la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

L'aube sera grandiose

 

L'aube sera grandiose par Bondoux 

 

Anne-Laure Bondoux

ISBN : 2075131406

Éditeur : GALLIMARD JEUNESSE (05/03/2020)



4ème de couverture :

“- Tu t’en sortiras toujours, maman.

Rose-Aimée a pris ma main dans la sienne. Elle l’a serrée très fort et j’ai senti passer, entre elle et moi, comme un courant électrique puissant, une onde chargée d’un incroyable de désir de vivre que rien ne pourrait empêcher. Pas même le chômage. Pas même la pauvreté. Pas même la solitude.

Les secrets remontent toujours à la surface. Alors que Nine, seize ans, devait se rendre à la fête de son lycée, sa mère l’embarque vers une destination inconnue, une cabane isolée au bord d’un lac. Cette nuit-là, la jeune fille découvre un incroyable roman familial. Quand l'aube se lèvera, plus rien ne sera comme avant.

 

Extraits :

“Dans cette histoire comme dans d'autres, c'est elle qui dicte les règles, c'est elle qui donne le tempo.”

 

“Cette douloureuse impression que les choses changent, que le temps passe, et que l'on n'y peut rien.”

 

“Le sommeil nous protégeait de la réalité et des décisions que nous avions à prendre.”

 

“On ne sait pas toujours où commence une histoire.”

 

“Aucune nuit ne provoque ce vertige, cette sensation d’être écrasé, perdu.”

 

Mon avis :

Titania a kidnappé Nine, sa fille,  à la sortie de la piscine pour un long voyage alors que cette dernière devait aller à la fête du lycée avec ses copines. Cinq cent kilomètres de silence plus tard, de colère pour Nine, et d’une certaine sérénité pour Titania, toutes deux arrivent devant une cabane tout au bout d’un chemin, au bord d’un lac. 

Nine a grandi sans connaître vraiment le passé de sa mère. Une mère un peu fantasque, qui se contente de si peu et écrit des romans. 

Titania a la nuit pour tout raconter à sa fille. Sa mère, ses frères, son enfance un peu ballottée, avec des beaux-pères aimants mais de passage.Titania promet à Nine une aube grandiose à la fin de son récit.

Dans la cabane, la table est mise et un bon plat les attend. C’est une cabane confortable mais sans électricité ni eau courante. Une sorte de parenthèse dans une vie moderne connectée. 

Le récit est superbement mené entre souvenirs d’une enfance particulière et les événements des années 1970 en parallèle.

Une belle histoire addictive qui raconte la vie d’une jeune femme un peu paumée vivant dans un squat avec ses trois enfants. Une pauvreté et une errance, certes, mais avec un amour tellement grandiose comme cette aube promise. La chance d’une nouvelle vie, avec au bout, cette cabane pour se ressourcer, se retrouver, à l’abri. Les vieilles voitures sont importantes dans cette histoire, une sorte de pied de nez à la modernité, un lien entre la vie rudimentaire de la cabane et la vie confortable de la ville, un lien malgré les ruptures familiales.

Préparez une collation pour commencer cette histoire de secret de famille car vous n’en sortirez qu’à la dernière page. C’est savoureux et tendre.

 

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Otages

 

Otages par Bouraoui

ISBN : 270965055X
Éditeur : LATTES J.C. (02/01/2020)

4ème de couverture :

« Je m’appelle Sylvie Meyer. J’ai 53 ans. Je suis mère de deux enfants. Je suis séparée de mon mari depuis un an. Je travaille à la Cagex, une entreprise de caoutchouc. Je dirige la section des ajustements. Je n’ai aucun antécédent judiciaire. »

Sylvie est une femme banale, modeste, ponctuelle, solide, bonne camarade, une femme simple, sur qui on peut compter. Lorsque son mari l’a quittée, elle n’a rien dit, elle n’a pas pleuré, elle a essayé de faire comme si tout allait bien, d’élever ses fils, d’occuper sa place dans ce lit devenu trop grand pour elle.

Lorsque son patron lui a demandé de faire des heures supplémentaires, de surveiller les autres salariés, elle n’a pas protesté : elle a agi comme les autres l’espéraient. Jusqu’à ce matin de novembre où cette violence du monde, des autres, sa solitude, l’injustice se sont imposées à elle. En une nuit, elle détruit tout. Ce qu’elle fait est condamnable, passable de poursuite, d’un emprisonnement mais le temps de cette révolte Sylvie se sent vivante. Elle renaît.

Un portrait de femme magnifique, bouleversant : chaque douleur et chaque mot de Sylvie deviennent les nôtres et font écho à notre vie, à notre part de pardon, à nos espoirs de liberté et de paix.


Extraits :

“C'est encombrant la plainte, pour soi, pour les autres. C'est vulgaire aussi et ça prend du temps.”


“Il y a deux sortes d'individus. Ceux qui gagnent et ceux qui perdent. J'ai parfois cru gagner pour endormir ma conscience, mais j'ai perdu beaucoup et le peu qu'il me restait, je l'ai détruit.”


“Les choses que l'on ne veut pas regarder, ou admettre, grandissent dans votre dos.”


“Les gens adorent ça : se compliquer la vie pour rien.”


“Dans la vie on a toujours besoin de donner un sens à ce que l’on dit, à ce que l’on fait. Il faut toujours expliquer. On n’est jamais libre de rien.”


“Personne au bout du compte ne vit pour soi. On a toujours besoin du regard de l’autre pour se sentir exister. C’est toujours l’histoire du cordon. On le coupe et très vite il faut en reconstruire un autre parce que le vide fait si peur.”


Mon avis :

Sylvie raconte pourquoi elle est arrivé à commettre un acte répréhensible ce jour de Novembre.

Sylvie jeune quinquagénaire, deux enfants, un travail qu’elle apprécie, est une femme qui ne se plaint pas. Personne ne lui a enseigné la violence et elle la rejette. Comme tous les femmes elle passe son temps à courir. Elle est emportée par sa vie de contraintes alors qu’elle aimerait tant  regarder le ciel et les nuages, profiter de la nature. Sylvie ne dit rien quand son mari la quitte, un beau matin. Elle n’a pas le temps, plus le courage. Il n’y avait plus de désir, peut être même plus de tendresse entre eux. Elle croit que c’est à partir de ce moment que quelque chose s’est décroché en elle et a créé une fissure qui s’est élargi avec le temps. Il lui restait son travail et la confiance de son patron qui passait son temps à geindre. Un toit sur la tête et sa conscience pour elle. pas une grande carrière mais une certaine tranquillité.

Sylvie a continué sa vie jusqu’au jour où son patron lui a demandé de contrôler ses collègues en plus des machines. Il lui fallait une liste des faibles, ceux qu’ils pouvaient licencier. 

Elle a obéit avec zèle : elle a épié, établi des listes créant un vivier. La fissure en elle grandissait en sourdine et entassait toute cette violence que Sylvie rejetait. Elle a beaucoup enfoui Sylvie, elle s’en rend compte quand elle prend le temp de réfléchir. Elle pense que le grand malheur des femmes est la vulnérabilité. La peur. 

Alors, ce jour de novembre, Sylvie craque, la fissure explose. Elle ne regrettera pas son acte, bien au contraire, se sentira soulagée. Lâcher-prise, ne plus rien contrôler, être soi et adorer ça. Son geste lui permettra aussi de faire face à un souvenir violent et destructeur enfoui.

Superbe histoire à lire d’une traite. Une ressenti insolite car j’ai commencé ce livre au début du confinement. Je pense que les femmes sont prisonnières, de cultures, de traditions, d’elles-mêmes. Valeureux petits soldats qui maîtrisent tout et avancent jusqu’au jour où...

 

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Petite chose

 

Petite chose par Brennan-Jobs

 

Lisa Brennan-Jobs

ISBN : 2711201953

Éditeur : LES ARÈNES (06/11/2019)

Traductrice : Laurence Richard




4ème de couverture :

Elle est née dans une ferme, a été baptisée dans un champ, puis élevée parmi les hippies de Palo Alto. Lisa Brennan-Jobs a vécu une enfance hors norme, entre son père, Steve Jobs, créateur génial et froid de la firme Apple, et sa mère, Chrisann Brennan, artiste au tempérament bohème.

Petite Chose est le récit de ce va-et-vient entre deux mondes : pauvreté et ultra-richesse, précarité et pouvoir. C'est l'histoire d'une famille unique, mais qui ressemble à celle de tous les enfants vivant entre deux foyers.

Chronique d'un amour malhabile entre un père et sa fille, Petite Chose est aussi un témoignage unique sur Steve Jobs, mort d'un cancer à l'âge de 56 ans, alors qu'il était à la tête de l'une des plus incroyables entreprises de notre époque et sur le chemin de renouer avec sa fille.

 

Extraits :

“En revanche, elle m'avait, moi, et mes missions étaient au nombre de deux : premièrement, la protéger afin qu'elle puisse, elle, me protéger ; deuxièmement, la façonner et l'endurcir pour qu'elle affronte le monde extérieur - comme on passe une surface au papier de verre afin de mieux faire adhérer la peinture.”

“Nous ne pouvions pas être heureuses en même temps. Son envie - de vivre plus, de plaisir, de mordre dans la figue de Barbarie - résonnait en moi comme un danger. Mon bonheur était pris sur le sien, dans sa réserve à elle, quantité limitée que nous devions partager. Si elle en avait, j'en étais privée ; si j'en bénéficiais, il n'y en avait pas pour elle. Comme si l'économie émotionnelle du monde signifiait qu'il n'y avait jamais assez de bonheur pour nous deux au même moment.”

“À cette période, j'alternais les phases dans lesquelles j'avais pitié de lui avec d'autres où j'étais sous sa coupe. Il était ratatiné et faible, puis immense et impénétrable, plus grand que nature. Ces deux impressions se bousculaient en moi, sans se recouper.”

“Les hommes apportaient de la vie. On ne s'en rendait pas compte jusqu'à ce qu'ils soient partis, et alors tout retombait à plat, sans entrain ni surprise.”

“Tous, nous lui passions ses excentricités, ses propos véhéments sur les autres, parce qu’il était brillant et qu’il se montrait parfois aussi agréable et pertinent. En cet instant, j’ai surtout senti qu’il n’hésiterait pas à m’écraser si je le laissais faire. Il me répéterait sans cesse à quel point j’étais insignifiante, jusqu’à ce que je finisse par le croire. En quoi cela m’aidait-il, qu’il soit un génie ?”

“J’avais gagné. Ce n’était pas grand chose ; juste un pas vers la liberté - un jour, j’agiterais mes bras depuis la vitre d’une voiture, sous la voûte des grands arbres.” 

“Pour rien au monde je n’échangerais une partie de ce que j’ai vécu contre la vie de quelqu’un d’autre, ai-je senti alors, même les moments où j’aurais souhaité ne pas exister, et cela non pas parce que ma vie était juste, parfaite ou meilleure, mais parce que la succession des choix effectués avait tracé un chemin spécifique et singulier, jusqu’à son empattement, et l’espace d’un instant, j’en ai senti la texture tout autour de moi, familière comme ma propre peau, et elle m’allait.”



Mon avis :

Lisa raconte son enfance avec des parents fantasques qui se séparent très vite. Le père, Steve est un inventeur, doué pour les affaires mais immature et irresponsable pour le reste. La mère, Chrisann, artiste bohème, vit de l’aide sociale, immature et assistée.

Pendant la petite enfance, malgré tout, Lisa est plus en sécurité avec sa mère. Steve clame à tous que Lisa n’est pas de lui, qu’il était un compagnon trompé. Il faudra un test pour qu’il arrête. Il donne de l’argent à Chrisann, veille alors à  trouver des logements décents pour Lisa et Chrisann et verse régulièrement une pension pour Lisa.

Ce sont les années 70 et la liberté sexuelle, Chrisann et Steve ont des vies sentimentales bien remplies et Lisa doit faire avec et accepter les partenaires de ses parents.

À l’adolescence, tout se complique. Lisa a envie d’être aimée par ce père distant et elle se dispute fréquemment avec sa mère. Elle ira vivre chez l’un et chez l’autre, sans changer quoi que ce soit : Indifférence ou reproches de son père, dispute et reproches de sa mère.

Ce n’est pas une enfance malheureuse même si, à certains moments, Lisa rêvait d’être une autre mais surtout compliquée. À l’inverse de ses parents, Lisa est mature, c’est elle l’adulte. Elle voudrait juste être aimée sans condition. Il lui faudra beaucoup de temps et surtout la mort de son père pour comprendre que ses parents ne savaient pas faire autrement et que son chagrin, les failles de ses parents, son enfance malmenée fait d’elle cette femme forte qui ne changerait rien à son passé, elle n’était pas une erreur, ni l’élément inutile d’un tout important.

Très beau témoignage objectif d’une enfance particulière.

Un grand merci pour cette découverte à Masse Critique de Babelio et les Éditions Les Arènes.

 

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Propriété privée

 

Propriété privée par Deck

Julia Deck

ISBN : 2707345784

Éditeur : EDITIONS DE MINUIT (05/09/2019)



4ème de couverture :

Il était temps de devenir propriétaires. Soucieux de notre empreinte environnementale, nous voulions une construction peu énergivore, bâtie en beaux matériaux durables. Aux confins de la ville se tramaient des écoquartiers. Notre choix s'est porté sur une petite commune en pleine essor. Nous étions sûrs de réaliser un bon investissement.

Plusieurs mois avant de déménager, nous avons mesuré nos meubles, découpé des bouts de papier pour les représenter à l'échelle. Sur la table de la cuisine, nous déroulions les plans des architectes, et nous jouions à déplacer la bibliothèque, le canapé, à la recherche des emplacements les plus astucieux. Nous étions impatients de vivre enfin chez nous.

Et peut-être aurions-nous réalisé notre rêve si, une semaine après notre installation, les Lecoq n'avaient emménagé de l'autre côté du mur mitoyen.

 

Extraits :

 

“Tu savais très bien qu'ici, rien ne demeurait caché. Oui, c'étaient des mots gratuits pour semer le doute, agiter l'air.”

 

“Tu semblais me reprocher les désagréments comme si c'était moi la cause de nos maux, et non un désastre objectif.”

 

“Il suffit souvent de garder le silence pour que l'autre croit que vous vous intéressez, avec votre air circonspect qui très paradoxalement rassure, vous confère une réputation de compétence et d'objectivité, alors que je n'en avais vraiment rien à faire de leurs histoires de compost, de vide-greniers.”

 

“Il avait besoin d'occuper un maximum d'espace sonore, d'exister fortement dans toutes les dimensions de la vie.”

 

“J’étais une femme seule qui mangeait de la salade piémontaise dans une cuisine inconnue, attendant qu’on lui rende sa vie d’avant, ou qu’on lui en offre une autre plus acceptable.”

 

Mon avis :

Les Caradec, un couple de quinquagénaires parisiens décident de déménager et surtout de devenir propriétaires d’une maison. Elle travaille dans l’urbanisme, lui soigne sa dépression et ses troubles compulsifs. Tous deux très discrets, modernes, urbains, choisissent une grande banlieue dotée des commodités et surtout du RER et au milieu de la verdure.

Leur maison confortable, énergie renouvelable, vendue sur plan mais mitoyenne. Et oui vous avez lu le mais ? Tout est dans ce mot. Les Caradec s’installent font connaissance avec leurs voisins, profitent de la nature et de leur tranquillité jusqu’à l’installation de leurs voisins les plus proches.

Vous le connaissez tous ce voisin sans gêne qui se gare devant chez vous, s’essuie les pieds terreux sur votre paillasson, met la musique ou la télé  à un niveau sonore qui fait que vous vivez chez lui. Vous avez la maison et la promiscuité.Vous vous rendez compte que si les fenêtres restent ouvertes il faut parler à voix basse, dans le jardin, vous entendez la vie des autres. Mais il est trop tard.

La farce ne fait que commencer. Ces habitants vont aller très loin dans les incivilités et autres réjouissances jusqu'à la disparition d’une voisine.

Imaginez un collègue ou un ami vous racontant comment son projet tombe à l’eau, sa famille explose et votre petite voix sous susurre qu’il y a plus malheureux que vous et qu’en fin de compte tout ne va pas si mal dans votre vie et vous aurez le ton de l’auteure.

Lisez l’histoire des Caradec, un style vif, pétillant, cruel, réaliste et vous resterez locataires !

 

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Trois éclats toute les vingt secondes

 

Trois éclats toutes les vingt secondes par Kerymer

 

Françoise Kerymer

ISBN : 2709646560

Éditeur : J.-C. LATTÈS (08/10/2014)





4ème de couverture :

L’île de Sein, fragment de terre sur l’océan, lande aride au ras de l’eau, petite plate au bout du nez de la France, dans le Finistère.

Début juillet, Emma débarque Camille, son fils de 7 ans.  La maison de granit est ridiculement minuscule, humide et sans confort. Ici, tout agresse Emma, qui ne pense qu’à repartir. Mais l’exil est imposé par son mari, pour deux longs mois d’été… Emma dort et fume trop, pleure beaucoup, malgré le soutien d’Armelle, la restauratrice au grand coeur, et de Ronan, marin de la navette quotidienne avec la grande terre.

Camille, lui, est curieux de tout. Il s’émerveille avec Louis-Camille, le compositeur solitaire, et découvre l’Atlantique, sa magie, ses mystères. Il prend des risques, joue avec le danger.

Elle, la mère hyperémotive, lui, le fils trop grand dans sa tête d’enfant. L’île, fragile et invincible. Deux mois qui les marqueront à vie.

 

Extraits :

"Une bise tranchante siffle dans ses oreilles, le ciel plombé menace de toutes parts, mais dans cette baie étroite, la mer est plutôt calme, aussi calme qu'elle peut l'être quand le temps vire à l'orage."

 

"Il pleure sa souffrance infinie, enfant égaré dans un monde imprécis, menaçant, dans lequel il n'est jamais comme il doit être, comme on attend qu'il soit."

 

"Dans sa solitude peuplée d'infinis, aucun autre lieu au monde ne lui aurait donné cette terre d'asile."

 

"Je préfère les franches menaces de l'existence à ses insidieuses provocations."

 

"On a des bleus à l'âme. Et on traverse la vie, comme on peut, déjà tout cabossés."

 

"On peut choisir de faire face à la vie. Ou de la fuir. Mais pour y faire face, il faut se faire confiance."

 

"Mais ici, rien ni personne ne peut se protéger d’un vent qui  veut entrer chez vous."

 

Mon avis :

Les histoires de l’auteure sont pour moi un refuge. La Bretagne et plus encore les îles bretonnes avec la force des éléments qui vous obligent quoique qu’il arrive à lâcher prise.

Dans cette histoire, l’ïle de Sein, gros caillou, avec les quatre saisons dans une journée, les tempêtes imprévisibles, le vent et le beau temps pour récompense. Emma, urbaine jusqu’au bout des ongles doit passer deux longs, très longs mois sur cette île avec son fils certainement différent. C’est sa punition. Femme faible et se laissant vivre, elle subit sa vie, son mariage, son fils.

La maison est rudimentaire, humide et petite. Emma n’a jamais passé beaucoup de temps avec son fils qui est pris en charge par des nounous. 

J’ai aimé l'environnement, l’impression d’être chez moi, les habitants rustres et authentiques avec un coeur grand comme ça. Le phare, élément symbolique et rassurant, le climat qui nous rappelle que nous ne sommes pas grand chose face aux éléments qui se déchainent. La liberté. Le parcours de cette femme et de son enfant, rebelles et révoltés, qui vont apprendre à se connaître et s’aimer.

Je n’ai pas aimé la personnalité d’Emma à son arrivée, pauvre chose dépendante et irresponsable qui se laisse monter la tête par le premier venu.

Mais là encore, un écho à mon travail actuel. 

 

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Une immense sensation de calme

Une immense sensation de calme par Roux

 

 

Laurine Roux

ISBN : 2373850761

Éditeur : DU SONNEUR (15/03/2018)



4ème de couverture :

Alors qu’elle vient d’enterrer sa grand-mère, une jeune fille rencontre Igor. Cet être sauvage et magnétique, presque animal, livre du poisson séché à de vieilles femmes isolées dans la montagne, ultimes témoins d’une guerre qui, cinquante ans plus tôt, ne laissa aucun homme debout - hormis les invisibles, parias d’un monde que traversent les plus curieuses légendes.

 

Extraits :

“J'ai souvent cette impression d'être aspirée jusqu'à m'évaporer dans son sillage. Cela ne me paraît pas insensé. Ce n'est pas sage non plus. C'est ainsi.”

 

“Je comprends qu'il faudra oublier l'inquiétude et les explications.”

 

“Mais il y avait une plainte plus lointaine dans son coeur. Un chant inconsolable. Je le suivais sans trop me poser de questions. On vit aussi bien sans réponses.”

 

“Je n’avais aucun endroit où aller. Je me souviens m’être demandé s’il était possible qu’une route ne  finisse jamais. Alors j’ai décidé de commencer ainsi. Voir jusqu’où la route irait. Cela me semblait un bon début.”

 

“Le bruit du vent mérite plus d’attention que les vaines paroles.”

 

Mon avis :

Nous sommes dans une région glaciale où les gens survivent au fil des saisons. C’est une jeune fille qui nous raconte. La mort de sa grand-mère et sa nouvelle vie de nomade, elle n’a plus rien et surtout pas de maison. Elle décide de marcher pour voir jusqu’où la route ira. Mais il fait froid il y a de la neige. À moitié morte elle sera recueillie par une famille de pêcheurs. Elle y vivra des jours tranquilles ou presque, puisqu'elle marche des heures durant pour casser la glace et pêcher avec l’un des hommes de la famille. Mais elle a une famille, un toit et du travail. C’est là qu’elle croisera la route d’Igor, sa moitié. Il fait partie des invisibles, les parias de la guerre. Elle partira avec lui dans la montagne porter des vivres aux femmes isolées, aider les hommes à chasser quand il le faut. Mais les histoires d’amour finissent toujours mal et nous ne sommes que de passage dans ce vaste monde.

C’est une histoire triste mais tellement belle. L’auteure mélange conte et roman et le résultat est parfait.  Les personnages décrits acceptent leur sort, le climat rude, leur vie. Ils racontent pour que l’histoire perdure. Ils savent vivre avec leur environnement, connaissent les plantes qui guérissent. Il ya les pauvres et les sauvages, ces fameux invisibles. Et puis il y a la mort et l’acceptation de celle-ci.

Un témoignage du passé ou un avenir qui nous attend ? Un retour à l’essentiel poétique.

 

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Ville nouvelle

 

Ville nouvelle par Riva

 

Agnès Riva

ISBN : 2072880416

Éditeur : GALLIMARD (03/01/2020)

 

4ème de couverture :

Début des années 1990, Chrystelle, 19 ans, vient de perdre son père qui lui a laissé un deux- pièces dans une résidence d’une ville nouvelle. Elle s’y installe avec son petit ami Luc, embauché par la mairie comme urbaniste. Chrystelle, inscrite à la fac, tente de prendre ses marques dans le quartier en attendant la rentrée universitaire. Elle rencontre ses voisins et se lie d’amitié avec Nadia, trentenaire, mère de trois enfants. Mais Chrystelle délaisse vite ses études pour traîner avec un groupe de jeunes communistes dont l’un d’entre eux, Thierry vit dans une cité jardin.

Dans cet appartement typique des années 1970 débute sa vie nouvelle. Chrystele se demande si elle a fait les bons choix…

 

Extraits :

"Elle imaginait de grands espaces où les gens pouvaient se rencontrer, discuter, au lieu de vivre comme dans son hlm, repliés sur eux-mêmes."

 

"La porte est blindée et ils la considèrent avec reconnaissance, comme si elle allait contribuer à l'avenir à ce qu'on ne vienne plus leur demander de comptes."

 

"Ils avaient envie que leur cadre de vie reste une page blanche le plus longtemps possible."

 

"Lui qui se félicitait d'être à deux pas de son domicile s'est aperçu qu'il lui manquait un sas."

 

"Comme il sait désormais qu’il va partir, ce paysage qu’il avait fini par prendre en grippe lui est devenu indifférent."

 

"Surmonter ses peurs, ne pas ralentir les autres, vivre dans une certaine promiscuité… Elle aime l’idée qu’elle pourrait sortir différente de ce type d’aventure."

 

Mon avis :

Chrystelle et Luc se sont rencontrés. Pas l’amour fou, non juste une rencontre agréable. Lui vient du sud, la garrigue, les grillons, la maison familiale, la rivière, il a fait des études d’ingénieur et souhaite travailler dans la région parisienne. Elle vient d’un HLM où elle a grandi avec son père. Ce dernier est mort, Chrystelle a 19 ans. Elle hérite d’un appartement dans une ville nouvelle.Ils vont emménager dans cet appartement, Luc est embauché par la mairie pour développer cette ville, Chrystelle est censée continuer ses études. Un matelas, une table, le mobilier est sommaire, ils veulent que leur cadre de vie reste une page blanche. Chrystelle a toujours été militante communiste mais son père s’est opposé à son engagement. Elle va rencontrer un groupe de communistes à la sortie du métro et parmi eux un jeune homme instable mais attirant. Luc non plus n’est pas très emballé par l’engagement de Chrystelle mais elle n’a plus envie qu’on lui dicte sa vie.

Dans cette nouvelle vie il y a aussi les voisins. Nadia avec sa vie amoureuse compliquée et ses trois enfants sur le même palier, les indifférents partout ailleurs.

Le cadre de vie est agréable avec les espaces verts et le lac, fonctionnel avec les transports en commun, tout est pensé.

Mais ce cadre de vie peut se révéler anxiogène et entre Luc qui souhaite avoir une vie rangée et une amoureuse qui se dévoue à la famille et Chrystelle qui savoure sa toute nouvelle liberté, ce n’est pas une réussite.

Ces deux jeunes gens vont devoir faire des choix qui risquent de changer leur vie ou du moins l’idée qu’ils s’en faisaient.

J’ai bien retrouvé l’ambiance de ces villes nouvelles des années 70 et surtout la vie des gens. 

Le style est fluide et rapide. Une histoire sensible sur un moment décisif d’une vie de femme..

Merci à Masse critique de Babelio et aux Éditions Gallimard, collection l’Arbalète.

 

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L'enfant bleu

 

L'enfant bleu par Bauchau

 

Henry Bauchau

ISBN : 2290348392

Éditeur : J'AI LU (03/09/2007)



4ème de couverture :

À Paris, dans un hôpital de jour, Véronique, psychanalyste, prend en charge Orion, un jeune adolescent gravement perturbé. Malgré ses difficultés, elle discerne qu'il est doué d'une imagination puissante et entreprend de l'orienter vers le dessin et la sculpture. Les chemins de la création et ceux de la vie quotidienne sont semés d'incertitudes et d'échecs, mais dans ses "dictées d'angoisse", Orion parvient à s'ouvrir à la parole et à mettre en mots ce qui le hante. Au fil des années et suivant des voies inusitées, l'œuvre - l'œuvre intérieure et l'œuvre artistique - apparaît et s'affirme. Le délire, la confusion, les surprenants effets de l'art en actes, la patience des déliants qui partagent les efforts du "peuple du désastre" (les handicapés), le mystère indicible de la souffrance que combat l'opiniâtre espérance, tels sont les thèmes de ce livre où Henry Bauchau a versé beaucoup de son expérience de la psychose et de l'analyse pour atteindre, au-delà du vécu, à la vie du roman. Sous le signe de l'espoir, la présence fugitive de "l'enfant bleu" éclaire Orion et Véronique sur un chemin de compassion.



Extraits :

“Après le long trajet depuis ma banlieue, je sais que je suis à l'heure et pourtant je me sens en retard. En retard sur le monde, sur l'angoisse.”

 

“Trop serrés, trop pressés, chacun s'efforçant de préserver son petit espace de liberté.”

 

“Je m'efforce donc de rester étonnée, stupéfaite, à travers la répétition et la banalité des jours.”

 

“Je me sens perdue, à cause de l'incertitude, peut-être du chaos, à travers lequel j'avance - oui, j'avance - sans rien comprendre.”

 

“Dans la vie on doit souvent freiner.”

 

“Lui et moi, nous faisons partie du peuple accablé par la sourde terreur de ne pas comprendre le monde et ce qui s’y passe.”



Mon avis :

Quand Véronique trouve ce travail de psychanalyste à l’hôpital de jour, elle est criblée de dettes et sa vie perso est difficile. Ce travail, dans Paris, loin de chez elle, est plus que nécessaire. Véronique doit trouver sa place parmi ses collègues et trouver son rythme avec les trajets en train et à pieds fatigants.

Pour Orion, adolescent psychotique, qui vit avec son démon, c’est sa dernière chance de passer ses journées avec d’autres enfants. Orion, ou plutôt son démon, est violent quand on le provoque et ses camarades de classe adorent le pousser à bout. 

Un gamin dont personne ne veut plus s’occuper, une nouvelle qui a besoin de son travail et surtout de son salaire, leur destin vient de se lier.

Véronique va accompagner Orion pendant plus de dix ans. Elle voit dans les premiers dessins d’Orion l’artiste qu’il deviendra, mets en place les dictées d’angoisse à la demande, Orion dicte et raconte ses angoisses.

Pour accompagner un adolescent comme Orion, Véronique a du sortir du cadre de son travail et faire un transfert, il a pris place dans sa vie et lui a permis de se reconstruire. 

Ce récit ressemble à un conte dans la relation unique d’une psychanalyste et d’un gamin psychotique, mais est réaliste dans cette relation. 

Une utopie réaliste que j’ai aimée lire.




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Le voyage de Miss Norma

 

Le voyage de Miss Norma par Bauerschmidt

Timothy Bauerschmidt

Ramie Liddle

ISBN : 2709659654

Éditeur : J.-C. LATTÈS (21/03/2018)

Traductrice : Nadège Dulot




4ème de couverture :

« J'ai quatre-vingt-dix ans, et je prends la route. » 

Voici l'histoire bouleversante et vraie de Miss Norma, une nonagénaire qui, lorsqu'elle apprend qu'une maladie la condamne, décide de partir... pour un road-trip à travers les États-Unis. 

Accompagnée de son fils Tim, de sa belle-fille Ramie et de leur caniche géant, elle traversera le pays dans un camping-car pendant un an et explorera entre autres le Grand Canyon, le Mont Rushmore, la Nouvelle-Orléans... 

Elle rencontrera des hommes et des femmes qu'elle éblouira de sa sagesse sans faille et de sa bonne humeur... Sur la route, elle vivra la vie qu'elle avait rêvé de vivre, nous montrant qu'il n'est jamais trop tard pour partir en voyage. 

 

Extraits :

“Nous avons appris à être plus flexibles, à faire preuve de tolérance envers nous-mêmes et envers les autres sur la route.”

 

“La vie est fragile. Nous le disons tous, mais le plus souvent, cette vérité nous trotte dans la tête sans nous toucher au coeur.”

 

“Moins de possessions, c’était moins d’obligations et moins d’inquiétudes.”

 

Mon avis :

J’ai toujours eu une fascination pour les gens qui voyagent et vivent en camping-car. Le petit espace de vie, cette idée de liberté, se réveiller au pied d’une montagne, dans un champs ou au bord de la mer, m’attirent forcément. La réalité est autre mais le concept me plait.

Tim et Ramie ont adopté ce style de vie depuis des années, voyageant au gré du travail et des saisons. Ils passent tous les ans quelques jours chez les parents de Tim jusqu’à cette année où les choses dérapent, où les parents sont dans un sale état. Le père de Tim est mourant et Norma n’est pas au top de sa forme. Après le décès du père, Norma apprend qu’elle est atteinte d’un cancer. Elle a 91 ans. Elle a le choix entre des traitements intrusifs ou partir voyager avec Ramie et Tim, avec l’accord du médecin. Le choix de Norma est vite fait, elle part !  Ils prennent le temps de calculer le budget, changer le camping-car et la voiture pour plus de confort et ils partent tous les trois, ou plutôt tous les quatre, Ringo le caniche royal de Ramie et Tim fait partie du voyage. J’ai aimé la joie de Norma qui découvre, la bienveillance de Ramie et Tim envers elle. Pourtant pour eux épris de liberté, les choses ne sont pas si faciles, ils s’inquiètent quand la santé de Norma décline, doivent trouver des solutions pour son bien-être. Ce voyage est possible car Norma est facile à vivre.  De belles rencontres, une belle dose de résilience, de tolérance, des conditions de vie spartiates, Ce témoignage est émouvant et beau.

 

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Avant que j'oublie

 

Avant que j'oublie par Pauly 

 

Anne Pauly

ISBN : 2378560346

Éditeur : VERDIER (22/08/2019)




4ème de couverture :

Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un " gros déglingo ", dit sa fille, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier.

De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ?

Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.

 

Extraits :

 

"C'était absurde, tant de gloriole, d'emphase et d'espoir ironique tout de suite après tant de silence et de rien."

 

"J'ai toujours envié les gens, et j'en connais, capables de se lever et partir sans un mot quand la conversation leur déplait ou qu'ils sont pris au piège d'une situation qu'ils dénoncent."

 

"Elle avait dû perdre beaucoup de gens dans sa vie pour savoir si bien dire au revoir."

 

"Je voulais prendre le train, retrouver mon boulot de merde dans la fourmilière, ricaner bêtement avec mes trois amis autour d'un bol de cacahuètes, rentrer chez moi et faire comme si de rien n'était."

 

"Comment j’avais pu perdre autant de temps dans ma vie à attendre que la route se dégage alors qu’en réalité, elle était là, ouverte, accessible puisque je courais dessus de toute la vitesse dont j’étais capable. Bien sûr, il avait fallu que je m’arrête pour ramasser dans le noir tous les objets tombés dans la bouillasse."



Mon avis :

Avec amour et ironie Anne nous raconte son père. Ce père qu’elle a connu alcoolique et violent, repenti et poète quelques années avant sa mort. Anne et son frère se rendent à l’hôpital où leur père a rendu son dernier soupir. Ils doivent contenir leurs sentiments pour régler la note et les détails pratiques. Puis organiser les obsèques. Ce frère qui prend toute la place avec son chagrin et sa colère.

L’enterrement passé, Anne toujours en état de sidération doit s’occuper seule de trier les affaires de son père, de ses parents, de son enfance dans cette maison délabrée. Anne ne peut pas, elle regarde attentive les affaires de son père, les range à leur place, enregistre les bruits de la maison et se souvient. Le frère est reparti dans sa vie et Anne n’aura que très peu de nouvelles. L’amie d’enfance du père a écrit une lettre pour raconter leur jeunesse commune et Anne va découvrir l’être sensible et blessé qu’il était adolescent.

Elle reprend sa vie, endormie, toujours en état de choc jusqu’à ce jour où elle entend la voix de Céline Dion qui voudrait tant parler à son père. Anne s’écroule, elle peut enfin faire son deuil.

Les mots sont choisis, précis. Ils sont tendres, chagrinés, coléreux, gais. J’ai aimé ce récit lumineux malgré la mort. L’auteure manie la tendre ironie avec subtilité et justesse. Je me suis retrouvée dans les souvenirs d’enfance, dans les odeurs et les bruits de cette maison familiale. Je n’oublierai pas cette histoire, Anne n’oubliera pas son père, ni tous ses souvenirs qui font d’elle cette femme sensible et aimante.

 

Posté par pyrouette à 07:26 - Commentaires [3] - Permalien [#]
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