la vie de ma voix intérieure

assistante commerciale en longue maladie depuis deux ans et demi , j'ai repris ma passion de la lecture. J'ai créé mon blog pour arrêter de fumer et décrire mes peines, mes joies, mes frustrations et puis doucement j'ai raconté les livres que je lisais...

26 janvier 2012

"Ce qu'aimer veut dire"

ce qu'aimer veut dire Mathieu Lindon

 

 

 

 

 

4ème de couverture :

 

En vérité, la proximité la plus grande que j'ai eue fut avec Michel Foucault et mon père n'y était pour rien. Je l'ai connu six ans durant, jusqu'à sa mort, intensément, et j'ai vécu une petite année dans son appartement. Je vois aujourd'hui cette période comme celle qui a changé ma vie, l'embranchement par lequel j'ai quitté un destin qui m'amenait dans le précipice. Je suis reconnaissant dans le vague à Michel, je ne sais pas exactement de quoi, d'une vie meilleure. La reconnaissance est un sentiment trop doux à porter : il faut s'en débarrasser et un livre est le seul moyen honorable, le seul compromettant. Quelle que soit la valeur particulière de plusieurs protagonistes de mon histoire, c'est la même chose pour chacun dans toute civilisation : l'amour qu'un père fait peser sur son fils, le fils doit attendre que quelqu'un ait le pouvoir de le lui montrer autrement pour qu'il puisse enfin saisir en quoi il consistait. Il faut du temps pour comprendre ce qu'aimer veut dire.

 

Extraits :

 

« Les livres me protègent. Je peux toujours m’y recroqueviller, bien à l’abri, comme s’ils instauraient un autre univers, entièrement coupé du monde réel. J’ai le sentiment paradoxal que rien ne m’y atteint alors qu’ils me bouleversent d’une façon maladive. »

 

 

« Il faut du temps pour comprendre ce qu’aimer veut dire. »

 

« Quand l’amour dure, est-ce encore l’amour ? Quand c’est enfin devenu ce qu’il y a de meilleur au monde. »

 

« Rencontrer quelqu’un est un exploit. Les êtres qui ne sont pas dans ma vie, je ne vois pas comment les y accrocher. »

 

« Je voyais bien que mon rapport reflétait aussi mon angoisse… »

 

« Il faut prendre les choses avec philosophie. La philosophie est aussi une pratique très amicale. »

 

« Il y a la manière dont on aime et celle dont on est aimé. »

 

« Vivre, c’est vivre autrement. »

 

« Ma calamiteuse adolescence infinie, j’en avais enfin vu le bout pour m’immerger dans la vie, comprendre que des êtres humains partageaient la même planète et avaient donc quand même un certain degré d’accessibilité, tout simplement que le bonheur était possible, et c’est comme si cette découverte, dépassée, n’avait soudain aucune valeur. Désormais il faut espérer moins de l’existence. Je croyais avoir accédé à quelque chose d’éternel et cet éternel s’est dérobé. Je croyais que c’était la vie et c’était la jeunesse. »

 

 

 

Mon avis :

 

Ce sont des mots, des paroles, des actes, des pensées jetés sur le papier comme pour s’en délivrer, tout en sachant qu’ils resteront éternels. L’auteur raconte son passé au présent, sa douleur, ses angoisses, son amour aussi pour son père et pour Michel. Et puis il y a l’acide, la cocaïne, l’héroïne, ses découvertes sexuelles…. Et le sida ! Récit certainement choquant pour certains, je le vois plus comme un chemin sinueux ou l’auteur avance  dans sa vie avec l’amour de son père d’un côté, l’amour de Michel de l’autre. Il a le mérite de l’écrire car il faut du courage pour jeter sa vie en pâture comme ça. L’auteur souligne aussi qu’on peut aimer une personne sans forcément avoir des relations sexuelles, l’amour, le vrai est ailleurs, il en est la preuve vivante. Un  roman qui dérange, certes, à lire avec tolérance pour ceux qui en manquent, mais au fond une belle histoire d’amour !

 

Posté par pyrouette à 11:42 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :


23 janvier 2012

"Le rouge du péché"

le rouge du péché Elizabeth George

 

 

 

 

 

4ème de couverture :

 

Inconsolable trois mois après le meurtre de son épouse, Thomas Lynley erre le long des côtes de Cornouailles, loin de l'absurdité du monde. Lorsqu'il découvre le cadavre d'un jeune grimpeur au pied des falaises, son retour à la réalité est brutal. Chargée de l'enquête, l'inspecteur Bea Hannaford renonce vite à considérer comme suspect le vagabond aux vêtements crasseux qui présente des papiers au nom de Thomas Lynley. En manque d'effectifs, elle le met à contribution : il est certes un témoin, mais, une fois son identité vérifiée, elle ne doute pas que son expérience de commissaire au Yard pourra s'avérer utile. Dans ce pays sauvage de falaises et de mer démontée, Lynley participe à contrecœur aux investigations mais reprend pied peu à peu. Il retrouve son éternelle partenaire, Barbara Havers, que Londres a dépêchée sur place autant pour collaborer à l'enquête que pour mener à bien une mission délicate : récupérer Lynley. Après le succès d'Anatomie d'un crime, son grand roman social, Elizabeth George renoue avec son art consommé du suspense et tisse une intrigue d'une incroyable densité, multipliant les fausses pistes et les faux coupables. Un roman magistral qui, après trois ans d'absence, marque le retour tant attendu de Thomas Lynley et Barbara Havers.

 

 

Extraits :

 

« Face à l’inévitable, le mieux était de s’endurcir, de se blinder intérieurement tout en simulant l’assurance. »

 

« La vie fonce sur vous tel un cheval au galop, et vous n’avez que deux solutions : enfourcher le cheval ou être piétiné. Essayez de trouver un moyen terme et vous êtes fichu… »

 

« … Son corps reflétait le mépris que sa voix refusait d’exprimer. »

 

« Elle n’avait jamais compris pourquoi les gens détestaient l’hiver. Selon elle, c’était une saison réconfortante. »

 

« Tu vois c’est pour cette raison que je dois sans arrêt m’acheter des chaussures neuves. Je mets si souvent les pieds dans le plat que toutes mes paires sont bousillées. »

 

« Savoir est une chose… Croire en est une autre. »

 

« Pardonner encore et encore, jusqu’à devenir l’incarnation du pardon. Comprendre jusqu’à se diluer dans cet effort de compréhension. »

 

« L’intérieur reste le même. On ne change pas ce qu’on est. Seulement la façon dont on se comporte. »

 

« La vie était injuste. Le monde était injuste. Son existence aurait été tellement plus simple si les autres avaient bien voulu partager son point de vue. Mais ce n’était jamais le cas. »

 

 

 

Mon avis :

 

Trois ans que ce roman est bien rangé sur mes étagères. J’en avais peur, ou plutôt j’avais peur d’être déçue. En effet inconditionnelle d’Elizabeth George, j’avais savouré « Anatomie d’un crime » un récit social dans le Londres d’aujourd’hui, à mon avis un petit chef d’œuvre. Je ne voyais pas comment l’auteur pouvait rebondir après un tel travail. J’avais tort. J’ai quitté Londres pour les côtes de Cornouailles. Les falaises, le vent violent, les surfeurs, posent le paysage. Lynley a entrepris une randonnée de survie après le décès de son épouse et il découvre un corps sans vie au pied d’une falaise. Et me voilà entrainée dans une histoire passionnante ou la psychologie  et la vie des principaux suspects sont beaucoup plus présentes que nos policiers qui travaillent en fond. Passionnant, bien qu’assez différent, j’ai retrouvé le style de l’auteur qui  évoque les relations familiales, la vengeance d’un père, la grande tolérance d’un mari aimant, la compréhension d’un grand père pour une vie différente, et une maladie mentale et sexuelle d’une femme. Tel un conte des temps modernes l’épilogue prouve qu’il existe une morale !

Posté par pyrouette à 18:17 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

19 janvier 2012

Réflexions du matin

J’ai habité à Paris, dans la région parisienne, en Normandie, dans le sud et maintenant en Lozère. Le point commun ? Mon intérieur ou nous (Le mari et moi) je ne sais pas encore. Depuis toujours les amis, mais aussi des inconnus  frappent à toutes heures du jour et de la nuit pour un café, un réconfort, parler. Quand nous nous sommes installés  au beau milieu dela Lozère, dans le Gévaudan, dans un lieu dit  qui comporte 9 humains, trois chiens et quelques chat, je pensais que c’était fini, ne connaissant personne dans la région…. Et bien non, je me demande si ce n’est pas pire. J’ai à peine le temps de prendre une douche de faire un léger ménage et de m’installer devant mes cours que le défilé commence… Cela ne me dérange point mais je me pose des questions. Hier soir un jeune homme (la trentaine) que je ne connaissais pas a frappé à ma porte. C’était le maçon qui a fait les travaux de la maison. Il venait voir si tout allait bien et nous prévenir des travaux à venir…. Il a bu son chocolat chaud a discuté avec nous pendant une heure et il est reparti. Ce matin l’ancien propriétaire..Ils viennent tous connus ou inconnus voir si tout va bien. Ils boivent leur boisson chaude et repartent. Il est vrai que je ressens un bien être chez moi et que j’ai fait mon cocon à mon image. Alors ma grande question du matin :  Par quoi sont-ils tous attirés, le bien-être se transmet-il ?

Posté par pyrouette à 10:11 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

17 janvier 2012

"Le secret de Clara"

le secret de Clara Françoise Bourdin

 

 

4ème de couverture :

 

Une nuit de juillet 1945, un coup de feu arrache Clara Morvan au sommeil. Pour elle, la mort d'Edouard, son fils aîné, est plus un choc qu'une surprise. Mais, de ses soupçons, personne ne saura rien. Parce qu'il est des secrets qu'il vaut mieux enfouir avec les morts pour préserver les vivants. Ses petits-enfants, bien sûr, mais aussi Charles, son second fils, dévasté par la disparition à Ravensbrück de Judith, son épouse adorée, et de leur petite fille. Tandis que Charles se mure dans une douleur que rien ne peut apaiser, Clara, en femme de tête et de cœur, réorganise la vie du clan. Et quand de nouveaux scandales viendront secouer la jeune génération, Clara est prête à tout pour sauver le bonheur des siens. Cependant, loin de soupçonner dans quelle insoutenable vérité s'enracine son lourd secret, elle ne pourra prévenir le drame qu'elle redoutait tant.

 

 

Extraits :

 

« Il énonçait comme une évidence son droit d’être différent, et il réclamait sa liberté avec une certaine maturité ! »

 

« Toute sa vie, elle avait regardé droit devant elle, sans se perdre en vains regrets. »

 

« Certains silences valent mieux que toutes les confessions du monde. »

 

 

Mon avis :

 

Une saga familiale pour un agréable moment de lecture. Un secret de famille, un membre de la famille rempli de haine et de rancune et cinq enfants qui feront les frais de cette haine et de ce secret des décennies plus tard les brisant à tout jamais.

Posté par pyrouette à 15:32 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

14 janvier 2012

"La nostalgie de l'ange"

nostalgie-de-l-ange 2Alice Sebold

 

4ème de couverture :

 

Nom de famille : Salmon, saumon comme le poisson ; prénom : Susie. Assassinée à l’âge de quatorze ans, le 6 décembre 1973.

 

« Mon prof préféré était celui de sciences naturelles, Mr Botte, qui aimait faire danser les grenouilles et les écrevisses à disséquer dans leur bocal paraffiné, comme pour leur rendre vie. Ce n’est pas Mr Botte qui m’a tuée, au fait. Et ne vous imaginez pas que tous ceux que vous allez croiser ici sont suspects. C’est bien ça le problème. On n’est jamais sûr de rien… C’est un voisin qui m’a tuée… »

 

Extraits :

 

« C’est bien ça le problème. On n’est jamais sûr de rien. »

 

« Et puis la fuite ne comptait pas parmi mes réflexes. »

 

« … Mais de dont je me souviens très clairement, c’est d’avoir vu la vie heurter peu à peu ma mère tandis que je la contemplais, comment ses rêves et ses échecs l’atteignaient par vagues. »

 

« Sa fureur, sa perte, son désespoir et toute sa vie gâchée jaillissaient en arc de cercle sur ce toit, colmatant tout son être. »

 

« Confusément, ils se demandaient comment il pouvait continuer à travailler tout en souhaitant qu’il cache tout signe de douleur, les range dans un classeur et les fourre dans un tiroir décrété interdit. »

 

« Parce que l’horreur su terre est réelle et quotidienne. C’est comme une fleur ou le soleil ; rien ne peut l’empêcher d’être. »

 

« Il a eu un flash sur la façon dont la vie devait être vécue : certainement pas en tant qu’enfant ou femme, les deux situations les plus horribles au monde. »

 

« Presque que tout le monde, au ciel, a quelqu’un sur terre à observer, un amour, un ami ou même un inconnu qui avait eu un jour la gentillesse d’offrir un repas chaud ou encore un radieux sourire… »

 

« Puis elle marchait, marchait à toute allure, avec une douleur qui montait depuis la terre dans le talon du premier pied posé. »

 

« Comment se pouvait-il que l’on aime tant quelqu’un et que l’on parvienne à se taire…. »

 

« J’étais lasse de soupirer après eux tout en ayant besoin qu’ils soupirent après moi. »

 

« C’était là la jolie ossature qui s’était construite de partout à la fois pendant mon absence, faite de structures de bois parfois fragiles, parfois créées dans la douleur, mais souvent magnifiques, et forgées après ma disparition. »

 

 

Mon avis :

 

Difficile de donner un avis sur un fait horrible qui sert de fil conducteur à l’auteur. Le viol vécu et raconté au point d’avoir envie de mourir au point de mourir…Assassinée. Encore une sacrée claque, l’histoire commence brutalement, violemment, crue, choquante, vraie. Puis le voyage au paradis nous apporte une autre vision, on se retrouve dans du coton et on regarde avec notre petite victime la vie en bas depuis qu’elle est partie, depuis qu’elle est morte. Chaque réaction des membres de la famille, des amis, des voisins, du voisin, est observée, les sentiments disséqués. L’auteur nous donne son point de vue sur la mort mais aussi sur le fait que les vivants empêchent de partir leurs proches sereinement dans un autre monde. La deuxième partie de l’histoire parlant du paradis et de la vision qu’ont les morts sur les vivants prend toute sa source dans la première partie très violente où l’auteur ne nous épargne aucun  détail, puisant dans sa propre histoire personnelle. Quels que soient vos croyances, vous ne pourrez être que touché par cette histoire.

 

Posté par pyrouette à 18:30 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]




02 janvier 2012

"La vie devant soi"

La vie devant soi de Romain Gary

 

4ème de couverture :

 

Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d’amour d’un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que « ça ne pardonne pas » et parce qu’il n’est « pas nécessaire d’avoir des raisons pour avoir peur ». Le petit garçon l’aidera à se cacher dans son « trou juif », elle n’ira pas mourir à l’hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré « des peuples à disposer d’eux-mêmes » qui n’est pas respecté par l’Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu’à ce qu’elle meure et même au-delà de la mort.

 

 

Extraits :

 

« …C’était une vraie source de vie quotidienne avec tous les soucis et les peines. »

 

« Je ne sais pas pourquoi je suis né et qu’est-ce qui s’est passé exactement. »

 

« J’ai jamais aimé faire de la peine aux gens, je suis philosophe. »

 

« Je crois que c’est les injustes qui dorment le mieux, parce qu’ils s’en foutent, alors que les justes ne peuvent pas fermer l’œil et se font du mauvais sang pour tout. »

 

« Mais il faut la comprendre, car la vie était tout ce qu’il lui restait. Les gens tiennent à la vie plus qu’à n’importe quoi, c’est même marrant quand on pense à toutes les belles choses qu’il y a dans le monde. »

 

« Je sais qu’i y a beaucoup de gens qui font du bien dans le monde, mais ils font pas ça tout le temps et il faut tomber au bon moment. Il n’y a pas de miracle. »

 

« Je ne vois pas à quoi ça sert de rêver en arrière et à son âge elle ne pouvait plus rêver en avant. »

 

« Mais je tiens pas tellement à être heureux, je préfère encore la vie. Le bonheur, c’est une belle ordure et une peau de vache et il faudrait lui apprendre à vivre. On est pas du même bord, lui et moi… »

 

« Je ne sais pas ce qu’elle a eu tout d’un coup, mais je vous jure qu’il y avait du monde dans la façon dont elle me regardait. »

 

« Madame Rosa dit que la vie peut être très belle mais qu’on ne l’a pas encore vraiment trouvée et qu’en attendant il faut bien vivre. »

 

« La vie l’a traitée, quoi. »

 

« Vous avez de la peine l’un pour l’autre merde. C’est pour ça que tout le monde se marie. »

 

« Je l’aimais bien, c’était quelqu’un qui ne ressemblait à rien et n’avait aucun rapport. »

 

« Mais Monsieur Hamil s’était perdu à l’intérieur parce que la vie fait vivre les gens sans faire tellement attention à ce qui leur arrive. »

 

« … Mais il faut vous dire que j’ai jamais su où ça commence et où ça finit parce qu’à mon avis à ne fait que continuer. »

 

« La vie c’est pas un truc pour tout le monde. »

 

« Les lois de la nature, c’est des telles dégueulasses que ça devrait pas être permis. »

 

 

 

Mon avis :

 

 

La vie devant soi racontée par Momo, fils de pute, petit bonhomme musulman qui croit avoir dix ans, et habitant chez une ancienne prostituée juive, au gros cul mais au grand cœur, est une bouffée d’air frais, un bol d’oxygène. Une belle leçon de tolérance avec des questions existentielles, la quête du père, le droit de mourir dignement, ce livre est un petit chef d’œuvre. Donner la parole à un enfant débrouillard vivant des moments tragiques avec déjà  un humour  féroce  mais tendre est une idée de génie de la part de l’auteur. Une façon de remettre les idées en place…

 

Posté par pyrouette à 07:47 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

28 décembre 2011

"Dans la main de Bouddha"

dans la main de Bouddha de Chow Ching Lie

 

4ème de couverture :

 

L'auteur mondialement connu du Palanquin des larmes poursuit son récit là où elle l'avait interrompu. Exilée à Paris à la mort de son mari,
mi-femme d'affaires, mi-pianiste, mère de deux enfants puis grand-mère,
Chow Ching Lie (ou Julie) mêle à son amour pour la Chine et pour les siens la sagesse bouddhiste. Tour à tour, son récit démêle les anneaux de l'Histoire, fulmine sous l'horreur des sévices et des persécutions infligés à son peuple, et nous enserre dans l'intimité d'une vie familiale précieuse. Toutes oreilles et cœur battant pour les autres, libre et entreprenante, Chow Ching Lie est tantôt exécrée en Chine, traitée en «traître capitaliste et ennemie du peuple», tantôt honorée pour ses talents de pianiste. Mais, en France ou ailleurs, elle n'oublie jamais que c'est dans la main de Bouddha qu'elle est née.

 

 

 

Extraits :

 

« Si tu ne tends pas assez la corde, elle ne résonne pas. Si tu la tends trop, elle se casse. » (Confucius)

 

« Tes frères et sœurs sont les membres de ton propre corps. »

 

« Accepter son destin est un premier pas vers le bonheur. »

 

« Le ciel n’obstrue jamais la route des hommes. »

 

« C’est par l’énergie que l’on rejette la souffrance. »

 

 

Mon avis :

 

La suite du « Palanquin des larmes racontée  par son personnage principal comme un journal intime ou la suite de sa biographie. L’auteur évoque sa vie après son départ dela Chine, son intégration en France, essaye de continuer à exercer sa passion pour la musique tout en travaillant dur pour nourrir toute sa famille, celle en France et celle en Chine. Tiraillée entre les traditions chinoises et la modernité française elle trouve un mode de vie qui lui convient et arrive même à se plaindre comme une vraie française après tout ce qu’elle a vécu. J’ai appris que les français sont reconnaissables en Chine par leur odeur corporelle qui est celle ….. Du fromage ! Cette femme est une battante admirable mais quand elle se plaint de certains côtés de sa vie familiale on a du mal à l’accepter. Pourtant…. Nous sommes toutes pareilles !

 

 

Posté par pyrouette à 10:12 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

20 décembre 2011

"Tu ne tueras point"

tu ne tueras point Edna O'Brien

 

4ème de couverture :

 

Dans le décor faussement idyllique de la campagne irlandaise, la jeune Mary cache un abominable secret.
Alors qu'autour d'elle, sa mère, une voisine, un professeur se doutent de son calvaire mais préfèrent se taire, l'adolescente plonge dans une non-vie et cherche à mourir. Jusqu'au jour où, le pire s'étant produit, la communauté catholique, la justice, puis l'Irlande tout entière s'emparent de son cas et où, peu à peu, le voile se lève sur l'insoutenable vérité... Inspirée par un fait divers qui a bouleversé l'Irlande des années quatre-vingt, la grande styliste qu'est Edna O'Brien nous entraîne ici dans un univers de violence non dépourvu de tendresse et de poésie.

 

Extraits :

 

« On peut penser plus d’une chose à la fois de la même personne, exactement au même moment. On peut penser des tas de choses, et elles sont toutes différentes, et toutes vraies. »

 

« La loi est un labyrinthe et les malins apprennent à s’en servir. »

 

« Et pourtant tu es toi à cause de lui…C’est l’un  des étranges mystères de la vie. »

 

« Sa voix fut d’abord faible et tremblante, puis elle s’amplifia et s’affirma, s’éleva et plongea pour s’élever encore, un grand frémissement pourpre et sonore qui montait, montait vers les cieux et alors ils se turent, plongés dans un silence soudain et attendri parce que ce qu’ils entendaient était une réponse aux cris les plus secrets de leurs âmes. »

 

Mon avis ;

 

On ne s’imagine pas quand on est une femme française de la chance qu’on a, surtout après la loi de Simone Veil. Mary n’a pas cette chance là. Violée quotidiennement par son père, Mary n’a pas de vie. On ne comprend pas trop le rôle de la mère la dedans, d’ailleurs elle meurt et en lisant le chapitre concernant sa mort je me demandais si ce n’était pas une facilité d’une femme lâche et impuissante devant l’horreur. Mary se retrouve seule à vivre avec son violeur et multiplie les fugues en vain. Jusqu’au jour où elle se retrouve enceinte. Une femme tente de l’aider mais des voisines l’apprennent et les dénoncent elles sont arrêtées toutes les deux alors qu’elles tentaient l’avortement. Nous sommes dans l’Irlande des années 80 où l’église règne en maître et s’oppose à l’avortement quel qu’il soit. Mary est  mise sous tutelle et dépossédée de son corps. Il faut que cet enfant naisse à tout prix ! Mary a 14 ans…. Et ne dénoncera jamais son père. Elle préfère les tentatives de suicide dès qu’elle peut échapper à ses geôliers. Des hommes de loi s’intéressent à son cas, devinent le calvaire et vont l’aider. Je n’en raconterai pas plus, l’épilogue est intéressant et surprenant. La féministe et mère que je suis s’est révoltée contre ce fait divers. La lecture de cette histoire est difficile pour bien des raisons y compris le style de l’auteur qui a voulu être impartial.

Posté par pyrouette à 09:01 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

17 décembre 2011

Il est temps de vous le dire

017Pyrouette a quitté le chaos du grand sud pour le département le moins peuplé de France.... Là où il y a encore des saisons...Là où il y a encore des valeurs et de la solidarité. Du coup la Pyrouette gère beaucoup mieux sa maladie, l'oublie souvent et  même si cette dernière la rappelle à l'ordre, ce n'est que du bonheur !

Posté par pyrouette à 09:49 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

14 décembre 2011

"Mes amies, mes amours, mais encore ?"

mes amies, mes amoursd'Agathe Hochberg

 

4ème de couverture :

 

Dur, dur de supporter un homme passé les premiers mois et les premiers émois ! Et aux remarques en tout genre, s'ajoutent bien entendu les petites manies horripilantes, les fautes de goût navrantes, l'égoïsme permanent...
Confrontées chacune à de remarquables - quoique différents - spécimens de veulerie masculine, Jeanne, Violette et Natacha, trois amies d'enfance, doivent bien reconnaître qu'à trente-cinq ans les choses ne se passent pas exactement comme dans leurs rêves. Mais contre mauvaise fortune cœur vaillant et, avec énergie et détermination, ces trois-là sont bien décidées à botter le derrière à leur destin...et à leurs hommes !

 

 

 

Extraits :

 

« J’ai vieilli et qu’est-ce que j’ai appris ? Qu’une foule de choses qui m’auraient plu avant m’écœurent, désormais. Pas envie de voir tous ces gens. Toujours les mêmes gens. Un peu plus abîmés, comme moi."

 

« Pendant la soirée, j’ai regardé les femmes autour de moi en me demandant à quelle catégorie j’appartenais. Je n’ai pas trouvé ma place. J’ai du changer sans m’en rendre compte, comme tout le monde. Dans certains cas, il vaut mieux ne pas voir."

 

« Enfin aujourd’hui, j’ose me mettre en valeur, je me moque ce  qu’on peut penser de moi. Mais j’avoue que je continue à être plus audacieuse pour les autres que pour moi-même…Parce ce que moi…Il y a quelque chose qui manque. »

 

« J’ai trente ans de plus que toi, mais je cherche toujours à me définir, tandis que tu t’imposes avec une assurance que je ne connaîtrai jamais. »

 

« Plus tard, il faudra que tu apprennes à te méfier des jaloux, de ceux qui vous envient tout, même votre peur. »

 

« Ne sous-estime pas le plaisir que ressentent les gens à apprendre une mauvaise nouvelle qui  ne les touche pas, à  la transmettre sur un ton apitoyé… »

 

« Il m’a fallu apprendre vite à reconnaître les méchants, à recevoir les coups, à relever la tête. Et ce sont des leçons que je dois souvent réviser."

 

« Franchement elle a de l’allure, mais elle est belle seulement de loin, elle est beaucoup moins bien de près parce qu’on voit qu’elle est mauvaise. »

 

« Quand il fait ses courses, et qu’il achète les choses qu’il aime en faisant en faisant croire que c’est pour moi…. S’il croit vraiment me faire plaisir, c’est encore une preuve qu’il ne me connaît pas. »

 

« Aujourd’hui, j’aimerais parler des réactions des autres. Parce que vous savez, pendant longtemps, c’est ce qui m’a fait la plus souffrir. »

 

« Et j’ai horreur de l’admettre – tu sais à quel point – mais ma mère a raison : je parle trop quand je bois, et j’ai sûrement dit des conneries. »

 

« Ne jamais exploser quel que soit le degré de frustration. Savoir se consumer seule, jusqu’à totale désagrégation. »

 

« Ma raison me sert d’armure, un bouclier qui me donne l’impression d’être préservée contre les mauvaises surprises de la vie. »

 

« C’est un drôle de truc, la maternité : on passe deux ans à leur apprendre à marcher et parler. Et les seize années suivantes à leur dire de s’asseoir et de se taire. »

 

« Est-ce que c’est à cause de moi ? Ce n’est pas vrai que je fais tout le temps la gueule, seulement quand je lui en veux. Le problème, c’est que je lui en veux souvent. »

 

« Justement c’est peut être ça le problème. Il faut que j’arrive à me poser, à sortir du tourbillon que je me suis infligé… Il faut que je trouve quelque chose pour m’aider parce que pour l’instant, je ne m’en sors pas. Et je n’ai plus la force d’être toujours un bon petit soldat. »

 

« Le temps de trouver en toi ce que la vie ne te donnera pas. Ou ce qu’elle te reprendra. Le temps de te retrouver. »

 

« J’aimerais pouvoir dire que je ne suis pas venue au monde uniquement pour répéter les mêmes erreurs. Je me demande ce que serait ma vie aujourd’hui si seulement j’avais posé les bonnes questions aux bonnes personnes. Si j’avais osé risquer la vérité. J’étais trop occupée à me fabriquer des limites. »

 

« Parfois j’ai l’impression que la peur est le seul sentiment qui me soit familier. Le seul qui m’accompagne avec une telle fidélité. »

 

 

Mon avis :

 

Voici un livre qui est classé dans la Chick-lit ou littérature de poulettes et il n’en est pas moins une petite perle. L’auteur a bien cerné la vie des couples au quotidien. En tout prince charmant se cache un crapaud (qui est l’auteur de cette superbe citation ?) et Jeanne, violette et Natacha le savent bien à cette période de leur vie. Beaucoup de questions posées, peu de réponses et malgré tout  avec fermeté, ténacité, et avec beaucoup d’humour  ces trois là vont avancer et progresser  prenant en main leur destin. Un excellent moment de lecture.

 

Posté par pyrouette à 18:35 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :