la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Un élément perturbateur

G00931

 

 

 

 

Olivier Chantraine

ISBN : 2072740347

Éditeur : GALLIMARD (24/08/2017)





4ème de couverture :

 

Serge Horowitz est hostile à toute forme d'engagement. Sa soeur l'héberge chez elle. Il ne doit son travail dans un cabinet de consulting qu'à son frère, ministre des Finances. Pour ne rien arranger, il est hypocondriaque et connaît des moments d'aphasie incontrôlables. C'est une de ces crises qui le saisit alors qu'il est en pleine négociation avec une société japonaise. Quand lui revient la parole, il fait capoter l'affaire...

Mis en demeure de réparer son erreur, le voici lancé dans l'opération de la dernière chance, accompagné de Laura, son associée. Mais les déconvenues s'enchaînent.



Extraits :

 

"Les relations de famille nous abîment. Tous. Toute notre vie. C'est triste à dire mais c'est vrai. La famille plane comme un nuage noir au-dessus de nos têtes dont la menace permanente nous empêche d'être véritablement nous-mêmes. Comme un sortilège dont seule la mort de l'un des membres nous délivre. Et encore."

 

"Je commence seulement à me dire qu’aucun miracle ne survient sans un minimum de discipline."

 

"Alors je ne dis rien. À quoi bon, si tout se paie, il doit bien y avoir aussi un coût à l’inaction."

 

"La vie n’offre pas que des déceptions."

 

"Je me dis que teinter sa vie d’une incertitude légère ne doit pas être dénué de charme."

 

"La vie ressemble parfois à un puzzle de mille pièces dont il manquerait des morceaux, sans qu’on sache exactement lesquels."

 

"Les choses qui doivent se passer finiront bien par passer. Je n’ai pas la moindre idée de ce qui m’attend. Cela me convient tout à fait. Je n’ai jamais nourri de grandes attentes envers qui quoi que ce soit. Et de ce fait la vie ne m’a jamais vraiment déçu."

 

"Comme si l’absence de paroles était devenue l’une des denrées les plus rares sur terre, l’arme ultime de résistance passive face aux dérives du monde moderne."

 

 

Mon avis :

 

Les confidences de Serge qui pourtant souffre d’aphasie sont succulentes. Hypocondriaque, vivant chez sa soeur à 43 ans, travaillant dans des sociétés pourries grâce à son frère ministre, Serge n’attend rien de la vie. Il ne comprend pas les causes de sa perte de mots quand il est en public ou dans une situation où il doit se justifier. Par contre quand il doit se taire, il dit un peu trop de mots, un peu trop de choses dénonçant les magouilles de son entreprise, de son frère ou déclarant à un éventuel client qu’il ferait bien de s’abstenir de signer le contrat à ce prix. Il est honnête le Serge, ne voulant surtout pas tremper dans les combines de son frère.

 

Sa vie aurait pu continuer comme ça jusqu’à la fin, mais voilà, la vie est pleine de surprises, de remises en questions, de rencontres, d’amour.

 

Son frère, sa soeur, Laura son amoureuse et collègue, ses patrons, tous, vont obliger Serge à sortir de sa coquille. Il fera de belles rencontres et s’apercevra que le silence fait du bien aux autres, qu’il est capable d’apporter quelque choses aux autres.

 

C’est une histoire basée sur les rapports humains. Nous sommes souvent muselés par la société et pourtant si bavards. Beaucoup d’humour, de dérision pour un sujet grave.

 

Un grand merci aux Éditions Gallimard et à Masse critique de Babelio. 

Posté par pyrouette à 13:16 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

Partir

Partir

 

Tina Seskis

ISBN : 2266250906

Éditeur : POCKET (03/03/2016)

Traductrice : Florianne Vidal



4ème de couverture :

 

Un mari apparemment charmant. Un fils adorable. Une maison ravissante. Emily Coleman est une femme comblée. Pourtant, un beau matin, elle prend le train pour Londres, bien décidée à tout laisser derrière elle. C’est désormais sous l’identité de Catherine Brown qu’elle partage un appartement miteux avec des colocataires et occupe un travail sans avenir.

Elle n’aspire désormais qu’à une seconde chance. Mais qu’est-ce qui a pu la pousser à abandonner une vie qui semblait si parfaite ? Quel est le secret qu’elle protège avec tant de force ?



