la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Le charme discret de l'intestin

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Giulia Enders

ISBN : 2330050267

Éditeur : ACTES SUD (01/04/2015)

Traductrice : Isabelle Liber

Illustrations : Jill Enders




4ème de couverture :

 

Surpoids, dépression, diabète, maladies de peau… Et si tout se jouait dans l’intestin ?

Au fil des pages de son brillant ouvrage, Giulia Enders, jeune médecin allemande, plaide avec humour pour cet or­gane qu’on a tendance à négliger, voire à maltraiter. Après une visite guidée de notre système digestif, elle présente, toujours de façon claire et captivante, les résultats des toutes dernières recherches sur le rôle du “deuxième cerveau” pour notre bien-être. C’est avec des arguments scientifiques qu’elle nous invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médi­caments, et appliquer quelques règles très concrètes en faveur d’une digestion réussie.



Extraits :

 

“À force d'astuce, j'ai fini par prendre le dessus sur ma maladie.”

“Le monde est bien plus passionnant quand on ne voit pas seulement de lui ce qu'il daigne nous montrer, mais aussi ce qu'il nous cache.”

“Toute personne qui souffre d'états anxieux ou dépressifs devrait garder à l'esprit qu'un ventre mal en point peut être aussi à l'origine d'humeurs noires.”

“L'une des priorités de nos mouvements est de toujours nous conduire vers un équilibre plus sain - du froid vers le chaud, par exemple, du malheur vers le bonheur ou de la fatigue vers la vigilance.”

“Nous ne devrions donc pas toujours chercher la cause de nos maux dans notre tête ou dans ce qui se passe dans notre vie, car nous sommes plus que cela…”



Mon avis :

 

Deux jours que je cherche une idée pour vous donner envie de lire un bouquin sur l’intestin, deux jours que je ricane toute seule, dans mon coin. L’auteure, Médecin, raconte avec beaucoup d’humour le fonctionnement de notre intestin et les illustrations de sa soeur vont bien avec. Il se trouve que j’avais besoin de me renseigner. Alors non, non, non, je n’en dirai pas plus sur ce besoin. J’étais quand même bonne élève et la moitié du livre était de simples révisions mais j’ai appris aussi beaucoup.

Alors à tous les désorganisés de l’intestin qui pensent, grâce à leur médecin, parfois, souvent, que c’est un problème psychologique, cette bible est pour vous. Car effectivement avoir mal au ventre peut jouer sur l’humeur et non le contraire.

Maintenant je sais tout sur le microbiote, les probiotiques et les prébiotiques, mais aussi sur les déjections des animaux et sur les recherches des maladies psychiatriques en particulier la schizophrénie. Et oui… L’intestin est un sacré agent secret en plus d’être un charmant discret.

Bon d’accord j’avoue que lire cet ouvrage dans les transports en commun peut prêter à sourire, alors lisez-le au petit coin !

 

 

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Etta et Otto (et Russel et James)

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Emma Hooper

ISBN : 2365690823

Éditeur : EDITIONS LES ESCALES (22/10/2015)

Traductrice : Carole Hanna

 

4ème de couverture :

Dans sa ferme du fin fond du Saskatchewan, Etta, quatre-vingt trois  ans, n'a jamais vu l'océan. Un matin, elle enfile ses bottes, emporte un fusil et du chocolat et entame les trois mille deux cent trente deux kilomètres qui la séparent de la mer. " J'essaierai de ne pas oublier de rentrer. " C'est le mot qu'elle laisse à Otto, son mari. Lui a déjà vu l'océan, il l'a même traversé des années plus tôt, pour prendre part à une guerre lointaine. Il comprend la décision de sa femme mais, maintenant qu'elle n'est plus là, ne sait plus comment vivre. Russell, l'ami d'enfance d'Otto, a passé sa vie à aimer Etta de loin. Il ne peut se résoudre à la laisser seule et part à sa suite. Et qui sait, peut-être pourra-t-il chasser le caribou en chemin. Bercé par le rythme des vagues, Etta et Otto (et Russell et James)vogue du souvenir à l'oubli. Un roman lumineux sur la mémoire, l'amour et la poésie des mots.



Extraits :

“Mais je suis heureuse, je crois. Ou peut-être pas heureuse, je suis juste ici et c'est ici que je suis. Et c'est bien.”

 

“Vous ne pouvez jamais arrêter d'être mère. Jamais, jamais, jamais.”

 

“Elle pouvait retourner chez ses parents. En ville. Y passer du temps, prendre du recul. Cela lui ferait du bien de se retrouver dans le même endroit qu'eux. De se sentir à sa place de cette façon si simple.”

 

“Si on agit, on vit et si on vit on gagne, pas vrai ?”

 

“Elles passèrent le restant de la journée à marcher dans cette espèce de silence qui n’appartenait qu’à elles.”

