la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Ta nouvelle vie commence ici

 

Ta nouvelle vie commence ici par Masagu

 

Véronique Masagu

ISBN : 1980903727

Éditeur : AUTO ÉDITION (28/04/2018)









4ème de couverture :

 

Solène jeune veuve, mène une vie intense au sein de la maison d’édition parisienne dans laquelle elle travaille, entourée de ses amis qui souhaiteraient la voir refaire sa vie. La veille de son anniversaire, elle reçoit le courrier d’un notaire l’informant qu’elle est l’unique héritière de Soline Balavenne. Mais qui est donc cette inconnue qui lui lègue tous ses biens ? Solène accepte cet héritage : un phare sur l’île de Bréhat, en Bretagne. Elle quitte Paris pour s’installer sur l’île et s’engage dans un chemin initiatique à la découverte de cette femme, au travers des lettres qu’elle a dissimulé dans le phare. Dans cette quête sur ses racines, elle rencontre Erwan, un homme taciturne et peu enclin envers les touristes qui viennent coloniser Bréhat.



 

Mon avis :

 

C’était ma première lecture sur écran, moi, l’inconditionnelle du livre papier. J’avais préparé mon bloc sténo, mon stylo, je me suis installée dans le jardin en cette fin d’après-midi, près des hortensias qui me rappellent ma Bretagne, celle juste en face de l’île de Bréhat. J’ai commencé à lire et j’ai tout oublié. Je me suis plongée dans la vie de Solène, de son état de veuve, son travail passionnant. Bon, elle n’a pas un caractère facile Solène, une sacrée personnalité. Elle ne sait plus trop où est sa place dans cette vie parisienne, solitaire, alors quand un notaire lui envoie un courrier pour l’informer de son héritage d’une parfaite inconnue, elle saisit l’opportunité, elle part vivre sur l’île de Bréhat dans son phare.

Tout n’est pas facile à son arrivée, les bretons, amis fidèles, peuvent être assez agressifs envers les envahisseurs. Erwan est de ceux-là, ne supportant pas qu’une parisienne viennent habiter dans le phare de sa meilleure amie décédée.

Le mois d’octobre est parfait pour découvrir l’existence sur une île bretonne. Les tempêtes, la pluie et cette mer houleuse et bruyante. La rencontre de Solène et Erwan est également houleuse.

Solène découvre peu à peu la personnalité de cette femme qui a décidé de lui léguer cette maison. Elle travaille à distance et fait les trajets une fois par mois jusqu’à Paris. Entre deux, elle se dispute et se réconcilie avec Erwan.

Solène reconstitue son histoire, reconsidère son chemin de vie. Elle a du mal à accepter, à lâcher-prise, bref à se donner une nouvelle chance pour le bonheur.

Le dépaysement a été total, un grand merci à Véronique, l’autrice, pour cette belle découverte. Je n’ai malheureusement pas d’extraits à vous faire découvrir, j’étais bien trop captivée par ce récit.

 

Posté par pyrouette à 16:37 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

Bakhita

Bakhita par Olmi

 

Véronique Olmi

ISBN : 2226393226

Éditeur : ALBIN MICHEL (23/08/2017)



4ème de couverture :

 

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion.

Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.

Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte.

Avec une rare puissance d’évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu’elle soit razziée.



Extraits :

 

“Et c'est comme ça que dorénavant elle avancera dans la vie. Reliée aux autres par l'intuition, ce qui émane d'eux elle le sentira par la voix, le pas, le regard, un geste parfois.”

 

“C'est dans son regard que l'on pouvait lire le contraste entre sa force et son innocence, dans son regard il y avait toujours, ce qu'elle avait perdu et ce que sa vie intérieure lui avait permis de retrouver. Sa vie.”

“L'humour, une façon de signifier sa présence, et sa tendresse aussi.”

 

“Sa vie est comme une danse à l'envers, un tourbillon d'eau sale.”

 

“Partir, c'est espérer, toujours.”

 

“Vacillante et d’une force plus qu’humaine. Incandescente. Inclassable. Intelligente et retenue.”



Mon avis :

 

Le récit de la vie d’une femme. Enlevée dans son village à l’âge de sept ans quelques années après sa soeur aînée. Violée, enfermée, battue, enchaînée, vendue, torturée.

Elle a tellement traversé de pays, tellement appris à décrypter des langues différentes, qu’elle ne connait plus son prénom, ni d’où elle vient.

À l’âge de l’innocence, Bakhita ne connaît que la survie.

