arrivé dans les environs de Montpellier. Il était très attaché à cette maison de famille à Avène.

Il rêve d’être acteur, n’aime pas l’école dont il est souvent renvoyé, son père lui demande de faire des études. La guerre est déclarée et Michel envoyé dans un camp de travail, accusé de sabotage.

C’est seulement, à son retour, à la fin de la guerre, que Michel monte à Paris pour réaliser son rêve.

Premier prix du conservatoire, il débute sa carrière avec de beaux rôles, il restera sept ans à la Comédie française.

Puis il décide d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte et cet homme brillant qui aspire à une carrière à la Sacha Guitry, son idole, son modèle, va débuter dans le cinéma avec des personnages de comiques voire même de bouffons.

Il fonde une famille a besoin d’argent et accepte des rôles qui ne lui conviennent pas mais qui fait bouillir la marmite.

Michel Galabru a souffert de son image de pitre. C’était un être avec des blessures, un grand sensible. Il est mort dans son sommeil à l'âge de 93 ans.

Je n’avais jamais réalisé le nombre de films, téléfilms, pièces de théâtre. Je reste impressionnée et admirative.

 

 

Posté par pyrouette à 15:52 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

Le poids de la neige

 

Le Poids de la neige par Guay-Poliquin

 

Christian Guay-Poliquin

ISBN : 1032902132

Éditeur : ÉDITIONS DE L'OBSERVATOIRE (10/01/2018)





4ème de couverture :

 

À la suite d'un accident, un homme se retrouve piégé dans un village enseveli sous la neige et coupé du monde par une panne d'électricité. Il est confié à Matthias, un vieillard qui accepte de le soigner en échange de bois, de vivres et, surtout, d'une place dans le convoi qui partira pour la ville au printemps, seule échappatoire. Dans la véranda d'une maison où se croisent les courants d'air et de rares visiteurs, les deux hommes se retrouvent prisonniers de l'hiver et de leur rude face-à-face.

Cernés par une nature hostile et sublime, soumis aux rumeurs et aux passions qui secouent le village, ils tissent des liens complexes, oscillant entre méfiance, nécessité et entraide.

Alors que les centimètres de neige s'accumulent, tiendront-ils le coup face aux menaces extérieures et aux écueils intimes ?



Extraits :

 

“Regarde. C'est un lieu plus vaste que toute vie humaine. Celui qui tente de fuir est condamné à revenir sur ses pas. Celui qui pense avancer en ligne droite trace de grands cercles concentriques. Ici tout échappe à l'emprise des mains et du regard. Ici, l'oubli du monde extérieur est plus fort que toute mémoire.”

 

“Nous allons désormais pouvoir mesurer notre désarroi.”

 

“Si on ne peut pas changer les choses, on finit par changer les mots.”

 

“Nous avons voulu fuir le sort qui nous était réservé et nous voilà engloutis par le cours des choses.”

 

“C'est un décor sans issue. Les montagnes découpent l'horizon, la forêt nous cerne de toute part et la neige crève les yeux.”

 

“Les grands choix de ma vie ont été faits il y a longtemps, je dois composer avec eux.”




Mon avis :

 

Il voulait voir son père. C’est pour ça qu’il est revenu dans son village natal. En arrivant il a eu un accident et s’est brisé les deux jambes. Il ne savait pas que son père était décédé récemment. Il ne savait pas que ce village rescapé, d’on ne sait quoi, n’avait plus d’électricité, n’était plus ravitaillé. Il ne restait que quelques habitants, ceux qui n’ont pas réussi à partir. L’hiver est là, la neige et le grand froid aussi. Un vigile, le pharmacien et la vétérinaire récupèrent l’accidenté et après réflexion décident de le confier à Matthias, un vieil homme, arrivé il y a peu, qui squatte la véranda d’une maison à une heure du village. Pour que Matthias accepte de s’occuper de lui, ils lui proposent une place dans un véhicule dès que possible pour qu’il puisse retourner en ville, du bois pour se chauffer et des vivres. Retourner en ville est comme une obsession pour Matthias, sa femme y est hospitalisée, le reste va lui faciliter la vie en attendant. Il accepte.

Au début notre narrateur dort beaucoup assommé par les médicaments prescrits. Puis petit à petit il reprend vie, reste immobilisé, regarde par la fenêtre en observant la nature figée par la neige et le froid, refuse de parler à Matthias qui monologue en cuisinant, en le soignant.

Régulièrement un habitant du village ramène des provisions, du bois, des médicaments, boit un café, discute de la situation avec Matthias et redescend au village.

Matthias règle sa journée avec des rituels. Instinctivement il sait que cela l’aidera.

La narrateur observe, écoute, ne répond pas et attend. Peu à peu il retrouve l’usage de ses jambes.

L’ambiance est pesante, glaçante et pourtant chaleureuse. Malgré les conditions de vie, on se sent presque bien à l’abri dans cette véranda. La cohabitation évolue, la solidarité des habitants n’existe plus, il n’y a plus d’espoir dans ce village et personne ne sait ce qui se passe plus loin dans les autres villages. Certains se sauvent, d’autres se terrent. Le narrateur et Matthias doivent se débrouiller seuls.

Encore une lecture addictive. L’évolution des rapports entre ces deux hommes est passionnante. Le décor est planté d’une telle façon qu’on est transporté dans ce village.

Posté par pyrouette à 16:09 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

Un peu, beaucoup, à la folie

 

Un peu, beaucoup, à la folie par Moriarty

 

Liane Moriarty

ISBN : 2226393234

Éditeur : ALBIN MICHEL (31/01/2018)

Traductrice : Sabine Porte




4ème de couverture :

 

Trois couples épanouis. De charmants enfants. Une amitié solide. Et un barbecue entre voisins par un beau dimanche ensoleillé : tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment. Alors, pourquoi, deux mois plus tard, les invités ne cessent-ils de se répéter : « si seulement nous n'y étions pas allés » ?



Extraits :

 

“N'entre pas en conflit. Ne sombre pas dans l'émotionnel, c'est un terrain miné.”

 

“Où qu'elle aille, quoi qu'elle fasse, une partie de son cerveau imaginait une vie hypothétique se déroulant parallèlement à celle qu'elle menait en réalité.”

 

“Elle avait l'impression d'être détachée de tous les aspects de sa vie. Elle n'avait plus le temps d'éprouver quoi que ce soit. Tout ce temps qu'elle perdait avant à ressentir et à analyser ce qu'elle ressentait comme si c'était d'une importance capitale.”

 

“Personne ne vous prévient que, lorsque vous avez des enfants, vous n'êtes plus qu'une variante diminuée, rudimentaire et primitive de vous même, et que vos talents, votre éducation et vos réussites ne représentent plus rien.”

 

“C'est l'effet que ça fait. On ne change pas. Il n'y a aucune protection quand on franchit la ligne invisible qui sépare la vie de tous les jours de ce monde parallèle où surviennent les tragédies.”

 

“Je n'ai pas le temps de culpabiliser. Je n'ai pas... assez de place dans ma tête.”

 

“Dans la vie, tout est une question de conséquences.”



Mon avis :

 

Trois couples pas si épanouis que ça, de charmants enfants, une amitié obligée, une journée barbecue et le drame. Les chapitres alternent le récit du jour du barbecue et l’après barbecue avec un retour dans le passé et l’enfance de chacun.

Il y a aussi le voisin, le vieux Harry retrouvé mort chez lui par deux des protagonistes. Un vieux voisin irascible qui se plaignait beaucoup et téléphonait souvent à la gendarmerie. Et pourtant…mais je ne peux rien dire de plus. C’est bien la première fois que je ne peux rien écrire sur une histoire de peur d’en dire trop. Car c’est une lecture addictive et si mon travail la journée, les moustiques le soir, ont contrarié mes plans de lire ce roman d’une traite, je me replongeais dedans avec avidité dès que je le pouvais.

L’auteure distille goutte à goutte son poison et c’est passionnant. Retenez-vous de lire la dernière page pour savoir, ce serait dommage. Un excellent moment de lecture !

 

Posté par pyrouette à 11:48 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

Tenir jusqu'à l'aube

 

Tenir jusqu'à l'aube par Fives

 

Carole Fives

ISBN : 207279739X

Éditeur : GALLIMARD (16/08/2018)



4ème de couverture :

 

Une jeune mère célibataire s'occupe de son fils de deux ans. Du matin au soir, sans crèche, sans famille à proximité, sans budget pour une baby-sitter, ils vivent une relation fusionnelle. Pour échapper à l'étouffement, la mère s'autorise à fuguer certaines nuits. À quelques mètres de l'appartement d'abord, puis toujours un peu plus loin, toujours un peu plus tard, à la poursuite d'un semblant de légèreté.

Comme la chèvre de Monsieur Seguin, elle tire sur la corde, mais pour combien de temps encore?



Extraits :

 

"Elle avait honte, honte pour lui, honte pour eux, pour cet album de famille jeté en pâture, et dont tout le monde semblait réclamer un échantillon, un polaroid."

 

« Solo, c’est moins sinistre que seule. Solo, ça renouvelle la figure de la mère célibataire, larguée, quittée, abandonnée, ça éloigne le cliché misérable de la fille-mère, de l’adolescente promenant son landau sur un trottoir défoncé du nord de la France. Ça sonne comme une référence de grande surface lancée à coups d’annonces publicitaires et de promos.”

 

“Il fallait traverser quelques rues encore, puis le grand hall de la résidence et ses mosaïques au sol, se jeter dans l’ascenseur et regagner leur dernier étage, leur huis-clos, leur petit enfer quotidien.”



Mon avis :

 

Elle, c’est une jeune femme, mère célibataire. Elle est arrivée dans cette ville avec son compagnon. Sans famille, sans amis, boulot en freelance qu’elle ne peut exercer correctement car elle s’occupe jour et nuit de l’enfant. L’enfant, c’est son fils de deux ans. Elle l’aime, le câline mais il réclame son père qui est parti, s’accroche à sa mère, ne supporte pas d’être éloigné d’elle. Ils vivent tous deux dans un appartement mal isolé, au loyer trop onéreux. Elle a beau faire des démarches pour de l’aide, elle n’obtient rien à part des critiques. Alors pour reprendre son souffle, elle attend que l’enfant s’endorme et sort. Elle marche, hume, croise des gens et cela lui fait un bien fou. Elle a bien essayé de faire connaissance avec une voisine mais elle a été repoussée, pire on ne lui dit plus bonjour. Le grand-père qui vient les voir une fois par an ne peut pas aider, non plus. L’enfant est trop capricieux. Elle obtient une place en crèche à une heure de transport, à l’autre bout de la ville. Elle continue de sortir le soir, va sur les forums de mères célibataires sans trouver de l’aide, plutôt des insultes. Et puis c’est l’accident.

 

Un très beau regard sur notre société individualiste et la solitude. Une certaine réalité de la vie de mères, de femmes. On est pressée de juger, beaucoup moins de tendre la main pour aider. Une mère doit être parfaite, seule ou pas. Je crois que c’est un message d’espoir pour toutes ces femmes. À force de se battre, de lutter, elle arriveront à se créer un quotidien moins morose, peut être même une belle vie. Une très belle plume !

 

Un grand merci aux Éditions Gallimard et à Babelio Masse-critique

 

mc logo.png

 

 

Posté par pyrouette à 16:23 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

Les rêveurs

 

Les Rêveurs par Carré

Isabelle Carré

ISBN : 2246813840

Éditeur : GRASSET (10/01/2018)




4ème de couverture :

 

Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées de l’époque, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d’écriture.



Extraits :

 

“Il y a des chocs silencieux, presque invisibles, qui modifient entièrement le fragile équilibre d'un être, et passent pourtant inaperçus.”

“Tout ce qui vient d'eux lui est égal désormais. Et tout ce qui ne viendra jamais.”

 

“Demander, y compris des petits riens, m'a toujours paru périlleux.”

 

“Elle espère juste trouver une place quelque part pour se sentir utile. Elle ne prétend pas être indispensable, mais qu'on l'attende chaque matin, qu'on compte sur elle la rassure.”

“Qu'est-ce qui cloche ? Qu'est-ce qui a tout fait déraper ? Ils n'ont pas toujours été si fragiles. Leur monde n'a pas pu chavirer comme ça, du jour au lendemain, sans signe avant-coureur.”

 

“Et puis, il y a toutes les joies, comme des éclaboussures de soleil, les secondes chances, si précieuses que je préfère les taire et continuer de les contempler en silence.”

 

“Mon sourire ne se force plus aujourd'hui, il sourit s'il en a envie. Cela semble une évidence. Mais d'autres savent comme moi combien cela peut demander du temps, beaucoup de temps, une lente et silencieuse révolution.”

 

“Le temps s'applique-t-il à adoucir les changements même ceux qui semblent les plus définitifs, jusqu'à les rendre insensibles ?”

 

“Je ne suis pas ce que je suis. Je continuerai comme ça, comme nous le faisons tous, parce que le reste n’est pas dicible. La partie émergée donne seulement l’idée de l’énormité silencieuse qu’on ne verra jamais."

