la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

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Laurent Mauvignier

ISBN : 2707329835

Éditeur : EDITIONS DE MINUIT (01/09/2016)





4ème de couverture :

 

Sibylle, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Comment en est-elle arrivée là ? Comment a-t-elle pu laisser passer sa vie sans elle ? Si elle pense avoir tout raté jusqu’à aujourd’hui, elle est décidée à empêcher son fils, Samuel, de sombrer sans rien tenter.

Elle a ce projet fou de partir plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, afin de sauver ce fils qu’elle perd chaque jour davantage, et pour retrouver, peut-être, le fil de sa propre histoire.



Extraits :

 

“Les mots qui sont dits sont juste ceux qui ont assumé la vitesse de la pensée.” 

 

“Les mots sont ici comme tous ces poids morts dont on se débarrasse parce qu'ils ne servent qu'à alourdir les bagages.”

 

“Il regarde sa mère comme s'il ne le connaissait pas, et c'est vrai que, d'une certaine manière, il ne la connaît pas.”

 

“Quand le présent vous comble, pourquoi aller chercher demain ce qui s'accomplit pleinement chaque jour ?”

 

“Chacun a fait ce qu’il a pu pour que les choses continuent sans trop de problèmes, sans trop de heurts, pour éviter d’assumer la colère, la haine, le mépris d’un côté, ou le regret, le dépit, la honte de l’autre.”



Mon avis :

 

Sybille décide de vendre sa maison de famille pour partir faire du cheval dans les montagnes du Kirghizistan, afin de sauver son délinquant de fils.

Il faut dire qu’elle ne donne pas le bon exemple à la maison, le peu de temps qu’elle s’y trouve. Séparée du père de son fils, elle traîne en robe de chambre, le plus souvent attablée dans la cuisine, les cigarettes se succédant dans le grand cendrier. Son fils la déteste, il préfère son père qu’il ne voit que de temps en temps le weekend.

Sibylle, je l’aime et je la déteste, elle me ressemble trop. Elle donne l’impression de sombrer à chaque claque de la vie. Elle stagne un moment au fond du trou mais c’est pour mieux se relever et elle repart faire sa guerre, increvable (ah je l’ai bien choisi ce mot).

Elle est capable de tout, du pire comme du meilleur, mais surtout de se lancer des défis stupides et insurmontables.

Ce voyage pour faire comprendre à son fils qu’on est aussi responsable de se laisser entraîner dans une impasse que de s’y embarquer soi-même en est un bon exemple.

Pendant ce périple fait d’attaques, d’invitations chez les locaux et de rencontres improbables, Sibylle écrit sa vie, ses regrets, ses forces. Pendant ce temps, son fils l’ignore et continue à la détester, le casque vissé sur les oreilles pour écouter sa musique.

Un autre mauvais choix pendant leur séjour va les faire culbuter dans l’horreur. Pour le coup, Samuel va rentrer un peu plus vite dans le monde des adultes prenant enfin des décisions.

L’auteur écrit des histoires qui ne peuvent laisser indifférent, il va chercher les failles de ses personnages et ensuite il creuse jusqu’au point de non retour.

 

 

 

 

 

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La vie obstinée

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Wallace Stegner

Éric Chédaille (Traducteur)

ISBN : 2859408185

Éditeur : PHÉBUS (29/04/2002)



4ème de couverture :

 

Pour certains, La Vie obstinée est bien le chef-d'oeuvre de Wallace Stegner : dans un climat proche de celui que connaissent déjà les lecteurs de Vue cavalière...

Où l'on retrouve Joe Allston et sa femme, mais quelques années plus tôt, presque jeunes encore... installés dans leur maison en pleine nature, non loin de San Francisco. Ils sont venus là finir calmement leur vie (enfin, pas si calmement que ça), et constatent bientôt que le vieil Ouest n'est plus qu'un rêve... et que les rêves eux-mêmes finissent par mourir.

 

 

Extraits :

 

“J'ai toujours tenu que l'attitude à adopter face à la souffrance d'autrui était la sympathie, qui signifie souffrir avec, et que, face à la sienne propre, il fallait continuer d'avancer un pied devant l'autre.”