Alors, à un moment dans cette histoire effroyable, j’y ai cru à sa liberté, à sa renaissance. Mais non ce n’était qu’une courte trêve en Italie. Allez rebelote, on repart au Soudan, puis on revient en Italie et là, tu te dis ça y est, c’est fini, hein, je ne peux pas en lire plus.

Non, non, non Bakhita n’a que ses sentiments, ses cauchemars, ses chagrins qui lui appartiennent. Même en étant déclarée libre dans un procès italien grandiloquent, Bakhita ne l’est pas. Elle ne sera plus battue, ni violée, mais elle est enfermée et c’est elle qui l’a choisi.

On pourrait croire alors qu’elle passerait sa vie dans cet institut catholique où elle a trouvé sa place, entourée, choyée. Que nenni, déplacée régulièrement d’un couvent à un autre, d’une région à une autre. Et Bakhita gardera ce sentiment d’insécurité toute sa vie, jusqu’à sa mort. On l’obligera à raconter, on en fera des feuilletons, un livre.

Cette femme est morte à l’âge de soixante-dix-huit ans. Tu te rends compte ou pas ? Soixante-dix-huit ans d’un calvaire sans fin.

Elle est béatifiée, déclarée patronne du Soudan, puis sainte.

Peut être, je dis bien peut être qu’on aurait pu la laisser vivre tranquille. C’est bien cette reconnaissance après la mort mais personne ne pouvait lui donner ce qu’elle voulait le plus au monde. Retrouver sa mère, sauver sa soeur et connaître son nom.

Et je devrais aimer un tel récit ?

 

Posté par pyrouette à 18:56 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

Mangés par la terre

Mangés par la terre par Escalle

Clotilde Escalle

ISBN : 2373850494

Éditeur : DU SONNEUR (16/03/2017)





4ème de couverture :

 

Dans ce bourg où l’on s’ennuie tellement, Patrick et Robert s’amusent à tendre des fils d’acier sur la route en espérant provoquer un accident ; leur frère Paul fuit le monde en lisant de la poésie ; Jeanne dessine des plans de villes imaginaires et rêve de rejoindre les États-Unis avec Éric, marchand installé dans une camionnette pavoisée aux couleurs de l’Amérique ; Caroline, abandonnée par sa mère, végète dans l’asile du coin ; Puiseux, le notaire, lit Chateaubriand, joue à Bubble Shooter la nuit et se réfugie dans les bras de la femme du médecin pour se consoler de la décadence du monde. Éric sauvera-t-il Jeanne de son désert affectif ? Caroline échappera-t-elle aux griffes de Patrick et Robert ? Maître Puiseux est-il condamné à sa petite vie morne de notable de province ? Mangés par la terre dit la cruauté d’un univers taraudé par la mesquinerie et les rapports de domination, travaillé par le mirage d’une autre vie. Est-il encore possible de rêver dans une telle misère ?



Extraits :

 

“Les trois imbéciles ont des fusils et regardent la télé, c'est dire combien ils peuvent être dangereux.”

 

“Que peut-on faire dans un patelin où la seule direction à prendre est celle de la salle polyvalente ?”

 

“Le pire, c'est la désorientation. Il n'y a pas d'histoire possible, rien n'adviendra, nous le savons, nous tous qui vivons sous ce ciel poisseux aux belle éclaircies.”

 

“Dans mon placard, il y a des foulards, des dessous de soie, des vêtements qui sentent la disparition, des petits bouquets de lavande, des jours effacés.”

“Mes mots sont tordus. Depuis leurs convulsions, ils abattent toutes les sentinelles.”



Mon avis :

 

Bienvenue à Copiteau. Petit village du centre de la France. L’endroit importe peu. C’est surtout un village où se concentrent la désespérance des habitants, le manque de dignité, la misère culturelle.

L’occupation journalière de trois frères un peu limités intellectuellement est de tendre un filin en travers de la route pour provoquer des accidents. Ils sont régulièrement internés à l’asile du village et profitent de leurs séjours pour violenter une jeune femme internée d’office par sa mère qui veut la déshériter.

La mère des trois garçons qui part de la maison le soir pour dormir dans l’abribus pour ne rien salir ni abîmer.

Il y a le Maire qui préfère ne rien voir, et se morfond depuis la mort de son frère.

Et puis cette jeune femme qui vit avec sa mère mélancolique-dépressive qui n’attend plus rien de la vie à part sa télé, les plateaux repas et les sorties au supermarché. Elle,  rêve de partir aux Etats-Unis, de partir, c’est tout.