Extraits :

 

“Je suis détachée de la réalité, absente au monde.”

“C'est drôle comme, finalement, il n'est pas si difficile de changer de vie. Il suffit d'avoir assez d'argent pour redémarrer et de détermination pour éviter de penser aux êtres qu'on laisse derrière soi.”

“Les bonnes personnes, le bon endroit, et tout ira pour le mieux.”

“La chaleur est si agréable, l'air si pur que soudain je me dis que le monde est peut-être habitable, finalement.”

“J'ignore pourquoi je me sens à ce point à côté de mes pompes. D'habitude mon apparence ne me pose guère de problèmes, mais aujourd'hui j'ai l'impression de passer une audition pour un rôle de composition.”

“C’est drôle comme il est beaucoup plus facile, une fois qu’on a réussi à regarder une chose en face, de s’en éloigner.”



Mon avis :

 

Partir, je pense que toutes les femmes à un moment de leur vie en rêvent. Tout quitter, effacer les traces, retrouver sa liberté, piétiner le passé et recommencer. Le rêve.

Emily le fait. Nous faisons sa connaissance alors qu’elle part. Elle est dans le train, ça y est, elle a osé. Emily n’a rien d’une aventurière, ses vêtements ne sont pas adaptés à la situation, mais elle part. Elle essaie de repousser les pensées des êtres aimés, elle va y arriver, elle en est certaine.

Assez rapidement Emily se trouve une chambre dans une colocation, puis un travail et un an après elle partage un appartement avec une amie, savoure son avancement dans son travail, bref tout roule !

En parallèle, nous remontons le passé d’Emily, sa naissance, sa jumelle, ses parents puis la rencontre avec Ben et la naissance de leur enfant.

Emily, la sérieuse et douce fille, responsable qui se drogue et boit dans sa nouvelle vie. Emily qui ne sait pas profiter de cette seconde chance que la vie lui offre.

L’épilogue est rude et  inattendu.

C’est une histoire sur le poids de la famille, cette famille qu’on ne choisit pas, qu’on se traîne comme un boulet et qui peut nous gâcher une vie.

Lecture addictive.

 

Posté par pyrouette à 08:02 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

La mémoire des embruns

 

ob_2ad0e6_ob-d61a71-viggers

 

 

Karen Viggers

ISBN : 2253066214

Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (30/03/2016)

Traductrice : Isabelle Chapman




 

 

4ème de couverture :

 

Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours à Bruny, île de Tasmanie balayée par les vents où elle a vécu ses plus belles années auprès de son mari, le gardien du phare. Les retrouvailles avec la terre aimée prennent des allures de pèlerinage. Entre souvenirs et regrets, Mary retourne sur les lieux de son ancienne vie pour tenter de réparer ses erreurs.

Entourée de Tom, le seul de ses enfants à comprendre sa démarche, un homme solitaire depuis son retour d'Antarctique et le divorce qui l'a détruit, elle veut trouver la paix avant de mourir. Mais le secret qui l'a hantée durant des décennies menace d'être révélé et de mettre en péril son fragile équilibre.

Une femme au crépuscule de sa vie. Un homme incapable de savourer pleinement la sienne. La Mémoire des embruns est une émouvante histoire d'amour, de perte et de non-dits sur fond de nature sauvage et mystérieuse. Un roman envoûtant, promesse d'évasion et d'émotion.



Extraits :

 

“C'est ce que nous sommes, des animaux. Même si nous nous donnons beaucoup de mal pour le cacher. Il s'agit d'un fait biologique ; une force supérieure à la volonté individuelle.”

“On ressent une telle solitude lorsqu'on perd un parent alors qu'on est loin.”

 

“Jeune, on pense que l'existence n'a pas de fin. Et, quand la vie vous rattrape au tournant, on regrette de ne pas avoir mieux utilisé son temps.”

“On ne pouvait pas épargner aux autres le chagrin. Il était inscrit dans la destinée de chacun.”

 

“Je n'ai fait qu'attendre. Je n'ai pas eu le courage de vivre, par crainte de nouvelles blessures.”

 

“Comment peut-on être détruit sans le savoir ? Cela me surprend encore.”

 

“En perdant ses racines, on se libère.”



Mon avis :

 

L’intrigue commence dès les premières pages. Mary, âgée et très malade, pratiquement en fin de vie, reçoit la visite d’un mystérieux homme de son âge, qui lui fait du chantage et lui remet une lettre. Pour lui c’est le moment de déterrer un secret et surtout le révéler.

Mary décide alors de partir sur l’île où elle a vécu de nombreuses années avec son mari et ses enfants. Elle part en catimini accompagnée de sa petite fille, pour échapper aussi à la maison de retraite que lui propose sa fille aînée.

Il fait froid, il y a beaucoup de vent et Mary se retrouve seule, dans un cottage, avec ses problèmes cardiaques, oubliant de prendre ses médicaments, de manger, mais avec un projet : revoir tous les lieux où elle a été heureuse sur cette île. Elle doit convaincre le garde-forestier, jeune homme bougon et sauvage, de l’emmener en voiture.

En parallèle nous suivons la vie de Tom, son troisième fils, qui n’a rien à envier à la vie difficile de sa mère. Les mauvaises personnes, les mauvais choix et il continue, encore et encore. Attiré par les missions en Antarctique, Tom a du mal à se décider. Une nouvelle mauvaise rencontre féminine le mettra à terre. Pour certaines personnes les expériences ne servent à rien.

La lecture est agréable, les paysages grandioses mais il ne faut pas être déprimé pour lire ce roman. Il n’y a aucun espoir, pas une lueur de positif. Les personnages sont englués dans leur malheur et ne font pas grand chose pour s’en sortir. Pourtant les thèmes sont intéressants.

 

Posté par pyrouette à 16:40 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

Les bottes suédoises

Les-bottes-suedoises

 

 

Henning Mankell

ISBN : 2757866559

Éditeur : POINTS (01/06/2017)





4ème de couverture :

 

Par une nuit d’automne, sa maison a brûlé. Il a soixante-dix ans et plus grand chose à quoi se raccrocher : une vieille caravane, un petit bateau et une seule botte suédoise en caoutchouc. Reclus sur son île, a-t-il encore une raison de vivre ? L’hiver de la Baltique lui en offrira deux : sa fille, porteuse d’un secret, et une belle et énigmatique journaliste qui ranime sa soif d’amour...



Extraits :

 

“Quelqu'un qui a tout perdu n'a pas beaucoup de temps. À moins que ce soit l'inverse.”

“Cette scène m'a fait comprendre une fois pour toutes que les gens ne sont pas vraiment ce que nous croyons. Ça vaut pour tout le monde. Ça vaut pour ceux qu'on croit connaître le mieux. Ça vaut pour moi.”

“Comme si une maison pouvait se saborder elle-même à force de vieillesse, de fatigue, d'ennui.”

“Voilà à quoi ressemble le monde. Partout des gens qui se détournent.”

“La vérité était qu'en quelques heures ma vie avait tellement changé que j'avais soudain besoin de tout.”

“Même quand on vit simplement, comme c’est mon cas, il semble que le grand enjeu de l’existence soit malgré tout d’accumuler des quantités invraisemblables d’objets sans valeur.”



Mon avis :

 

Sur son île de la Baltique la maison de Fredrik brûle. Il a le temps de sortir, pas très habillé avec deux bottes dépareillées et deux pieds gauches. En quelques minutes cet homme de soixante-dix ans a tout perdu. Son voisin le plus proche va le dépanner de vêtements, Fredrik pourra se loger dans la caravane de sa fille qui est sur l’île.

Qui prévenir, à qui demander de l’aide et Fredrik a t-il vraiment besoin d’aide ? Pas facile tout ça. Il va prévenir sa fille qu’il ne connaît pas très bien, va faire des courses sur le continent et puis fait le tour de son île. C’est l’automne  de sa vie et sur son île.

Les autorités le soupçonnent d’avoir mis le feu délibérément, sa fille fantasque mais rêche va le brusquer dans sa vie d’ermite, son voisin est un peu trop présent, des gens meurent sur le continent et Fredrik s’embarque dans une drôle d’histoire avec une journaliste de trente ans sa cadette.

C’est une histoire tendre et drôle, une acceptation des autres avec leurs différences et leurs failles, sans se poser de question, naturellement. La peur de la mort est présente mais légère, juste un ressenti.

Et ce réveillon du nouvel an à trois dans une caravane avec plats du traiteur et vaisselle fine est un délice à lire, à vivre. Le luxe dans l’essentiel, c’est peut être ça la vie.

Les paysages toujours grandioses, la mer, la tempête, le froid, la pluie, la neige et l’île et cette vie qui continue malgré tout. Sublime !

 

Posté par pyrouette à 11:30 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

Agir et penser comme un chat

Agir-et-penser-comme-un-chat

 

 

 

Stéphane Garnier

ISBN : 2360755080

Éditeur : EDITIONS DE L'OPPORTUN (01/06/2017)





4ème de couverture :

 

Le chat a tout compris, copions le chat ! C’est une évidence qui a inspiré à Stéphane Garnier ce manuel de développement personnel pas comme les autres. Le chat est libre, calme, observateur, prudent, élégant, charismatique, indépendant, fier, autonome… Autant de qualités enviables que vous pouvez développer facilement en vous inspirant de lui au quotidien.

 

Alors, laissez-vous guider par Stéphane Garnier et son compagnon Ziggy qui vous expliquent, pas à pas, comment mieux vivre juste en regardant votre chat. À vous la liberté d’agir, de penser, de demander ! À vous de ne plus céder aux ordres ni aux pressions du quotidien ! Au bureau, en famille ou entre amis, le chat va vous aider à mieux résister au stress, à cultiver votre indépendance, à booster votre charisme...



Extraits :

 

 

“Peut-être passons-nous trop de temps à nous agiter en tous sens, jusqu'à devenir sourd à l'essentiel de l'existence.”

“On peut supporter tout le bruit du monde tant qu'il ne nous est pas imposé par la contrainte, tant qu'il ne vient pas empiéter sur notre calme intérieur pour alimenter un stress inutile.”

 

“Savoir se détacher par moments de son environnement, de ses biens matériels, cesser d'y accorder trop d'importance, comme de peaufiner à chaque minute son reflet dans le miroir, est un exemple que nous devrions suivre plus souvent pour retrouver un peu d'humilité, un peu de vérité, et parvenir à discerner à nouveau l'essentiel du superficiel.”

“Apprendre à se taire , c’est préserver un peu de recul, un peu de secrets dans nos vies. Être sincère, oui,  mais être transparent à tout propos, tout le temps et avec n’importe qui n’est peut-être pas la meilleure démarche pour se protéger des médisants.S’exprimer ne veut pas dire s’étaler et, si l’échange est nécessaire, l’observation et l’écoute sont parfois aussi convaincantes que tous les argumentaires.”



Mon avis :

 

Le chat est un animal domestique libre. Il a des états d’âme mais vit dans le présent où il essaye de tirer le meilleur parti sereinement. Écrit sans contrainte ce livre de développement personnel est bourré de bons conseils. Je l’ai lu et relu selon les contraintes du moment.

 

J’ai beaucoup ri aussi m’imaginant faire comme mes chats (cinq) pour réclamer quelque chose en miaulant et suivant la personne susceptible d’exaucer mes désirs, essayant de la faire tomber pour qu’elle me regarde enfin.

 

Je m’étire avant de me lever le matin, tôt, pour pouvoir prendre un instant d’observation silencieuse dans le jardin et attendre le soleil.

 

Mine de rien ce livre a eu un impact sur ma vie car je me suis aperçue que je ne gardais aucune pensée négative, je suis devenue plus franche, n’ayant plus peur de blesser, mais libre ensuite et ne ruminant pas les petites vacheries du quotidien.

 

Pour le reste je me tais, ne donnant pas le bâton pour me faire battre, ignorant mes adversaires jusqu’au coup de griffe nécessaire pour le respect de mon espace vital.

 

Je recommande les conseils de Stéphane Garnier et de Ziggy, qui font un bien fou !

 

 

Posté par pyrouette à 08:10 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

Le signal

0398-cover-signal-5324c7b5dfb07

 

 

 

Ron Carlson

Sophie Aslanides (Traducteur)

ISBN : 2351780396

Éditeur : GALLMEISTER (05/01/2011)

 

 

 

4ème de couverture :

 

Pour la dernière fois, Mack et sa femme Vonnie partent camper dans les montagnes du Wyoming afin de se dire adieu. Enlisé dans les dettes, l'alcool et les trafics, Mack a peu à peu contraint Vonnie à renoncer à l'amour profond qui l'avait attirée vers l'Ouest, et la jeune femme a refait sa vie. Cette randonnée est un moment de complicité retrouvée, une ultime occasion de se révéler l'un à l'autre. Pour Mack, cette expédition est aussi la dernière mission qu'il exécute pour le compte d'un intermédiaire douteux afin de sauver son ranch de la faillite. Au cœur des vastes étendues sauvages, guidé par un faible signal GPS, il doit retrouver une mystérieuse balise égarée lors d'un survol de la région. Mais cette mission se révèlera bien plus périlleuse que prévu.

 

 

Extraits :

 

“C'est parce qu'ils signifiaient quelque chose qu'on transportait certains objets.”

 

“Les bonnes manières, toutes sans exception, sont des protections. Elles peuvent être plus efficaces que les muscles dans les endroits visqueux.”

 

“Il y a trop de montagnes dans ma vie pour qu'on y mette un avion.”

 

“Quitte à être fauché, autant l’être au bon endroit.”

 

 

Mon avis :

 

Mack est un looser. Il avait tout pour être heureux et son père lui avait donné de bonnes valeurs. Mais voilà, la mort prématurée de ce dernier laisse un Mack d’une vingtaine d’années désoeuvré et incapable de gérer le ranch familial qui aurait dû lui assurer une vie confortable.  À l’époque de son adolescence il fait la connaissance de Vonnie qui vient passer des vacances dans la région. Elle reviendra des années plus tard et épousera Mack.

 

Mack a déjà accepté du travail pas très clair, il est rentré tout entier dans la délinquance, ses seules possibilités de sauver le ranch qu’il doit louer. Les deux tourtereaux habitent un mobil home délabré et insalubre pendant quelques années.

 

Leur mariage tient dix ans et c’est un miracle. L’alcool, les dettes, le travail douteux vont faire fuir Vonnie qui va refaire sa vie assez rapidement.

 

Mack se retrouve en prison. À sa sortie, il demande à Vonnie de l‘accompagner dans les montagnes du Wyoming, randonnée qu’ils font tous les ans depuis leur mariage. Il ne prévient pas Vonnie qu’il a accepté encore une mission douteuse.

 

Mack est un raté, met tout le monde en danger, mais c’est un gars des montagnes. Il est né ici, c’est sa vie, même fauché et divorcé.

 

Des paysages magnifiques et des poursuites glauques.

 

Posté par pyrouette à 09:51 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

L'enfant pétrifié

51sspoycdTL

 

 

 

 

Valérie Lys

ISBN : 237260077X

Éditeur : PALÉMON ÉDITIONS (28/03/2017)

 

 

 

4ème de couverture :

 

Jimmy Quévélé, vendeur d'objets d'art à Quimper, est assassiné quelques jours avant une exposition d'art malgache dans la capitale cornouaillaise.

 Habitué des enquêtes bretonnes, le commissaire Velcro va découvrir Quimper et son impressionnante cathédrale.

 Mais il va aussi devoir dénouer les fils d'une intrigue opposant ambition occidentale et culture ancestrale et mêlant amour, amitié et vengeance...

 

 

Extraits :

 

“Il était d'une humanité consternante.”

 

“Je n'arrive jamais à ressentir un sentiment fort pleinement, sans arrière-pensée, sans autocontrôle.”

 

“Loin des ambitions destructrices, des trahisons et des frivolités contemporaines, mes valeurs étaient solides et saines. Clé de mon bonheur en tout cas.”

 

“Nous avons tous notre libre arbitre. C'est la route que nous choisissons qui fait de nous ce que nous sommes. Un virage à droite ou à gauche et c'est notre vie qui bascule.”

 

“Le spectacle était navrant. Véritable mise en scène de notre solitude. Élan narcissique contemporain. Nous n'avons jamais autant communiqué entre nous et paradoxalement nous ne nous sommes jamais sentis aussi seuls. Notre vie est devenue une sorte d'ego trip sans but et sans billet retour.”

 

“La vie n’est qu’une succession d’évènements qui s’emboîtent les uns dans les autres, plus ou moins bien d’ailleurs.”

 

 

Mon avis :

 

Il s’en passe des choses à Quimper. Le vol d’un objet d’art, un lithopédion qui est plutôt une pratique ancestrale malgache de conservation d’un corps de nouveau né, au Centre d’art contemporain.

 Puis le meurtre par flèche empoisonnée du brocanteur qui s’est procuré le lithopédion. Puis le meurtre d’un mari jaloux, militaire faisant souvent des voyages à Madagascar et dans la ligne de mire de certains policiers parisiens. Autour de ces hommes, des femmes séduisantes, jalouses, aimantes.

 Le Commissaire Velcro est parachuté à Quimper pour cette enquête. Cela tombe bien, il aime la tranquillité de la Bretagne. Il doit travailler avec les enquêteurs locaux pas très doués, il faut le dire. Cet homme observe, discute avec les différentes personnes qu’il rencontre.

 Il fait la part des choses, recoupe les informations, relie les protagonistes de cette triste histoire, doucement, sans violence.

 La violence est à Paris avec les attentats.

 C’est une histoire d’amitié, d’amour et de haine.

 Enquête agréable sans hémoglobine et bien menée.

 Merci à Masse critique de Babelio et aux Éditions du Palémon pour cette découverte bretonne.

 

 

 

Posté par pyrouette à 17:00 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

Bérézina

866570

 

 

 

 

Sylvain Tesson

Thomas Goisque

ISBN : 2352211980

Éditeur : GUERIN ÉDITION (05/01/2017)

 

 

 

4ème de couverture :

 

« Un vrai voyage, c’est quoi ?

– Une folie qui nous obsède, dis-je, nous emporte dans le mythe ; une dérive, un délire quoi, irrigué de vodka, une glissade à la Kerouac, un truc qui nous laissera pantelants, le soir, en larmes sur le bord d’un fossé. Dans la fièvre…

– Ah ? Fit-il.

– cette année ceux sont les deux cents ans de la Retraite de Russie, dis-je.

– Pas possible ! dit Gras.

– Pourquoi ne pas faire offrande de ces quatre mille kilomètres aux soldats de Napoléon ? »

Sylvain Tesson embarqué l’Empereur dans son side-car pour une épopée carnavalesque et réjouissante.

Entraîné dans une effraction du temps, le lecteur enjambe les siècles avec jubilation.

 

 

Extraits :

 

“L'homme n'est jamais content de son sort, il aspire à autre chose, cultive l'esprit de contradiction, se propulse hors de l'instant. L'insatisfaction est le moteur de ses actes.”

 “La vodka est autrement plus efficace que l'espérance. Et tellement moins vulgaire.”

 “L'espoir meurt en dernier.”

 “Quiconque a marché quelques jours sous les futaies de ce pays sait le désespoir et l'angoisse qui étreignent l'âme, au soir d'une journée où tout effort a semblé vain pour faire se rapprocher l'horizon. L'étendue russe est décourageante.”

 “Les trente glorieuses avaient servi à cela : nous aménager des paradis familiers, des bonheurs domestiques, des jouissances privées. Nous permettre d'avoir beaucoup à perdre.”

 “Le froid ouvrait ses brèches. Il avait une vie autonome et ses propres plans.”

 

 

Mon avis :

 

J’aime bien suivre les aventure de l’auteur confortablement installée dans mon canapé et bien au chaud. Il le dit lui-même ses voyages sont des folies arrosées de vodka, du moins quand il s’agit de la Russie.

 Il décide avec quatre compagnons de vodka, voire de galère, deux français, deux russes, de suivre la route de la retraite de Napoléon de Moscou à Paris sur des motos ou plutôt des side-cars. Ils ont choisi de partir en hiver sinon quel intérêt ?

 La route de la retraite de Napoléon est une route fréquentée par des camions maintenant et dangereuse pour les engins plus ou moins à deux roues.

 Les deux copains russes partent plus tard à cause d’une avarie sur une moto et malheureusement ils ont les affaires des français permettant de braver le froid. Ce froid qui mord et s’infiltre partout.