 

“Je suis un sachet de thé oublié au fond de la tasse : le produit de ma macération ne cesse de devenir opaque et plus amer.”

 

“Si l'attente est une forme de l'ennui, l'habitude est la meilleure façon de s'en arranger.”

 

“Je crois que la conscience fait de nous des individus, et que, parce que nous sommes des individus, nous avons perdu cette faculté d’accepter notre sort.”



Mon avis :

 

Ruth et Joe ont quitté la vie sociale pour vivre dans la campagne californienne. Enfin c’est ce qu’ils croyaient. Pour tromper l’ennui ils ont créé des habitudes dont des promenades régulières dans la nature. Mais voilà, les habitants des campagnes sont bruyants, très bruyants et entre le bruit des tronçonneuses, des chasseurs et des voisins qui tentent de bétonner, pas facile de trouver la sérénité et la paix.

Surtout qu’un jeune vient leur demander de camper sur leurs terres. Ruth l’apprécie, Joe, pas du tout, mais ils acceptent pour de mauvaises raisons. Leur fils, n’ayant jamais trouvé sa place dans ce monde  est décédé et ce jeune Peck ravive bien des sentiments.

C’est déjà bien compliqué comme ça et Joe nous conte avec perspicacité et humour les jours qui passent, les saisons, le jardin et surtout, surtout pas de confessions larmoyantes sur le deuil et sa culpabilité qu’il traîne depuis longtemps.

Et voilà qu’une jeune femme, nouvelle voisine, va lui apprendre la résilience et comment profiter du moment présent, alors que jeune maman et enceinte elle est malade.

Je ne sais pas si c’est un roman ou une autobiographie, mais c’est brillant, passionnant enlevé. Tout y est : le vocabulaire (plus de dix mots que je ne connaissais pas), le style, la forme, la désespérance, l’humour, l’ironie, la vie malgré tout. L’éditeur décrit l’auteur comme un maître de la clairvoyance désenchantée, il n’y a pas meilleure description.

 

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Les ronces

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Antoine Piazza

ISBN : 2742776869

Éditeur : ACTES SUD (15/08/2008)





4ème de couverture :

 

Au début des années 1980, l'auteur arrive comme instituteur dans un village du Haut-Languedoc.

Le pays se désertifie. Les terres sont à l'abandon. Les jeunes sont partis habiter en ville ou rêvent d'un pavillon de banlieue. La petite communauté, fermée sur elle-même, se préserve du monde moderne, du chaos incompréhensible que lui renvoient les écrans de télé. Ici, on vit encore au rythme des saisons et des dates d'ouverture de la chasse. Durant sept ans, il va se faire le témoin de ces vies immobiles.

Il arpente le pays, pénètre à l'intérieur des maisons et des destinées, se met à l'écoute des vieillards dressés au bord des routes. Il tisse ainsi des portraits minutieux : notables, hippies, familles vivant dans des hameaux isolés, gendarme à la retraite, chanteur raté. Il révèle les petites ambitions et les grandes rivalités, tout l'ordinaire de la comédie humaine. Avec sa capacité à reconstituer ces vies minuscules, Antoine Piazza charge chacune de ses pages d'une puissante densité romanesque.



Extraits :

 

“Les villes sont faites pour l'indifférence, pas pour la haine.”

 

“Je m’en prenais à l’impeccable ordonnance des canalisations rurales, au bonheur irréversible des autres.”

 

“J’étais tenu de saluer, de remercier, pas d’accrocher le néant des vies cantonales sur les murs de mon nouveau domaine.”

 

“Ce n’était pas la première fois que quelqu’un de village prenait la parole pour dire une énormité mais c’était la première fois que l’on affirmait, sans la moindre précaution, une opinion opposée à celle du maire.”

 

“La vie et la mort étaient liées au silence et la vallée mourait tout à fait.”

 

“Leur vie avait été celle des autres. Ici, une vie à côté de la vie.”

 

“En réalité, personne ne voulait s’installer ici.”