 

 

Mon avis :

 

Isabelle raconte son enfance et la vie de ses parents, les rêveurs. Leur rencontre était improbable : la mère d’Isabelle enceinte et reniée par sa famille d’aristocrates qui attendait qu’elle accouche pour faire adopter l’enfant, et son père artiste refoulant son identité amoureuse. Pourtant le couple s’installe dans un appartement dans le 7ème arrondissement de Paris. Du rouge, de la couleur, des tableaux, un piano, Isabelle et ses deux frères grandissent dans un habitat peu adapté pour des enfants. Leur mère, secrétaire de direction, combat sans cesse ses démons, ses angoisses, sa fragilité. Les enfants grandissent livrés à eux-mêmes, sans réelle tendresse. Isabelle ressent de l’insécurité, sa mère n’est pas vraiment là, ne la sauvera d’aucun danger. Leur père peint, travaille et mène une vie parallèle et un peu secrète.

Les enfants ont du mal à trouver leur place à l’école.  La normalité est, pour eux, à la maison et celle des autres terrorise cette petite fille.

Une tentative de suicide à l’âge de quatorze ans fait comprendre à Isabelle qu’elle doit quitter ses parents qui se séparent, vivre seule malgré sa terreur, se construire. Son père ne combat plus son homosexualité, sa mère ses talents d’artiste. Ils trouvent l’un et l’autre une sorte de stabilité.

Isabelle trouve sa voie, sa passion : le théâtre. Quoi de plus réconfortant que de se mettre dans la peau de personnages différents ?

C’est un très beau récit de souvenirs, pudique et sobre. La plume de l’auteure, ferme et posée, fait remonter ses souvenirs, ses ressentis de petite fille, son enfance chaotique dans un désordre total et vécu.

Il est très difficile de donner son avis sur un roman lié à l’enfance, celui-ci est délicat.

 

Posté par pyrouette à 18:41 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

La maison aux orties

 

La maison aux orties

Vénus Khoury-Ghata

ISBN : 2742760229

Éditeur : ACTES SUD (08/03/2006)




4ème de couverture :

 

Si les morts voulaient bien rester tranquilles, les écrivains pourraient inventer leurs histoires en toute quiétude.

Hélas, au moment où Vénus Khoury-Ghata commence ce nouveau livre, elle ne soupçonne pas dans quels conciliabules ses défunts vont l'entraîner.

C'est d'abord sa mère - pourtant analphabète - qui se penche par-dessus ses pages d'écriture, l'interpelle, la critique et y va de ses propres commentaires.

Surgit cette maison d'enfance entourée d'orties, où planent les ombres d'un père menaçant et d'un frère trop fragile dont l'amour de la poésie fut traité, mais nullement guéri, aux électrochocs.

Puis la silhouette de Jean, l'époux aimé, trop tôt et trop cruellement décédé. Et celle de M., peintre fantasque et narcissique, aux impérieuses prétentions de consolateur...

On n'en finit pas de vivre avec ceux qui ont fait de nous ce que nous sommes.

Voilà pourquoi ce roman aux inflexions très personnelles improvise une musique orphique, mystérieuse et envoûtante, œuvre de poète autant que de mémorialiste, à lire et à entendre telle une élégie, pour que vienne la nécessaire paix intérieure.



Extraits :

 

“Penchée par dessus mon épaule, mon analphabète de mère me dicte ses espoirs et ses désillusions.”

 

“Casser, faire du vacarme, produire du bruit est ma seule arme contre l'immobilité de l'air et celle du temps.”

 

“Il m’est impossible de fait la part du vrai et de l’inventé, de démêler la masse compacte faite de mensonges et de vérités.”



Mon avis :

 

Livre choisi à la médiathèque du village pour son titre. Besoin de réconfort et c’est ce que représente la maison. Les orties me faisaient penser à l’enfance, la nature.

Mais dans ce récit poétique, la maison aux orties est celle de l’enfance de Vénus. Sa mère analphabète et dépassée par les tâches journalières, laisse le jardin à l’abandon, alors les orties poussent griffant les jambes à chaque passage. Son père, un peu brute sur les bords ne fait que passer dans le récit surtout pour maltraiter le frère de Vénus, jeune homme différent, ne correspondant pas à l’idée que le père se faisait de son fils. Ils sont tous les trois décédés mais restent dans la vie de Vénus, surtout sa mère, qui regarde ses écrits par dessus son épaule en critiquant ou donnant ses avis, elle qui n’a jamais su lire.

Puis il y a Jean son amour, mort aussi, qui ne la laisse pas, il apparaît, lui parle, la conseille. Puis l’amant consolateur qui philosophe et ordonne un peu.

Vénus doit vivre et fait vivre ses morts. ses cris deviennent des écrits, ses chagrins, des regrets.

Comment faire le deuil de tous ces êtres aimés ?

C’est la mort du chat de son voisin, voisin un brin acariâtre et encombrant, qui va délivrer Vénus et lui permettre de laisser partir ses chers disparus.

Très beau texte.



Posté par pyrouette à 11:39 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :