la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Dans les forêts de Sibérie

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Sylvain Tesson

ISBN : 9782070129256

Éditeur : GALLIMARD (01/09/2011)




4ème de couverture :

 

Sylvain Tesson, pour rassasier son besoin de liberté, a vécu seul dans une cabane en pleine taïga sibérienne, sur les bords du lac Baïkal, pendant six mois. De février à juillet 2010, il a choisi de faire l’expérience du silence, de la solitude, et du froid. Sa cabane est à six jours de marche du premier village. En cas de dégoût de soi, nulle épaule où s’appuyer.

La solitude finira par se révéler fertile : quand on n’a personne à qui exposer ses pensées, la feuille de papier est un confident précieux ; le carnet de note, un compagnon poli. C’est ce journal que nous offre à lire Sylvain Tesson.



Extraits :

 

"Cette envie de faire demi-tour lorsqu'on est au bord de saisir ce que l'on désire."

 

"Il est bon de n'avoir pas à alimenter une conversation. D'où vient la difficulté de la vie en société ? De cet impératif de trouver quelque chose à dire."

 

"Pour parvenir au sentiment de liberté intérieure, il faut de l'espace à profusion et de la solitude. Il faut ajouter la maîtrise du temps, le silence total, l'âpreté de la vie et le côtoiement de la splendeur géographique."

 

"Entre l'envie et le regret, il y a un point qui s'appelle le présent."

 

"Rien ne vaut la solitude. Pour être parfaitement heureux, il me manque quelqu'un à qui l'expliquer."

 

"Vivre, c'est continuer, et il y a une défaite dans le retour sur ses pas."

 

"Cette force triste qu’est le vent : elle s’acharne en vain."



Mon avis :

 

Sylvain Tesson avait déjà vu cette cabane au bord du lac Baïkal en pleine pampa sibérienne, pardon taïga sibérienne. Il s’était promis d’y revenir avant ses quarante ans. C’est fait, il a trente-huit ans et il va passer six mois dans un isolement complet, dans un paysage sauvage et sublime où il fait -40°degrés en plein hiver et les seuls voisins sont des animaux pas vraiment domestiques. IL voulait du silence, ne plus répondre à son courrier, vivre nu , ne plus répondre à son téléphone et vivre comme Robinson. Elle est superbe la théorie du futur ermite, mais l’histoire est un peu différente.

 

Il arrive dans sa petite cabane de 9m2 avec ses provisions, des vivres, de la vodka et des dolipranes pour lutter contre les effets de la vodka, une petite centaine de livres et tout le nécessaire à sa survie. Il s’installe et commence la corvée qui revient le plus souvent : couper du bois en quantité suffisante pour se chauffer et s’alimenter. Il ne pense pas à chasser et pêcher puisqu’il a des provisions.

 

La Sibérie n’est pas si inhabitée que ça et les visites sont quand même assez nombreuses et quand la solitude est trop pesante Sylvain n’hésite pas à faire plusieurs jours de marche pour rendre une visite de courtoisie à ses plus proches voisins. Bref, il n’est pas si seul. Entre deux livres et une bouteille de vodka, il nous livre ses pensées sur cette vie hors norme.

 

J’avoue : j’ai beaucoup ri au fil de cette aventure. Imaginer Sylvain patiner sur le lac en guise de loisir était source de gaieté pour moi, mais il faut être honnête, j’ai ri car j’ai eu la même envie que Sylvain à un moment de ma vie et j’ai vécu dix-sept mois au fin fond de la pampa lozérienne avec des températures à -30° l’hiver, le vent glacial, le bois à couper, les alentours de la maison à déneiger. Je suis même certaine que j’avais moins de visites de courtoisie que Sylvain.

 

Vu que Sylvain Tesson a une vision de la vie aussi compliquée que la mienne je vais continuer à explorer son univers, sans la vodka.


J’ai adoré ce récit.

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Fallen angel

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Stéphanie Janicot

ISBN : 2226396365

Éditeur : ALBIN MICHEL (01/03/2017)




Résumé :

 

Le soir du réveillon, Sibylle, une jeune journaliste, est réquisitionnée pour couvrir le concert du prestigieux Fersen Orchestra. Lors du final, Lucie Fersen, géniale compositrice et chef d'orchestre de 36 ans, est tuée d'une balle tirée depuis la régie. Sibylle et son amie commissaire de police entendent bien trouver le mobile et le coupable du meurtre de cette ex-enfant prodige et rock star.



Extraits :

 

"C'est ce désespoir qui le touche mais il ne l'analyse pas, il le ressent."

"Nos parents nous avaient tant fait croire que nous serions éternellement des enfants, le temps nous avait surpris. Nous vieillissions en marge sans parvenir à prendre des places d'adultes."

"Pour la première fois de son existence, elle a cessé de penser, de lier les choses entre elles, de tenter de les maîtriser ou de peser sur elles."

"On est donc face à une personne avec un ego démesuré dont la haine est supérieure à toute autre forme de sentiment."



Mon avis :

 

Sibylle est une jeune femme trentenaire ou presque qui travaille comme journaliste. Elle n’a pas encore sa place d’adulte dans ce monde car chouchoutée par ses parents, pistonnée par un ami de ses parents pour ce travail, elle vit encore en marge d’une certaine société. Son appartement ressemble à une chambre d’adolescente, elle n’est pas certaine de son orientation sexuelle, elle se nourrit de fast food et de pizza en compagnie de Benjamin et Anouk ses amis.

Elle doit assurer la permanence au journal en cette fin d’année et a l’obligation, le soir du réveillon, d’aller écouter le Fersen Orchestra et écrire un article.

Rien ne va se passer comme prévu, lucie Fersen étant abattue en plein spectacle. C’est une amie d’enfance Anouk, jeune commissaire de police qui est chargée de l’enquête. Elle se trouve un peu dans la même situation que Sibylle, elle assure la permanence de fin d’année.

Elles décident de travailler en collaboration, échangeant leurs informations. L’enquête démarre. Elles vont fouiller le passé de Lucie Fersen et découvrir que malgré son talent, son argent, son niveau de vie, c’était une enfant malheureuse.

En parallèle, on a le ressenti et le parcours du tueur.

Je suis vite rentrée dans l’enquête qui ne laisse aucun temps mort, elle est passionnante.



Un grand merci aux Éditions Albin Michel et à Babelio pour cette découverte.

 

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Un paquebot dans les arbres

 

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Valentine Goby

ISBN : 2330066481

Éditeur : ACTES SUD (17/08/2016)





 

 

4ème de couverture :

 

Au milieu des années 1950, Mathilde sort à peine de l’enfance quand la tuberculose envoie son père et, plus tard, sa mère au sanatorium d’Aincourt. Cafetiers de La Roche-Guyon, ils ont été le coeur battant de ce village des boucles de la Seine, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant est ruiné par les soins tandis que le placement des enfants fait voler la famille en éclats, l'entrainant dans la spirale de la dépossession. En ce début des Trente Glorieuses au nom parfois trompeur, la Sécurité sociale protège presque exclusivement les salariés, et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui par insouciance, méconnaissance ou dénuement tardent à solliciter la médecine.

À l’âge où les reflets changeants du fleuve, la conquête des bois et l’insatiable désir d’être aimée par son père auraient pu être ses seules obsessions, Mathilde lutte sans relâche pour réunir cette famille en détresse, et préserver la dignité de ses parents, retirés dans ce sanatorium – modèle architectural des années 1930 –, ce grand paquebot blanc niché au milieu des arbres.

 

 

Extraits :

 

“L'ennui est pire que la douleur, il n'existe pas de remède chimique à l'ennui.”

 

“Elle essaie de les voir eux, ceux qui sont là, de ne pas compter les absents.”

 

“La maladie les a banni, la misère les ramène. Ils reviennent en perdants. Ils vont d'une solitude à l'autre.”



“Des mois de volonté pour se hisser au-dessus du sort à défaut de le vaincre, pour tenir. Et maintenant un voeu d'immobilité. Ou plutôt, un non-vouloir.”


“ À ceux qui lui diront, plus tard, quand tout sera fini, tu aurais dû demander, petite, elle rétorquera : vous auriez dû voir.”



Mon avis :

 

Odile et Paulot, les parents irresponsables et immatures. Les enfants, Annie l'aînée, Mathilde née quelques années après la mort de leur petit garçon, mauvaise place dans la fratrie et Jacques le cadet presque invisible. Paulot tient un café-bar-guinguette, est généreux avec tous, fait beaucoup la fête le samedi soir, tout va bien. Odile supporte tout par amour pour son Paulot. Annie la princesse de ses parents, danse le samedi soir avec son père. Mathilde arrivée par erreur alors que ses parents ne voulaient plus d’enfant, en plus une fille que Paulot appellera son p’tit gars, n’aura de cesse de gagner en vain l’amour de son père. Jacques le petit, l’invisible.

 

Dans le monde de ces gens, il n’y a que le présent qui compte. Alors quand la maladie fait son apparition et touche Paulot, c’est le drame. Il part au sana, les clients désertent le café à cause de la contagion, Odile doit cumuler les petits boulots et se décharge  largement sur Mathilde.

 

Mathilde encore enfant fait face prenant la place petit à petit de sa mère.

 

Paulot sort du sana, continue à fumer comme un pompier, continue à faire la fête quand il peut. Mais la misère est là. de déménagement en déménagement, de boulot raté en boulot raté, aucun des deux ne voudra redevenir salarié, pourtant la sécurité sociale aurait pû prendre en charge les frais médicaux. La faim est là aussi et partager une boite de sardine à quatre un soir de Noël, dans un plat d’argent n’est guère réjouissant.

 

Annie, l'aînée a déjà fui le domicile familial, profitant de son âge pour rencontrer l’élu de son coeur, son futur mari. Tous les prétextes seront bons pour éviter d’aider ses parents et sa fratrie.

 

Paulot retombe malade, Odile est malade à son tour. Les deux partent au sana en laissant leurs enfants comme ça, sans regrets, sans remords, sans inquiétude. Loin du tracas de la vie courante Odile va revivre une lune de miel avec son Paulot tout à elle au sana.

 

Mathilde et Jacques sont placés séparément dans des familles d’accueil.

 

Commence le combat le plus violent, le plus épuisant pour Mathilde. Sortir de sa famille d’accueil, revivre dans la maison familiale pourtant placée sous scellés, faire en sorte que Jacques puisse venir vivre avec elle, rendre visite à ses parents le samedi dans une indifférence parentale assez choquante, étudier pour avoir son diplôme de comptable, travailler pour faire vivre sa famille, sans aucune aide de sa soeur évidemment, sans aucune aide des anciens amis des parents qui ont déserté le navire eux aussi pour cause de contagion. Anciens amis, élus à la mairie qui refuseront d’aider financièrement les enfants.

 

On dira plus tard à Mathilde : “mais tu arranges tout à chaque fois.” Ce sont ces mots que je retiendrai dans cette histoire, Mathilde vaillant petit soldat qui pourtant n’a pas le choix, elle est bien obligée de tout arranger pour survivre.

 

Le style de l’auteure est percutant et émouvant. J’ai suivi le combat de Mathilde le coeur serré, l’irresponsabilité des parents avec colère et la fuite d’Annie avec rage.



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Le garçon

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Marcus Malte

ISBN : 2843047609

Éditeur : ZULMA (18/08/2016)




4ème de couverture :

 

Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. Nous sommes en 1908 quand il se met en chemin – d’instinct.

Alors commence la rencontre avec les hommes : les habitants d’un hameau perdu, Brabek l’ogre des Carpates, philosophe et lutteur de foire, l’amour combien charnel avec Emma, mélomane lumineuse, à la fois sœur, amante, mère. « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. » Puis la guerre, l’effroyable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de ce que l’on nomme la civilisation.

Itinéraire d’une âme neuve qui s’éveille à la conscience au gré du hasard et de quelques nécessités, ponctué des petits et grands soubresauts de l’Histoire, le Garçon est à sa façon singulière, radicale, drôle, grave, l’immense roman de l’épreuve du monde.



Extraits :

 

“Il est des aubes grises qui n'en finissent pas, des trajets qui frisent l'immobile et s'éternisent.”

 

“Il faut du temps, parfois, pour assimiler.”

 

“Qu'importe, souvent compte davantage l'idée qu'on se fait des choses que les choses elles-mêmes.”

 

“On a les rêves qu'on peut.”

 

“Mais ça passe si vite. C’est déjà presque passé. Temps du bonheur et temps du malheur, ne sont ni d’égale mesure ni d’égale valeur.”

 

 

Mon avis :

 

Le garçon a 14 ans quand sa mère meurt. Il l’a portée pendant des heures sur son dos, elle voulait voir la mer. Elle est morte et il est là, sans nom, sans prénom, sans rien. Il fait ce que sa mère lui a demandé, mettre le feu, ne rien laisser de ses affaires personnelles, et il part. On est en 1908. Le garçon ne connaît rien, ni personne. Tout sera apprentissage. Les gens vont l’exploiter, l’aider, l’aimer, selon les rencontres.

 

Quand Emma le percute avec sa voiture, il rencontre la chance de sa  vie, l’amour, plus tard, mais surtout une véritable famille de coeur avec Emma et son père Gustave. L’éducation commence et va durer jusqu’à la première guerre mondiale. Le garçon s’engage malgré Emma, malgré Gustave. Il sera un excellent soldat, la vie de sauvage qu’il a connu avec sa mère l’aide.

 

Emma l’attend, et ils reprendront leur vie sans Gustave qui est mort. L’épilogue est un retour à la nature pour une fin prévisible.

 

En fond de ce récit, tous les faits historiques de ce siècle, une parallèle à un destin hors du commun.


Le style de l’auteur est brillant, il vous emporte malgré vous, dans la vie de ce garçon et dans ce siècle si riche en évènements.

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Un clafoutis aux tomates cerise

 

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Véronique de Bure

ISBN : 2081389061

Éditeur : FLAMMARION (22/02/2017)




4ème de couverture :

 

Lorsque Véronique de Bure prête sa voix de romancière à sa mère, Jeanne, 92 ans, cela donne Un clafoutis aux tomates cerise, le plus joli roman sur le grand âge qui soit.

Ce roman est le journal de Jeanne tenu au fil de quatre saisons : printemps, été, automne, hiver. De jour en jour elle y consigne ses humeurs, ses souvenirs, des événements minuscules et des réflexions désopilante. Jeanne vit seule dans une grande maison à la campagne et elle aime commenter les mots croisés, conduire sa petite voiture, observer Fernand et Marcelle ses voisins, les apéritifs au vin blanc avec ses amies, regarder pousser ses fleurs, remplir son congélateur, ne pas trop subir ses enfants et petits-enfants.

Plus que tout Jeanne aime la vie. Dans un va-et-vient permanent entre humour et tendresse, Un clafoutis aux tomates cerise dessine le portrait de la mère ou de la grand-mère que nous rêverions tous d’avoir et donne un sacré coup de vieux au Journal de Bridgets Jones.



Extraits :

 

"On ne s'ennuie qu'avec les autres, jamais avec soi-même."

 

"Je me rends compte que beaucoup de choses me deviennent indifférentes. On dirait qu'à mesure que la vie se rétrécit, le coeur se dessèche. Comme le reste les sentiments s'usent. Le bruit du monde ne nous parvient plus que de très loin, vague écho d'une vie qui ne nous concerne plus."

 

"Je crois qu'il y a un âge où l'on n'est plus fait pour la vie de famille."

 

"On vit au ralenti. Nos existences commencent à nous peser, nos têtes s'alourdissent de pensées sombres. Alors on laisse entrer les courants d'air, pour oublier. Peu à peu, on lâche prise."

 

"À la campagne, ne plus conduire, c’est un peu mourir. Au début, les gens se déplacent, ils viennent vous voir, et puis, peu à peu, comme ils ne vous voient plus nulle part, ils vous oublient. Alors le vide s’installe, que l’on partage avec une solitude à laquelle il va falloir s’habituer. Et la vie commence à finir."

 

Mon avis :

 

Se mettre à la place de Jeanne 92 ans et découvrir sa petite vie paisible et sereine, n’était pas difficile, plutôt plaisant.

 

Jeanne vit seule à la campagne, alors qu’elle aime la ville. Elle est arrivé là par amour pour son mari, enfin plutôt suite au décès de son beau-père. Elle ne souffre pas de la solitude, elle ne s’ennuie pas non plus quand elle est seule. Jeanne conduit, va faire ses courses dans les différents bourgs et même à la grande ville à plus de quarante kilomètres de la maison. Elle aime bien boire un apéro et jouer aux cartes avec ses amies, elle reçoit et cuisine, continue à ramasser ses légumes dans son potager. Fernand et Marcelle ses voisins la rassurent par leur présence amicale. Souvent ses enfants et petits-enfants viennent la voir pour les différentes fêtes de famille et certains weekend selon les disponibilités des uns et des autres. Ils en profitent pour faire quelque réparations et réglages des différents appareils dont Jeanne a du mal à se servir. La petite Angèle vient faire le ménage une fois par semaine le jeudi.

 

Mais voilà, les saisons passent et Jeanne fatigue. Elle aime ses enfants mais se passerait bien de leurs visites, trop de bruit, trop de monde, d’un coup. Marcelle, la voisine perd la tête et après quelques scènes drôles et bizarres aux yeux de jeanne, elle sera hospitalisée laissant Fernand désemparé. Une amie a un cancer, l’autre doit partir en maison de retraite.

Jeanne tient bon, s’accroche à ses habitudes, sa promenade, ses mots croisés, mais que l’hiver est long et froid !

 

Un excellent moment passé avec Jeanne que je retrouvais avec plaisir matin et soir. J’aimerais tellement que ma mère ressemble à Jeanne !

Un grand merci à Masse critique de Babelio et aux Éditions Flammarion pour cette découverte.

 

Ce roman sera mis en vente à partir du 22 février 2017

 

 

 

 

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Mudwoman

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Joyce Carol Oates

ISBN : 2757840630

Éditeur : POINTS (02/10/2014)

Traduit par Claude Seban



 

4ème de couverture :

 

Abandonnée par sa mère à demi-folle au milieu des marais de l’Adirondacks, Mudgirl, l’enfant de la boue, est sauvée on ne sait trop comment, puis adoptée par un brave couple de Quakers qui l’élèvera avec tendresse en s’efforçant toujours de la protéger des conséquences de son horrible histoire. Devenue Meredith "M.R" Neukirchen, première femme présidente d’une université de grand renom, Mudgirl, brillante et irréprochable, fait preuve d’un dévouement total à l’égard de sa carrière et d’une ferveur morale intense quant à son rôle. Mais précisément épuisée par la conception d’une rigidité excessive qu’elle a des devoirs de sa charge, tourmentée par ses relations mal définies avec un amant secret et fuyant, inquiète de la crise grandissante que traverse les États-Unis à la veille d’une guerre avec l’Irak, confrontée à la malveillance sournoise des milieux académiques, en bref, rongée par trop de défis imprévisibles, M.R. vacille.