 Le soir pas de bivouac, ils s’arrêtent dans des hôtels, auberges, bouis-bouis. De bons repas arrosés évidemment de vodka, histoire de l’oublier ce froid mordant. Les nuits au chaud sont indispensables.

 L’auteur évoque, au fil de son voyage, la tragédie des soldats et des chevaux, morts dans l’indifférence. Un véritable carnage dû au froid, aux maladies, à la faim. Les soldats mangent les chevaux puis se mangent en eux. Qu’aurions nous fait à leur place ?  Nous qui vivons avec tout le confort moderne et incapables de défendre une cause qui ne concerne pas un proche ?

 J’ai pris un cours d’histoire et j’ai suivi le voyage de quatre fous furieux, voyage qui n’a duré que treize jours - je suis étonnée - mais je n’ai pas vu les paysages grandioses de la Russie, juste des routes boueuses entre deux camions.

 

Posté par pyrouette à 16:42 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

Le prix de l'innocence

Le_prix_de_l_innocence

 

 

 

Willa Marsh

ISBN : 2746734346

Éditeur : AUTREMENT (06/02/2013)

Traducteur : Éric Mc Comber

 

 

4ème de couverture :

 

« - On danse ?

J'acquiesçai. Et c'est ainsi que tout commença. »

Pique-nique en virées en décapotable le week-end, première cigarettes, premiers slows : poussée par ses amis Vanessa et Tony, si joyeusement délurés, l’innocente Fiona prend goût à la liberté. Ce n’est pas le même chanson pendant la semaine. Au grand magasin Winslow, elle doit subir les remontrances de la terrible Mme Ferrars, chef du rayon verre et porcelaine. Elle découvre, stupéfaite, un monde d’intrigues et de coups bas. Trois décennies plus tard, Fiona reçoit une lettre de Vanessa lui annonçant la visite de son fils Alex. Les souvenirs Affluent… Peu à peu, pour Fiona, tout s’éclaire.

 

 

Extraits :

 

Je me demande comment il nous est possible de perdre les pas à ce point. Comment un couple capable de si bien glisser, tournoyer et chalouper ensemble peut-il soudainement trébucher, tomber et s'écraser les doigts de pied ?”

“Cependant, plus l'on vieillit, plus il nous arrive de nous tourner vers le passé qui, pour certains, semble baigner dans un éternel halo ensoleillé.”

 

“Nous devons tous faire face aux nouveaux départs.”

“Nos vies sont jonchées de ces petites trahisons d'amour et d'amitié, de cette répugnance à donner de nous-mêmes, et, occasionnellement, celles-ci nous reviennent nous hanter.”

“Peut-être devrions-nous toujours, en nous remémorant nos pires erreurs, nous rappeler les principaux faits qui ont entourés ces actions regrettables. Il est si facile de se labourer les tripes en se disant qu'on aurait dû mieux agir, se montrer plus forts, plus tolérants, tout en oubliant le contexte exact de nos actions passées.”

“Pourquoi, chaque printemps, lorsque je vois passer un corbeau portant une paille dans son bec, une mystérieuse nostalgie s’empare-t-elle de moi, un ardent désir qu’on pourrait associer davantage à l’impétuosité de la jeunesse qu’à la placidité de la cinquantaine ?”

 

 

Mon avis :

 

Fiona, la cinquantaine, demeure dans un cottage  pittoresque et chaleureux avec son mari. Bénévole dans de nombreuses associations et paroisse du village, Fiona vit au présent. La lettre qu’elle reçoit de sa meilleure amie, lui demandant de recevoir son fils, va la faire basculer dans le passé dans les jours qui suivent.

 

Elle n’osera pas parler de la lettre à son mari James, être distant, qu’il faut rassurer souvent. Leur fille, qu’ils ont eu temps de mal à avoir, est décédée. Le chagrin, la douleur, la culpabilité communs aux deux personnalités, sont vécus pourtant de façon différente.

 

Fiona, dès qu’elle est seule, remonte dans son passé de jeune fille à l’époque où son père la força à travailler dans un magasin et où elle fit connaissance avec Vanessa puis Tony le petit ami de cette dernière et James un ami de Tony.

 

Entre liberté, fêtes et travail, Fiona trace son petit chemin. Si Vanessa et Tony sont délurés et joyeux, Fiona et James, plus sérieux pensent à l’avenir et au mariage.

 

La vie éloigne les gens qui s’aiment, Vanessa et Tony se séparent malgré leur petit garçon, Fiona et James résistent au temps et aux failles.

 

L’arrivé d’Alex, va remettre les choses en place. et je ne peux en dire plus.

 

C’est une histoire sur l’amitié plus que l’amour, la vie, les erreurs faîtes, les regrets, la culpabilité.

 

Ce que j’aime dans le style de l’auteure, c’est cette résilience dans tous ses personnages principaux : accepter et résister aux chocs de la vie et surtout continuer.

 

Posté par pyrouette à 10:58 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

Winter

bass

 

 

 

Rick Bass

Béatrice Vierne (Traducteur)

ISBN : 2070414051

Éditeur : GALLIMARD (17/05/2010)

Traductrice : Béatrice Vierne







4ème de couverture :

 

Winter est le récit de l'installation de Rick Bass et de sa femme dans un coin reculé du Montana en plein hiver.

Pas d'électricité, pas de téléphone, juste un saloon à une demi-heure de route. Mais une vallée comme au début du monde, une nature splendide et cruelle. Par moins trente-neuf degrés, le rêve se fait parfois souffrance.

Dans une prose lumineuse, le défenseur de l'environnement Rick Bass redécouvre, au terme d'un progressif dépouillement, l'essentiel.



Extraits :

 

“C'est parfois tout à fait merveilleux de découvrir qu'on était dans l'erreur, qu'on est ignorant, qu'on ne sait rien, peau de balle. Comme ça, on peut recommencer.”

“Nous avons su aussitôt que c'était là que nous voulions vivre, là que nous avions toujours voulu vivre.”

“Je commence à me dissocier de la race humaine. Je ne voudrai pas passer pour un malotru - mais ça me plaît. Ça me plaît même tellement que ça me fait un peu peur.”

“C’est justement pour ça que nous sommes montés jusqu’ici, nous et tous les autres habitants du coin. Il n’y a pas de quoi être fiers, mais nous fuyons tous quelque chose, et cet isolement nous donne l’impression d’être en sécurité.”



Mon avis :

 

Rick et Elisabeth décident de déménager et se cherchent une maison dans l’ouest du Pays. Sans un sou vaillant en poche, mais avec leurs deux chiens, petit à petit, ils remontent vers le nord, ils n’ont pas les moyens de l’ouest. Artistes tous les deux, des rêves pleins la tête et une bonne dose de folie, ils visitent un domaine dans le Montana  dont les gardiens veulent partir ne supportant plus le climat très froid.

Les voilà dans leur nouvelle vie, loin de tout, en pleine nature, sans internet, téléviseur ou même téléphone. Ils vont apprendre en premier le besoin du bois pour le chauffage et la nourriture. Et du bois il en faut beaucoup, c’est la première tâche et la plus indispensable pour leur survie. Le bois, c’est sale, tous ceux qui vivent ou ont vécu dans des contrées froides le savent. Et puis dans cette région le bruit le plus répandu est celui des tronçonneuses.

Leurs voisins sont sympathiques, pas très causants mais agréables. Ils organisent des repas, des jeux pour les femmes, histoire de passer l’hiver. Pour Rick et Elizabeth, c’est différent, ils ne connaissent pas encore la lassitude, ils découvrent et contemplent et ce qu’ils voient leur plaît infiniment. Les corps doivent s’habituer, se lever malgré le froid et la fatigue, travailler au grand air, se promener, observer les animaux, se ravitailler et puis se réfugier devant  la cheminée ou le poêle le soir, bien au chaud, emmitouflés dans de chaudes couvertures. Attention de ne pas prendre feu.

Déneiger, puis éviter les congères pour les virées à la ville, de temps en temps, pour téléphoner à leur famille et tenter de réparer et d’équiper les voitures. Les astuces à transformer en réflexes pour ne pas subir de déboires.

J’ai suivi la nouvelle vie de ces deux être givrés avec plaisir. Des relents de ma vie en Lozère sont revenus, sans mauvais souvenirs cette fois.

Mais je suis prudente, j’ai attendu qu’il fasse bien chaud pour entamer ce récit !

Posté par pyrouette à 11:43 - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :