la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

La mère parfaite

 

La mère parfaite par Molloy

 

Aimee Molloy

ISBN : 2365693601

Éditeur : EDITIONS LES ESCALES (11/10/2018)

Traductrice : Emmanuelle Aronson




4ème de couverture :

 

Nell, Francie et Colette font partie d’un groupe de jeunes mères de Brooklyn qui ont fait connaissance  pendant leur grossesse. Le soir du 4 Juillet, pour échapper quelques heures à leur quotidien, elles décident d’organiser une virée dans un bar : un répit bienvenu en ce premier mois d’été caniculaire. Elles parviennent même à convaincre Winnie, la mère célibataire du groupe, de confier son nouveau-né  à une baby-sitter. Mais lorsque Winnie rentre chez elle et découvre que son fils a disparu, la soirée tourne au drame.

Dans un Brooklyn étouffant, alors que l’enquête piétine et que la police accumule les erreurs, Nell, Francie et Colette se lancent dans une course effrénée pour retrouver l’enfant. Jusqu’à ce que les médias s’emparent de l’affaire et fassent de leurs vies, en apparence si parfaites, le centre de toutes les attentions…

En faisant exploser le vernis d’existences bien ordonnées, Aimee Molloy livre une critique grinçante des pressions subies par les mères dans notre société. Un roman rare, à la fois captivant et pertinent.



Extraits :

 

"Pas étonnant que j'ai commencé à les détester. Franchement, qui peut endurer un tel niveau de certitude ? Encaisser sans broncher des opinions aussi tranchées ?"

"Je n'ai jamais aimé ce terme. Maman. C'est tellement chargé, tellement politique. Nous n'étions pas des mamans. Nous étions des mères. Des personnes."

 

"C'est ça le problème avec ceux des campagnes. Ils fourrent leur nez partout."

 

"Percevoir les ratés dans ma logique, mon incapacité à comprendre les choses les plus simples."

 

 

Mon avis :

 

De jeunes mères devenues amies, car inscrites sur un site de jeunes mamans, décident de se réunir le soir du 4 juillet sans les bébés et les maris. Winnie est célibataire et n’a pas très envie de laisser son bébé à une baby-sitter qu’elle ne connaît pas. Nelle, Francie et Colette arrivent à la convaincre et lui trouvent la nounou.

Il y a du monde ce soir là, dans le bar, et les jeunes mères sont souvent séparées, certaines boivent un verre d’alcool, et la fatigue aidant, le tout se passe un peu dans le flou.

Winnie disparaît un long moment en laissant ses clés et son portable dans le bar. Ses amies se rendent compte qu’elle a une application lui permettant de surveiller son bébé à distance et lui suppriment cette application.

Ce qui n’est qu’une mauvaise blague, tourne au cauchemar. Le bébé de Winnie disparaît, la nounou s’est endormie dans le canapé, n’a rien vu, rien entendu.

Francie, Nell, Colette s’introduisent dans la maison de Francie malgré la présence de la Police qui les refoule dehors. Elles vont porter le fardeau de la culpabilité jusqu’au bout de cette enquête.

On suit leurs vies différentes, le passé que certaines préfèrent oublier, le niveau de vie très différent aussi d’une famille à l’autre, et surtout leurs pensées et sentiments dans une chaleur caniculaire qui s’abat sur la ville. Tout devient compliqué.

Elles sont de jeunes femmes modernes et doivent être des mères parfaites selon le modèle de la société. Ce n’est pas si simple. Une chose est certaine, elles vont tout mettre en oeuvre pour aider Winnie et retrouver le bébé et elles sont très douées pour pirater des sites, voler des dossiers et interpréter des faits.

Les médias s’emparent de l’affaire et ces jeunes mères vont payer le prix fort pour cette petite soirée anodine dans un bar.

Plus qu’un thriller, une étude sociétale sur l’image de la mère parfaite.

Un grand merci à Masse critique mauvais genre de Babelio et les Éditions Les escales pour cette découverte

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En attendant Bojangles

 

En attendant Bojangles par Bourdeaut

 

Olivier Bourdeaut

ISBN : 2363390679

Éditeur : FINITUDE (07/01/2016)



4ème de couverture :

 

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.

Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mlle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.

Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.

L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.



Extraits :

 

“La vérité est mal payée, pour une fois qu'elle était drôle comme un mensonge.”

 

“Elle avait réussi à donner un sens à ma vie en la transformant en un bordel perpétuel.”

 

“Son allure parfaite aussi était un mensonge, mais quel splendide mensonge.”



Mon avis :

 

C’est une magnifique histoire d’amour. Lui, Georges, menteur invétéré, rencontre l’amour lors d’une soirée. Légère, fantasque, danseuse, elle l’ensorcelle, celle qui tutoie les étoiles.

Elle va donner un sens à la vie de Georges, en la transformant en un bordel perpétuel. La vie est faite de fêtes, d’alcool et de danse. La naissance de leur fils ne changera rien, et le petit découvre la vie à travers celle de ses parents.

L’apprentissage en société, c’est à dire l’école ne sera pas simple et les parents préfèrent le retirer du cursus ordinaire.

Leur vie fantasque continue jusqu’au jour où la fantaisie de la mère devient une pathologie lourde et encombrante.  Georges et son fils raconte chacun leur tour, leurs illusions, leurs espoirs, la réalité.

Je vous ai dit que les histoires d’amour finissent toujours mal, en général ?

Les mots sont magiques sous la plume de l’auteur, un roman écrit en conte. Le sujet est difficile et pourtant cette histoire est légère.

 

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Le bon fils

 

Le bon fils par Michelis

Denis Michelis

ISBN : 288250425X

Éditeur : NOIR SUR BLANC (25/08/2016)





4ème de couverture :

 

Un père et son fils cherchent à se faire une place l’un auprès de l’autre dans une nouvelle vie à la campagne. Mais comment peuvent-ils espérer en leur avenir si le fils refuse de bien travailler au lycée et si le père néglige son rôle de parent ? L’arrivée inopinée d’un dénommé Hans, un ami de longue date, personnage équivoque aux méthodes étranges, bouscule leur vie et lui donne un sens insoupçonné.

 

Le roman entrelace obsessions et métaphores sur le mythe d'oedipe et nous donne à mesure à quel point le passage à l’âge adulte transfigure la réalité.

 

 

Extraits :

 

"Le voici qui recommence à geindre, on dirait un vieil âne que l'on presse de monter au sommet d'une colline."

 

"C'est si simple de remplacer une personne par une autre."

 

"Les images de la veille s'affadissent, pareilles à des éclats de rêves qu'on tente de recoller au réveil mais dont l'assemblage se révèle trop fastidieux."

 

"Dans la vie, les choses évoluent. Les rôles aussi."



Mon avis :

 

Albertin est en voiture avec son père. Ils traversent une partie du pays pour habiter dans la campagne. C’est mieux pour la santé du père. C’est mieux pour qu’Albertin devienne un bon fils. Le père se lamente, geint, se plaint, tout le temps. Albertin, ado, déjà conditionné en prisonnier, souffle. Sa mère est partie à cause de ce petit. Elle a essayé pourtant.

Dans ce nouvel environnement, le seul ami d’Albertin est un frêne à qui il se confie. Il ne travaille pas trop au Lycée et son père continue de gémir et de se plaindre.

Et puis Hans, ami de longue date du père, arrive. Le père va pouvoir se reposer, Hans prend tout en charge. Il change le prénom de cet ado : Constant, désormais. Hans prépare à manger, aménage la maison, range, nettoie et s’occupe de Constant. Il l’amène au lycée en voiture, le ramène à la maison et fait en sorte qu’il soit un bon fils. Les quelques coups qui pleuvent sur Constant ne sont que des accidents. Hans est un artiste, il peint dans le sous-sol de la maison.

Le père vit dans son fauteuil à côté de la cheminée, dans ce salon-salle à manger traversant, sans regarder vraiment ce qui se passe dans la maison, soulagé de ne plus s’occuper de son fils.

Albertin devenu Constant deviendra t-il un bon fils ?

Une histoire insaisissable racontée avec subtilité.

 

 

 

 

 

 

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Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?

 

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? par Winterson

 

Jeanette Winterson

ISBN : 2757835955

Éditeur : POINTS (22/08/2013



4ème de couverture :

 

Pourquoi être heureux quand on peut être normal? Etrange question, à laquelle Jeanette Winterson répond en menant une existence en forme de combat. Dès l'enfance, il faut lutter: contre une mère adoptive sévère, qui s'aime peu et ne sait pas aimer. Contre les diktats religieux ou sociaux. Et pour trouver sa voie. Ce livre est une autobiographie guidée par la fantaisie et la férocité, mais c'est surtout l'histoire d'une quête, celle du bonheur. "La vie est faite de couches, elle est fluide, mouvante, fragmentaire", dit Jeanette Winterson. Pour cette petite fille surdouée issue du prolétariat de Manchester,

l'écriture est d'abord ce qui sauve. En racontant son histoire, Jeanette Winterson adresse un signe fraternel à toutes celles - et à tous ceux - pour qui la liberté est à conquérir.



Extraits :

 

"En écrivant, on offre le silence autant que l'histoire. Les mots sont la part du silence qui peut être exprimée."

 

"J'ai lutté à mains nues quasiment toute ma vie."

 

"C'est un paysage de peu de mots, taciturne, réticent. Il n'a pas la beauté évidente. Mais il est beau."

 

"J'ai remarqué qu'agir censément n'est une bonne idée que lorsque la décision est sans conséquence. Pour ce qui bouleverse l'existence, il faut prendre un risque."

 

"On ne ressent jamais trop, même si nous sommes nombreux à nous efforcer de ressentir le moins possible.

Les émotions sont effrayantes.

Du moins pour moi."

 

"Sa propre solitude, impossible à percer, avait commencé à tous nous enfermer."

“J’étais une solitaire. Je m’étais inventée. Je ne croyais ni à la biologie ni à la biographie. Je croyais en moi.”

 

Mon avis :

 

Le titre est une phrase prononcée par la mère de Jeannette quand celle-ci lui confirme son homosexualité. Jeannette doit partir, elle est mise à la porte de la maison familiale, elle a seize ans.

Jeannette est une enfant adoptée par un couple, ou plutôt par Mme W, femme autoritaire, imposante, complexée, asociale, exaltée par Dieu et redoutant les péchés. Cette petite fille est le mauvais berceau, Mme W attendait un petit garçon, elle a reçu Jeannette comme une punition. Le père est inexistant, donne des raclées à la petite sur ordre de sa femme.

Face à cette femme, mentalement instable, mais persuadée de prendre le bon chemin dans la vie, une petite fille qui tire le bonheur vers elle. Malgré les coups, les interdictions, la pauvreté, Jeannette a déjà beaucoup d’humour et détourne l’éducation de sa mère pour faire ce qu’elle veut. Sa mère l’envoie à la médiathèque pour ses propres livres mais lui interdit la lecture. Jeannette passionnée par la littérature, va cacher pendant des années ses livres sous son matelas. Enfermée dans la cave, interdite de rentrer dans la maison, le tout en guise de punition, Jeannette positive malgré sa peur.

Jeannette fera les études qu’elle veut grâce à une main tendue, essaiera  une dernière fois de revenir voir sa mère, comprendra que cette dernière ne changera jamais et ne la reverra jamais. Jeannette avance dans sa vie, avec sa bonne humeur et son appétit de vivre. De ses failles elle a fait une force de vie.

Pourtant Jeannette passera par la dépression, ce qu’elle appelle sa folie. Un moment indispensable pour faire le deuil de son enfance, de ses parents. Elle fera des recherches sur sa mère biologique et apprendra qu’elle était désirée et que son abandon était surtout un geste d’amour.

Le bonheur féroce, vous connaissez ?