Un voyage sur les lieux qui l’ont vue naître va la jeter dans une terrifiante collision psychique avec son enfance.



Extraits :

 

“Elle était très douée pour le pardon. Elle était aussi très douée pour l'oubli. l'oubli est le principe même du pardon.”

 

“Quelle impression lui faisait cet endroit ! La lumière - les lumières scintillantes qui dansaient à la surface de l'eau semblaient pénétrer son coeur. Elle se sentait à la fois euphorique et pleine d'appréhension, comme si un danger la menaçait. Un danger invisible, peut-être. ET cependant il lui fallait aller de l'avant.”

 

“Les plus pitoyables des supplications sont celles que nous faisons dans une totale solitude, sans personne pour nous entendre.”

 

“Il devient nécessaire de croire à l'impossible. Parce que le simplement possible est insuffisant.”

“Il vient un jour, une heure où vous comprenez que la rivière ne court que dans une direction et que rien ne peut inverser son cours.”

 

“L'effort pour parvenir à la civilisation. Pour résister aux illusions. Alors que la boue sale sous le plancher de la civilisation est-elle même illusion.”

 

“Car qu'est-ce que le courage sinon du désespoir ?”

 

“Tu n'as pas à comprendre pourquoi ce qui t'est arrivé est arrivé, tu n'as même pas à comprendre ce qui est arrivé. Il suffit que tu vives avec ce qui reste.”



Mon avis :

 

Sa mère voulait la tuer en le précipitant dans un marais environnant, après lui avoir rasé la tête puis l’avoir vêtue d’une chemise de nuit. Cette petite fille a déjà vécu des horreurs avec cette mère folle et son compagnon qui profite de la situation sur sa soeur et elle, pourtant seuls moments de douceur, aussi effroyables soient-ils. Qui de Jewell, cinq ans ou Jedina, trois ans a survécu ?

 

C’est un trappeur qui a découvert cette petite fille dans les marais, couverte de boue. Elle ira vivre dans une famille d’accueil où les nombreux enfants placés ne seront pas tendres avec elle. Elle sera adoptée par un couple dont la petite fille est décédée. Ils lui donneront le même prénom, beaucoup d’amour et pourtant…

 

Mérédith grandit, étudie, et va devenir M.R., elle obtient une bourse qui lui permet de s’éloigner de ses parents adoptifs. Brillante, elle sera nommée Présidente d’une université. M.R. a 41 ans et revient dans sa région à l’occasion d’un séminaire. La vision du marais lui fait remonter les sensations de son enfance d’un bloc. Incapable de résister, elle ne sera pas présente au séminaire. Elle est au coeur du marais, retrouvant la misère, l’odeur, la déchéance des habitants du marais.

 

M.R. va perdre ses repères, faisant des cauchemars, mettant sa vie professionnelle en danger. Elle ne peut résister mêlant passé et présent.

 

L’auteure nous fait vivre la descente aux enfers de cette femme alternant passé et présent, failles et cauchemars, réalité et visions, jusqu’à cette dépression inexorable et profonde.

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Désolations

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David Vann

ISBN : 2351785258

Éditeur : GALLMEISTER (03/01/2013

Traductrice : Laura Derajinski



4ème de couverture :

 

Sur les rives d’un lac glaciaire au cœur de la péninsule de Kenai, en Alaska, Irene et Gary ont construit leur vie, élevé deux enfants aujourd’hui adultes. Mais après trente années d’une vie sans éclat, Gary est déterminé à bâtir sur un îlot désolé la cabane dont il a toujours rêvé. Irene se résout à l’accompagner en dépit des inexplicables maux de tête qui l’assaillent et ne lui laissent aucun répit. Entraînée malgré elle dans l’obsession de son mari, elle le voit peu à peu s’enliser dans ce projet démesuré. Leur fille Rhoda, tout à ses propres rêves de vie de famille, devient le témoin du face-à-face de ses parents, tandis que s’annonce un hiver précoce et violent qui rendra l’îlot encore plus inaccessible.



Extraits :

 

"Ma mère n'était pas réelle. Elle était un rêve ancien, un espoir. Elle était un lieu. Neigeux, comme ici, et froid."

"L'élan qui l'empêchait de s'arrêter en cet instant et de rentrer à la maison. Comment était-ce arrivé ?"

"Il savait qu'il aurait dû se sentir chanceux, mais il n'éprouvait rien d'autre qu'une légère terreur au fond de lui à l'idée de ne pas savoir comment passer la journée, comment meubler les heures."

"On vit et on meurt. Peu importe que l'on se rappelle plus qui l'on est, d'où l'on vient. C'était dans une autre vie."

"Ce qui est juste n'a jamais d'importance. Personne n'en tient compte, au final."

"Ceux qui ne trouvaient pas leur place ailleurs venaient ici, et s'ils ne s'ancraient nulle part, ils basculaient dans l'océan. Ces villes minuscules dans l'espace immense, ces enclaves de désespoir."

"Le début. Il n’existe rien de tel que le début."

 

 

Mon avis :

 

Irène et Gary ont vécu trente ans au bord d’un lac en Alaska. Gary voulait la nature et les grands espaces. Irène a suivi par amour. Ils ont élevés leurs deux enfants. Mais voilà, ils sont l’âge de la retraite tous les deux, enfin surtout Irène qui a travaillé comme institutrice, faisant bouillir la marmite de la famille. Gary lui, a toujours été un rêveur, l’homme aux mille projets qui n’aboutissent jamais, l’homme qui se réveille le matin en se demandant comment il va meubler les heures, survivre à la journée, survivre à la nuit.

 

Il a un dernier projet, une dernière folie : construire une cabane de trappeur sur une île où il a acheté un terrain. Le rêve de l’Alaska, vivre isolé, ne dépendre que de soi-même. Le lac gelé l’hiver est impraticable. La nature sauvage a quelque chose d’attirant et qui paraît facile. Elle peut vite devenir glaciale et impitoyable.

 

Irène le suit et l’aide par amour et surtout pour ne pas le perdre. Car si Gary a toujours eu des projets, il ne peut rien faire seul. Pourtant leur mariage est une île de solitude où la communication est faite de mesquineries, de pressions, de culpabilité.

 

Rhoda, leur fille, leur opposé est partie vivre à la ville. Contrairement à ses parents, elle aime le confort, la modernité. Elle court après un idéal de vie en regardant le face à face de ses parents avec inquiétude. L’hiver arrive, Irène et Gary campent sur leur île en essayant de construire leur masure.


L’écriture de l’auteur est addictive et ressemble à une bombe à retardement mais on ne sait jamais à quel moment tout va exploser. Il expose ses magnifiques grands espaces, décrit une nature magnifique tout en démontrant que l’homme doit être solide et sans failles pour pouvoir y vivre. Magnifique roman.

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La fille sur la photo

La fille sur la photo

 

 

Karine Reysset

ISBN : 2081395517

Éditeur : FLAMMARION (04/01/2017)




 

 

4ème de couverture :

 

Quand elle accourt au chevet de Garance, la fille de son ancien compagnon, Anna doit faire face à tout ce qu'elle a cru laisser derrière elle. Le foyer qu'elle a fui et la place incertaine qu'elle y a tenue pendant dix ans. Son histoire d'amour avec le «grand homme», réalisateur de renom, qu'elle a quitté pour un admirateur plus inquiétant qu'il n'en avait l'air. Les trois enfants qu'elle a «abandonnés», après les avoir aimés comme s'ils étaient les siens. Les raisons de son départ, dont elle-même a fini par douter, et les traces qu'il a laissées dans le coeur des uns et des autres. Est-il trop tard pour recoller les morceaux? Est-ce seulement souhaitable?

Avec autant de vigueur que de délicatesse, Karine Reysset suit son héroïne dans sa quête d'identité et d'indépendance.



Extraits :

 

“Je dérivais doucement, me laissant porter par le courant. Je ne souffrais pas tellement de la solitude. Personne ne me connaissait, je me sentais libre.”

 

“Je ne sais plus qui je suis. Cerveau pâte à pizza, coeur troué de part en part, je suis sans contours. J'ai toujours dû m'inventer, me réinventer pour plaire. J'ai toujours voulu plaire à quelqu'un.”



“Je voudrais m'éteindre pour ne plus m'entendre penser, me débrancher et qu'on n'en parle plus.”

“Son caractère s'est affermi au fil des années, et son âme est un soleil.”

 

“Nulle présence si ce n'est celle de la mer, avec son ressac comme un souffle incessant, et de cette minuscule lumière au loin.”

 

“Je suis en paix avec moi-même. J’ai mis de l’ordre dans mes sentiments. Je me reconstruis à chaque fois, avec quelques pièces en plus ou en moins. Je peux me réinventer à volonté. J’ai ce pouvoir, cette faculté.”



Mon avis :

 

Anna a quitté son foyer, l’homme qu’elle aimait, les enfants de l’homme qu’elle a choyés et adorés, deux filles et un garçon, pour un amour chaotique mais peut être plus facile du moins au début.

 

Un an plus tard, Serge, son ancien compagnon, réalisateur de renom, lui lance un appel au secours. La benjamine, Garance est hospitalisée suite à une fête qui a dégénérée. Anna part en Bretagne et ce retour en arrière provoque une sorte de bilan de vie.

 

Son départ de la maison où elle se sentait prisonnière, les enfants qu’elle aimait mais sans aucun pouvoir de décision sur leur éducation, son syndrome de la page blanche. Cette impression de subir sa vie. Elle réfléchit à toute vitesse, ses souvenirs arrivent dans le désordre.

 

Anna nous raconte ou plutôt se remémore la mort de sa mère, sa présence à son chevet alors que sa mère a abandonné ses trois enfants des décennies plus tôt. Son désir de lui pardonner et de l’aimer, son ressentiment, le fait que personne ne la soutienne dans cette période à part un admirateur, le fameux avec qui elle partira plus tard, encore un mauvais choix dans sa vie. Il y a eu l’abandon du père aussi, qui refera sa vie, le placement chez leurs grand-parents. Sa grande soeur Betty aura une vie mouvementée, son petit frère aussi, chacun réagit au malheur comme il peut.

 

Anna restera dans le droit chemin sans se faire remarquer mais sans vivre aussi. D’études sans grand intérêt au job de garde d’enfants sans motivation, elle fera alors la rencontre de Serge sur un plateau de cinéma où elle s’apprête à dormir, étant plus ou moins sans-abri. Il l’héberge et le reste suit. Une vie facile pendant dix ans où elle se s’impose pas.

 

La mort de sa mère crée un bouleversement dans sa vie si lisse et si ses choix ne sont pas toujours bons pour elle, ils vont au moins lui faire comprendre qu’elle doit vivre pour elle. Un passage sur un chantier de sa soeur, un oeil sur son petit frère, des discussions sincères avec les enfants de Serge, une mauvaise rencontre et une fausse-couche suite à une fuite et une chute de trois mètres, Anna comprend enfin qu’elle doit vivre pour elle, devenir responsable, autonome, indépendante.

 

L’histoire est centrée sur Anna, personnage principal, mais loin d’être apitoyant, ce récit nous fait comprendre que les choix de la vie d’adulte viennent principalement de l’enfance. Anna doit vivre avec ce sentiment d’abandon et en être consciente.

 

J’ai retrouvé avec plaisir le style délicat et sensible de Karine Reysset, sa facilité à raconter les écorchés de la vie. À lire doucement et par petites touches.


Un grand merci à BABELIO et aux Éditions FLAMMARION

 

 

 

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Cet été-là

 

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William Trevor

ISBN : 2757834630

Éditeur : POINTS (2013)




4ème de couverture :

 

Nous sommes à Rathmoye, petite ville d'Irlande, dans les années 1950. Lors des obsèques de la vieille et riche Mrs Connulty, Ellie, seconde épouse du fermier Dillahan, rencontre Florian Kilderry. Il photographie les endeuillés, les femmes, le cimetière… Florian Kilderry attire les regards, suscite la curiosité des indiscrets, mais lui n’a d’yeux que pour Ellie.

L’amour s’empare d’eux. Ellie croit qu’elle va rompre avec la monotonie de sa vie, avec la tendresse sans relief et pourtant sincère de son époux. Mais Forian, jeune homme depuis peu orphelin, ne songe qu’à quitter l’Irlande. Il n’est que de passage...

 

 

Extraits :

 

"Le temps de la souffrance était révolu, et pourtant elle aurait voulu qu'il n'en fût rien, elle aurait voulu qu'il en restât toujours une trace - une grimace de douleur, un frisson, une partie de sa colère non encore assouvie."

 

"Mais on ne rompt pas avec un endroit parce qu'il n'existe plus, on ne rompt pas avec ce que l'on était lorsqu'on ne fait plus partie de cet endroit."

 

"Le mépris était l'une des manières d'exprimer son ressentiment."

 

"Lorsqu’elle recommença sur une nouvelle page, elle ne trouva pas d’autres mots, pas d’autre manière d’exprimer, sans trop se dévoiler, le désespoir qu’elle éprouvait. Et même le peu qu’elle dévoilait risquait de déconcerter et d’alarmer."



Mon avis :

 

Florian vend la maison familiale trop grande pour lui. Son projet est de partir mais en attendant il trie les affaires de ses parents décédés et se promène à vélo pour faire des photos dans les villages voisins.

 

Il arrive à Rahtmoye, petit village irlandais, en plein enterrement d’une femme pieuse et renommée. Les villageois sont présents pour lui rendre un dernier hommage. Florian prend des photos  du cimetière, des gens, et se fait beaucoup remarquer.

 

Parmi les villageois se trouve une jeune femme, Ellie, mariée avec un fermier. Elle aussi remarque Florian.

Leurs sentiments comme l’été, prennent un peu de temps pour se mettre en place. Puis, comme une évidence, c’est l’amour fou, les rencontres cachées puisqu’Ellie est mariée, l’espoir d’une nouvelle vie pour elle, un bel été pour lui.

 

Autour d’eux, certains villageois se posent des questions, s’inquiètent pour Ellie. Puis cet été si beau, si lent ne fait rien pour arranger les choses. Ellie se pose beaucoup de questions sur sa condition de femme mariée, son mari, gentil bonhomme traînant ses propres failles, le fait de ne pas avoir d’enfant. Ellie se met à rêver. Le rêve de Florian est de quitter l’Irlande, seul.


C’est l’amour d’un bel été dans les années 50, une pause agréable dans ce monde.

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Sukkwan Island

 

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David Vann

Laura Derajinski (Traducteur)

ISBN : 2351780302

Éditeur : GALLMEISTER (2010)




4ème de couverture :

 

Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.

 

Sukkwan Island est une histoire au suspense inoubliable. Avec ce Roman qui nous entraîne au cœur des ténèbres l'âme humain, David Vann s'installe d'emblée parmi les jeunes auteurs américains de tout premier plan.



Extraits :

 

“Je crois que j'ai vécu trop longtemps au mauvais endroit. J'avais oublié à quel point j'aime être près de l'eau, à quel point j'aime voir les montagnes se dresser comme ça, et sentir l'odeur de la forêt, aussi.”

“Je ne sais pas à quoi c'est dû, je ne me suis jamais senti à ma place nulle part. Quelque chose me manquait.”

 

“Il sentait que tout cela dégageait un parfum d'inévitable, qu'il n'avait en réalité pas le choix.”

 

“Le truc, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche chez moi. Je ne peux jamais faire ce qu’il faut, jamais être celui que je suis censé être. Il y a quelque chose qui m’en empêche.”

 

“Il aurait voulu ne pas être celui qu’il était, ne jamais trouver personne. S’il trouvait quelqu’un, il faudrait lui raconter son histoire qui, il devait bien l’admettre, semblerait terrible.”

 

“Il lui faudrait bien réintégrer sa vie un jour ou l’autre. Il ne pouvait pas passer les cinquante prochaines années assis avec sa douleur.”

 

“Sa peur atroce avait presque disparu, mais une part de lui-même qu’il ne comprenait pas bien aurait voulu que son père meure de sa chute, pour qu’il soit soulagé, pour que tout s’éclaircisse et qu’il puisse reprendre le cours normal de son existence.”

 

 

Mon avis :

 

Roy ne voulait pas vraiment se retrouver pendant un an sur cette île en Alaska en compagnie de son père. Sa première réponse était négative,  Mais sa mère lui a demandé de bien réfléchir et il a compris qu’il était plus ou moins obligé d’accepter. Ses parents ont divorcé des années plus tôt et il vit avec sa soeur et sa mère en Californie. Il ne connait pas trop son père mais le sait fragile et instable.

Les premiers jours sur l’île vont lui donner raison. Jim, son père n’a rien préparé pour les conditions hivernales terribles de cette région. Roy du haut de ses treize ans doit organiser et prendre en charge les repas en pêchant, vidant le poisson, le cuisinant. La nuit il écoute son père pleurer et s’apitoyer sur son sort. Jim marche beaucoup. Souvent Roy le suit jusqu’au jour où Jim tombe d’une falaise. Roy le traîne jusqu’à la cabane, veille sur lui. Il ne peut prévenir personne, la radio ne fonctionne pas. Roy a un doute : son père est-il tombé ou s’est-il jeté du haut de la falaise ? Jim se remet de sa chute, comptant de plus en plus sur son fils pour le quotidien.

La marche vers l’enfer est enclenchée. La descente va être rude, lente, surprenante, choquante. L’état de sidération est total.

 

Je ne peux en raconter plus mais pour une fois je vais vous donner mon ressenti. Il n’y a rien de pire pour un enfant de ne pas se sentir en sécurité avec un parent. Alors lorsqu’il doit, en plus, prendre en charge cet adulte qui est censé le protéger, le sentiment d’insécurité est décuplé et l’envie, que tout cela s’arrête, est présente comme une voix lancinante. L’envie de reprendre une vie normale d’enfant.

 

Impossible d’écrire de cette façon sans avoir vécu ce sentiment de terreur. J’ai tourné les pages, rapidement, me demandant où était le bouton pause, histoire de reprendre mon souffle, mes esprits. Mais non, jusqu’au bout, jusqu’au fond du trou, jusqu’à l’éternité, jusqu’à la dernière page, dernière phrase, dernier mot.


Un récit époustouflant, choquant mais combien salutaire !

Posté par pyrouette à 07:50 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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