 

 

Mon avis :

 

Antoine arrive dans ce village des hauts-cantons, comme instituteur au début des années 1980. Et ce qu’il me raconte ressemble plus à une vie du début du XX° siècle.  Pas de disco, de jeans pattes d’eph, d’émancipation, de liberté. Non, rien de rien. Ici les gestes sont essentiels, pour le travail, se chauffer ou la chasse.

Le maire se débrouille pour avoir tous les pouvoirs et ne pas être contrarié dans ses projets. Il crée de l’emploi pour tous les gars qui ne pourront se placer ailleurs faute d’instruction ou d’intelligence, ils seront sapeurs-forestiers. Dehors toute la journée, été comme hiver, à guetter le moindre départ de feu. Les femmes restent à la maison ou quand elles ont la chance de pouvoir travailler à l’extérieur c’est pour aider les personnes âgées.

Il y a ceux qui partent fiers avec leur concours de la fonction publique en poche, faire carrière à la ville. Ils reviendront à la retraite, avec une bonne petite réserve d’argent qu’ils n’ont pas eu l’occasion de dépenser. Retapant la maison familiale pour y vivre leurs vieux jours, non, pas dans la sérénité, mais pour en mettre pleins les yeux aux villageois.

Les terres, les maisons sont des trésors pour ces gens. La seule chose valable qui fait se lever le matin.

Les premiers hippies sont installés plus haut sur le plateau, dans de vieilles maisons abandonnées. Les gamins iront à l’école si les parents arrivent à réparer une voiture.

Et puis il y a les commérages, les critiques, les mauvaises paroles, tout ce que l’on ne peut pas dire ou faire à la ville. Ici tout est permis, même maltraiter les animaux, surtout les chiens de chasse. Antoine nous donne la méthode de chasse des sangliers qui consiste à leur donner à manger hors période chasse pour les transformer en animaux domestiques qui resteront sur place et se feront tuer plus facilement.

Antoine, l’instituteur, se fera également critiquer. Au lieu de faire travailler les petits dans des livres, il les emmène découvrir la mer, la montagne, tout ce qu’il y a autour d’eux et pourtant un monde inaccessible.

Les gens partent de plus en plus, les vieux meurent et le maire pour garder son école ouverte fait venir des familles défavorisées avec des enfants.

J’habite un village des hauts-cantons depuis 2016 et je peux vous dire que pas grand chose a changé. Internet a amené la modernité, certes, mais le fond est le même, les valeurs les mêmes et il m’arrive de rencontrer des gens qui me font penser à ce récit.

J’ai adoré ce livre mais les ronces griffent et blessent.

 

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Un élément perturbateur

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Olivier Chantraine

ISBN : 2072740347

Éditeur : GALLIMARD (24/08/2017)





4ème de couverture :

 

Serge Horowitz est hostile à toute forme d'engagement. Sa soeur l'héberge chez elle. Il ne doit son travail dans un cabinet de consulting qu'à son frère, ministre des Finances. Pour ne rien arranger, il est hypocondriaque et connaît des moments d'aphasie incontrôlables. C'est une de ces crises qui le saisit alors qu'il est en pleine négociation avec une société japonaise. Quand lui revient la parole, il fait capoter l'affaire...

Mis en demeure de réparer son erreur, le voici lancé dans l'opération de la dernière chance, accompagné de Laura, son associée. Mais les déconvenues s'enchaînent.



Extraits :

 

"Les relations de famille nous abîment. Tous. Toute notre vie. C'est triste à dire mais c'est vrai. La famille plane comme un nuage noir au-dessus de nos têtes dont la menace permanente nous empêche d'être véritablement nous-mêmes. Comme un sortilège dont seule la mort de l'un des membres nous délivre. Et encore."

 

"Je commence seulement à me dire qu’aucun miracle ne survient sans un minimum de discipline."

 

"Alors je ne dis rien. À quoi bon, si tout se paie, il doit bien y avoir aussi un coût à l’inaction."

 

"La vie n’offre pas que des déceptions."

 

"Je me dis que teinter sa vie d’une incertitude légère ne doit pas être dénué de charme."

 

"La vie ressemble parfois à un puzzle de mille pièces dont il manquerait des morceaux, sans qu’on sache exactement lesquels."

 

"Les choses qui doivent se passer finiront bien par passer. Je n’ai pas la moindre idée de ce qui m’attend. Cela me convient tout à fait. Je n’ai jamais nourri de grandes attentes envers qui quoi que ce soit. Et de ce fait la vie ne m’a jamais vraiment déçu."

 

"Comme si l’absence de paroles était devenue l’une des denrées les plus rares sur terre, l’arme ultime de résistance passive face aux dérives du monde moderne."

 

 

Mon avis :

 

Les confidences de Serge qui pourtant souffre d’aphasie sont succulentes. Hypocondriaque, vivant chez sa soeur à 43 ans, travaillant dans des sociétés pourries grâce à son frère ministre, Serge n’attend rien de la vie. Il ne comprend pas les causes de sa perte de mots quand il est en public ou dans une situation où il doit se justifier. Par contre quand il doit se taire, il dit un peu trop de mots, un peu trop de choses dénonçant les magouilles de son entreprise, de son frère ou déclarant à un éventuel client qu’il ferait bien de s’abstenir de signer le contrat à ce prix. Il est honnête le Serge, ne voulant surtout pas tremper dans les combines de son frère.

 

Sa vie aurait pu continuer comme ça jusqu’à la fin, mais voilà, la vie est pleine de surprises, de remises en questions, de rencontres, d’amour.

 

Son frère, sa soeur, Laura son amoureuse et collègue, ses patrons, tous, vont obliger Serge à sortir de sa coquille. Il fera de belles rencontres et s’apercevra que le silence fait du bien aux autres, qu’il est capable d’apporter quelque choses aux autres.

 

C’est une histoire basée sur les rapports humains. Nous sommes souvent muselés par la société et pourtant si bavards. Beaucoup d’humour, de dérision pour un sujet grave.

 

Un grand merci aux Éditions Gallimard et à Masse critique de Babelio. 

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Partir

Partir

 

Tina Seskis

ISBN : 2266250906

Éditeur : POCKET (03/03/2016)

Traductrice : Florianne Vidal



4ème de couverture :

 

Un mari apparemment charmant. Un fils adorable. Une maison ravissante. Emily Coleman est une femme comblée. Pourtant, un beau matin, elle prend le train pour Londres, bien décidée à tout laisser derrière elle. C’est désormais sous l’identité de Catherine Brown qu’elle partage un appartement miteux avec des colocataires et occupe un travail sans avenir.

Elle n’aspire désormais qu’à une seconde chance. Mais qu’est-ce qui a pu la pousser à abandonner une vie qui semblait si parfaite ? Quel est le secret qu’elle protège avec tant de force ?



Extraits :

 

“Je suis détachée de la réalité, absente au monde.”

“C'est drôle comme, finalement, il n'est pas si difficile de changer de vie. Il suffit d'avoir assez d'argent pour redémarrer et de détermination pour éviter de penser aux êtres qu'on laisse derrière soi.”

“Les bonnes personnes, le bon endroit, et tout ira pour le mieux.”

“La chaleur est si agréable, l'air si pur que soudain je me dis que le monde est peut-être habitable, finalement.”

“J'ignore pourquoi je me sens à ce point à côté de mes pompes. D'habitude mon apparence ne me pose guère de problèmes, mais aujourd'hui j'ai l'impression de passer une audition pour un rôle de composition.”

“C’est drôle comme il est beaucoup plus facile, une fois qu’on a réussi à regarder une chose en face, de s’en éloigner.”



Mon avis :

 

Partir, je pense que toutes les femmes à un moment de leur vie en rêvent. Tout quitter, effacer les traces, retrouver sa liberté, piétiner le passé et recommencer. Le rêve.

Emily le fait. Nous faisons sa connaissance alors qu’elle part. Elle est dans le train, ça y est, elle a osé. Emily n’a rien d’une aventurière, ses vêtements ne sont pas adaptés à la situation, mais elle part. Elle essaie de repousser les pensées des êtres aimés, elle va y arriver, elle en est certaine.

Assez rapidement Emily se trouve une chambre dans une colocation, puis un travail et un an après elle partage un appartement avec une amie, savoure son avancement dans son travail, bref tout roule !

En parallèle, nous remontons le passé d’Emily, sa naissance, sa jumelle, ses parents puis la rencontre avec Ben et la naissance de leur enfant.

Emily, la sérieuse et douce fille, responsable qui se drogue et boit dans sa nouvelle vie. Emily qui ne sait pas profiter de cette seconde chance que la vie lui offre.

L’épilogue est rude et  inattendu.

C’est une histoire sur le poids de la famille, cette famille qu’on ne choisit pas, qu’on se traîne comme un boulet et qui peut nous gâcher une vie.

Lecture addictive.

 

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La mémoire des embruns

 

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Karen Viggers

ISBN : 2253066214

Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (30/03/2016)

Traductrice : Isabelle Chapman




 

 

4ème de couverture :

 

Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours à Bruny, île de Tasmanie balayée par les vents où elle a vécu ses plus belles années auprès de son mari, le gardien du phare. Les retrouvailles avec la terre aimée prennent des allures de pèlerinage. Entre souvenirs et regrets, Mary retourne sur les lieux de son ancienne vie pour tenter de réparer ses erreurs.

Entourée de Tom, le seul de ses enfants à comprendre sa démarche, un homme solitaire depuis son retour d'Antarctique et le divorce qui l'a détruit, elle veut trouver la paix avant de mourir. Mais le secret qui l'a hantée durant des décennies menace d'être révélé et de mettre en péril son fragile équilibre.

Une femme au crépuscule de sa vie. Un homme incapable de savourer pleinement la sienne. La Mémoire des embruns est une émouvante histoire d'amour, de perte et de non-dits sur fond de nature sauvage et mystérieuse. Un roman envoûtant, promesse d'évasion et d'émotion.



Extraits :

 

“C'est ce que nous sommes, des animaux. Même si nous nous donnons beaucoup de mal pour le cacher. Il s'agit d'un fait biologique ; une force supérieure à la volonté individuelle.”

“On ressent une telle solitude lorsqu'on perd un parent alors qu'on est loin.”

 

“Jeune, on pense que l'existence n'a pas de fin. Et, quand la vie vous rattrape au tournant, on regrette de ne pas avoir mieux utilisé son temps.”

“On ne pouvait pas épargner aux autres le chagrin. Il était inscrit dans la destinée de chacun.”

 

“Je n'ai fait qu'attendre. Je n'ai pas eu le courage de vivre, par crainte de nouvelles blessures.”

 

“Comment peut-on être détruit sans le savoir ? Cela me surprend encore.”

 

“En perdant ses racines, on se libère.”



Mon avis :

 

L’intrigue commence dès les premières pages. Mary, âgée et très malade, pratiquement en fin de vie, reçoit la visite d’un mystérieux homme de son âge, qui lui fait du chantage et lui remet une lettre. Pour lui c’est le moment de déterrer un secret et surtout le révéler.

Mary décide alors de partir sur l’île où elle a vécu de nombreuses années avec son mari et ses enfants. Elle part en catimini accompagnée de sa petite fille, pour échapper aussi à la maison de retraite que lui propose sa fille aînée.

Il fait froid, il y a beaucoup de vent et Mary se retrouve seule, dans un cottage, avec ses problèmes cardiaques, oubliant de prendre ses médicaments, de manger, mais avec un projet : revoir tous les lieux où elle a été heureuse sur cette île. Elle doit convaincre le garde-forestier, jeune homme bougon et sauvage, de l’emmener en voiture.

En parallèle nous suivons la vie de Tom, son troisième fils, qui n’a rien à envier à la vie difficile de sa mère. Les mauvaises personnes, les mauvais choix et il continue, encore et encore. Attiré par les missions en Antarctique, Tom a du mal à se décider. Une nouvelle mauvaise rencontre féminine le mettra à terre. Pour certaines personnes les expériences ne servent à rien.

La lecture est agréable, les paysages grandioses mais il ne faut pas être déprimé pour lire ce roman. Il n’y a aucun espoir, pas une lueur de positif. Les personnages sont englués dans leur malheur et ne font pas grand chose pour s’en sortir. Pourtant les thèmes sont intéressants.

 

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Les bottes suédoises

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Henning Mankell

ISBN : 2757866559

Éditeur : POINTS (01/06/2017)





4ème de couverture :

 

Par une nuit d’automne, sa maison a brûlé. Il a soixante-dix ans et plus grand chose à quoi se raccrocher : une vieille caravane, un petit bateau et une seule botte suédoise en caoutchouc. Reclus sur son île, a-t-il encore une raison de vivre ? L’hiver de la Baltique lui en offrira deux : sa fille, porteuse d’un secret, et une belle et énigmatique journaliste qui ranime sa soif d’amour...



Extraits :

 

“Quelqu'un qui a tout perdu n'a pas beaucoup de temps. À moins que ce soit l'inverse.”

“Cette scène m'a fait comprendre une fois pour toutes que les gens ne sont pas vraiment ce que nous croyons. Ça vaut pour tout le monde. Ça vaut pour ceux qu'on croit connaître le mieux. Ça vaut pour moi.”

“Comme si une maison pouvait se saborder elle-même à force de vieillesse, de fatigue, d'ennui.”

“Voilà à quoi ressemble le monde. Partout des gens qui se détournent.”

“La vérité était qu'en quelques heures ma vie avait tellement changé que j'avais soudain besoin de tout.”

“Même quand on vit simplement, comme c’est mon cas, il semble que le grand enjeu de l’existence soit malgré tout d’accumuler des quantités invraisemblables d’objets sans valeur.”



Mon avis :

 

Sur son île de la Baltique la maison de Fredrik brûle. Il a le temps de sortir, pas très habillé avec deux bottes dépareillées et deux pieds gauches. En quelques minutes cet homme de soixante-dix ans a tout perdu. Son voisin le plus proche va le dépanner de vêtements, Fredrik pourra se loger dans la caravane de sa fille qui est sur l’île.

Qui prévenir, à qui demander de l’aide et Fredrik a t-il vraiment besoin d’aide ? Pas facile tout ça. Il va prévenir sa fille qu’il ne connaît pas très bien, va faire des courses sur le continent et puis fait le tour de son île. C’est l’automne  de sa vie et sur son île.

Les autorités le soupçonnent d’avoir mis le feu délibérément, sa fille fantasque mais rêche va le brusquer dans sa vie d’ermite, son voisin est un peu trop présent, des gens meurent sur le continent et Fredrik s’embarque dans une drôle d’histoire avec une journaliste de trente ans sa cadette.

C’est une histoire tendre et drôle, une acceptation des autres avec leurs différences et leurs failles, sans se poser de question, naturellement. La peur de la mort est présente mais légère, juste un ressenti.

Et ce réveillon du nouvel an à trois dans une caravane avec plats du traiteur et vaisselle fine est un délice à lire, à vivre. Le luxe dans l’essentiel, c’est peut être ça la vie.

Les paysages toujours grandioses, la mer, la tempête, le froid, la pluie, la neige et l’île et cette vie qui continue malgré tout. Sublime !

 

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Agir et penser comme un chat

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Stéphane Garnier

ISBN : 2360755080

Éditeur : EDITIONS DE L'OPPORTUN (01/06/2017)





4ème de couverture :

 

Le chat a tout compris, copions le chat ! C’est une évidence qui a inspiré à Stéphane Garnier ce manuel de développement personnel pas comme les autres. Le chat est libre, calme, observateur, prudent, élégant, charismatique, indépendant, fier, autonome… Autant de qualités enviables que vous pouvez développer facilement en vous inspirant de lui au quotidien.

 

Alors, laissez-vous guider par Stéphane Garnier et son compagnon Ziggy qui vous expliquent, pas à pas, comment mieux vivre juste en regardant votre chat. À vous la liberté d’agir, de penser, de demander ! À vous de ne plus céder aux ordres ni aux pressions du quotidien ! Au bureau, en famille ou entre amis, le chat va vous aider à mieux résister au stress, à cultiver votre indépendance, à booster votre charisme...



Extraits :

 

 

“Peut-être passons-nous trop de temps à nous agiter en tous sens, jusqu'à devenir sourd à l'essentiel de l'existence.”

“On peut supporter tout le bruit du monde tant qu'il ne nous est pas imposé par la contrainte, tant qu'il ne vient pas empiéter sur notre calme intérieur pour alimenter un stress inutile.”

 

“Savoir se détacher par moments de son environnement, de ses biens matériels, cesser d'y accorder trop d'importance, comme de peaufiner à chaque minute son reflet dans le miroir, est un exemple que nous devrions suivre plus souvent pour retrouver un peu d'humilité, un peu de vérité, et parvenir à discerner à nouveau l'essentiel du superficiel.”

“Apprendre à se taire , c’est préserver un peu de recul, un peu de secrets dans nos vies. Être sincère, oui,  mais être transparent à tout propos, tout le temps et avec n’importe qui n’est peut-être pas la meilleure démarche pour se protéger des médisants.S’exprimer ne veut pas dire s’étaler et, si l’échange est nécessaire, l’observation et l’écoute sont parfois aussi convaincantes que tous les argumentaires.”



Mon avis :

 

Le chat est un animal domestique libre. Il a des états d’âme mais vit dans le présent où il essaye de tirer le meilleur parti sereinement. Écrit sans contrainte ce livre de développement personnel est bourré de bons conseils. Je l’ai lu et relu selon les contraintes du moment.

 

J’ai beaucoup ri aussi m’imaginant faire comme mes chats (cinq) pour réclamer quelque chose en miaulant et suivant la personne susceptible d’exaucer mes désirs, essayant de la faire tomber pour qu’elle me regarde enfin.

 

Je m’étire avant de me lever le matin, tôt, pour pouvoir prendre un instant d’observation silencieuse dans le jardin et attendre le soleil.

 

Mine de rien ce livre a eu un impact sur ma vie car je me suis aperçue que je ne gardais aucune pensée négative, je suis devenue plus franche, n’ayant plus peur de blesser, mais libre ensuite et ne ruminant pas les petites vacheries du quotidien.

 

Pour le reste je me tais, ne donnant pas le bâton pour me faire battre, ignorant mes adversaires jusqu’au coup de griffe nécessaire pour le respect de mon espace vital.

 

Je recommande les conseils de Stéphane Garnier et de Ziggy, qui font un bien fou !

 

 

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Le signal

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Ron Carlson

Sophie Aslanides (Traducteur)

ISBN : 2351780396

Éditeur : GALLMEISTER (05/01/2011)

 

 

 

4ème de couverture :

 

Pour la dernière fois, Mack et sa femme Vonnie partent camper dans les montagnes du Wyoming afin de se dire adieu. Enlisé dans les dettes, l'alcool et les trafics, Mack a peu à peu contraint Vonnie à renoncer à l'amour profond qui l'avait attirée vers l'Ouest, et la jeune femme a refait sa vie. Cette randonnée est un moment de complicité retrouvée, une ultime occasion de se révéler l'un à l'autre. Pour Mack, cette expédition est aussi la dernière mission qu'il exécute pour le compte d'un intermédiaire douteux afin de sauver son ranch de la faillite. Au cœur des vastes étendues sauvages, guidé par un faible signal GPS, il doit retrouver une mystérieuse balise égarée lors d'un survol de la région. Mais cette mission se révèlera bien plus périlleuse que prévu.

 

 

Extraits :

 

“C'est parce qu'ils signifiaient quelque chose qu'on transportait certains objets.”

 

“Les bonnes manières, toutes sans exception, sont des protections. Elles peuvent être plus efficaces que les muscles dans les endroits visqueux.”

 

“Il y a trop de montagnes dans ma vie pour qu'on y mette un avion.”

 

“Quitte à être fauché, autant l’être au bon endroit.”

 

 

Mon avis :

 

Mack est un looser. Il avait tout pour être heureux et son père lui avait donné de bonnes valeurs. Mais voilà, la mort prématurée de ce dernier laisse un Mack d’une vingtaine d’années désoeuvré et incapable de gérer le ranch familial qui aurait dû lui assurer une vie confortable.  À l’époque de son adolescence il fait la connaissance de Vonnie qui vient passer des vacances dans la région. Elle reviendra des années plus tard et épousera Mack.

 

Mack a déjà accepté du travail pas très clair, il est rentré tout entier dans la délinquance, ses seules possibilités de sauver le ranch qu’il doit louer. Les deux tourtereaux habitent un mobil home délabré et insalubre pendant quelques années.

 

Leur mariage tient dix ans et c’est un miracle. L’alcool, les dettes, le travail douteux vont faire fuir Vonnie qui va refaire sa vie assez rapidement.

 

Mack se retrouve en prison. À sa sortie, il demande à Vonnie de l‘accompagner dans les montagnes du Wyoming, randonnée qu’ils font tous les ans depuis leur mariage. Il ne prévient pas Vonnie qu’il a accepté encore une mission douteuse.

 

Mack est un raté, met tout le monde en danger, mais c’est un gars des montagnes. Il est né ici, c’est sa vie, même fauché et divorcé.

 

Des paysages magnifiques et des poursuites glauques.

 

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L'enfant pétrifié

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Valérie Lys

ISBN : 237260077X

Éditeur : PALÉMON ÉDITIONS (28/03/2017)

 

 

 

4ème de couverture :

 

Jimmy Quévélé, vendeur d'objets d'art à Quimper, est assassiné quelques jours avant une exposition d'art malgache dans la capitale cornouaillaise.

 Habitué des enquêtes bretonnes, le commissaire Velcro va découvrir Quimper et son impressionnante cathédrale.

 Mais il va aussi devoir dénouer les fils d'une intrigue opposant ambition occidentale et culture ancestrale et mêlant amour, amitié et vengeance...

 

 

Extraits :

 

“Il était d'une humanité consternante.”

 

“Je n'arrive jamais à ressentir un sentiment fort pleinement, sans arrière-pensée, sans autocontrôle.”

 

“Loin des ambitions destructrices, des trahisons et des frivolités contemporaines, mes valeurs étaient solides et saines. Clé de mon bonheur en tout cas.”

 

“Nous avons tous notre libre arbitre. C'est la route que nous choisissons qui fait de nous ce que nous sommes. Un virage à droite ou à gauche et c'est notre vie qui bascule.”

 

“Le spectacle était navrant. Véritable mise en scène de notre solitude. Élan narcissique contemporain. Nous n'avons jamais autant communiqué entre nous et paradoxalement nous ne nous sommes jamais sentis aussi seuls. Notre vie est devenue une sorte d'ego trip sans but et sans billet retour.”

 

“La vie n’est qu’une succession d’évènements qui s’emboîtent les uns dans les autres, plus ou moins bien d’ailleurs.”

 

 

Mon avis :

 

Il s’en passe des choses à Quimper. Le vol d’un objet d’art, un lithopédion qui est plutôt une pratique ancestrale malgache de conservation d’un corps de nouveau né, au Centre d’art contemporain.

 Puis le meurtre par flèche empoisonnée du brocanteur qui s’est procuré le lithopédion. Puis le meurtre d’un mari jaloux, militaire faisant souvent des voyages à Madagascar et dans la ligne de mire de certains policiers parisiens. Autour de ces hommes, des femmes séduisantes, jalouses, aimantes.

 Le Commissaire Velcro est parachuté à Quimper pour cette enquête. Cela tombe bien, il aime la tranquillité de la Bretagne. Il doit travailler avec les enquêteurs locaux pas très doués, il faut le dire. Cet homme observe, discute avec les différentes personnes qu’il rencontre.

 Il fait la part des choses, recoupe les informations, relie les protagonistes de cette triste histoire, doucement, sans violence.

 La violence est à Paris avec les attentats.

 C’est une histoire d’amitié, d’amour et de haine.

 Enquête agréable sans hémoglobine et bien menée.

 Merci à Masse critique de Babelio et aux Éditions du Palémon pour cette découverte bretonne.

 

 

 

Posté par pyrouette à 17:00 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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