 

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Ma vie au boulot

 

Ma vie au boulot : 75 idées pour s'y sentir bien par Erman

 

Molly Erman

ISBN : 2807322298

Éditeur : DE BOECK SUP (09/10/2018)

Traducteur : Jean -Yves Katelan

Illustrations de Chris Santone




4ème de couverture :

 

Dans les locaux modernes, les bureaux d’angle et les fontaines à eau font place à des espaces ouverts où les chiens sont parfois les bienvenus. Mais si les lieux de travail ont changé, les caractéristiques d’un collaborateur fiable restent les mêmes. De l’optimisation de la productivité aux relations amoureuses entre collègues, en passant par la gestion de la cuisine commune, Ma vie au boulot est un guide pour se sentir bien - peu importe le lieu de travail où l’on est.



Extraits :

 

“Faire du bon boulot, c'est être fiable, organisé(e), fier(e) de ce qu'on fait et prêt(e) à donner un coup de main supplémentaire quand le besoin s'en fait sentir.”


“Fixez-vous des limites et soyez honnête quand vous sentez que vous les atteignez. Ça calmera les attentes de votre équipe et vous aidera à conserver la raison.”


“Que ce soit juste ou pas, le fait de s’intégrer - la façon dont vos valeurs, vos centres d’intérêt et votre style correspondent à ceux de vos collègues - joue un rôle important dans votre réussite professionnelle, parfois plus important que d’autres critères de succès.”


“Disparaître brièvement est beaucoup moins embarrassant  qu’avoir la tête qui tombe sur la table de conférence.”



Mon avis :

 

Accepter un livre pour se sentir bien au boulot alors que je suis chômeuse est un contre-pied dont je suis particulièrement friande.

J’étais à quelques jours d’un entretien d’embauche particulier, je ne savais pas encore qu’il serait de compétition avec une tueuse parmi les cinq recruteurs. Non, non je ne suis pas bac +++ juste secrétaire socio-médicale investie et pro, un peu vieillissante pour les RH.

Dès l’introduction je suis plutôt d’accord avec l’auteure. Habillez-vous confortable que ce soit pour un entretien d’embauche ou pour travailler, surtout pour les plus de 50 ans. Conseil que je n’ai pas suivi, je le regrette amèrement. Croyez-moi pour le prochain je serai en jean délavé, pull et baskets, j’ai bien compris, merci ! Rentrez dans une pièce avec un air détendu, le grand-père de Molly préconise comme  si on était le maître des lieux, je reste modérée.

Ce guide est rempli de bons conseils mais aussi d’humour.  Ne pas boire aux fêtes de bureau est un conseil avisé mais difficile à tenir quand on s’ennuie comme un rat mort. Vous pouvez peut être faire votre Bridget Jones (hommes et femmes peuvent faire leur Bridget Jones, il suffit d’un peu de confiance en soi et d’insouciance). Comment faire pour que votre caca ne sente pas ? Comment ne pas s’endormir pendant les réunions ?

Tout y est. Ne pas le prendre au premier degré, savourer les illustrations, sourire, même rire.

La morale de cette histoire : J’ai eu l’impression de faire un avc pendant l’entretien d’embauche de compétition. Tout était clair dans ma tête et les sons sortaient déformés avec une voix de casserole. Je suis sortie déçue mais je riais déjà de ma mésaventure.

Ouais autant passer à autre chose, non ?

Non ! je suis embauchée et je commence demain . Alors ce guide sera à la place d’honneur de ma bibliothèque, je vous le dis, et le ruban toujours sur moi. Merci Molly.

 

Merci à Masse crtique de Babelio et aux Éditions Au fil de soimc logo.png

 

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Fief

 

Fief par Lopez (II)

 

 

David Lopez

ISBN : 2021362159

Éditeur : SEUIL (17/08/2017)





4ème de couverture :

 

Quelque part entre la banlieue et la campagne, là où leurs parents avant eux ont grandi, Jonas et ses amis tuent le temps. Ils fument, ils jouent aux cartes, ils font pousser de l’herbe dans le jardin, et quand ils sortent, c’est pour constater ce qui les éloigne des autres.

Dans cet univers à cheval entre deux mondes, où tout semble voué à la répétition du même, leur fief, c’est le langage, son usage et son accès, qu’il soit porté par Lahuiss quand il interprète le Candide de Voltaire et explique aux autres comment parler aux filles pour les séduire, par Poto quand il rappe ou invective ses amis, par Ixe et ses sublimes fautes d’orthographe. Ce qui est en jeu, c’est la montée progressive d’une poésie de l’existence dans un monde sans horizon.

Au fil de ce roman écrit au cordeau, une gravité se dégage, une beauté qu’on extirpe du tragique ordinaire, à travers une voix neuve, celle de l’auteur de Fief.



Extraits :

 

“Pourtant il ne sort pas beaucoup, il attend qu'on vienne. Il est à la sortie de la ville, il y a un pré derrière, et la forêt plus loin. C'est calme. Cette maisonnette, il l'appelle sa grotte.”

 

“L'ennui, c'est de la gestion. Ça se construit. Ça se stimule. Il faut un certain sens de la mesure.”

 

“J’aime tout ce qui relate une vie où les règles de la société n’ont plus cours, et où ce qui était nécessaire devient superflu.”

 

"J'ai assez jardiné. J'ai bien aimé ça même si, en apercevant enfin le grillage sous les ronces que j'ai attaquées, j'ai comme de la peine pour elles. Elles n'ont rien demandé. Elles ne faisaient qu'accomplir ce que la nature leur dictait. Grandir. Moi-même je suis un genre de mauvaise herbe. Pas de plan. Pas de calendrier. Juste être."

 

 

Mon avis :

 

Jonas raconte sa vie, celle de ses amis d’enfance dans cette petite ville dortoir entourée de champs, de bois et de villages. Ils n’ont pas grandi dans la cité, pas plus que dans le quartier pavillonnaire riche. Un quartier à part, des lotissements de petites maisons ouvrières.  Jonas fait de la boxe, il aime ça, mais n’aime pas cogner. Lui c’est l’esquive, l’évitement, la fuite. D’ailleurs ses potes le surnomment deux rounds et demi, c’est ce qu’il tient en général.

Jonas et ses amis se retrouvent dans une maison ou l’autre selon le degré d’autonomie. Quand tu ouvres la porte, c’est le nuage de fumée qui t’accueille. Ils fument du shit et jouent aux cartes. Plus petits ils fumaient pour ne pas s’ennuyer, maintenant c’est un style de vie, ils fument, jouent aux cartes, discutent dans leur langage bien particulier et s’ennuient. Le père de Jonas fume aussi et Jonas doit s’occuper de l’approvisionnement pour son père et lui, pas le même dealer.

Jonas et ses amis ont une drôle de vie mais ce qui surprend, c’est qu’ils ne se plaignent de rien. Ils ne pensent pas à l’avenir, vivent dans le présent avec ce qu’ils ont à disposition, c’est à dire, pas grand chose, mais ça leur convient.

Une histoire sur des jeunes bien sympathiques. Jonas parle en caillera quand il est avec ses amis. Il reprend le français de base dans les descriptions de paysages ou de la boxe. C’est surprenant, mais j’ai aimé faire un petit bout de chemin avec ces jeunes. Mention spéciale humour pour l'explication de texte de Candide de Voltaire en caillera, du grand art !

 

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Brooklyn

 

Brooklyn par Toibin

 

 

Colm Toibin

ISBN : 2264056487

Éditeur : 10-18 (18/10/2012)






4ème de couverture :

 

Enniscorthy, Irlande, années 1950. Comme de nombreuses jeunes femmes de son âge, Eilis Lacey ne parvient pas à trouver du travail. Par l’entremise d’un prêtre, on lui propose un emploi à Brooklyn, aux États-Unis. Poussée par sa famille, Eilis s’exile à contrecoeur. Au début, le mal du pays la submerge. Mais comment résister aux plaisirs de l’anonymat, à l’excitation de la nouveauté ? Loin du regard de ceux qui la connaissent depuis toujours, Eilis goûte une sensation de liberté proche du bonheur. Puis un drame familial l’oblige à retraverser l’Atlantique. Au pays, Brooklyn se voile de l’irréalité des rêves. Eilis ne sait plus à quel monde elle appartient, quel homme elle aime, quelle vie elle souhaite. Elle voudrait ne pas devoir choisir, ne pas devoir trahir.



Extraits :

 

“Elle avait cru qu'elle garderait toute sa vie, les mêmes amis, les mêmes voisins, les mêmes habitudes, les mêmes itinéraires.”

“Elle laissait filer ces images le plus vite possible, en s'arrêtant dès que celles-ci effleuraient la vraie peur, le véritable effroi ou, pire encore, la notion qu'elle s'apprêtait à perdre ce monde à jamais, qu'elle ne vivrait plus jamais une journée ordinaire dans ce lieu ordinaire, que le reste de sa vie serait désormais une lutte contre l'inconnu.”

“Peu importe son rêve secret, peu importe son désespoir, elle n'avait pas d'autre choix que de cesser d'y songer, et le plus tôt serait le mieux.”

“C'était cette lettre, comprit-elle, qui transformait son humeur, lui donnait le sentiment d'une liberté nouvelle, et cela, elle ne l'avait pas du tout anticipé.”

“Peu importe sa décision, il n’y avait aucun moyen d’éviter les conséquences de ce qu’elle avait fait, ou de ce qu’elle s’apprêtait peut-être à faire à présent.”



Mon avis :

 

L’histoire d’une femme qui n’est pas maître de son destin. Sa vie est décidée par sa mère, sa soeur avec qui elle vit et  un prêtre. De son petit village natal en Irlande qu’Eilis n’a jamais quitté, elle doit partir pour Brooklyn où un travail l’attend. Seule Rose sa soeur restera avec sa mère dans la maison familiale. Le père est décédé quelques années auparavant, ses frères sont partis travailler en Angleterre. Rose a un travail et peut subvenir aux besoins de leur mère. Allez zou Eilis, pars et ne te retourne pas !

La traversée en dernière classe sur le bateau est un véritable cauchemar, l’installation chez sa logeuse et ses co-locataires difficiles, et son travail de vendeuse qui ne correspond pas à ses études de comptabilité d’un ennui et d’une fatigue extrêmes. Eilis doit sourire toute la journée si elle ne veut pas avoir un responsable sur le dos. C’est sans compter sur le mal du pays qui arrive avec deux lettres de sa famille, sans prévenir, et la submerge.

Le prêtre, ce sauveur, revient vers elle, l’inscrit à l’université pour des cours du soir, prévient la logeuse. Bref, Eilis reprend goût à la vie. Elle s’habitue, se fait une petite vie sympathique et rencontre Tony, un bel italien. Bon, Il lui met un peu la pression le Tony. Il rêve de l’épouser, la présente à ses parents et frères, lui promet une maison.

Puis, parce que le malheur n’est jamais loin, Eilis reçoit une mauvaise nouvelle de sa famille, prend un congé auprès de son employeur et repart au pays. Tony a peur de ne pas revoir sa belle.

Et il a raison, car revenue dans la maison familiale, la mère n’écoute pas Eilis lui dire qu’elle doit repartir vers sa vie. Eilis prolonge son séjour, le trouve agréable, renoue avec ses amis et se retrouve dans une situation inconfortable. Là, il va falloir faire des choix et Eilis n’a pas l’habitude d’en faire.  Une intervention inattendue d’une personne du village va lui permettre de se libérer du carcan familial.

J’ai trouvé cette histoire belle mais d’une violence inouïe et je ne suis pas certaine d’une évolution dans la situation et obligations familiales des femmes.

 

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84, Charing Cross Road

 

84, Charing Cross Road par Hanff

 

Helene Hanff

Marie-Anne de Kisch (Traducteur)

ISBN : 2746700581

Éditeur : AUTREMENT (23/12/2000)



4ème de couverture :

 

Pendant vingt ans, une New-Yorkaise fauchée a entretenu une correspondance avec son libraire londonien. Ses lettres, libres, émouvantes et inattendues, ont déjà conquis Anglais et Américains.



Mon avis :

 

Pendant des années, j’ai évité ce tout petit bouquin. Le titre ne me plaisait pas. Le fait que tous les lecteurs aiment et encensent cette histoire ne me plaisait pas. Et puis, à court de lecture, baguenaudant dans les rayons de la médiathèque, sans idée, rien, le voilà qui me fait de l’oeil sur une étagère. Hop dans mon sac et retour à la maison.

Évidemment, comme j’ai bon caractère, je me suis dit en râlant et en commençant l’histoire que je n’aimerais pas. Et je l’ai lu d’une traite.

Ce recueil de courriers entre Helene et Franck est un délice. Un peu comme une trouvaille dans un grenier, tu t’installes sur place et tu sais que tu ne vas plus bouger avant la fin de ta lecture.

Helene est fauchée, aime les beaux livres et décide de les commander dans une librairie londonienne par courrier. C’est l’après-guerre et même si Helene a des difficultés pour vivre, elle a de quoi manger. Le rationnement est encore en vigueur à Londres. Très vite Helene va proposer à Frank, son correspondant, d’envoyer des colis alimentaires surtout de viande et d’oeufs. Les employés de la librairie sont ravis et reconnaissants. Si la correspondance est basée sur Helene et Frank, d’autres employés vont correspondre avec Helene.Elle est exigeante avec les commandes de ses beaux livres rares, a beaucoup d’humour, de tendresse. Une amitié est née et elle va durer plus de vingt ans. Helene aura toujours le désir de se rendre à Londres pour voir ses amis mais ne pourra pas le faire.

Le temps passe, certains employés partent et Frank meurt, la librairie ferme.

J’ai adoré ce livre à tel point que je n’ai noté aucun extrait, je ne voulais pas perdre la magie de ce moment.

 

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À qui se fier ?

 

À qui se fier ? par Dumont

 

 

 

Agnès Dumont

ISBN : 2930538813

Éditeur : QUADRATURE (07/02/2018)





4ème de couverture :

 

« Elise s'était contentée d'un sourire affectueux. Son grand avait toujours été ainsi : il se méfiait de tout et de tout le monde, et qu'est-ce que cela lui rapportait au bout du compte ? Des aigreurs d'estomac ou des migraines. Maux dont elle-même, heureuse nature, était le plus souvent dispensée. »

Qui sommes-nous ? Qui sont ceux qui nous entourent et que nous croyons connaître ? Nous portons un masque et les autres aussi. Mais ces masques ne sont-ils pas tout aussi vrais que ce qu'ils prétendent dissimuler ?



Extraits :

 

“S'il y a pire que les justifications de ceux qui n'ont pas osé vivre leur aventure, ce sont les souvenirs ridés de ceux qui ont osé il y a longtemps.” (Nous c'est pas pareil)

 

“Je n'avais pas encore eu le temps de m'habituer à ma nouvelle situation de femme déçue.” (Cent cinquante grammes de Christophe Colomb)

 

“Je connais ce genre d’individus solitaires, capable de n’importe quelle excentricité pour engager la conversation. J’ai un don pour les attirer." (Pourquoi m’a-t-il élue ?)

 

 

Mon avis :

 

Je me déplace en transports en commun essentiellement et  un recueil de nouvelles est parfait pour ce temps-là. Une petite histoire dans le train, une autre dans l’attente de la correspondance, je peux voyager et être concentrée sur des histoires courtes.

Des scènes de la vie d’individus qui se font des idées sur des quiproquos, des angoisses personnelles, une certaine culpabilité et interprètent des faits selon des circonstances aggravantes. Dans la vie réelle, de tels agissements sont dramatiques, mais ici plutôt des scènes cocasses. J’ai beaucoup ri. Je me suis reconnue dans la nouvelle : pourquoi m’a-t-il élue ? Il y a toujours des gens pour m’adresser la parole dans les gares, les salles d’attente, les trains. Fréquemment ce sont des gens qui souffrent, pas très stables qui me parlent longtemps, longtemps… J’essaie, comme je peux, de les éviter, en vain. Et c’est vraiment très drôle de lire les pensées d’une femme qui me ressemble.

La vie ordinaire de gens ordinaires, le tout écrit avec amour et malice.

Merci à Masse critique de Babelio et aux Éditions Quadrature pour cette lecture divertissante.

 

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Le secret du mari

 

Le secret du mari par Moriarty

Liane Moriarty

ISBN : 2253067946

Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (06/04/2016)

Traductrice : Béatrice Taupeau



4ème de couverture :

 

Jamais Cecilia n'aurait dû lire cette lettre trouvée par hasard dans le grenier. Sur l'enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « À n'ouvrir qu'après ma mort ». Quelle décision prendre ? Respecter le voeu de John-Paul, qui est bien vivant ? Ou céder à la curiosité au risque de voir basculer sa vie ? Tous les maris - et toutes les femmes - ont leurs secrets. Certains peuvent être dévastateurs.



Extraits :

 

“Mais au fond d'elle-même couvait une rage sourde, une rage extraordinaire, susceptible d'exploser et de détruire tout ce qui se trouvait alentour.”

 

“Entre deux maux, mieux vaut choisir le moindre, n'est-ce pas ?”

 

“Dire que les gens s'imaginent qu'après une tragédie on devient plus sage, plus spirituel. Foutaises. C'était tout le contraire. Une tragédie, ça rend mesquin et malveillant. On n'en sort ni plus lucide ni plus avisé.”

 

“Voilà comment il fallait s'y prendre. Voilà comment on vivait avec un secret. Il suffisait de se lancer. De faire comme si tout allait bien. D'ignorer le noeud qui vous tordait l'estomac. De vous anesthésier de sorte que vos émotions restent égales.”

 

“Les mille autres chemins que nos vies auraient pu, et peut-être dû, prendre nous restent à jamais inconnus. C’est probablement pour le meilleur. Certains secrets sont faits pour demeurer secrets. Ce n’est pas Pandore qui vous dira le contraire.”



Mon avis :

 

Cécilia est la femme que nous rêvons toutes de devenir. Mariée à un très bel homme d’affaire, mère de trois filles adorables, elle gère sa maison d’une propreté implacable, ses enfants, parent d’élève à l’école de ses filles, et son activité professionnelle de conseillère à domicile. Elle organise les fêtes familiales, les fêtes scolaires, anime le quartier. Cécilia est parfaite vous dis-je !

Une de ses filles s’est entichée de l’histoire du mur de Berlin et Cécilia lui a promis de dénicher un bout du mur, souvenir de ses voyages. Elle sait parfaitement où sont rangées ses affaires dans le grenier. Mais une boîte appartenant à son mari tombe et s’éventre et Cécilia trouve une lettre écrite par son mari à n’ouvrir qu’après sa mort.

Le doute et la curiosité s’installent.

En parallèle de la vie de Cécilia nous découvrons deux autres femmes plus ordinaire : La secrétaire de l’école qui vit avec le souvenir du meurtre de sa fille adolescente. Seul son petit fils lui procure de la joie et du bonheur mais les parents ont décidé de partir loin, très loin.

Tess apprend que son mari et sa cousine s’aiment. Elle repart vivre chez sa mère avec son fils.

Toutes les trois habitent le même quartier. Le décor est planté. L’intrigue aussi.

Superbe portraits de trois femmes tellement différentes dont le destin va être lié.

Les hommes faisant partie de leur vie sont intéressants mais moins combattants. Ils se laissent un peu vivre, évitent les confrontations, bref des hommes.

Le titre de ce livre me rebutait un peu, j’avais tort. De scènes cocasses en scènes dramatiques je ne me suis pas ennuyée, bien au contraire.

 

Posté par pyrouette à 10:49 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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