J’allais oublié le Notaire, vieux garçon, qui entretient une hygiène sexuelle avec la mère de la jeune internée et se fera violé par sa gouvernante.

Oui bienvenue dans la France profonde, celle des fermiers célibataires qui font leur affaire avec des animaux s’il n’y a rien à violer dans le coin.

Celle où il n’y a pas d’avenir, pas d’espoir, peu de rêves, celle où tu te noies dans la boue et si tu y échappes, bouffé par les fourmis.

Alors devant un tableau aussi noir pourquoi ai-je choisi ce livre à la médiathèque du village ? Pour la magie des mots de l’auteure. C’est du grand art.

 

Posté par pyrouette à 15:47 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Chanson douce

 

Chanson douce par Slimani

Leïla Slimani

ISBN : 2070196674

Éditeur : GALLIMARD (18/08/2016)

Grand Prix des lectrices Elle - Roman - 2017

Goncourt - Général - 2016

 

4ème de couverture :

 

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.

À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture.

Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

 

 

Extraits :

 

“On la regarde et on ne la voit pas. Elle est une présence intime mais jamais familière.”

 

“Le destin est vicieux comme un reptile, il s'arrange toujours pour nous pousser du mauvais côté de la rampe.”

 

“Une haine morte en elle. Une haine qui vient contrarier ses élans serviles et son optimisme enfantin. Une haine qui brouille tout.”



Mon avis :

 

Myriam est dépassée par ses enfants, l’entretien de l’appartement parisien trop petit, frustrée de ne pas avoir une vie professionnelle. Elle ne voulait pas que ses deux petits, une fille, un garçon, puissent être une entrave à sa liberté. Elle rencontre un ami de promotion, qui lui propose un poste. Myriam arrive à convaincre son mari d’embaucher une nounou à temps plein à domicile.

 

Les entretiens d’embauche ne se passent pas très bien. Beaucoup de femmes se présentent et Myriam se méfie et ne veut pas d’une solidarité d’immigrés et rejettent les candidatures les unes après les autres. Louise arrive, petit bout de femme d’un certain âge, au type européen, présentant bien. Ses références sont excellentes, Myriam l’embauche.

 

Au début tout se passe bien. Louise se fait aimer des petits, remet l’appartement en état, et prépare des plats pour le soir. Les jeunes parents ravis de l’aubaine vont peu à peu laisser Louise s’installer dans leur vie et prendre le pouvoir.

 

Jusqu’au jour du drame.

 

Dans cette descente aux enfers, les parents se laissent aller à une certaine indolence, trop contents de leur nouveau confort. Ils laissent la situation dégénérer, en réagissant parfois, en remettant Louise à sa place d’employée, mais toujours trop tard ou à mauvais escient.

 

De son côté Louise qui a toujours été au services des autres, se rabaissant pour conserver ses emplois, supportant un mari égoïste décédé depuis peu, une fille gênante dans son activité et qui est partie de sa vie, surendettée, n’ayant nulle part où aller, ressent de plus en plus de la rancoeur envers ses patrons et les enfants. Elle sent la situation lui échapper.

 

C’est une histoire abominable dont la lecture se fait d’une façon addictive et rapide, de manière insidieuse, comme une chanson douce. L’auteur est précise et dure dans ses mots. Le constat est là, sans questionnement.

 

Il aurait fallu peu de choses pour qu’il en soit autrement, pour que chacun soit à sa place dans le respect de l’autre.

 

 

 

 

 

 

Posté par pyrouette à 10:39 - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :

La nuit de l'ogre

La nuit de l'ogre par Bauwen

Patrick Bauwen

ISBN : 2226436375

Éditeur : ALBIN MICHEL (09/05/2018)



4ème de couverture :

 

Chris Kovak, médecin urgentiste aussi sombre que séduisant, prend en stop une jeune femme blessée qui fuit au premier feu en abandonnant son sac.

Celui-ci contient du sang et une tête humaine dans un bocal.

Dans le même temps, son ancienne compagne le lieutenant Audrey Valenti enquête sur une agression atroce.

Ils font tout pour s'éviter mais leurs chemins vont se croiser.



Extraits :

 

“Je suis là. J'attends qu'il se passe quelque chose. Que le destin vienne à ma rencontre.” 

“Il y a tellement de souffrances dans l'esprit des gens et si peu de personnes prêtes à vous tendre la main.”

 

“Voilà. Mon téléphone est vide. Comme mon appartement. Comme ma vie. En fin de compte, le monde virtuel ressemble au vrai : plein d'espoir, de désillusions et de fantômes.”

“Pourquoi ai-je l'impression de pouvoir si bien te comprendre, toi et cette solitude qui t'habite ?”

“Le monde n'est pas blanc, ni noir. Il est gris. Et dans ce monde-là, j'ai besoin de tous les appuis possibles.”

“Cependant, il y a une autre façon de se battre : célébrez votre vie. Ce n'est pas le temps qui reste, qui compte. C'est ce que l'on en fait.”

“Lorsque vous ne comprenez pas ce qui se passe, lorsque des symptômes étranges se manifestent, il faut parfois les laisser s’installer. Regarder grandir la maladie. C’est le seul moyen de comprendre.”



Mon avis :

 

Et quelle nuit ! Le livre commence par un petit garçon qui court, court pour échapper à celui qui l’a enfermé dans un chenil plusieurs jours. Il est terrorisé, sa gorge le brûle, mais il court de toutes ses forces.

Nous passons au premier chapitre dans les couloirs des urgences d’un hôpital avec le docteur Chris Kovak,qui vient de finir son service, a de sombres pensées sur la mort et son métier. Il a besoin d’adrénaline. Il attend qu’il se passe quelque chose, que le destin vienne à sa rencontre. Le destin prend l’allure d’une jeune femme qui lui demande de l’aide en montant dans sa voiture. Elle va lui laisser en guise de récompense un sac de vêtements souillés de sang et une tête humaine défigurée, trempant dans du formol.

Tout est en place, ou presque. Il nous manque la visite des galeries du métro parisien où grouillent  des gens peu recommandables.

L’histoire d’horreur peut commencer. Là, je me suis dit que je ne pourrais pas continuer la lecture de ce polar. J’habite à la campagne, je suis entourée de voisins bizarres. Nous avons des orages tous les jours pour ajouter à ma paranoïa de l’instant.

Mais je suis ferrée, impossible d’abandonner. Je ferme les fenêtres, vais me réfugier dans mon lit et sous le bruit du tonnerre, je continue ma descente aux enfers.

C’est sans temps mort. Pourtant la mort et sa représentation y sont très présentes. C’est glaçant, glauque. L’auteur maîtrise le tout avec brio.

Le récit est tellement prenant que je n’ai même pas eu le temps de me demander qui était coupable. J’ai juste suivi Chris et les flics dans leur enquête.

J’ai adoré.

Un grand merci à Masse critique de Babelio et aux Éditions Albin Michel

 

 

mc logo.png

 

Posté par pyrouette à 16:52 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose

WP_20180515_001

 

 

Diane Ducret

ISBN : 2081421690

Éditeur : FLAMMARION (28/02/2018)






4ème de couverture :

 

La loi de Murphy n'est rien comparée à la loi d'Enaid : tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera plus mal encore qu'on aurait humainement pu le prévoir. Après avoir été quittée à Gdansk par téléphone, Enaid se rend à l'évidence : les fées qui se sont penchées sur son berceau ont dû s'emmêler les pinceaux. Comment expliquer, sinon, la sensation qu'elle a depuis l'enfance qu'il lui a toujours manqué quelqu'un ? Il y a de quoi se poser des questions quand les parents adoptifs sont en fait les grands-parents, que la mère est danseuse de nuit, que le père change de religion comme de famille, que les bunkers de l'ETA servent d'école buissonnière. Et que l'accident d'un instant devient la fracture de toute une vie? On peut se laisser choir ou faire le saut de l'ange. Être boiteux ou devenir un flamant rose. Sur ses jambes fragiles, tenir en équilibre avec grâce par le pouvoir de l'esprit, un humour décapant et le courage de rester soi.



Extraits :

 

“Il m’a toujours manqué quelqu’un, au plus profond de moi, jusqu’au jour où j’ai décidé de ne plus attendre personne.”

 

“J’ai peur, je me sens seule, je ne comprends rien. À la marche du monde, à l’absurdité du comportement humain, aux erreurs que l’on répète, à notre incapacité à aller vers ce qui nous fait du bien, aux gens qui s’aiment et qui se quittent. La modernité nous a fait du mal.”

 

“L’impression de devoir chaque jour être en lutte contre le monde, la gravité, contre soi surtout, d’être tombé d’un nid avant de savoir voler, et de regarder chaque arbre, en se demandant si on est enfin rentré…”

 

“Je ne suis pas du tout sous le choc, ma vie entière est une succession de chocs ! D’ailleurs, je ne sais même pas ce que c’est que de vivre hors d’un état de choc, j’habite dedans.”

 

“Moi je n’ai fait que tenir, depuis ma tranchée, ma ligne de front en attendant la relève. Personne n’est venu. Et puis un jour j’y ai mieux regardé. J’ai vu d’autre silhouettes qui étaient là elles aussi. Une innombrable armée de jeunes et de voûtés, qui tiennent debout partout autour de moi, repoussant chaque jour l’ennemi en attendant le cessez-le-feu. Nous n’avons pas tous la même guerre, mais une fois que mes yeux se sont habitués à la poussière, j’ai commencé à reconnaître comme les miens ceux qui sont également en lutte.”

 

 

Mon avis :

 

Bluffée par le titre et la couverture de ce livre, ne connaissant pas l’auteure, je pensais à un de ces romans à la mode ces derniers temps, qui font du bien, certes, mais sans ces émotions que je peux ressentir dans d’autres ouvrages. Je me trompais.

 

Enaid a besoin de prendre de l’élan et du courage pour nous raconter son histoire.

 

Elle commence par le présent, se trouve en Pologne pour des raisons professionnelles, dans un taxi, et son compagnon l’appelle pour rompre. Malgré sa stupeur et son futur chagrin, Enaid, le double de l’ombre ou la moitié de Diane, comme vous voudrez, nous fait rire, noie le poisson avec des scènes cocasses.

 

Enaid nous laisse le temps de prendre notre respiration pour le reste de son récit car vous ne reprendrez votre souffle qu’à la fin. La descente est rude, nous plongeons dans son enfance.

 

Élevée par ses grands-parents paternels, cette petite fille grandit avec ses peurs, ses failles, ses questions auxquelles personne ne peut répondre. Elle ne doit pas devenir comme sa mère, André et Yvette y veillent. Enaid grandit dans l’amour mais incomplet et le sentiment d’insécurité de ses grands-parents devient le sien. De mauvais choix des adultes en mauvais ressenti de cette fillette font que l'adolescence est violente et destructrice au possible.

 

Cette révoltée retrouve la raison, malgré son esprit de contradiction (en même temps personne ne lui a donné les clés pour son chemin de vie) s’inscrit dans un lycée de prestige à Paris et ne trouve rien de mieux que de tomber amoureuse d’un bipolaire pervers narcissique. Enaid toujours en avance sur son temps le dit bien : avant on disait maniaco-dépressif et connard égoïste. Elle s’en sortira avec des terreurs insurmontables.

 

Enaid a eu un accident d’équitation, pendant son enfance,  et mal opérée, sa jambe l’a fait à nouveau souffrir et je crois volontiers que ce handicap va lui sauver la vie.

 

À peine vingt ans, un handicap qu’elle ne veut pas reconnaître, l’impression de porter le poids du monde sur ses épaules, en manque d’amour, elle continue vaille que vaille son chemin, destin qu’elle malmène malgré elle, lancée à toute allure et se débattant contre tout.

 

La maladie et la mort de son grand-père sonnent comme un avertissement. Les retrouvailles avec sa mère dans un centre de soins palliatifs lui font comprendre qu’elle ne peut continuer à se battre contre l’impossible. Enaid doit s’approprier sa propre vie, pas celles de ses proches, pas celles des autres.

 

C’est un récit émouvant, une histoire d’amour et de force et peut-être la force de l’amour.

Et que vient faire le flamant rose dans cette histoire ? Diane vous le dira.

 

Un grand merci à masse critique de Babelio et aux Éditions Flammarion pour cette émouvante découverte

 

mc logo.png



Posté par pyrouette à 09:04 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

Costa Brava

WP_20180513_001

 

 

ISBN : 2226396411 
Éditeur : ALBIN MICHEL (01/03/2017)

 

 

4ème de couverture :


"Je repense à toutes ces vacances d'été. Je me souviens que nous les attendions toute l'année. Elles avaient l'air de ne jamais vouloir finir. A partir de 1960, nous sommes allés sur la Costa Brava. Cela a duré des années. Nous ne verrons plus jamais ça revenir."



Extraits :


“J'ai toujours appréhendé les premières nuits dans des endroits inconnus. Il y a quelque chose de merveilleux, d'excitant, mais aussi de redoutable.”

 

“Nous désespérions de vieillir, déterminés à profiter de ce que le monde avait à nous offrir. Jeunesse.”

 

“Je découvrais ce moment un peu ridicule où l'ivresse autorise toutes les audaces.”

 

“Ils étaient encore perdus dans cette inconscience profonde et bienheureuse, dans la certitude que rien ne s’était produit avant eux.”



Mon avis :


Le narrateur, jeune quinqua devant gérer une séparation et surtout les vacances de ses enfants, décide de retourner en Espagne sur la Costa Brava. C’était le lieu de vacances de son enfance et surtout de son adolescence. La bande d’amis, les parents, les voisins, les locaux, Une atmosphère, plutôt festive, la chaleur de l’été, la mer. Il est heureux de retourner à Canyelles et de faire découvrir cette petite ville à ses enfants. Depuis qu’il est marié il n’est jamais revenu. Il se demande si ses enfants aimeront cet endroit autant que lui, s’ils pourront se l’approprier.

Il est venu également pour vendre la maison de famille, son père est décédé et sa mère ne veut plus revenir.

Il décide de résider à l’hôtel avec son fils et sa fille, plus facile de gérer l’intendance de cette façon. Les enfants sont ravis du buffet à volonté et de la piscine, des vacances mais ne sont pas trop à l’aise avec leur père, pas l’habitude.

Les souvenirs affluent, les copains aussi, un subtil mélange de passé et présent. Les premières fois, les aventures, les sorties le tout sans réseaux sociaux, ah quelle belle époque !

Les enfants ne sont pas sensibles à cet univers. La mer, une piscine, à manger, un lit pour dormir, tout va bien. La maman manque.

C’est un livre de souvenirs, il ne se passe pas grand chose et pourtant le charme opère : l’été, le bord de mer et cette période où l’insouciance était permise. C’est toujours mieux dans nos souvenirs que maintenant. est-ce la réalité ? je ne sais pas. Mais les quinquas ont toujours ce retour vers le passé, histoire de faire un bilan et mieux continuer leur petit bonhomme de chemin. Une jolie pause.

 

Posté par pyrouette à 16:34 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

La nouvelle vie de Kate Reddy

WP_20180506_001

 

 

 

Allison Pearson

ISBN : 2749149614

Éditeur : LE CHERCHE MIDI (03/05/2018)

Traductrice : Julie Sibony






4ème de couverture :

 

Kate Reddy compte les quelques semaines qui la séparent de la cinquantaine avec effroi. Si on ajoute à cette angoisse les hormones qui s'agitent, des enfants devenus ados qui ont besoin d'elle mais qui ne lui adressent pas la parole, des parents qui vieillissent et redeviennent eux-mêmes des enfants, un mari qui se cherche et a décidé de s'offrir un break pour se consacrer à l'art de la pleine conscience... Kate se trouve prise dans un sandwich qu'elle ne peut même pas avaler à cause des calories ! Et c'est sans compter son retour dans le monde du travail, où la cinquantaine est un tabou...

Juste au moment où elle commence à se débrouiller dans son nouveau boulot, son ancien amant, Jack, réapparaît... Les choses se compliquent, et c'est peu dire.



Extraits :

 

“Le plus drôle, c'est que vieillir ne m'avait jamais inquiétée. La jeunesse n'avait pas été si tendre avec moi que sa disparition me dérange outre mesure.”

 

“Elles sont censées appartenir à la génération de filles la plus libre et émancipée qui ait jamais existé. Et là, juste au moment où l'égalité est à portée de main, elles décident de passer leurs journées à se tartiner de maquillage et à poser pour des selfies et des belfies comme des courtisanes dans un bordel de fin de siècle. Comment en est-on arrivés là, bon sang ?”

 

“La plupart du temps, je ne suis même pas sûre d'être totalement vraie moi-même.”

 

“Il ne m'était alors jamais venu à l'esprit qu'un jour je serais moi aussi une femme angoissée luttant pour se refaire une place dans le monde du travail.”

 

“Est-ce une quantité d'angoisse normale, à votre avis ? Toutes les femmes ont-elles l'impression d'être seule de garde dans une tour de contrôle aérien ?”

“Le temps change tout, sauf un petit quelque chose à l’intérieur qui reste éternellement surpris par le changement.”



Mon avis :

 

Enfin une histoire sur les femmes de 50 ans ou presque ! Kate est ma nouvelle meilleure amie, qui d’autre pourrait me comprendre ?

Coincée dans les affres de la ménopause, pilier actif de la famille depuis que son mari ne travaille plus et a décidé de devenir thérapeute, à la recherche d’un emploi, devant veiller sur sa mère et ses beaux-parents, et croyez-moi il y a du boulot, et sur ses enfants, surtout sa fille dont la photo du popotin fait le tour des réseaux sociaux, Kate est au bord du gouffre.

Kate et son mari ont quitté la ville il y a des années pour venir s’installer à la campagne, dans une vieille maison.

Kate a dix mille pensées à la minute, elle s’inquiète pour tous et essaye de faire au mieux. Mais Périménopause lui en fait voir et entre les trous de mémoire inquiétants, les difficultés de concentration, et les attaques physiques, style bouffées de chaleur, intestin en vrac, prise de poids et autres petites joies, elle a du mal à faire face.

Elle se doute bien qu’il y a un problème avec son mari, mais n’a ni la force, ni le courage de creuser davantage.

Elle s’inscrit à un atelier de retour à l’emploi, arrive à se faire embaucher dans l’ancienne société où elle était directrice dans un sous-emploi. Elle ment sur son âge et elle a bien fait. Je me demande si je ne vais pas faire ça maintenant…

Ses journées commencent très tôt, des heures dans le train, le travail, puis les enfants, la maison et le mari qui ne fait toujours rien.

Elle communique avec ses amies par mails et raconte ses mésaventures familiales et professionnelles avec beaucoup d’humour.

Puis comme une cerise sur la gâteau son ancien amant réapparaît dans sa vie.

J’ai adoré suivre la vie de Kate, c’est un livre addictif, du moins pour moi, la représentation de la femme de 50 ans dans la société où elle est censé paraître plus jeune, plus mince, cultivée pour un sous-emploi et solide pour sa famille dans une période où on ne maîtrise pas grand chose, on n’est plus vraiment soi-même.

Alors je suis d’accord, toutes les femmes ne vivent pas ce moment comme un tsunami et elles ont de la chance, passez votre chemin si c’est le cas ! Pour les autres, qui comme moi, se retrouve dans les angoisses, les pensées et la vie de Kate, ce pavé est pour vous.

Une blogueuse a écrit sur ce moment féminin difficile :”est-ce possible d’être ado du haut, vieille du bas et grosse de partout ?”

 

Un grand merci à Masse Critique de Babelio et aux Éditions du Cherche-Midi 

 

mc logo.png



Posté par pyrouette à 21:03 - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

Les huit montagnes

WP_20180427_002

 

Paolo Cognetti

ISBN : 2234083192

Éditeur : STOCK (23/08/2017)




4ème de couverture :

 

«Quel que soit notre destin, il habite les montagnes au-dessus de nos têtes.»

Pietro est un garçon de la ville, Bruno un enfant des montagnes. Ils ont 11 ans et tout les sépare. Dès leur rencontre à Grana, au cœur du val d'Aoste, Bruno initie Pietro aux secrets de la montagne. Ensemble, ils parcourent alpages, forêts et glaciers, puisant dans cette nature sauvage les prémices de leur amitié.

Vingt ans plus tard, c'est dans ces mêmes montagnes et auprès de ce même ami que Pietro tentera de se réconcilier avec son passé — et son avenir.

Dans une langue pure et poétique, Paolo Cognetti mêle l'intime à l'universel et signe un grand roman d'apprentissage et de filiation.

Traduit de l'italien par Anita Rochedy

Prix Strega et Strega Giovani 2017



Extraits :

 

“À ton avis, le passé, il peut passer une deuxième fois ?”

 

“Tout le monde n'est pas de cet avis, mais ma mère croyait dur comme fer qu'il fallait intervenir dans la vie des autres.”

 

“Il dégageait cette même odeur d'étable, de foin, de lait caillé, de terre humide et de feu de bois qui, depuis, est restée pour moi l'odeur de la montagne, celle que j'ai retrouvée dans toutes les montagnes du monde.”

 

“Il ne faut pas croire qu'ils avaient le choix. Si quelqu'un va s'installer là-haut, c'est qu'en bas on ne le laisse pas en paix.”

 

“Je commençais à comprendre ce qui arrive à quelqu'un qui s'en va : les autres continuent de vivre sans lui.”


“On trouve sa place dans le monde par des moyens moins imprévisibles qu’on ne le croit.”



Mon avis :

 

Une histoire d’amitié, de famille, de persévérance. Qui ne rêverait  pas d’un ami capable de traverser une partie du monde pour vous rejoindre et essayer de soulager votre peine ?

Une amitié qui commence lorsque Pietro et Bruno ont une dizaine d’années, dans un petit village de montagne. Grana pour Pietro représente les vacances, pour ses parents un bout de leur passé et un endroit où ils se sentent bien. Pour Bruno le petit montagnard, Grana représente toute sa vie et cela ne changera guère au cours des décennies suivantes.

Grana, c’est aussi pour s’évader de Milan, du bruit, de la fureur de la ville. Un point d'ancrage où le père de Pietro peut se ressourcer en marchant toujours plus haut dans la montagne. Pietro l'accompagne pendant quelques années jusqu’à cette adolescence rebelle où l’on ne comprend plus ses parents. Bruno prendra la suite. 

C’est aussi une histoire de malentendus entre un fils et son père. Un homme taiseux et solitaire qui ne peut transmettre que l’amour de la montagne à son fils. Pietro n’apprendra que la fuite, allant vivre dans d’autres montagnes et d’autres villes du monde.

Le père meurt et Pietro revient. Il retrouve l’appartement à Milan et la maison de la montagne à Grana. Bruno est là, comme toujours, ami fidèle. Il va aider Pietro à finir le projet du père.

Le cours de leur vie va reprendre et Pietro fera les allers-retours entre sa vie et cette montagne qui lui rappelle celui qu’il n’est plus et lui colle une profonde tristesse. Comme son père c’est un solitaire, un taiseux. 

Pietro parcourt les huit montagnes, Bruno reste au centre de son monde. Quel est celui qui trouvera sa place dans cette vie, l’endroit de la sérénité ?








 

 

Posté par pyrouette à 17:57 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

Le charme discret de l'intestin

WP_20180416_002

 

Giulia Enders

ISBN : 2330050267

Éditeur : ACTES SUD (01/04/2015)

Traductrice : Isabelle Liber

Illustrations : Jill Enders




4ème de couverture :

 

Surpoids, dépression, diabète, maladies de peau… Et si tout se jouait dans l’intestin ?

Au fil des pages de son brillant ouvrage, Giulia Enders, jeune médecin allemande, plaide avec humour pour cet or­gane qu’on a tendance à négliger, voire à maltraiter. Après une visite guidée de notre système digestif, elle présente, toujours de façon claire et captivante, les résultats des toutes dernières recherches sur le rôle du “deuxième cerveau” pour notre bien-être. C’est avec des arguments scientifiques qu’elle nous invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médi­caments, et appliquer quelques règles très concrètes en faveur d’une digestion réussie.



Extraits :

 

“À force d'astuce, j'ai fini par prendre le dessus sur ma maladie.”

“Le monde est bien plus passionnant quand on ne voit pas seulement de lui ce qu'il daigne nous montrer, mais aussi ce qu'il nous cache.”

“Toute personne qui souffre d'états anxieux ou dépressifs devrait garder à l'esprit qu'un ventre mal en point peut être aussi à l'origine d'humeurs noires.”

“L'une des priorités de nos mouvements est de toujours nous conduire vers un équilibre plus sain - du froid vers le chaud, par exemple, du malheur vers le bonheur ou de la fatigue vers la vigilance.”

“Nous ne devrions donc pas toujours chercher la cause de nos maux dans notre tête ou dans ce qui se passe dans notre vie, car nous sommes plus que cela…”



Mon avis :

 

Deux jours que je cherche une idée pour vous donner envie de lire un bouquin sur l’intestin, deux jours que je ricane toute seule, dans mon coin. L’auteure, Médecin, raconte avec beaucoup d’humour le fonctionnement de notre intestin et les illustrations de sa soeur vont bien avec. Il se trouve que j’avais besoin de me renseigner. Alors non, non, non, je n’en dirai pas plus sur ce besoin. J’étais quand même bonne élève et la moitié du livre était de simples révisions mais j’ai appris aussi beaucoup.

Alors à tous les désorganisés de l’intestin qui pensent, grâce à leur médecin, parfois, souvent, que c’est un problème psychologique, cette bible est pour vous. Car effectivement avoir mal au ventre peut jouer sur l’humeur et non le contraire.

Maintenant je sais tout sur le microbiote, les probiotiques et les prébiotiques, mais aussi sur les déjections des animaux et sur les recherches des maladies psychiatriques en particulier la schizophrénie. Et oui… L’intestin est un sacré agent secret en plus d’être un charmant discret.

Bon d’accord j’avoue que lire cet ouvrage dans les transports en commun peut prêter à sourire, alors lisez-le au petit coin !

 

 

Posté par pyrouette à 15:59 - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :