16 mai 2012
"Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire."
Caroline Berg (Traducteur)
ISBN : 2258086442
Éditeur : Les Presses DeLa Cite (2011)
4ème de couverture :
Franchement, qui a envie de fêter son centième anniversaire dans une maison de retraite en compagnie de vieux séniles, de l’adjoint au maire et de la presse locale ?
Allan Karlsson, chaussé de ses plus belles charentaises, a donc décidé de prendre la tangente. Et, une chose en entrainant une autre, notre fringant centenaire se retrouve à trimballer une valise contenant 50 millions de couronnes dérobée – presque par inadvertance – à un membre de gang. S’engage alors une cavale arthritique qui le conduira à un vieux kleptomane, un vendeur de saucisses surdiplômé et une éléphante prénommée Sonja….
Extraits :
« Le chef de la police essayait toujours de débuter ses séances d’interrogatoires le plus courtoisement possible. Ce n’était pas parce qu’on s’apprêtait à tuer quelqu’un qu’on devait se comporter comme un voyou. »
« S’il s’était donné un peu de mal ce soir là et s’il avait réfléchi à tous les éléments dont il disposait, la suite de cette histoire aurait été très différente. »
« C’est ainsi qu’Allan atterrit à la maison de retraite de Malmköping où la chambre numéro un venait de se libérer. Il fut accueilli par sœur Alice, qui avec un sourire aimable lui fit perdre toute sa joie de vivre en quelques minutes simplement en lui faisant part du règlement intérieur… »
Mon avis :
Le titre racoleur, la 4ème de couverture qui promettait une cavale marrante et débordante d’imagination, les critiques enthousiasmes, je n’ai pas pu résister. Surtout que le héros principal me faisait penser malgré moi (je préfère le dire si jamais elle lit ces lignes) à une amie d’enfance…qui ne peut vivre sa vie que comme ça, au hasard des rencontres, des embrouilles et des galères et qui tel un chat retombe toujours sur ses pattes même si elle me fait parfois peur. Je crois que j’attendais trop de cette histoire et le fait de relier Allan à mon amie d’enfance a été néfaste. Les rencontres que fait Allan sont pourtant particulièrement encourageantes pour permettre à la cavale d’être bougrement drôle. Mais je me suis ennuyée. En fait larguée directement par Allan à la gare, j’ai bien essayé de le rattraper mais en vain. Dommage ! Je dois avoir plus d’imagination que l’auteur, c’est tout, ou bien la vie de mon amie, bien réelle, est plus piquante. Mais je garde le livre, on ne sait jamais si à cent ans j’ai envie de fuguer, je le relirai pour les conseils et la façon d’éliminer ceux qui se mettent en travers de mon chemin.
14 mai 2012
"Les coeurs fêlés"
Marie-France Girod (Traducteur)
ISBN : 2915056978
Éditeur : Oh ! Éditions (2010)
4ème de couverture :
N’avez-vous jamais fait ce rêve étrange et glaçant : celui où vous savez pertinemment que vous n’êtes pas folle mais où personne autour de vous ne semble du même avis ?
Pour Brit, du haut de ses seize ans, ce cauchemar devient réel quand son père la conduit de force à Red Rock, un centre de redressement qui prétend mater les enfants rebelles. Brit doit y suivre une thérapie pour guérir des maux qui n’existent que dans la tête de son père. Dans cet enfer d'humiliations et de brimades, Brit se raccroche à des amies qui vont l’empêcher de sombrer dans la folie. Des amies qui vont l’aider à survivre. Ensemble elles vont se redresser. Ensemble elles vont résister. Les Cœurs fêlés est un formidable roman d'amitié, cette amitié qui seule permet de tout supporter, de tout affronter et surtout de tenter l’impossible : devenir soi-même.
Extraits :
« Le sarcasme creuse un fossé entre soi-même et autrui. »
« Elle, c’était un peu l’arc-en-ciel après la pluie et lui, le parapluie sous l’averse. »
« J’ai compris alors qu’être soutenu ne va pas de soi. C’est quelque chose de particulier, qui peut disparaître à tout moment. »
« Suis ta propre vie sans te préoccuper du reste. »
« Quelque chose bouillonnait en moi. Ce n’était pas de la colère, mais de l’indignation et une résolution nouvelle. »
« Il y a des moments dans la vie, où il est essentiel de pouvoir se confier à une oreille attentive. »
Mon avis :
Si vous avez envie de vous débarrasser de votre adolescent (e), parce que vous vous êtes remariés, parce que vous ne le supportez plus ou tout simplement parce qu’il vous gêne dans votre vie, Red Rock, centre de redressement, est là pour répondre à vos besoins. Des vigiles viendront à toute heure du jour ou de la nuit enlever ce qui vous encombre… Une équipe pédagogique mettra tout en œuvre pour redresser votre progéniture en la faisant culpabiliser et en lui faisant admettre sa méchante attitude envers vous. Vous pourrez confier votre enfant jusqu’à ses dix-huit ans si votre couverture sociale prend en charge les frais. L’auteur s’est basé sur ces fameux centres de redressement qui pullulent aux Etats-Unis et les faits divers qui en découlent suite aux mauvais traitements et abus. J’ai retrouvé mon âme d’adolescente et ma rébellion avec Brit et ses amies qui, je dois l’avouer, se sont bien débrouillées pour se sortir de ce mauvais pas. A lire d’une traite la rage au cœur.
10 mai 2012
"L'âge de raison"
ISBN : 207036870X
Éditeur : Gallimard (1972)
Résumé :
Mathieu, professeur de philosophie, cherche l'argent nécessaire pour faire avorter Marcelle, sa compagne dont il se détache au profit d'Ivich, soeur de son ancien élève Boris, lui-même épris de Lola, une chanteuse. Celle-ci, désespérée de se sentir trop vieille pour son amant, tente de s'empoisonner. Mathieu, qui n'a pu trouver d'argent ni auprès de son ami Daniel, ni auprès de son frère Jacques, lui vole cinq mille francs. Daniel, lui, se découvrant homosexuel, décide d'épouser Marcelle quand il se rend compte qu'elle souhaite garder l'enfant. Mathieu est perplexe devant cet « acte irrémédiable », lui qui n'a jamais eu le sentiment de s'engager en quoi que ce soit.
Extraits :
« Ta vie est pleine d’occasions manquées. »
« Tu as une telle frousse d’être ta propre dupe que tu refuserais la plus belle aventure du monde plutôt que de risquer de te mentir. »
« Ce n’est pas un but, c’est un moyen. C’est pour te libérer de toi-même ; te regarder, te juger : c’est ton attitude préférée. Quand tu te regardes, tu te figures que tu n’es pas ceque tu regardes, que tu n’es rien. Au fond, c’est ça ton idéal : n’être rien. »
« Chacune de tes pensées est une petite faute. »
« Des larmes d’adulte, c’était une catastrophe mystique, quelque chose comme les pleurs que Dieu verse sur la méchanceté de l’homme. »
« Un gosse : une conscience de plus, une petite lumière affolée, qui volerait en rond, se cognerait aux murs et ne pourrait plus s’échapper. »
« J’aurais cru… que la liberté consistait à regarder en face les situations où l’on s’est mis de son plein gré et à accepter toutes ses responsabilités. »
« Il faut avoir le courage de faire comme tout le monde, pour n’être comme personne. »
« Tu as renoncé à tout pour être libre. Fais un pas de plus, renonce à ta liberté elle-même : et tout te sera rendu. »
« On a le devoir de faire tout ce qu’on veut, de penser tout ce qui vous semble bon, de n’être responsable que devant soi-même et de remettre en question, constamment, tout ce qu’on pense et tout le monde. »
« Quand à la liberté, il n’était pas bon non plus de s’interroger sur elle, parce qu’alors on cessait d’être libre. »
« Une vie, c’est fait avec de l’avenir comme les corps sont faits avec du vide. »
« Personne n’a entravé ma liberté, c’est ma vie qui l’a bue. »
« Déjà des morales éprouvée lui proposaient discrètement leurs services : il y avait l’épicurisme désabusé, l’indulgence souriante, la résignation, l’esprit de sérieux, le stoïcisme, tout ce qui permet de déguster minute par minute, en connaisseur, une vie ratée. »
Mon avis :
Très belle histoire basée sur la liberté. J’ai suivi avec un grand intérêt ce groupe de jeunes gens se posant des questions sur l’avortement, l’homosexualité, l’estime ou la haine de soi. La liberté et le désir des femmes, à cette époque (1938), sont secondaires, du moins selon l’auteur. On le ressent fortement dans le livre où tout est concentré sur la liberté individuelle et existentielle des hommes, sur leur vie, ratée ou pas…L’égoïsme et l’égocentrisme règnent et dirigent l’histoire en maîtres, de quoi se poser des questions en tant que lecteur et de relativiser face à l’individualisme de notre société actuelle. A lire ou relire !
30 avril 2012
"La tournée d'automne"
ISBN : 9782742709922
Éditeur : Actes Sud (1997)
Le Ministère de la Culture a envoyé les livres au chauffeur pour sa tournée d’été. On l’appelle comme ça : le chauffeur. Il fait trois tournées dans l’année avec le bibliobus dans les petits villages entre Québec et la Côte-Nord. Il prépare sa tournée en se disant que c’est la dernière. Sa peau commence à plisser et il ne veut pas vieillir.
« A mon âge, je n'ai rien appris de ce qui est essentiel : le sens de la vie, le bien et le mal... On dirait que mon expérience se ramène à zéro. J'exagère mais à peine, je le jure. Pire encore, j'éprouve toujours les mêmes craintes, les mêmes désirs, les mêmes besoins que lorsque j'étais petit. Quand les déficiences physiques viendront s'ajouter à tout cela – et elles sont inévitables –, ce sera le désastre, la déchéance. C'est ça que je ne veux pas vivre. »
Il n’a plus que sa sœur, sa vie est monotone donc c’est décidé. Mais juste avant de partir il rencontre Marie, une française, et ses amis. Ils font la tournée des festivals. Il est attiré par Marie, fait sa connaissance et une tendre amitié débute. Marie et ses amis décident de suivre le chauffeur dans sa tournée.
C’est une histoire qui prend son temps dans un monde où tout va vite. Le chauffeur et Marie vont prendre leur temps eux aussi pour s’aimer. Ils vont d’abord profiter du voyage, des paysages, de tous ces petits gestes quotidiens qui deviennent importants. Les gens des villages traversés connus ou non viennent emprunter des livres presque sur la pointe des pieds, sans contrepartie.
Un grand moment de douceur et de plénitude dans un monde agressif et je laisse le mot de la fin au chauffeur :
« Plus on vieillit, moins on a de certitudes. »
26 avril 2012
"Malek, une histoire vraie"
ISBN : 2213633789
Éditeur : Fayard (2008)
4ème de couverture :
Malek est un petit garçon qui ne peut compter que sur lui-même. Très vite, le destin lui arrache son père et dépouille sa famille de ses terres et de son honneur. Il ne reste que l'école, le travail. Cent fois sujet au doute et à l'abattement, cent fois Malek fait le choix de la connaissance et de la liberté, de l'amour d'autrui et de l'amour du beau. Malek est un petit héros. Il deviendra un humaniste. Romancière de l'enfance et de l'adolescence, Janine Boissard était née pour raconter cette vie pétrie d'espoir et de volonté. Une histoire si belle qu'elle pourrait être un conte. Et qui est pourtant une histoire vraie.
Extraits :
« Tous ces si que la chance ou le destin s’amusent à verrouiller ou à déverrouiller. »
« Grandir, c’est sans doute savoir pardonner les blessures qui vous sont faites par inadvertance et dont on est le seul à pouvoir mesurer la profondeur. »
« Un douloureux sentiment de pitié l’envahit : plaindre celui qu’on a admiré, c’est une statue qui se brise, le monde qui se fragilise. »
« On m’a donné la lumière, je n’aurai pas assez de ma vie pour la rendre. »
« Dans son cœur ne passe plus que le refrain mélancolique d’une illusion perdue. »
« Rejeter toute idée reçue, ne jamais cesser de se remettre en question. »
« Avance si tu veux t’en sortir. »
« Il arrive que le doigt du destin vous offre une pirouette en arrière comme pour vous permettre de mieux mesurer le chemin parcouru. »
« C’est ainsi que de souffrances, dont on s’imaginait ne jamais se remettre, naissent des éclats de rire. »
« La liberté est un chiendent, cette plante qui développe sous terre des rhizomes que l’on dit aériens, dont ne vient à bout ni la roche la plus dure, ni les barbelés des ronces. A la première fissure, au premier rayon de soleil, elle refleurit. »
Mon avis :
J’aime l’écriture à fleur de peau de Janine Boissard et je croyais avoir lu tous ses livres. Et pourtant à la bibliothèque de mon village quelle ne fut pas ma surprise de trouver ce livre, un témoignage, une biographie, une histoire vraie comme le dit l’auteur sur Malek Chebel, Docteur en anthropologie et histoire des religions, ainsi qu’en sciences politiques. Philosophe, il a étudié également la psychanalyse. Bref, un être ouvert et attachant. Je pensais que l’écriture de l’auteur serait différente, mais non. Sa fragilité, Sa sensibilité donne toute la profondeur à l’histoire de ce petit garçon qui nait en 1953 en Algérie. Il grandit dans une famille polygame avec tous les conflits mais aussi l’amour que cela implique. Son père décédé très jeune oblige sa veuve à faire le choix de repartir vivre dans sa famille avec ses deux petits garçons car elle ne veut pas se remarier. Cette maman aimante sera obligée de confier quelques années ses deux enfants à un orphelinat. Malek, sachant déjà pardonner pour avancer va étudier, encore et encore. Adolescent et les sens en émois, il se posera des questions existentielles sur la différence de liberté entre les filles et les garçons, Malek est brillant et tenace. Il arrive à décrocher une bourse pour étudier à Paris, mais il est déjà un humaniste…. Une histoire à dévorer pour faire connaissance avec Malek Chebel, un grand bonhomme !
23 avril 2012
"Sans regrets"
ISBN : 2714445209
Éditeur : Belfond (2009)
4ème de couverture :
Peu après leur mariage, Richard et Jeanne achètent le château du Balbuzard, à quelques kilomètres de Tours. Idéalement situé à la lisière de la forêt d'Amboise, ce petit bijou dela Renaissancedispose d'un environnement exceptionnel avec son parc de trois hectares bordé par un étang. À la tête d'un modeste capital mais ne manquant pas d'idées et de courage, le couple décide de se lancer dans l'aventure hôtelière. Visionnaire avant l'heure, Richard se tourne vers l'écologie et, outre la restauration du château, fait construire dans le parc de petits pavillons conçus avec des matériaux innovants et respectueux de l'environnement.
Quinze ans plus tard, l'hôtel est devenu un lieu de villégiature incontournable dans la région ; Richard et Jeanne dirigent leur entreprise avec le même enthousiasme qu'au début de leur union et sont les heureux parents d'une petite fille de dix ans.
Pourtant, la vie de Richard bascule le jour où, par hasard, il rencontre Isabelle, un amour de jeunesse qu'il n'a jamais réussi à oublier. Très vite, il quitte sa femme et sa fille, loue un appartement à Tours le temps de régler ses affaires et de pouvoir s'installer définitivement avec Isabelle. Mais suffit-il de souffler sur les braises pour rallumer les feux du passé et modifier le cours de son destin ?
Extraits :
« Je crois que, hélas ou tant mieux, on se remet de tout. »
« L’ancienne génération a toujours tort contre la nouvelle. »
« Tu bouscules tout, tu organises, tu décides… Je ne sais même plus qui je suis. »
« Leurs différences ne les avaient pas empêchés de tomber amoureux l’un de l’autre, mais au fond, ils n’étaient pas complémentaires, ils étaient opposés. »
« Je ne veux pas être aimée avec des réserves, des délais et des compromis. »
« Mon Dieu, comment ai-je pu lui faire ça ? Le désir ne rend pas seulement idiot, ça rend aussi cruel, menteur et lâche. »
« Je me sens enfermé à l’extérieur de ta vie »
Mon avis :
Impossible d’accrocher pendant les 100 premières pages. Pourtant j’ai choisi et acheté ce livre en raison de l’histoire qui me faisait penser à deux amis d’enfance. Puis me rendant à l’hôpital pour des examens et sachant que je risquai d’y passer la journée, j’ai pris ce livre dans mon sac, et je ne l’ai pas lâché de la journée. J’ai compris la foudre de deux amoureux qui se retrouvent (15 ans dans le livre, 30 ans pour mes amis) et qui n’ont pas fini leur histoire d’amour. J’ai compris la jalousie, l’impatience. Et aussi la lâcheté de celui qui est en couple, qui abandonne tout pour se retourner sur sa vie, les premiers émois passés. Comme toutes les histoires de Françoise Boudin, celle-ci est bien actuelle, bien réelle et pathétique ! Je vais laisser le mot de la fin à Richard qui a compris un peu tard qu’il n’aurait pas du se conduire comme un adolescent : « Mon Dieu, comment ai-je pu lui faire ça ? Le désir ne rend pas seulement idiot, ça rend aussi cruel, menteur et lâche. » Parle t-il de son épouse ou de son amour de jeunesse ? A vous de le découvrir.
21 avril 2012
"Si c'était à refaire"
ISBN : 2221116801
Éditeur : Robert Laffont (2012)
4ème de couverture
Andrew Stilman, grand reporter au New York Times, vient de se marier. Le 9 juillet 2012 au matin, il court le long de l'Hudson River quand il est soudainement agressé. Une douleur fulgurante lui transperce le dos, il s'effondre dans une mare de sang. Andrew reprend connaissance le 9 mai 2012… Deux mois plus tôt, deux mois avant son mariage. À compter de cette minute, il a soixante jours pour découvrir son assassin, soixante jours pour déjouer le destin. De New York à Buenos Aires, il est précipité dans un engrenage vertigineux. Une course contre la montre, entre suspense et passion, jusqu'au dénouement… à couper le souffle.
Extraits :
« La vie n’est pas comme l’un de ces appareils modernes où il suffit d’appuyer sur un bouton pour rejouer le morceau choisi. Pas de retour en arrière possible et certains de nos actes ont des conséquences irréparables. »
« L’addition que la vie venait de lui présenter était assez salée pour Qu’on ne l’y reprenne plus. »
« Comment renaître du fond de tes silences ? »
« Que la vie te soit belle, même si je t’ai voulu mort de ma faire tant souffrir. »
« L’unique intérêt qu’il ait jamais accordé à la mort était qu’elle vous libère de toute souffrance physique. »
« Qui n’a jamais rêvé à cette éventualité ? Corriger ses erreurs, réussir là où on avait échoué. »
Mon avis :
Marc Lévy mélange tous les genres et tous les sentiments dans ce livre. Son Héros Andrew est attachant. Il mène une belle carrière de journaliste, a retrouvé un soir de saoulerie son amour de jeunesse, bref tout va bien pour lui. Ou plutôt non, car comme à peu près tous les hommes le désir de la chair et le coup de foudre vont lui être fatals. Une deuxième chance va lui être donnée. Qui n’a pas rêvé d’une telle opportunité ? Le côté historique du livre, sur l’argentine et les mères de la place de mai, est passionnant. L’intrigue est très bien menée et je n’ai pas trouvé le coupable, fait assez rare pour que je le souligne. L’histoire d’amour est actuelle et authentique. Cette histoire palpitante et captivante se lit d’une traite avec un réel plaisir. Mais au fait qui a tué Andrew ? A vous de le découvrir !
Une petite erreur s’est glissée à la page 57 où il manque un mot…. Si les éditions Robert Laffont manquent de personnel, je suis là !
17 avril 2012
" Hors de moi"
ISBN : 2253112488
Éditeur : Le Livre de Poche (2005)
LA DÉDICACE DE L'AUTEUR :
Cher lecteur, Imaginez que vous rentrez chez vous après une semaine d'absence. Vous aurez eu un léger accident de voiture, vous sortez de trois jours de coma mais vous vous sentez en pleine forme, en possession de toute votre mémoire : rien n'a changé en vous. Mais vous sonnez à votre porte, et l'homme qui vous ouvre est dans votre pyjama. Votre femme ne vous reconnaît plus. Les voisins ne vous connaissent pas. Et l'individu qui vous a remplacé a la même mémoire que vous, apparemment, mais il a en plus des papiers à votre nom, alors que vous avez perdu les vôtres dans l'accident. Qu'allez-vous faire ? Cherchez une réponse dans "Hors de moi", où je vous attends... A bientôt. (Didier van Cauwelaert)
Extraits :
« Sans réponse devant l’absurde. Comment justifier l’évidence quand tout le monde la nie, et qu’on n’a d’autre preuve à opposer que sa bonne foi ? »
« C’est terrible de n’éprouver aucun doute et de manquer à ce point d’arguments. »
« C’est fou comme on prend vite le pli de l’absurde. Je suis toujours certain d’être moi, mais je suis de moins en moins sûr des autres. »
« C’est une enfant seule, comme moi, qui a dû grandir avec un rêve qu’elle n’a pas réalisé mais qui est resté intact, et qui empêche sa vie de déteindre sur elle. »
« Etre seul. Etre vrai. Etre moi. »
Mon avis :
Fascinée de suite par cette histoire à grande vitesse, je suis restée captivée du début à la fin par l’aventure de ce pauvre type pris dans un engrenage à devenir fou. Il sait qui il est, personne ne le reconnaît même pas sa femme. Un inconnu a pris sa place dans la vie, il n’existe plus. J’ai suivi les différents sentiments de ce protagoniste et je les ressentais presque. Roman captivant et déroutant. Et si notre mémoire nous jouait des tours…..
10 avril 2012
"Mille soleils splendides"
Valérie Bourgeois (Traducteur)
ISBN : 2714443273
Éditeur : Belfond (2007)
4ème de couverture :
Après l'immense succès des Cerfs-volants de Kaboul : le nouveau roman de Khaled Hosseini. Sur fond de chaos et de violence dans un Afghanistan déchiré par cinquante ans de conflits, l'histoire bouleversante de deux femmes dont les destins s'entremêlent, un chant d'amour poignant à une terre sacrifiée et à une ville : Kaboul. Forcée d'épouser un homme de trente ans son aîné, Mariam ne parvient pas à lui donner un fils. Après dix-huit années de soumission à cet homme brutal, elle doit endurer une nouvelle épreuve : l'arrivée sous son propre toit de Laila, une petite voisine de quatorze ans. Enceinte, Laila met au monde une fille. D'abord rongée par la jalousie, Mariam va finir par trouver une alliée en sa rivale. Toutes deux victimes de la violence et de la misogynie de leur mari, elles vont unir leur courage pour tenter de fuir l'Afghanistan. Mais parviendront-elles jamais à s'arracher à cette terre afghane sacrifiée, et à leur ville, Kaboul, celle qui dissimulait autrefois derrière ses murs " mille soleils splendides "?
Mon avis :
Je suis touchée par cette lecture qui nous décrit la condition des femmes afghanes. J’ai tourné les pages avec avidité pour suivre le misérable destin de Mariam et Laila. Choquée, révoltée mais en toute connaissance de cause puisque j’ai travaillé pour des associations humanitaires, je reconnais humblement que ces deux femmes ont un caractère fort, malgré les coups, les mauvais traitements et la méchanceté gratuite de Rachid leur mari. En lisant je pensais que la traductrice avait du minimiser quelques faits afin de ne pas heurter notre sensibilité d’occidentaux. Renseignements pris effectivement, l’auteur en parle à la fin du livre mais pour la traduction littérale faite par Joséphine Davis. Cela reste une très belle histoire d’amour et de haine dans un Kaboul mouvementé où les bombes font partie du quotidien des gamins qui jouent dans les rues, où la vie continue malgré tout. La ténacité de ces deux femmes est une belle leçon de vie et même si cela reste un roman il est à lire de toute urgence pour relativiser nos petits bobos quotidiens. Contrairement à mon habitude, je ne vous ferai pas lire mes nombreuses citations relevées, j’ai eu comme un sentiment de voyeurisme…
06 avril 2012
"La petite voix du coeur"
de Billie Letts
ISBN : 2266101617
Éditeur : Pocket (2000)
Thierry Arson : traducteur
4ème de couverture :
Novalee Nation a dix-sept ans lorsqu'elle quitte son Tennessee natal pour rejoindrela Californie. Aprèsune enfance misérable, entre orphelinats et familles d'accueil, elle a décidé d'offrir à l'enfant qu'elle attend une vie sous le soleil. Mais le voyage s'arrête dans une petite ville de l'Oklahoma où son petit ami Willy Jack, un minable sans scrupules, l'abandonne devant un supermarché. Enceinte de sept mois, sans un sou en poche et sans personne pour l'aider, Novalee n'aura qu'une solution : s'installer dans le supermarché et y vivre cachée jusqu'à la naissance de son bébé. Pendant deux mois, elle va croiser des personnages hauts en couleur, des êtres généreux qui deviendront petit à petit la famille qu'elle n'a jamais eue. Ensemble, ils feront à nouveau chanter la "Petite voix du cœur".
Extraits :
« Vous comprenez, le prénom que vous allez choisir, votre bébé le gardera toujours, même s’il manque de tout le reste. Il le portera encore quand il n’aura plus personne auprès de lui. »
« La seconde est passée. Disparue. Et jamais elle ne reviendra. Et pendant que je vous parle, chaque seconde où je vous parle, cette seconde passe. Elle disparaît elle aussi. Comptez-les, elles sont déjà passées. Et chacune vous rapproche de votre trépas. »
« Pendant de longues secondes, elle resta figée par la peur ou la fascination tandis qu’elle le buvait d’un regard qui passait du visage aux mains, des mains aux cheveux. Brusquement, son opinion faite, un sourire étira un coin de sa bouche, s’étendit à l’autre et remonta éclairer tout son visage. »
« Elle sut ce qu’elle n’avait jamais su jusqu’à cet instant. Elle n’était plus celle qu’elle avait été. Elle ne serait plus jamais telle qu’elle avait été. »
« … Quelque chose de sombre et de triste qui fit baisser les yeux à l’homme et détourner la tête à la femme, comme si chacun ne pouvait supporter la peine qu’il lisait en l’autre. »
« L’important pour elle était la conscience qu’elle avait, au moment où elle prenait un de ces clichés, de voir la scène comme jamais personne ne l’avait encore vue. »
« Chez soi, c’est là qu’on atterrit quand on chute. Et nous chutons tous, un jour ou l’autre. »
« Eh bien, à certains moments, l’amour semble très simple. Je veux dire… C’est facile d’aimer la pluie… et les faucons. Et c’est facile d’aimer les prunes sauvages… Et la lune. Mais avec les gens, j’ai l’impression que c’est très difficile de savoir quand on les aime. Tout se mélange. »
Mon avis :
Un roman qui rappelle les mots solidarité, entraide, amitié. Pourtant tout ne commence pas très bien. Novalee, 17 ans et enceinte jusqu’aux yeux, se fait abandonner par son petit ami sur un parking de supermarché. Elle s’abritera dans le magasin toutes les nuits jusqu’à son accouchement. Certaines personnes de cette petite ville des Etats-Unis, cabossées elles-mêmes par la vie vont lui tendre la main et franchement Novalee en a bien besoin. Malgré sa naïveté son parcours est remarquable. Celui de son petit ami désastreux. Le style familier nous plonge directement dans l’histoire. Ces personnages attendrissants, optimistes malgré tout sont un véritable régal en ces temps de crise.











