la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

La fille sur la photo

La fille sur la photo

 

 

Karine Reysset

ISBN : 2081395517

Éditeur : FLAMMARION (04/01/2017)




 

 

4ème de couverture :

 

Quand elle accourt au chevet de Garance, la fille de son ancien compagnon, Anna doit faire face à tout ce qu'elle a cru laisser derrière elle. Le foyer qu'elle a fui et la place incertaine qu'elle y a tenue pendant dix ans. Son histoire d'amour avec le «grand homme», réalisateur de renom, qu'elle a quitté pour un admirateur plus inquiétant qu'il n'en avait l'air. Les trois enfants qu'elle a «abandonnés», après les avoir aimés comme s'ils étaient les siens. Les raisons de son départ, dont elle-même a fini par douter, et les traces qu'il a laissées dans le coeur des uns et des autres. Est-il trop tard pour recoller les morceaux? Est-ce seulement souhaitable?

Avec autant de vigueur que de délicatesse, Karine Reysset suit son héroïne dans sa quête d'identité et d'indépendance.



Extraits :

 

“Je dérivais doucement, me laissant porter par le courant. Je ne souffrais pas tellement de la solitude. Personne ne me connaissait, je me sentais libre.”

 

“Je ne sais plus qui je suis. Cerveau pâte à pizza, coeur troué de part en part, je suis sans contours. J'ai toujours dû m'inventer, me réinventer pour plaire. J'ai toujours voulu plaire à quelqu'un.”



“Je voudrais m'éteindre pour ne plus m'entendre penser, me débrancher et qu'on n'en parle plus.”

“Son caractère s'est affermi au fil des années, et son âme est un soleil.”

 

“Nulle présence si ce n'est celle de la mer, avec son ressac comme un souffle incessant, et de cette minuscule lumière au loin.”

 

“Je suis en paix avec moi-même. J’ai mis de l’ordre dans mes sentiments. Je me reconstruis à chaque fois, avec quelques pièces en plus ou en moins. Je peux me réinventer à volonté. J’ai ce pouvoir, cette faculté.”



Mon avis :

 

Anna a quitté son foyer, l’homme qu’elle aimait, les enfants de l’homme qu’elle a choyés et adorés, deux filles et un garçon, pour un amour chaotique mais peut être plus facile du moins au début.

 

Un an plus tard, Serge, son ancien compagnon, réalisateur de renom, lui lance un appel au secours. La benjamine, Garance est hospitalisée suite à une fête qui a dégénérée. Anna part en Bretagne et ce retour en arrière provoque une sorte de bilan de vie.

 

Son départ de la maison où elle se sentait prisonnière, les enfants qu’elle aimait mais sans aucun pouvoir de décision sur leur éducation, son syndrome de la page blanche. Cette impression de subir sa vie. Elle réfléchit à toute vitesse, ses souvenirs arrivent dans le désordre.

 

Anna nous raconte ou plutôt se remémore la mort de sa mère, sa présence à son chevet alors que sa mère a abandonné ses trois enfants des décennies plus tôt. Son désir de lui pardonner et de l’aimer, son ressentiment, le fait que personne ne la soutienne dans cette période à part un admirateur, le fameux avec qui elle partira plus tard, encore un mauvais choix dans sa vie. Il y a eu l’abandon du père aussi, qui refera sa vie, le placement chez leurs grand-parents. Sa grande soeur Betty aura une vie mouvementée, son petit frère aussi, chacun réagit au malheur comme il peut.

 

Anna restera dans le droit chemin sans se faire remarquer mais sans vivre aussi. D’études sans grand intérêt au job de garde d’enfants sans motivation, elle fera alors la rencontre de Serge sur un plateau de cinéma où elle s’apprête à dormir, étant plus ou moins sans-abri. Il l’héberge et le reste suit. Une vie facile pendant dix ans où elle se s’impose pas.

 

La mort de sa mère crée un bouleversement dans sa vie si lisse et si ses choix ne sont pas toujours bons pour elle, ils vont au moins lui faire comprendre qu’elle doit vivre pour elle. Un passage sur un chantier de sa soeur, un oeil sur son petit frère, des discussions sincères avec les enfants de Serge, une mauvaise rencontre et une fausse-couche suite à une fuite et une chute de trois mètres, Anna comprend enfin qu’elle doit vivre pour elle, devenir responsable, autonome, indépendante.

 

L’histoire est centrée sur Anna, personnage principal, mais loin d’être apitoyant, ce récit nous fait comprendre que les choix de la vie d’adulte viennent principalement de l’enfance. Anna doit vivre avec ce sentiment d’abandon et en être consciente.

 

J’ai retrouvé avec plaisir le style délicat et sensible de Karine Reysset, sa facilité à raconter les écorchés de la vie. À lire doucement et par petites touches.


Un grand merci à BABELIO et aux Éditions FLAMMARION

 

 

 

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Cet été-là

 

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William Trevor

ISBN : 2757834630

Éditeur : POINTS (2013)




4ème de couverture :

 

Nous sommes à Rathmoye, petite ville d'Irlande, dans les années 1950. Lors des obsèques de la vieille et riche Mrs Connulty, Ellie, seconde épouse du fermier Dillahan, rencontre Florian Kilderry. Il photographie les endeuillés, les femmes, le cimetière… Florian Kilderry attire les regards, suscite la curiosité des indiscrets, mais lui n’a d’yeux que pour Ellie.

L’amour s’empare d’eux. Ellie croit qu’elle va rompre avec la monotonie de sa vie, avec la tendresse sans relief et pourtant sincère de son époux. Mais Forian, jeune homme depuis peu orphelin, ne songe qu’à quitter l’Irlande. Il n’est que de passage...

 

 

Extraits :

 

"Le temps de la souffrance était révolu, et pourtant elle aurait voulu qu'il n'en fût rien, elle aurait voulu qu'il en restât toujours une trace - une grimace de douleur, un frisson, une partie de sa colère non encore assouvie."

 

"Mais on ne rompt pas avec un endroit parce qu'il n'existe plus, on ne rompt pas avec ce que l'on était lorsqu'on ne fait plus partie de cet endroit."

 

"Le mépris était l'une des manières d'exprimer son ressentiment."

 

"Lorsqu’elle recommença sur une nouvelle page, elle ne trouva pas d’autres mots, pas d’autre manière d’exprimer, sans trop se dévoiler, le désespoir qu’elle éprouvait. Et même le peu qu’elle dévoilait risquait de déconcerter et d’alarmer."



Mon avis :

 

Florian vend la maison familiale trop grande pour lui. Son projet est de partir mais en attendant il trie les affaires de ses parents décédés et se promène à vélo pour faire des photos dans les villages voisins.

 

Il arrive à Rahtmoye, petit village irlandais, en plein enterrement d’une femme pieuse et renommée. Les villageois sont présents pour lui rendre un dernier hommage. Florian prend des photos  du cimetière, des gens, et se fait beaucoup remarquer.

 

Parmi les villageois se trouve une jeune femme, Ellie, mariée avec un fermier. Elle aussi remarque Florian.

Leurs sentiments comme l’été, prennent un peu de temps pour se mettre en place. Puis, comme une évidence, c’est l’amour fou, les rencontres cachées puisqu’Ellie est mariée, l’espoir d’une nouvelle vie pour elle, un bel été pour lui.

 

Autour d’eux, certains villageois se posent des questions, s’inquiètent pour Ellie. Puis cet été si beau, si lent ne fait rien pour arranger les choses. Ellie se pose beaucoup de questions sur sa condition de femme mariée, son mari, gentil bonhomme traînant ses propres failles, le fait de ne pas avoir d’enfant. Ellie se met à rêver. Le rêve de Florian est de quitter l’Irlande, seul.


C’est l’amour d’un bel été dans les années 50, une pause agréable dans ce monde.

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Sukkwan Island

 

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David Vann

Laura Derajinski (Traducteur)

ISBN : 2351780302

Éditeur : GALLMEISTER (2010)




4ème de couverture :

 

Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.

 

Sukkwan Island est une histoire au suspense inoubliable. Avec ce Roman qui nous entraîne au cœur des ténèbres l'âme humain, David Vann s'installe d'emblée parmi les jeunes auteurs américains de tout premier plan.



Extraits :

 

“Je crois que j'ai vécu trop longtemps au mauvais endroit. J'avais oublié à quel point j'aime être près de l'eau, à quel point j'aime voir les montagnes se dresser comme ça, et sentir l'odeur de la forêt, aussi.”

“Je ne sais pas à quoi c'est dû, je ne me suis jamais senti à ma place nulle part. Quelque chose me manquait.”

 

“Il sentait que tout cela dégageait un parfum d'inévitable, qu'il n'avait en réalité pas le choix.”

 

“Le truc, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche chez moi. Je ne peux jamais faire ce qu’il faut, jamais être celui que je suis censé être. Il y a quelque chose qui m’en empêche.”

 

“Il aurait voulu ne pas être celui qu’il était, ne jamais trouver personne. S’il trouvait quelqu’un, il faudrait lui raconter son histoire qui, il devait bien l’admettre, semblerait terrible.”

 

“Il lui faudrait bien réintégrer sa vie un jour ou l’autre. Il ne pouvait pas passer les cinquante prochaines années assis avec sa douleur.”

 

“Sa peur atroce avait presque disparu, mais une part de lui-même qu’il ne comprenait pas bien aurait voulu que son père meure de sa chute, pour qu’il soit soulagé, pour que tout s’éclaircisse et qu’il puisse reprendre le cours normal de son existence.”

 

 

Mon avis :

 

Roy ne voulait pas vraiment se retrouver pendant un an sur cette île en Alaska en compagnie de son père. Sa première réponse était négative,  Mais sa mère lui a demandé de bien réfléchir et il a compris qu’il était plus ou moins obligé d’accepter. Ses parents ont divorcé des années plus tôt et il vit avec sa soeur et sa mère en Californie. Il ne connait pas trop son père mais le sait fragile et instable.

Les premiers jours sur l’île vont lui donner raison. Jim, son père n’a rien préparé pour les conditions hivernales terribles de cette région. Roy du haut de ses treize ans doit organiser et prendre en charge les repas en pêchant, vidant le poisson, le cuisinant. La nuit il écoute son père pleurer et s’apitoyer sur son sort. Jim marche beaucoup. Souvent Roy le suit jusqu’au jour où Jim tombe d’une falaise. Roy le traîne jusqu’à la cabane, veille sur lui. Il ne peut prévenir personne, la radio ne fonctionne pas. Roy a un doute : son père est-il tombé ou s’est-il jeté du haut de la falaise ? Jim se remet de sa chute, comptant de plus en plus sur son fils pour le quotidien.

La marche vers l’enfer est enclenchée. La descente va être rude, lente, surprenante, choquante. L’état de sidération est total.

 

Je ne peux en raconter plus mais pour une fois je vais vous donner mon ressenti. Il n’y a rien de pire pour un enfant de ne pas se sentir en sécurité avec un parent. Alors lorsqu’il doit, en plus, prendre en charge cet adulte qui est censé le protéger, le sentiment d’insécurité est décuplé et l’envie, que tout cela s’arrête, est présente comme une voix lancinante. L’envie de reprendre une vie normale d’enfant.

 

Impossible d’écrire de cette façon sans avoir vécu ce sentiment de terreur. J’ai tourné les pages, rapidement, me demandant où était le bouton pause, histoire de reprendre mon souffle, mes esprits. Mais non, jusqu’au bout, jusqu’au fond du trou, jusqu’à l’éternité, jusqu’à la dernière page, dernière phrase, dernier mot.


Un récit époustouflant, choquant mais combien salutaire !

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Le bruit des autres

 

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Amy Grace Loyd

ISBN : 2253194433

Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (2015)




 

 

 

4ème de couverture :


Depuis la mort de son mari, Celia tient le monde à distance. Propriétaire d'un immeuble à Brooklyn, elle a choisi ses locataires pour leur discrétion.Puis il y a l'arrivée de Hope, une belle femme un peu perdue, fuyant un mari infidèle. Lorsque Hope entame une liaison dangereuse et qu'un de ses locataires disparaît soudainement, Celia voit ses murs vaciller. L'équilibre précaire qu'elle était parvenue à construire vole en éclats et l'oblige à sortir d'elle-même. Amy Grace Loyd ausculte le bruit des autres à travers les murs d'un brownstone et guette les désordres, les désirs de ce petit monde. Une exploration sans tabou du deuil, du sexe et des petits arrangements avec la vie dans un New York voluptueux et brûlant.



Extraits :

 

"Était-ce cela qui nous échappait dans la collecte de nos déceptions : la vie donnait autant qu’elle prenait, à partir du moment où on était disposé à additionner aussi bien les gains que les pertes, avec lucidité ?"

 

"Une grande partie de l'existence consiste à décider quand résister ou non, quand on peut se laisser porter et quand on ne le peut pas, quand on ne peut pas se le permettre."



"Le mode de vie américain nous pousse à suivre un processus de renaissance triomphante, constante ou de céder la place. J'ai été ravie de céder la place."

"Le corps d'une femme vieillissante. C'est un paysage qui, alors même qu'il s'efface, exige beaucoup du regard. Ou qui devrait. Il n'y a pas deux paysages semblables."

 

"Dans son cas, j'en étais venue à penser que cette tendance au dépouillement constituait une invitation, une marque d'optimisme ; il laissait de la place aux autres ou bien, les jours où la vie paraissait trop encombrée, au plaisir du vide."

 

"Et ce n'était pas mon rôle, non plus, de lui expliquer que lorsque quelqu'un tombe, que quelqu'un se fait surprendre par la douleur, il vaut mieux qu'une personne soit là pour le retenir au lieu de le déstabiliser et de lui enseigner les plaisirs de la chute."



Mon avis :

 

Celia, une petite quarantaine, a trouvé comment mettre le monde à distance après la mort de son mari. Elle a acheté un petit immeuble, l’a rénové et a choisi ses locataires avec soin, privilégiant la discrétion et le calme.

 

Elle peut vivre par procuration, s’occupant de son locataire du dernier étage, un vieux monsieur qui a tendance à s’éloigner des contraintes journalières. Tout est fait discrètement et c’est très bien comme ça. Le couple du deuxième vit plutôt au dehors, lui sportif, elle militante. Puis Georges au premier étage, professeur et locataire idéal. Celia occupe l’appartement du rez-de-chaussée donnant sur un petit jardin qu’elle laisse à l’abandon. Elle écoute le bruit des autres, feutré, en avalant des anti-dépresseurs ou de l’alcool. Elle a passé toute une période à suivre les gens dans la rue, dans le métro, faisant des rencontres glauques. Celia a un passé douloureux, les années de bonheur avec son mari sont finies aussi, ses démons réapparaissent parfois, la vie aussi avec une certaine sensualité.


Tout bascule le jour où Georges, son locataire idéal a décidé de profiter de la vie et part en Europe pendant un an. Il insiste auprès de Celia pour sous-louer son appartement à une amie ayant besoin d’un appartement. Celia hésite beaucoup mais finit par accepter. Hope est tout son contraire. Elle est bruyante, vive, malgré le fait qu’elle vit une rupture. Elle amène ses petits amis dans l’appartement, se fait maltraiter, manipule les gens, bref, un véritable bonheur ! Elle va entraîner Celia dans sa vie mouvementée et j’ai bien ri en lisant la suite. On ne peut pas se protéger de tout dans la vie.

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Et je danse, aussi

 

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Jean-Claude MourlevatAnne-Laure Bondoux

ISBN : 2265098809

Éditeur : FLEUVE EDITIONS (2015)




 

4ème de couverture :

 

La vie nous rattrape souvent au moment où l’on s’y attend le moins.

 

Pour Pierre-Marie, romancier à succès (mais qui n’écrit plus), la surprise arrive par la poste, sous la forme d’un mystérieux paquet expédié par une lectrice. Mais pas n’importe quelle lectrice ! Adeline Parmelan, "grande, grosse, brune", pourrait devenir son cauchemar… Au lieu de quoi, ils deviennent peu à peu indispensables l’un à l’autre.

 

Jusqu’au moment où le paquet révèlera son contenu, et ses secrets.

 

Ce livre va vous donner envie de chanter, d’écrire des mails à vos amis, de boire du schnaps et des tisanes, de faire le ménage dans votre vie, de pleurer, de rire, de croire aux fantômes, d’écouter le Jeu des Mille Euros, de courir après des poussins perdus, de pédaler en bord de mer ou de refaire votre terrasse.

 

Ce livre va vous donner envie d’aimer. Et de danser, aussi !



Extraits :



"Chuter, choir, flancher, trébucher, n'arrivait pas par hasard mais pratiquement toujours à un moment où les gens se trouvaient intérieurement privés de leurs repères, et déséquilibrés."

 

"La vie s'est toujours chargée de me ramener à la modestie."

 

"Mais, vous savez, c'est parce que les enfants me touchent. Me bouleversent. Me rendent folle d'amour et aussi : de chagrin."

 

"Même si on ne rattrape jamais le temps perdu, on peut décider de ne plus en perdre."

 

"Mais la vie est un enchaînement, et tout se tient."



Mon avis :

 

J’ai terminé ce livre il y a quelques semaines et je n’arrive pas à donner mon avis sur ma lecture depuis. J’ai choisi ce livre à la médiathèque de mon village pour de mauvaises raisons. Deux auteurs donc un de trop pour moi, un échange épistolaire, une lecture facile pour une fin d’année chargée et un cerveau surchargé. J’ai même poussé le vice à choisir le livre en gros caractères pour ne pas avoir à sortir les lunettes.


Je pouvais commencer à lire cette histoire que je pensais insipide. Mais si Pierre-Marie écrivain en panne d’inspiration est prévisible, Adeline, bourrée d’humour, entretient le suspense. Leur échange autour de ce paquet envoyé par Adeline va prendre un tour inattendu. De confidences en vérités, de séduction en vacheries, leur destin est lié, mais si vous voulez tout savoir, et bien, il vous faudra lire ce récit drôlissime et émouvant parfois. Je l’ai lu d’une traite, je l’ai aimé et j’y pense encore avec sourire.

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Le rendez-vous

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Joyce Carol Oates

Catherine Dreyfus-Soguel (Traducteur)

ISBN : 2234025060

Éditeur : STOCK (1993)

4ème de couverture :

Une jeune femme va et vient dans son appartement. Elle prend une douche, se maquille, allume une cigarette, boit une bière, choisit et enfile une robe. Et sort. Elle a rendez-vous.

Comme la nouvelle-titre, la quarantaine d'histoires qui composent ce recueil, écrites avec cette urgence qui paraît seule capable de capter l'émotion et la simultanéité des sentiments, racontent des moments de vie ordinaire. Moments qui, pourtant, ont laissé dans l'esprit de ceux qui les ont vécus la sensation fugitive de l'extraordinaire.

Extraits :

"Et à cet instant elle comprend que leur vie va être déchirée bien qu'elle ne sache pas, tandis qu'elle avance vers lui au ralenti, ni comment, ni pourquoi." (Ralenti)

"Mais la tentation est là de se laisser aller au désespoir, à la haine de soi. Plus facile de se détester que de se respecter : ça demande moins d'imagination. " (La tique)

"Comme la joie, le désespoir est contagieux." (En élongation forcée)

Mon avis :

Un recueil d’une quarantaine de nouvelles très courtes. Des moments précis dans la vie des personnages, des instants qui pourraient être anodins mais qui vont laisser une trace indélébile. Les personnages subissent et ne peuvent réagir pour changer le destin parfois, malgré eux. La nouvelle la plus marquante pour moi est Ralenti. Une femme est chez elle et voit son mari rentrer en voiture comme d’habitude. Non pas comme d’habitude, elle sent, elle sait que ce jour là n’a rien à voir avec les jours d’avant. C’est l’instant saisi avant le chaos, avant l’annonce. Elle avance vers lui, au ralenti et elle sait que leur vie ne sera jamais plus la même. De courtes histoires bluffantes.

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Le philosophe qui n'était pas sage

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Laurent Gounelle

ISBN : 2266234870

Éditeur : Éditions de la Loupe (2013)

4ème de couverture :

La forêt tropicale semblait retenir son souffle. Assise devant sa hutte, Elianta tourna les yeux vers Sandro qui s'avançait. Pourquoi ce mystérieux étranger, que l'on disait philosophe, s'acharnait-il à détruire secrètement la paix et la sérénité de sa tribu? Elle ne reconnaissait plus ses proches, ne comprenait plus leurs réactions... Qu'avaient-ils fait pour mériter ça? D'heure en heure, Elianta sentait monter en elle sa détermination à protéger son peuple. Jamais elle ne laisserait cet homme jouer avec le bonheur des siens.

Extraits :

“Tu es tellement dissous dans tes pensées et absorbé par l'action que tu ne vois plus la vie.”

“Les mauvaises nouvelles, les problèmes, les dangers accaparent toute notre attention car ils stimulent notre instinct de survie. C'est plus fort que nous, c'est quasi physiologique.”

“Ah, le quotidien… Comme il est plus aisé de disserter sur les grands principes que de faire face au jour le jour aux soucis qui se mettent en travers de son chemin.”

Mon avis :

La femme de Sandro, professeur de philosophie est morte l’année passée, tuée par une tribu aborigène d’Amazonie. Il n’arrive pas à faire le deuil et ravagé par le chagrin et le désir de vengeance, il part sur les traces du dernier voyage de son épouse. Il embauche les mêmes mercenaires et se sert d’eux et des pensées philosophiques de Marc Aurèle pour détruire la sérénité de la tribu qui vit dans un bonheur permanent. Ils vont se retrouver confronté à Élianta, héritière du vieux Chaman.  De virus en leçons d’économie, les indiens succombent aux vices de la société moderne.

C’est un récit écrit comme un conte moderne et j’ai eu bien du mal à le lire jusqu’au bout. Trop simpliste pour mon univers.

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Margherita Dolcevita

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Stefano Benni

Marguerite Pozzoli (Traducteur)

ISBN : 2742796797

Éditeur : ACTES SUD (2011)

4ème de couverture :

Quinze ans, quelques kilos en trop et un (grand) cœur qui bat sur un rythme atypique, voici Margherita Dolcevita, la nouvelle héroïne de Stefano Benni.

Un père bricoleur acharné, une mère qui fume des cigarettes virtuelles, deux frères, l'un fana de foot, l'autre de mathématiques, un grand-père qui avale des yaourts périmés pour se mithridatiser, et un chien indéfinissable, Roupillon : c'est la famille de Margherita, habitant un dernier reste de campagne, aux portes d'une petite ville comme tant d'autres. Quant à Margherita, elle écrit des poèmes et dialogue avec la Petite Fille de poussière, un fantôme qui hante une maison frappée et, il y a longtemps, par un bombardement.

Mais un jour apparaît, juste en face, un énorme Cube noir et menaçant. Il s'agit des nouveaux voisins, les Del Bene, image d'une "modernité" maléfique qui fait voler en éclats la vie paisible de l'adolescente. Seul Angelo, leur fils aîné, un beau "vampire blond", tente de se soustraire à la vie hypocrite de ses parents.

Jusqu'au bout, Margherita, qui a découvert les activités louches des Del Bene, se battra pour "notre miette de justice", avec son humour, avec son intelligence et son refus des stéréotypes, qui font d'elle une sorte de Zazie italienne.

Extraits :

"Des années durant lesquelles le monde a vieilli d'un coup. Et de la vieillesse, il prit l'égoïsme et le désespoir, pas la sagesse ni la générosité."

"À savoir que tout le monde veut laisser aux enfants un monde meilleur - une rengaine qui dure depuis des siècles, et le résultat c’est la terre, cette petite cloque de haine."

"Évidemment, un jour, les cheminées d'usine s'écrouleront, le fleuve s'assèchera, l'autoroute sera déserte, pleine d'épaves de voitures et de squelettes cramponnés aux volants, et les marguerites resteront maîtresses du monde."

 

"L'arme bactériologique du siècle : l'ennui. Celle qui te persuade qu'attendre de vivre est moins fatiguant que de vivre."

Mon avis :

Margherita, quinze ans, vit avec ses frères, ses parents, son grand-père et son chien dans une vieille maison en bordure de ville. Un bonheur simple, clair, limpide.

Jusqu’au jour où des nouveaux voisins arrivent. Ils ont fait construire une maison en forme de cube qui cache le soleil à la vieille maison, entourée de hautes palissades avec un chien de garde et d’attaque dans leur jardin. Leurs fenêtres sont fumées de façon à ce que personne ne les voit à l’intérieur de la maison.

Margherita va nous raconter comment ces gens vont se montrer intrusifs et manipulateurs envers ses parents au point de les modeler à leur vision de la société.

L’adolescente va se rebeller, essayer de mettre en garde ses parents, en vain. Le grand-père, de l’avis de l’adolescente et gênant les projets des voisins, va malencontreusement tomber et se retrouver en maison de retraite, impuissant devant cette manipulation. Le chien de Margherita va disparaître, il fouinait trop du côté du cube.

Dans notre société, nous n’aimons pas voir nos voisins de longue date déménager, nous nous méfions toujours des nouveaux arrivants surtout quand ils essayent de se faire accepter par la communauté ou d’imposer leur style de vie.

Ce ressenti est poussé à l’extrême à travers les yeux d’une adolescente avec une part de réalité et une part d’imagination, enfin j’espère.

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Des mensonges nécessaires

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Diane Chamberlain

ISBN : 2280358158

Éditeur : HARPER COLLINS (2016)

4ème de couverture :

Elle a 15 ans et la vie devant elle, mais elle est pauvre.

Ils sont du bon côté de la société, et ils veulent décider pour elle.

1960. Dans les champs de tabac de Caroline du Nord, Jane Forrester et Ivy Hart ne pourraient mener des existences plus différentes. A quinze ans, Ivy travaille dur pour faire vivre sa famille, notamment « bébé William », âgé de deux ans qui souffre d’un retard mental. Au contraire, Jane est confortablement mariée et rien, dans son milieu bien-pensant, n’exige d’elle qu’elle donne de sa personne. Sauf sa conscience et sa sensibilité. Bravant son mari et les conventions sociales, elle s’engage au service des pauvres – au service de la famille d’Ivy Hart. Une proximité qui lui ouvre les yeux sur des secrets insoupçonnables et un scandale humain qui devient sa bataille.

Une histoire inspirée d’événements réels, dans le Sud profond des Etats-Unis, qui plonge le lecteur au cœur d’une tragédie et d’une solidarité incroyablement émouvante et romanesque entre femmes.

Extraits :

"Nous passons notre temps à nous infliger un tas de contraintes stupides et inutiles. Et la vie est trop courte pour s'inquiéter de toutes ces règles absurdes."

"S'impliquer, c'est perdre son objectivité à coup sûr."

"Je me corrigeais chaque fois que j’y pensais, mais on ne pouvait pas vraiment dire que ma vie allait quelque part pour autant."

Mon avis :

Une histoire basée sur des faits réels en Caroline du Nord dans les années soixante sur le programme d’eugénisme.  À une époque et dans une classe sociale où il est bien vu que la femme mariée reste à la maison et devienne mère rapidement, Jane préfère travailler. Son mari est médecin, voudrait devenir père rapidement et comme tous ses amis, préfèrerait voir Jane en vitrine familiale dans les différents clubs et dîners mondains. Jane résiste et devient assistante sociale par passion. Elle est formée par une femme qui travaille depuis des années sur les plantations de tabac. Noirs et blancs vivent en harmonie même s’il va de soi qu’un blanc n’adresse pas la parole à un noir et vice-versa.

C’est là que Jane fait la connaissance d’Ivy, quinze ans, qui travaille et veille sur sa grand-mère, sa soeur légèrement perturbée et son neveu attardé. La soeur d’Ivy a été stérilisée après son accouchement sans son accord, officiellement opérée de l’appendicite.

Les services sociaux prétendent avoir un droit de regard sur la stérilisation des femmes, quitte à mentir sur la demande officielle, à partir du moment où les familles ont besoin d’aide. Pas de racisme, blancs et noirs sont à égalité pour ce programme d’eugénisme. S’il rend service à certaines femmes qui ne veulent plus avoir d’enfant, il est abusif pour des adolescentes qui ne savent pas qu’elles ne pourront pas avoir d’enfant.

Jane est choquée et ne veut pas continuer ce programme. Elle se rebelle contre ses collègues, essaye d’aider Ivy et va créer des cataclysmes familiaux en révélant la méthode des demandes de stérilisation.

Jane et Ivy nous raconte leur histoire à tour de rôle, leurs ressentis, leurs États d’âme. Deux destins malmenés pour une noble cause.

 

 

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Un hiver long et rude

 

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Mary Lawson

Traductrice : Michèle Valencia

ISBN : 2846669538

Éditeur : A VUE D'OEIL (2015)

4ème de couverture :

Rien ne va plus chez les Cartwright. Alors qu'Emily s'apprête à donner naissance à son huitième enfant, qu'Edward, le père, cherche dans son bureau une échappatoire au chaos ambiant, que Tom, le fils aîné, s'enferme dans la dépression, Megan, fille unique de la fratrie et mère de substitution de chacun, décide de voler de ses propres ailes. À vingt et un ans, l'heure est venue pour la jeune fille de se libérer des siens. Adieu le Grand Nord canadien, bonjour le swinging London ! Pendant que Megan se cherche dans la Vieille Europe, les Cartwright, eux, tentent de survivre. Qui pour s'occuper du foyer, désormais ? Pour remplir le frigo ? Pour protéger Adam, quatre ans, et ses frères de la folie douce d'Emily, uniquement absorbée par son nourrisson et négligeant tout le reste ? Qui pour arracher Edward aux ruminations d'un passé qui le hante ? Accablé par la culpabilité depuis le décès de son meilleur ami, Tom, brillant étudiant, renonce chaque jour un peu plus à ses rêves... Et si le moment était venu pour lui d'assumer son rôle d'aîné ? Le silence qui étouffe les Cartwright peut-il être conjuré ? Et si le plus difficile, parfois, était l'espoir ?

Extraits :

"On pourrait qualifier ça de technique de survie, je suppose ; ici on en a besoin en hiver. Ma vie aussi, d'ailleurs, en a besoin."

"Le froid est une chose qu'on a peine à imaginer d'une façon abstraite, il faut en faire concrètement l'expérience."

"Nous semblons programmés pour chercher des réponses. Quelque chose se produit et il nous faut savoir pourquoi. Nous nous creusons la cervelle, nous essayons de suivre tel ou tel raisonnement, d'en chercher un qui puisse coller à notre cas de figure. Mais souvent, il n'y a pas de réponse, ou alors il y en a trop."

"J'ai toujours trouvé que la Nature nous induisait en erreur en nous faisant prendre les décisions les plus importantes de notre vie à un âge où nous sommes trop jeunes pour envisager les conséquences de nos actes."

"Il y a une loi de la nature - du moins de la nature humaine - qui stipule qu’on ne doit jamais, au grand jamais, se dire que les choses s’arrangent enfin, parce que le destin ne pourra pas s’empêcher, à un moment ou à un autre, de vous faire un croche-pied."

Mon avis :

À vingt-et-un ans Megan est le pilier de sa famille. Elle gère tout, même ses parents, brillants irresponsables, chacun à sa manière. Elle comprend grâce à son frère aîné qu’il est temps pour elle de faire sa vie, ailleurs. Elle quitte le Canada pour l’Angleterre, rejoindre une amie d’enfance, malgré les jérémiades de sa mère. Megan est plutôt rassurée car le médecin de famille a déclaré que sa mère ne devait plus avoir d’enfant, sept, cela suffit. L’arrivée en Angleterre ne ressemblera pas à l’eldorado tant souhaité et Megan logera dans une sorte de squat le temps de trouver du travail et un appartement.

Pendant ce temps, sa famille essaye de survivre dans un petit village du nord Canada où il neige et fait très froid. La mère, malgré les avertissements du médecin, accouchera de son huitième enfant en abandonnant les autres, dans la maison, sans soins. Elle va s’enfermer avec son nouveau né dans sa chambre. Le père quitte la maison le plus souvent possible, préfère travailler à la banque et manger à l’extérieur avec ses propres souvenirs d’enfance qui lui gâchent la vie et l’empêchent de s’occuper de ses enfants. Tom, le fils aîné tombe dans une dépression après la mort de son meilleur ami, travaille et mange à l’extérieur aussi. Les deux adolescents et l’avant-dernier (quatre ans) se retrouvent dans une maison crasseuse, sans hygiène et surtout sans nourriture. Personne pour leur préparer un repas correct. Il y a bien une femme censée s’occuper du ménage et un peu des enfants mais elle profite de la situation et ne fait rien.

Tom va avoir un sursaut de lucidité et découvre effaré l’état de son petit frère, qui n’est jamais lavé et maigre, très maigre. Malgré tout, il n’arrive pas à parler à son père et préfère appeler Megan au secours.

Il n’est pas bon être une fille. C’est une histoire de conscience et de sentiment de culpabilité. Megan va-t-elle continuer sa propre vie prospère en Angleterre ou revenir s’occuper de ses parents irresponsables ?

À vous de le découvrir.

Posté par pyrouette à 10:59 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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