 

 

Mon avis :

Etta, avec son âge certain, n’a jamais vu la mer. Dans sa ferme, à la campagne, avec son mari Otto, elle a toujours eu une vie simple. Mais depuis quelques temps Les souvenirs d’Otto envahissent son esprit alors que les siens s’évadent parfois. Etta fait bien attention de rester sur le bord du lit pour ne pas toucher Otto, mais rien n’y fait.

Alors elle décide de partir voir la mer. Avec ses quelques souvenirs et surtout son état civil noté sur une feuille, quelques provisions et le fusil d’Otto, elle part de bon matin pour son périple de trois mille deux cent trente deux kilomètres.

Un beau voyage raconté comme un conte sur la vieillesse, l’amour, l’amitié, la vie.

Avec ses souvenirs fugueurs, Etta marche beaucoup, mange peu. Un coyote, James, fera un bon bout de voyage avec elle, puis quand Etta fera une autre rencontre, il partira vers son destin.

On remonte le temps pendant ce périple jusqu’à l’enfance d’Otto, Russel, l’ami d’enfance, et Etta, la guerre et le reste.

Histoire douce et énergique, de résilience et de persévérance surtout. Parfois les mots de l’auteure s’emballent comme l’esprit d’Etta et la réalité est autre, la sienne.

 

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Apprivoiser le stress

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Pascale Patte-Wilbert

ISBN : 2896627839

Éditeur : MORTAGNE (12/02/2018)






4ème de couverture :

 

Oui, vous pouvez VIVRE SANS STRESS ! Du moins, vous pouvez faire en sorte qu’il n’affecte pas votre équilibre ni votre santé !

COMMENT ?

De façon simple et pratique, en trois étapes :

COMPRENDRE le processus qui s’enclenche automatiquement lors d’une situation déstabilisante et entraîne des transformations chimiques, biologiques et physiques pouvant, à long terme, devenir néfastes pour l’organisme.

ÉVALUER votre vulnérabilité et votre niveau de stress grâce aux nombreuses pistes de réflexion proposée.

METTRE EN PLACE des stratégies efficaces, basées sur des exercices de respiration et de visualisation, et apprendre à apprivoiser et à gérer votre stress.

À la fin de votre lecture, vous disposerez d’outils pour installer progressivement et durablement le bien-être dans votre vie.



Extraits :

 

“Le stress est un phénomène naturel qui se produit chaque fois que nous devons faire un effort pour nous adapter aux sollicitations et aux changements de notre environnement.”

 

“Notre société nous pousse à être performants dans tous les domaines, professionnels ou personnels, à soutenir un rythme effréné, tout en affichant une certaine forme de légèreté et, surtout, en masquant la souffrance qui parfois nous submerge.”



Mon avis :

 

Un livre bien agréable et surtout pratique, divisé en quatre parties. La première permet de connaître le stress dans tous ses états. Une situation stressante pour un individu ne le sera pas pour un autre. Par exemple un petit stress de ma vie quotidienne : être enfermée dans des toilettes publiques. Un grand stress : ma situation de chômeuse et les contrôles qui vont avec.

Justement dans la deuxième partie, des tests vous permettent de cerner et de reconnaître les situations où vous perdez vos moyens. Bon, je me connais par coeur mais cette partie est bien complète, expliquée, décryptée sans être trop répétitive comme souvent les ouvrages de développement personnel.

La troisième partie vous permet de combattre ce qui peut vous rendre malade si vous ne faites rien pour un peu plus de bien-être. Créer des habitudes un peu comme des rituels de vie sont importants. Souvent les montagnards, surtout l’hiver, applique cette méthode ancestrale: la journée se déroule, quelque soit le temps, de la même façon.

La quatrième partie pour avoir les armes pour lutter contre cet état. Les exercices de respiration et des activités qui contribuent à vous guider vers la relaxation et surtout la lâcher-prise, le fameux !

Le tout est un guide pour combattre le stress, intéressant, sans fioriture. Clair, simple, précis, un indispensable dans nos bibliothèques et dans nos vies.

 

Merci à Masse critique de Babelio et aux Éditions Mortagne 

 

 

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La fille du train

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Paula Hawkins

ISBN : 2355843139

Éditeur : SONATINE (01/05/2015)

Traductrice : Corinne Daniellot






4ème de couverture :

 

Entre la banlieue où elle habite et Londres, Rachel prend le train deux fois par jour : à 8h04 le matin, à 17h56 le soir. Et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par coeur, elle a même donné un nom à ses occupants : Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait. Heureux, comme Rachel et son mari ont pu l’être par le passé, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte.

Jusqu’à ce matin où Rachel voit Jess dans son jardin avec un autre homme que Jason. La jeune femme aurait-elle une liaison ? Bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, Rachel décide d’en savoir plus. Quelques jours plus tard, elle découvre avec stupeur la photo d’un visage désormais familier à la Une des journaux : Jess a mystérieusement disparu…



Extraits :

 

“Il y a quelque chose d'irrésistible dans ces bribes volées de la vie des autres, ces instants frustrants, trop brefs, et pourtant si révélateurs.” (Prologue)

“Parfois je me surprends à essayer de me souvenir de la dernière fois que j'ai eu un contact physique un tant soit peu significatif avec quelqu'un, la dernière fois qu'on m'a offert une simple étreinte ou qu'on m'a serré la main avec affection, et mon coeur se crispe.”

“La vie n'est pas un paragraphe et la mort n'est pas une parenthèse.”

“C'est comme si les gens pouvaient lire sur moi les ravages de la vie, ils le décèlent sur mon visage, à la manière dont je me tiens, dont je me déplace.”

“Comme si je jouais à la vie au lieu de vivre pour de vrai.”

“Parfois, je n'ai envie d'aller nulle part, j'ai l'impression que je serais heureuse de n'avoir plus jamais à remettre les pieds dehors.”

“Je ne sais pas. Je ne sais pas où est passée cette force, je ne me souviens pas l'avoir perdue. Je crois que, avec le temps, elle a été érodée par la vie, le simple fait de vivre, jusqu'à disparaître.”

“Les personnes avec qui on a un passé refusent de nous laisser partir, et on a beau essayer, on est incapable de s’en dépêtrer, de s’en libérer. Peut-être qu’après un certain temps on cesse de lutter.”



Mon avis :

 

J’ai choisi ce polar parce que je me déplace en train et Rachel une des héroïnes du livre est une habituée des trains. Comme moi son activité principale, à bord, est de regarder les maisons qui bordent la voie ferrée. J’adore faire ça, voler quelques bribes de vie, regarder des gens à l’abri chez eux, c’est réconfortant de les observer alors qu’on est dans un train sale qui sent mauvais. La comparaison s’arrête là. Rachel regardent des maisons bien précises de son ancien quartier. Les gens qu’elle observe  et à qui elle a donné des noms, Jess et Jason, demeurent à quelques maisons de son ancien foyer. Maintenant son ex-mari y vit avec sa nouvelle femme, Anna. Rachel est alcoolique et dépressive. Son récit est souvent brumeux et confus.

Jess qui se prénomme Megan nous livre des moments de sa vie jusqu’à sa disparition. Ce n’est pas bien clair non plus mais pour d’autres raisons que l’alcool.

Anna nous livre aussi son point de vue sur tout ce petit monde. Elle est franche, jalouse  et lucide. C’est la nouvelle femme de l’ex-mari de Rachel.

Vous suivez ? Le décor est en place. Venez avec moi les lecteurs, prendre ce train deux fois par jour et suivre cette enquête passionnante. Pour la première fois je n’ai pas essayé de découvrir qui était le responsable. J’ai juste suivi ces trois femmes avec leurs forces et leurs failles. Polar passionnant et presque addictif.

 

 

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L'art de perdre

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Alice Zeniter

ISBN : 2081418010

Éditeur : FLAMMARION (16/08/2017)

 

Prix Goncourt des Lycéens



 

 

4ème de couverture :

 

L'Algérie dont est originaire sa famille n'a longtemps été pour Naïma qu'une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?

Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu'elle ait pu lui demander pourquoi l'Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l'été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l'Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?

Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l'Algérie, des générations successives d'une famille prisonnière d'un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d'être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

 

 

Extraits :

 

"Pendant les journées de gueule de bois, elle touche du doigt l'extrême difficulté que représente être vivant et que la volonté réussit d'ordinaire à masquer." (Prologue)

"À quel moment a-t-il décidé que sa détresse avait la taille d'un pays manquant et d'une religion perdue ?" (Prologue)

L'argent n'est rien en soi. Il est tout dès qu'il se transforme en une accumulation d'objets.

"La politesse se rend. L'amitié se partage. On ne fait pas des sourires ni des courbettes à ceux qui ne nous disent même pas bonjour."

"Ils veulent une vie entière, pas une survie."

"Dans sa tête, ça fait comme un bruit d'ongles sur un tableau noir."

"Tout est facile. C'est ce qu'on voulait, non ? Qu'on choisisse un côté ou l'autre, ce qu'on voulait c'est que ça devienne facile pour nos enfants…"

"C'est violent, une vie."

"Il se dit parfois que s'échapper prend plus de temps que prévu, et que s'il n'a pas fui aussi loin de son enfance qu'il le souhaiterait, la génération suivante pourra reprendre là où il s'est arrêté."

 

 

Mon avis :

 

Une histoire familiale tendre et violente, subtile et belle. Ce n’est pas mon histoire mais c’est un bout de mon enfance puisque j’ai grandi dans une cité ouvrière et j’ai lu cette fresque avec bonheur, impatience et à la fois triste de finir cette histoire.

Naïma, fille de Hamid et Camille, ne s’est jamais posée de questions sur une partie de ses origines jusqu’aux attentats. Elle a grandi avec cette grand-mère aimante qui ne parle pas français, qui cuisine pour tous. Ses nombreux oncles et tantes animent aussi cette famille dans ce tout petit logement hlm.

Alors dans cette quête des origines nous commençons par la vie d’Ali en Kabylie. Jusqu’aux évènements tragique d’Algérie, il menait son petit bonhomme de chemin, avec ses deux frères, dans son domaine qu’il agrandissait selon les naissances.

Il a préféré partir et rejoindre le continent, lui, l’ancien combattant français de la deuxième guerre mondiale. Avec sa femme Yema, ses deux fils et sa fille, il prend le bateau pour fuir la guerre et pour un avenir meilleur.

La famille sera parquée dans un camps de toile dans le sud de la france pendant quelques mois puis dans des tous petits chalets ou la débrouille sera de mise, puis par chance, du moins le croit-il, la famille a obtenu un logement à Flers en Normandie.

Ali deviendra ouvrier, Yema s’occupera de la maison et Hamid grandira en s’accrochant pour apprendre le français correctement, pour rattraper le niveau des autres élèves, ce qu’il fera brillamment. Il ne comprend pas pourquoi ses parents courbent le dos pour tout en remerciant même ceux qui tournent la tête en les voyant. Il a un peu honte aussi.

Dès qu’il le pourra il quittera sa famille et ce HLM. Il rencontrera Camille, obtiendra un bon poste à la CAF n’ayant pas d’autres rêves que de se fondre dans la masse, et aura quatre filles dont Naïma. Il ne voudra jamais retourner en Algérie.

Naïma le fera pour lui, remontant jusqu’au village de son grand-père. Elle voyagera dans ce pays avec peur, malgré les belles rencontres. Elle reviendra apaisée et clairvoyante, laissant derrière elle le passé et ses origines. Comme tous ceux qui n’ont pas de point d’ancrage, elle restera en mouvement.

Un style vif et sublime, un récit grandiose.

 

 

 

 

 

 

 

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J'arrête d'être parfaite

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Cindy Ghys

ISBN : 2212568797

Éditeur : EDITIONS D'ORGANISATION (01/02/2018)




4ème de couverture :

 

Toujours coupables de "peut mieux faire", paranos du kilo en trop ou admiratives de la famille parfaite, 100 % des femmes ont un jour ou l'autre ressenti la pression de devoir faire toujours plus. Comment mettre fin à cette spirale infernale et retrouver le plaisir d'être soi-même ? Cindy Ghys vous aide à renoncer à être la meilleure pour apprendre à donner votre meilleur. Elle vous livre sa méthode infaillible pour enfin lâcher prise : un programme en 21 jours pour en finir avec la "perfect attitude" ; des tests pour détecter votre niveau de perfectionnisme ; des exercices pour mettre au placard la honte et la culpabilité ; des playlists et des moments de célébrations pour visualiser vos progrès.

Alors, plongez dans la vraie vie parfaitement imparfaite. Le monde n'a pas besoin de femmes parfaites, mais de femmes qui osent !

 


Extraits :

 

"Le problème avec le désir de perfection, c'est qu'à un moment donné on croit que la souffrance est normale."

 

"Le perfectionniste se construit une armure qui la sépare de l'autre mais aussi de lui-même. Inaccessible, c'est la peur de sa vulnérabilité qui le fait résister à toute intervention extérieure."

 

"La seule chose dont nous pouvons être sûres, toi et moi, c'est que chaque jour est constitué d'un matin et d'un soir. Entre les deux, il y a ce que nous faisons de nos doutes et de nos peurs pour être l'artisan de notre propre bonheur."

 

"Se détacher du regard de l’autre suppose de prendre conscience de ses propres compétences sans que le monde extérieur vienne le confirmer ou le démentir."



Mon avis :

 

Ne vous fiez pas à la couverture de cet ouvrage, qui avec humour, je trouve, montre le quotidien d’une jeune femme. Les illustrations sont réalisées par Sophie Lambda (j’adore). C’est un ouvrage sérieux, très bien pensé et écrit. Comme tout atelier sur le bien-être, Cindy touche du doigt le désagréable, ce qui fait mal mais pour une bonne cause : celle de nous faire prendre conscience de tout ce mal-être et faire en sorte de nous montrer le bon chemin, notre chemin unique et personnel qui ne correspond à aucun cliché sociétal, et surtout de s’accepter.

 

D’ailleurs ce n’est pas Cindy qui est aux commandes mais nous en faisant les tests. Et croyez-moi, c’est révélateur et peut-être dérangeant. Je suis perfectionniste constamment en demande de lâcher-prise et ce depuis plusieurs années et j’ai beaucoup ri en faisant les tests avec ma fille. Nous sommes toutes deux des criminelles. Et si ma fille dit qu’elle aime bien ça, je réplique que je ne peux pas vivre autrement. Nous avons pu comparer, grâce à notre différence d’âge, l’avancement du “chantier” et c’est très drôle. Si le regard des autres ne m’importe plus, si je n’embête personne avec ma façon de vivre, je reste une maniaque. Ma fille a bien évolué aussi, mes non sont des parfois pour elle (test).

 

Cet ouvrage convient surtout aux jeunes femmes et je correspond  à la tante de plus de cinquante ans qui fait du trampoline (je ne t’en veux pas Cindy, j’ai beaucoup ri et j’en fait depuis longtemps), mais il m’a donné l’occasion de faire le point avec humour.

 

Je l’ai lu en deux jours mais vous pouvez suivre le programme sur 21 jours, ce qui vous permet une petite pause dans votre journée.

 

Merci Cindy.

 

et mes remerciements également à Masse critique de Babelio et aux Éditions Eyrolles

 

 

 

 

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Le château de verre

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Jeannette Walls

Bella Arman (Traducteur)

ISBN : 2221099389

Éditeur : ROBERT LAFFONT (03/01/2008)





4ème de couverture :

 

Jeannette Walls est connue du Tout New York : chroniqueuse mondaine, elle évolue dans le monde des célébrités. Qui pourrait imaginer qu'elle a passé ses premières années dans la misère la plus sordide? - que son enfance a été une lutte continuelle pour survivre, marquée par un père et une mère d'une excentricité absolue? Amoureux des arts et des lettres, sublimes de fantaisie, les parents Walls sont aussi des marginaux d'un égoïsme criminel. Mathématicien et bricoleur inspiré, le père caresse un rêve fou : bâtir une maison de verre dans le désert. Mais il noie ses projets dans l'alcool. La mère écrit, peint, déclame de la poésie. Son bien-être ne l'intéresse pas. Celui de sa progéniture non plus. Fuyant la misère, la famille doit sillonner l'Amérique. En permanence, les enfants Walls sont confrontés au froid, à la faim, au danger.



Extraits :

 

“Je sais, mais si je ne vais pas bien, ça ira bien quand même.”

“Je vivais dans un monde qui pouvait s'embraser à tout moment. Le genre de connaissance qui vous laisse sur vos gardes pour toujours.”

“Ne vous en faites pas, Dieu est compréhensif, disait maman. Il sait que votre père est une croix qu'il nous faut porter.”

“- Ne sois pas triste, maman. J'écrirai.

- Je n'ai pas peur de ton absence. Ce n'est pas cela. Ce qui me rend triste, c'est que tu vas à New York alors que moi, je suis coincée ici. Ce n'est pas juste.”

“Tout le monde trouvait que j’étais quelqu’un de normal. Cela me faisait bizarre.”



Mon avis :

 

Je n’avais pas envie de sortir de cette histoire et je ne sais pas comment vous donner envie de la lire. Le récit de Jeannette n’est pas très gai pour nous lecteur mais il n’est pas non plus triste pour la fratrie de cette famille. Il est. C’est l’enfance de Jeannette, Lori, Brian et Maureen avec leurs parents Rose Mary et Rex.

Jeannette aurait pu continuer sa vie, comme ça, en gardant ses souvenirs, mais chroniqueuse mondaine, elle se rend à une soirée quand elle voit sa mère fouiller dans une benne-à-ordures. Choquée elle fait demi-tour et rentre chez elle. Entre la honte, la colère, la peur, elle entreprend ce récit avec les encouragements et la présence réconfortante de son frère Brian.

Ses premiers souvenirs remontent à ses trois ans. Elle est juchée sur une chaise et fait cuire des saucisses pour son repas. La casserole tombe, elle est brûlée et passera des semaines à l’hôpital pour ses soins. Elle partira en catimini avec son père car il ne peut payer la facture des soins.

Rose Mary la mère, issue d’une famille bourgeoise ne supporte pas les contraintes.  Elle se dit artiste, peint et écrit. Elle dit que les gens se font trop de souci à propos de leurs enfants et qu’il est bien de souffrir quand on est jeune. Rose Mary a grandi dans le désert.

Le père Rex vient des montagnes, de Virginie Occidentale, je crois, de Welch, patelin boueux et glacial et d’une famille d’alcooliques. Il est doué pourtant, brillant mathématicien. Mais aussi alcoolique.

La famille déménage à peu près quatre fois par an, la plupart du temps en se sauvant pour une facture impayée, la police qui poursuit le père ou les services sociaux qui commencent à s’intéresser à eux.

Ils vivent dans des cabanes, les lits des enfants sont en carton, ils ont faim et froid et souvent sont en danger.

Rex ne garde aucun boulot et Rose Mary enseignante refuse de travailler car elle a l’impression de beaucoup s’occuper des autres et pas assez d’elle.

Quand la grand-mère maternelle décède, ils héritent d’une maison, grande et confortable qu’ils arriveront à rendre insalubre en très peu de temps. Les enfants, pourtant ont cru à une trêve, une normalité, une stabilité. Les services sociaux arrivent et ils fuient une fois de plus.

Ils décident de se rendre à Welch sans un sou en poche. Le père, après des mois de péripéties chez sa mère, achète une masure, sans électricité, sans eau courante, sans commodités avec un toit qui fuit et Brian sera obligé de dormir sous des bâches pendant des années. La cabane a trois pièces et les parents ont choisi celle du milieu avec le poêle, la cuisine est dangereuse, et l’autre pièce est la chambre des enfants. Le trou des sanitaires est en dessous de la maison.

Jeannette essayera toujours d’améliorer leur quotidien, malgré la faim qui lui tenaille le ventre et le froid. Brian et elle seront obligés de fouiller dans les poubelles de l’école pour avoir une chance de se nourrir. Ils sont sales, habillés de fripes.

Quand ils ont trop faim et à plusieurs reprises dans leur enfance ils demandent à leur mère de trouver un travail. Mais Lori et Jeannette sont obligées de corriger les copies et de préparer les cours. Elles sont pauvres mais cultivées. Malheureusement la mère quitte toujours ses postes d’enseignante.

Rex et Rose Mary sont des marginaux irresponsables et immatures qui aiment leurs enfants. On peut rajouter l’égoïsme aussi car dans une période où toute la famille à faim, les enfants découvrent que leur mère cache de grandes barres chocolatées dans son lit. De toute façon, même quand les parents travaillent, ils dépensent l’argent à leur usage personnel et pas pour le confort de leurs enfants.

Lycéenne, Jeannette planifie le départ  ou plutôt la fuite de Lori à New York. Avec Brian ils ont économisé l’argent qu’ils ont mis dans une tirelire. Oui, oui, ils ne s’attendaient pas à ce que leur père casse la tirelire et vole l’argent. Ils vont de nouveau économiser et partir chacun leur tour. Lori d’abord puis Jeannette et Brian. Ils feront venir Maureen aussi.

Ils s’organisent, trouvent du boulot, on est dans les années 70, un appartement et savourent de manger à leur faim, de pouvoir prendre une douche, de se coucher dans un vrai lit. Le vrai luxe est là.

Quand on a des parents immatures et irresponsables tels que ceux-là, vous portez en vous un sentiment d’insécurité toute votre vie. Le genre de connaissances qui vous laissent sur vos gardes pour toujours dit Jeannette.

Quand on a des parents irresponsables et immatures tels que ceux-là, n’espérez pas que même en fuyant à l’autre bout du pays vous allez vous en débarrasser. Non, non, non, ils vous rejoindront, croyez-moi ! Jamais ils ne lâcheront leurs enfants qui les ont pris en charge très tôt.

Ce récit est plein de rage, d’incompréhension mais aussi d’amour et de résilience.

La forte personnalité de Jeannette fait que la fratrie s’en sortira. Enfin presque. La petite dernière Maureen deviendra comme ses parents cumulant l’irresponsabilité, la fainéantise, l’alcoolisme. Les parents sans leurs enfants deviendront des sans-abris. et Malgré tout ce que je vous ai raconté, vous pouvez lire ce témoignage car d’une enfance pareille on en sort différent mais plus fort.

 

Récit sublime.






 

 

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Une femme dans la nuit polaire

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Christiane Ritter

ISBN : 2207140288

Éditeur : DENOËL (04/01/2018)

Traducteur : Max Roth




 

4ème de couverture :

 

Fuyant les tracas de sa vie quotidienne en Autriche, Hermann Ritter part s’établir au pôle Nord pour y mener une vie de trappeur. Son épouse, Christiane, parfaite ménagère des années 1930, décide alors de troquer son statut de femme au foyer pour celui d’aventurière du Grand Nord.

Malgré la réticence de ses proches, Christiane débarque à l’été 1933 sur les côtes du Spitzberg, une île de l’Arctique, pour rejoindre son mari dans une pauvre cabane, isolée sur une terre hostile et déserte. Après l’angoisse des premiers jours, Christiane fait l’expérience indélébile d’un quotidien intense, entre extase et survie : sur cette terre aux paysages fantastiques, elle découvre la chasse au phoque, affronte le froid polaire et la violence des tempêtes, et se prépare pour l’hiver et son interminable nuit noire… Progressivement, elle développe une véritable relation de tendresse avec cette nature capricieuse qui orchestre chaque instant de la vie, et offre parfois le spectacle d’une aurore boréale ou d’une famille d’ours polaires.

Avec ce récit ensorcelant sur la vie dans le Grand Nord, Christiane Ritter s’inscrit dans la lignée des aventurières flamboyantes telles que Karen Blixen, Alexandra David-Néel ou Isabelle Eberhardt.



Extraits :

 

“Seulement, pour moi, comme pour tout européen calfeutré dans son existence confortable, un séjour prolongé dans les régions polaires signifiait alors une double misère : un froid sibérien, dans le sens littéral du mot, et une solitude pesante, continuelle, intolérable.”

“J'étais bien décidée à débarquer dans l'Arctique avec un équipement archicomplet, afin de contempler la splendeur de l'univers polaire à peu près comme le spectateur qui, de son fauteuil, dans un cinéma bien chauffé, regarde défiler sur l'écran les images d'un monde lointain.”

“À présent, je suis certaine que, dans l'Arctique, c'est surtout la force morale, la résistance de la volonté qui décident de la vie ou de la mort de l'homme.”

“En somme, l'homme ne s'évade jamais tout à fait de la prison de ses petites servitudes.”

“Si vous voulez passer un hiver relativement confortable, suivez ces trois recommandations : chaque jour une promenade, même pendant la nuit polaire, même pendant la tempête. C’est aussi important que la nourriture. Secundo : gardez toujours votre bonne humeur, considérez l’existence avec humour. Et tertio : ne soyez jamais inquiète, n’allez pas au devant des soucis. Alors tout ira bien.”



Mon avis :

 

Je ne sais toujours pas ce qui me pousse à choisir des histoires sur le froid alors que j’ai une phobie de la neige depuis mon séjour de 17 mois en Lozère. Je suis une petite joueuse à côté de Christiane, l’auteure, il ne faisait que -30° l’hiver dans les congères entourant la maison, -5° dans la maison hors rayonnement de l’unique poêle à bois.

Je ne regrette pas, le récit est passionnant. Mettez le bonnet, l’écharpe, les mouffles, préparez-vous une boisson très chaude et en avant pour l’aventure !

Le palace de Christiane sur son île est de 9m2 et ils sont trois à vivre dedans. La crasse, le poêle qui refoule (ah, je connais bien), la suie sur les murs et l’alimentation différente, c’est  son premier choc. Le froid qui saisi et pénètre jusqu’aux os (jusqu’à -45°),la neige qui enterre la cabane, la chasse pour les hommes et c’est son deuxième choc. 

L’eau pour la vaisselle et la toilette, l’eau potable, la lessive, le moindre geste qui est facile pour nous peut prendre une journée là-bas. Des kilomètres en skis, avec des seaux ou bidons. Mais Christiane n'abandonnera jamais pour la propreté, quitte à ce que l'intérieur de la cabane gèle au grand désespoir de son mari. 

Et puis il y a le beau, le merveilleux qui se mérite. Il faudra attendre le départ du brouillard, des tempêtes et de la nuit polaire, mais d’après Christiane cela en valait la peine. 

J’ai adoré son récit, son courage et sa ténacité. Il faisait un peu froid cette semaine, non ?

 

Un grand merci à Masse critique de Babelio et aux Éditions Denoël

 

 

 

 

 

 

 

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La fonte des glaces

La-fonte-des-glaces

 

Joël Baqué

ISBN : 2818013917

Éditeur : P.O.L. (17/08/2017)




4ème de couverture :

 

Un homme traverse une brocante.

Il se laisse tenter.

On emballe son achat dans de vieux journaux.

Les choses s’enchaînent.

Il devient une icône de la cause écologique.

 

 

Extraits :

 

"L'horizon n'était qu'une ligne de soudure entre ciel et glace."

 

"Cet épisode avait radicalisé sa méfiance envers tout ce qui s'écartait du bon sens."

 

"Louis s'enfonce dans son duvet, goûtant le simple fait de vivre. Il comprend qu'il a vraiment frôlé l'anéantissement."

 

"Le commencement d'une histoire d'amour en est la meilleure part et toute vraie passion est un commencement toujours renouvelé. C'est pourquoi les vraies passions ne se terminent jamais, mais cessent un jour de commencer."

 

"Deux êtres humains progressant en ligne droite en ne laissant derrière eux qu'une légère éfraflure dans la neige vierge, dérisoire et précaire paraphe. Deux créatures en équilibre sur le fil tranchant de froid, pouvant à tout moment basculer dans le silence absolu, sans retour possible."

 

“Le temps semblait piégé dans la glace tel un cours d’eau gelé.”

 

 

Mon avis :

 

Louis est veuf et retraité. Ancien charcutier, il a mené une vie paisible avec son épouse. Il habite Toulon où il fait si chaud. Louis a des habitudes pour tromper l’ennui.

Jusqu'au jour où il traverse une brocante, ouvre une armoire et découvre un manchot empereur empaillé. Il a un coup de foudre pour cet animal qu’il achète et ramène chez lui comme un trésor. Il va passer des jours à l’admirer puis décide d’aménager le grenier en pièce froide pour reconstituer l'habitat naturel de son manchot et lui achète sur internet quelques copains.

Louis passe tout son temps dans le grenier avec ses manchots. Quand il sort c’est pour aller à la médiathèque étudier la vie et l’habitat naturel de ses protégés. Puis il décide de se rendre sur place en Antarctique.

L’aventure commence. Et cet homme, à l’âge où on attend plus ou moins la mort, débute une deuxième vie mouvementée, pleine de rebondissements, va être une star sur les réseaux sociaux,  prendra cause pour l’écologie. Mais avec un père qui a tout quitté pour cultiver les bananes en Afrique et qui est mort sous les pattes d’un éléphant, il ne pouvait pas en être autrement.

C’est aussi une histoire sur la surconsommation, même bio, notre crédulité à croire n’importe quoi, l’utilisation des réseaux sociaux, bref, une prose poétique et drôle sur notre stupidité.

 

 

 

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Tout homme est une nuit

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Lydie Salvayre

ISBN : 2021173704

Éditeur : SEUIL (05/10/2017)




4ème de couverture :

 

Des hommes retournent sur d’autres la brutalité d’un ordre dont ils souffrent. Ils s’inventent à peu de frais de commodes ennemis. Certaines frayeurs en eux les agissent.

Des questions vieilles comme le monde mais d’une brûlante actualité, auxquelles SYlvie Salvayre donne ici forme littéraire.

Un roman, donc, et d’une causticité jubilatoire, où vont se faire face, d’une part : un solitaire, un lettré, un pas-tout-à-fait-pareil, un pas-tout-à-fait-conforme, un homme malade qui a choisi de se retirer dans un lieu de beauté, et de l’autre : les habitant d’un paisible village que l’arrivé de ce nouveau, cet intrus, bouscule et profondément déconcerte.

Très vite surgiront, entre l’un et les autres, l'incompréhension et la méfiance, puis les malentendus et les soupçons mauvais, puis les grandes peurs infondées et les violences que sourdement elles sécrètent. Puisque tout homme est une nuit.



Extraits :

 

“J'avais ce sentiment que si ma vie devait être brève, je la voulais sinon heureuse, tout du moins adoucie.”

 

“Les gens d'ici n'étaient rien pour moi et je ne souhaitais pas faire partie de leur monde.”

 

“Alors que je m'évertuais à n'exister qu'à peine, j'avais la pénible impression que, pour les gens d'ici, je n'existais que trop.”

 

“Et cette mauvaiseté, cette rosserie, cette vacherie, cette saloperie des hommes, cette disposition à nuire, à meurtrir, à briser, à salir, à rabaisser qui est en chacun paraît-il à des doses diverses et sous des noms divers, cette saloperie, ils la vomirent sur la gueule des autres. Pour l’épuiser. Pour en finir.”

 

 

Mon avis :

 

C’est l’histoire du racisme ordinaire dans un village français. Pas la peine de regarder la couleur de peau ou l’origine, on est toujours l’étranger de quelqu’un et je peux vous en parler. L’écrivain Serge Joncour écrit : “Où qu'on aille on est d'ailleurs, et c'est sans fin qu'on n'est pas d'ici.” Tout est dit, quand on ne veut pas s’abaisser à raconter les détails de la bêtise humaine.

Anas, malade, vient se réfugier dans ce petit village du sud de la france pour adoucir ce mauvais moment qu’il traverse. Il ne veut rien, ne demande rien.

Dans ce petit village, Marcelin tient le café des Sports. Et ce lieu qui pourrait être convivial est un concentré d’êtres mauvais. Bon vous me direz, la chasse, l’alcool et l’idiotie font bon ménage et de la frustration à l'intolérance il n’y a pas grand chose sinon la haine. C’est un endroit où  des hommes désoeuvrés et malheureux en ménage se retrouvent et passent le plus clair de leur temps en buvant.

Anas nous raconte son histoire dramatique et son effort pour se faire accepter des villageois et  nous avons droit au récit des habitués du bistrot avec un sectarisme bien prononcé. Au début ces hommes gardent un peu de dignité, puis s’indignent, se révoltent devant cet étranger. Ils vont aller loin, très loin dans leur arriération mentale, on ne peut pas arrêter cette animosité.

Anas ira demander de l’aide au maire du village mais les maires ont toujours un ton affable en minimisant les faits.

Et le pire se produira.

C’est une histoire sordide mais bien représentative de la réalité.

 

 

 

 

 

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