la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Le philosophe qui n'était pas sage

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Laurent Gounelle

ISBN : 2266234870

Éditeur : Éditions de la Loupe (2013)

4ème de couverture :

La forêt tropicale semblait retenir son souffle. Assise devant sa hutte, Elianta tourna les yeux vers Sandro qui s'avançait. Pourquoi ce mystérieux étranger, que l'on disait philosophe, s'acharnait-il à détruire secrètement la paix et la sérénité de sa tribu? Elle ne reconnaissait plus ses proches, ne comprenait plus leurs réactions... Qu'avaient-ils fait pour mériter ça? D'heure en heure, Elianta sentait monter en elle sa détermination à protéger son peuple. Jamais elle ne laisserait cet homme jouer avec le bonheur des siens.

Extraits :

“Tu es tellement dissous dans tes pensées et absorbé par l'action que tu ne vois plus la vie.”

“Les mauvaises nouvelles, les problèmes, les dangers accaparent toute notre attention car ils stimulent notre instinct de survie. C'est plus fort que nous, c'est quasi physiologique.”

“Ah, le quotidien… Comme il est plus aisé de disserter sur les grands principes que de faire face au jour le jour aux soucis qui se mettent en travers de son chemin.”

Mon avis :

La femme de Sandro, professeur de philosophie est morte l’année passée, tuée par une tribu aborigène d’Amazonie. Il n’arrive pas à faire le deuil et ravagé par le chagrin et le désir de vengeance, il part sur les traces du dernier voyage de son épouse. Il embauche les mêmes mercenaires et se sert d’eux et des pensées philosophiques de Marc Aurèle pour détruire la sérénité de la tribu qui vit dans un bonheur permanent. Ils vont se retrouver confronté à Élianta, héritière du vieux Chaman.  De virus en leçons d’économie, les indiens succombent aux vices de la société moderne.

C’est un récit écrit comme un conte moderne et j’ai eu bien du mal à le lire jusqu’au bout. Trop simpliste pour mon univers.

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Margherita Dolcevita

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Stefano Benni

Marguerite Pozzoli (Traducteur)

ISBN : 2742796797

Éditeur : ACTES SUD (2011)

4ème de couverture :

Quinze ans, quelques kilos en trop et un (grand) cœur qui bat sur un rythme atypique, voici Margherita Dolcevita, la nouvelle héroïne de Stefano Benni.

Un père bricoleur acharné, une mère qui fume des cigarettes virtuelles, deux frères, l'un fana de foot, l'autre de mathématiques, un grand-père qui avale des yaourts périmés pour se mithridatiser, et un chien indéfinissable, Roupillon : c'est la famille de Margherita, habitant un dernier reste de campagne, aux portes d'une petite ville comme tant d'autres. Quant à Margherita, elle écrit des poèmes et dialogue avec la Petite Fille de poussière, un fantôme qui hante une maison frappée et, il y a longtemps, par un bombardement.

Mais un jour apparaît, juste en face, un énorme Cube noir et menaçant. Il s'agit des nouveaux voisins, les Del Bene, image d'une "modernité" maléfique qui fait voler en éclats la vie paisible de l'adolescente. Seul Angelo, leur fils aîné, un beau "vampire blond", tente de se soustraire à la vie hypocrite de ses parents.

Jusqu'au bout, Margherita, qui a découvert les activités louches des Del Bene, se battra pour "notre miette de justice", avec son humour, avec son intelligence et son refus des stéréotypes, qui font d'elle une sorte de Zazie italienne.

Extraits :

"Des années durant lesquelles le monde a vieilli d'un coup. Et de la vieillesse, il prit l'égoïsme et le désespoir, pas la sagesse ni la générosité."

"À savoir que tout le monde veut laisser aux enfants un monde meilleur - une rengaine qui dure depuis des siècles, et le résultat c’est la terre, cette petite cloque de haine."

"Évidemment, un jour, les cheminées d'usine s'écrouleront, le fleuve s'assèchera, l'autoroute sera déserte, pleine d'épaves de voitures et de squelettes cramponnés aux volants, et les marguerites resteront maîtresses du monde."

 

"L'arme bactériologique du siècle : l'ennui. Celle qui te persuade qu'attendre de vivre est moins fatiguant que de vivre."

Mon avis :

Margherita, quinze ans, vit avec ses frères, ses parents, son grand-père et son chien dans une vieille maison en bordure de ville. Un bonheur simple, clair, limpide.

Jusqu’au jour où des nouveaux voisins arrivent. Ils ont fait construire une maison en forme de cube qui cache le soleil à la vieille maison, entourée de hautes palissades avec un chien de garde et d’attaque dans leur jardin. Leurs fenêtres sont fumées de façon à ce que personne ne les voit à l’intérieur de la maison.

Margherita va nous raconter comment ces gens vont se montrer intrusifs et manipulateurs envers ses parents au point de les modeler à leur vision de la société.

L’adolescente va se rebeller, essayer de mettre en garde ses parents, en vain. Le grand-père, de l’avis de l’adolescente et gênant les projets des voisins, va malencontreusement tomber et se retrouver en maison de retraite, impuissant devant cette manipulation. Le chien de Margherita va disparaître, il fouinait trop du côté du cube.

Dans notre société, nous n’aimons pas voir nos voisins de longue date déménager, nous nous méfions toujours des nouveaux arrivants surtout quand ils essayent de se faire accepter par la communauté ou d’imposer leur style de vie.

Ce ressenti est poussé à l’extrême à travers les yeux d’une adolescente avec une part de réalité et une part d’imagination, enfin j’espère.

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Des mensonges nécessaires

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Diane Chamberlain

ISBN : 2280358158

Éditeur : HARPER COLLINS (2016)

4ème de couverture :

Elle a 15 ans et la vie devant elle, mais elle est pauvre.

Ils sont du bon côté de la société, et ils veulent décider pour elle.

1960. Dans les champs de tabac de Caroline du Nord, Jane Forrester et Ivy Hart ne pourraient mener des existences plus différentes. A quinze ans, Ivy travaille dur pour faire vivre sa famille, notamment « bébé William », âgé de deux ans qui souffre d’un retard mental. Au contraire, Jane est confortablement mariée et rien, dans son milieu bien-pensant, n’exige d’elle qu’elle donne de sa personne. Sauf sa conscience et sa sensibilité. Bravant son mari et les conventions sociales, elle s’engage au service des pauvres – au service de la famille d’Ivy Hart. Une proximité qui lui ouvre les yeux sur des secrets insoupçonnables et un scandale humain qui devient sa bataille.

Une histoire inspirée d’événements réels, dans le Sud profond des Etats-Unis, qui plonge le lecteur au cœur d’une tragédie et d’une solidarité incroyablement émouvante et romanesque entre femmes.

Extraits :

"Nous passons notre temps à nous infliger un tas de contraintes stupides et inutiles. Et la vie est trop courte pour s'inquiéter de toutes ces règles absurdes."

"S'impliquer, c'est perdre son objectivité à coup sûr."

"Je me corrigeais chaque fois que j’y pensais, mais on ne pouvait pas vraiment dire que ma vie allait quelque part pour autant."

Mon avis :

Une histoire basée sur des faits réels en Caroline du Nord dans les années soixante sur le programme d’eugénisme.  À une époque et dans une classe sociale où il est bien vu que la femme mariée reste à la maison et devienne mère rapidement, Jane préfère travailler. Son mari est médecin, voudrait devenir père rapidement et comme tous ses amis, préfèrerait voir Jane en vitrine familiale dans les différents clubs et dîners mondains. Jane résiste et devient assistante sociale par passion. Elle est formée par une femme qui travaille depuis des années sur les plantations de tabac. Noirs et blancs vivent en harmonie même s’il va de soi qu’un blanc n’adresse pas la parole à un noir et vice-versa.

C’est là que Jane fait la connaissance d’Ivy, quinze ans, qui travaille et veille sur sa grand-mère, sa soeur légèrement perturbée et son neveu attardé. La soeur d’Ivy a été stérilisée après son accouchement sans son accord, officiellement opérée de l’appendicite.

Les services sociaux prétendent avoir un droit de regard sur la stérilisation des femmes, quitte à mentir sur la demande officielle, à partir du moment où les familles ont besoin d’aide. Pas de racisme, blancs et noirs sont à égalité pour ce programme d’eugénisme. S’il rend service à certaines femmes qui ne veulent plus avoir d’enfant, il est abusif pour des adolescentes qui ne savent pas qu’elles ne pourront pas avoir d’enfant.

Jane est choquée et ne veut pas continuer ce programme. Elle se rebelle contre ses collègues, essaye d’aider Ivy et va créer des cataclysmes familiaux en révélant la méthode des demandes de stérilisation.

Jane et Ivy nous raconte leur histoire à tour de rôle, leurs ressentis, leurs États d’âme. Deux destins malmenés pour une noble cause.

 

 

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Un hiver long et rude

 

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Mary Lawson

Traductrice : Michèle Valencia

ISBN : 2846669538

Éditeur : A VUE D'OEIL (2015)

4ème de couverture :

Rien ne va plus chez les Cartwright. Alors qu'Emily s'apprête à donner naissance à son huitième enfant, qu'Edward, le père, cherche dans son bureau une échappatoire au chaos ambiant, que Tom, le fils aîné, s'enferme dans la dépression, Megan, fille unique de la fratrie et mère de substitution de chacun, décide de voler de ses propres ailes. À vingt et un ans, l'heure est venue pour la jeune fille de se libérer des siens. Adieu le Grand Nord canadien, bonjour le swinging London ! Pendant que Megan se cherche dans la Vieille Europe, les Cartwright, eux, tentent de survivre. Qui pour s'occuper du foyer, désormais ? Pour remplir le frigo ? Pour protéger Adam, quatre ans, et ses frères de la folie douce d'Emily, uniquement absorbée par son nourrisson et négligeant tout le reste ? Qui pour arracher Edward aux ruminations d'un passé qui le hante ? Accablé par la culpabilité depuis le décès de son meilleur ami, Tom, brillant étudiant, renonce chaque jour un peu plus à ses rêves... Et si le moment était venu pour lui d'assumer son rôle d'aîné ? Le silence qui étouffe les Cartwright peut-il être conjuré ? Et si le plus difficile, parfois, était l'espoir ?

Extraits :

"On pourrait qualifier ça de technique de survie, je suppose ; ici on en a besoin en hiver. Ma vie aussi, d'ailleurs, en a besoin."

"Le froid est une chose qu'on a peine à imaginer d'une façon abstraite, il faut en faire concrètement l'expérience."

"Nous semblons programmés pour chercher des réponses. Quelque chose se produit et il nous faut savoir pourquoi. Nous nous creusons la cervelle, nous essayons de suivre tel ou tel raisonnement, d'en chercher un qui puisse coller à notre cas de figure. Mais souvent, il n'y a pas de réponse, ou alors il y en a trop."

"J'ai toujours trouvé que la Nature nous induisait en erreur en nous faisant prendre les décisions les plus importantes de notre vie à un âge où nous sommes trop jeunes pour envisager les conséquences de nos actes."

"Il y a une loi de la nature - du moins de la nature humaine - qui stipule qu’on ne doit jamais, au grand jamais, se dire que les choses s’arrangent enfin, parce que le destin ne pourra pas s’empêcher, à un moment ou à un autre, de vous faire un croche-pied."

Mon avis :

À vingt-et-un ans Megan est le pilier de sa famille. Elle gère tout, même ses parents, brillants irresponsables, chacun à sa manière. Elle comprend grâce à son frère aîné qu’il est temps pour elle de faire sa vie, ailleurs. Elle quitte le Canada pour l’Angleterre, rejoindre une amie d’enfance, malgré les jérémiades de sa mère. Megan est plutôt rassurée car le médecin de famille a déclaré que sa mère ne devait plus avoir d’enfant, sept, cela suffit. L’arrivée en Angleterre ne ressemblera pas à l’eldorado tant souhaité et Megan logera dans une sorte de squat le temps de trouver du travail et un appartement.

Pendant ce temps, sa famille essaye de survivre dans un petit village du nord Canada où il neige et fait très froid. La mère, malgré les avertissements du médecin, accouchera de son huitième enfant en abandonnant les autres, dans la maison, sans soins. Elle va s’enfermer avec son nouveau né dans sa chambre. Le père quitte la maison le plus souvent possible, préfère travailler à la banque et manger à l’extérieur avec ses propres souvenirs d’enfance qui lui gâchent la vie et l’empêchent de s’occuper de ses enfants. Tom, le fils aîné tombe dans une dépression après la mort de son meilleur ami, travaille et mange à l’extérieur aussi. Les deux adolescents et l’avant-dernier (quatre ans) se retrouvent dans une maison crasseuse, sans hygiène et surtout sans nourriture. Personne pour leur préparer un repas correct. Il y a bien une femme censée s’occuper du ménage et un peu des enfants mais elle profite de la situation et ne fait rien.

Tom va avoir un sursaut de lucidité et découvre effaré l’état de son petit frère, qui n’est jamais lavé et maigre, très maigre. Malgré tout, il n’arrive pas à parler à son père et préfère appeler Megan au secours.

Il n’est pas bon être une fille. C’est une histoire de conscience et de sentiment de culpabilité. Megan va-t-elle continuer sa propre vie prospère en Angleterre ou revenir s’occuper de ses parents irresponsables ?

À vous de le découvrir.

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Les infâmes

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Jax Miller

Traductrice : Claire-Marie Clévy

ISBN : 2290120251

Éditeur : J'AI LU (2016)

4ème de couverture :

Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l'Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d'avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère. En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l'énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d'années à se cacher, quitter l'anonymat c'est laisser à son bourreau l'occasion de la retrouver. Et de se venger.

Entre les paumés magnifiques, les flics indélicats, les dégénérés de sa belle-famille et de dangereux fanatiques religieux, son périple tourne à l'odyssée.

Extraits :

"J'ai entendu quelque part, il y a très longtemps, que le fait de tuer quelqu'un en rêve signifiait qu'on perdait le contrôle de soi-même."

"Il faut s'attendre à des effets secondaires quand on essaie de suivre le mouvement de la Terre qui tournoie sur son axe, un point c'est tout."

"Comme ça, on n'oubliera jamais ce moment. Qu'on n'arrive nulle part ou qu'on voie tout ce qu'il y a à voir, on se crée des souvenirs."

"Il a repéré sa vulnérabilité du premier coup d'oeil et ressent le besoin d'envelopper son innocence dans une couverture et de la tenir à l'écart de la cruauté d'un monde qui veut la lui arracher."

 

"Autrefois, je savais quel goût avait le bonheur, quelle sensation il donnait, quelle apparence il avait.Enfin, disons que j’avais une idée de ce à quoi il était censé ressembler, au moins. Mais j’avais une famille. J’avais une maison. J’avais de grands espoirs et beaucoup d’ambition. J’étais l’incarnation du rêve américain."

Mon avis :

 

Avoir la poisse à ce point là, c’est un sacré destin. Freedom a vécu heureuse jusqu’à la mort de sa mère, sa seule famille, même si elle était déjà tombée amoureuse du mauvais garçon dans toute sa splendeur. L’argent de l’héritage va attirer sa belle-famille caricature des cassos, menteurs grossiers, vulgaires, drogués, voleurs, violents. Mais Freedom est amoureuse, a déjà son premier enfant et sa belle maison et le tout représente son rêve de la famille idéale.

Un soir de trop, le rêve bascule en cauchemar, puis en véritable boucherie et Freedom sera arrêtée pour le meurtre de son mari. Elle accouchera de son deuxième enfant en prison et les services sociaux vont faire pression pour qu’elle abandonne ses enfants puisqu’elle risque de passer sa vie en prison.

Deux ans en prison puis c’est la liberté et le programme de protection des témoins. Elle s’appelle liberté même s’il est rare qu’elle se sente libre. Alcoolique, angoissée, elle a atterri dans une petite bourgade de l’oregon, elle est serveuse dans un bar mal famé. Sa nouvelle vie est là, entre ses crises d’angoisse, les bagarres avec les clients, l'alcool qui ne fait rien oublier, sa solidarité pour sa vieille voisine et les regards énamourés avec le flic de la ville. Elle suit ses enfants sur internet via les réseaux sociaux. Son fils est devenu un brillant avocat, sa fille une sorte de dévote.

Puis un jour, sa fille disparaît et la vie de Freedom, pourtant pas très calme va s’accélérer dangereusement pour la retrouver, surtout quand elle apprend que son beau-frère est libéré de prison.

Tous les clichés de l’amérique sombre et violente se bousculent dans cette histoire et malgré cela la lecture est agréable.

Mais quelle poisse elle a cette Freedom !

Merci à Masse critique de Babelio et aux éditions j’ai lu pour cette traversée des bleds paumés et infréquentables des États-unis.

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Ce que j'appelle oubli

 

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Laurent Mauvignier

ISBN : 2707321532

Éditeur : EDITIONS DE MINUIT (2011)

4ème de couverture :

Quand il est entré dans le supermarché, il s’est dirigé vers les bières. Il a ouvert une canette et l’a bue. A quoi a-t-il pensé en étanchant sa soif, à qui, je ne sais pas.

Ce dont je suis certain, en revanche, c’est qu’entre le moment de son arrivée et celui où les vigiles l’ont arrêté, personne n’aurait imaginé qu’il n’en sortirait pas.

Cette fiction est librement inspirée d’un fait divers, survenu à Lyon, en décembre 2009.

Extrait :

"Et je sais qu’il aurait aimé te dire tout ce que tu ne sauras jamais de lui"

Mon avis :

Un texte inspiré d’un fait divers : un homme est mort sous les coups de quatre vigiles pour avoir bu une bière dans un rayon d’un magasin.

Il faut prendre correctement sa respiration avant de commencer la lecture pour ne pas manquer d’air. Ce récit n’a pas de point, juste des virgules et des points d’interrogation pour freiner l’histoire de temps en temps.

Beaucoup d’interrogations dans ce texte rageur, connaître les raisons du soutien des femmes des vigiles, appréhender le ressenti des enfants face à ces pères de famille assassins, les états d’âme du frère de la victime qui a un bon travail en France et ne sait pas si son patron le laissera s’absenter pour les obsèques, prévenir les parents sans qu’ils apprennent le côté miséreux de leur fils, la violence de sa mort.

Boire une bière sans la payer et mourir.

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Ripley Bogle

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Robert McLiam Wilson

Brice Matthieussent (Traducteur)

ISBN : 2267013746

Éditeur : CHRISTIAN BOURGOIS EDITEUR (1997)




 

4ème de couverture :

 

"Arrogant, paresseux, génial et cancre, Ripley Bogle joue tous les personnages d'une même pièce avec une verve incroyable. (...). Au terme de cette autobiographie comique, truffée de digressions verbales à la Laurence Sterne qui rendent hommage à Joyce, Ripley Bogle nous fait un aveu : il a menti. Ce qui est, de la part de McLiam Wilson, un dernier clin d'œil à "son Irlande", personnage invisible de cet étonnant roman : "Il n'y a rien de plus irlandais que le mensonge. Mais quand les Irlandais mentent, ils appellent cela créer un mythe.". Rien d'étonnant alors si Ripley Bogle prend des airs mythiques, héros de notre temps, porte-parole des années 80 et d'un XXème siècle finissant dans le cynisme.".

 

 

Extraits :

 

“Je me dépatouillais avec l'optimisme et il se dépatouillait avec moi.”

 

“La pauvreté, la solitude et la crasse ne font pas un mélange savoureux dans le meilleur des cas, mais quand on y ajoute les condiments de l'épuisement et du désespoir, leur effet est presque vertigineux.”

“Drôle de chose, la vie, et drôles de gens qui la vivent.”



“Lorsqu'on mène une vie confortable, prospère et satisfaite, les mésaventures atroces d'autrui engendrent le pire embarras.”

 

“La jeunesse est chose merveilleuse. L'espoir n'est pas mal non plus et le parfait compagnon de ces deux attributs est l'optimisme à l'imperturbable aveuglement.”

 

“Juste m'arrêter - voilà de quoi j'ai besoin, voilà tout ce que je peux faire.”

“Je suis bien plus qu’un simple vagabond. Je suis un claustrophobe, un ermite, un prophète, un perdant, une nullité, un message chiffré ! Nom de dieu, je suis un symbole de notre époque.”



Mon avis :

 

Ripley Bogle, 22 ans, vagabond à Londres nous raconte sa vie et comment il est tombé si bas, alors qu’il est intelligent et brillant, du moins selon son récit.

 

Du je au il, peut-être quand la dose d’alcool est trop forte, il nous narre son enfance, fils aîné d’une ancienne prostituée et d’une brute sans cervelle, poivrot, irlandais  et catholique de surcroît. Pourtant dans son enfance, à Belfast, le ciel était clair et lumineux. De bagarre en bagarre, de renvoi en renvoi il suit une scolarité chaotique. Pourtant c’est un enfant surdoué. Il aura la chance d’être intégré à l’université de Cambridge, lui venant des bas-fonds de Belfast. Ripley qui gâche toujours toutes ses chances va tomber amoureux d’une jeune fille protestante et sera renié par sa famille. Il va devoir travailler, il est courageux mais son mauvais petit démon lui souffle toujours de mauvaises idées qui le font sombrer de plus en plus dans la misère. Il sera renvoyé de Cambridge également, deviendra alcoolique suite à un chagrin d’amour, et la descente aux enfers va de plus en plus vite.

 

Il reste le récit d’un jeune vagabond, la faim au ventre, ses coins favoris, ses amitiés ses inimitiés, la violence, la maladie, la fatigue.

 

Est-ce le je qui nous raconte la vérité ou le il, certainement les deux ! Chacun a sa propre vérité.

 

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Sigolène Vinson

ISBN : 2370550554

Éditeur : LE TRIPODE





 

 

4ème de couverture :

 

Le Caillou, c’est l’histoire d’une femme qui voulait devenir un caillou.



Extraits :

 

“Mais peut-être que ce n'est pas si important d'avoir quelque chose à dire.”

 

“Les gens font comme ils peuvent avec la vie.”

 

“J'oubliais que mon langage n'avait de sens que pour moi. Depuis quelques temps, je vivais recluse, et mon vocabulaire s'était appauvri, ma syntaxe réduite à la plus simple expression, comme si la solitude m'avait rendue aphone.”

 

“En me contentant de petits bruits, j'imagine que la vie passera sans m'apercevoir, qu'elle m'épargnera ce qu'elle n'épargne à personne.”

“Je suis à l'orée de disparaître, parce que la vie n'est pas habitable.”

 

“Si je lui souris, c’est par ironie du sort.”



Mon avis :

 

Une jeune femme enseignante persuadée qu’elle ne peut plus rien apprendre à ses élèves, hypersensible, décide de quitter le monde vivant. Elle veut devenir un caillou, pour ne plus ressentir d’émotions.

Elle se terre dans son tout petit appartement, limite les contacts à son travail de serveuse intérimaire dans un bar près de chez elle, et aux services qu’elle rend à sa voisine atteinte d’éléphantiasis. Les journées défilent, monotones et dans une solitude extrême.

 

Pourtant une nuit, un voisin frappe à sa porte. Il a perdu ses clés et lui demande de l’aide. L’amitié débute entre ses deux marginaux des sentiments, lui passionné de sculpture, elle passionnée  par ce caillou qu’elle veut devenir. Puis, ce vieux voisin cardiaque, meurt. Il avait décidé de ne plus prendre ses médicaments.

 

Elle récupère les livres de son ami et décide une nouvelle fois de tout quitter pour la Corse, région de prédilection de son vieil ami. Là-bas, elle va reprendre contact avec le monde, enfin avec la poignée d’homme qui vit dans la montagne. La suite dépend aussi de l’interprétation du lecteur, est-ce la réalité ou la vérité arrangée ? A vous de le lire, à vous de décider.


Le paradoxe de cette histoire est le bien-être que l’on ressent avec cette jeune femme, comme si devenir un caillou dans la sérénité est une chose normale.

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L'île des oubliés

 

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Victoria Hislop

ISBN : 2253161675

Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (2013)

Traductrice : Alice Delarbre



 

4ème de couverture :

 

L’été s’achève à Plaka, un village sur la côte nord de la Crète. Alexis, une jeune Anglaise diplômée d’archéologie, a choisi de s’y rendre parce que c’est là que sa mère est née et a vécu jusqu’à ses dix-huit ans. Une terrible découverte attend Alexis qui ignore tout de l’histoire de sa famille : de 1903 à 1957, Spinalonga, l’île qui fait face à Plaka et ressemble tant à un animal alangui allongé sur le dos, était une colonie de lépreux... et son arrière-grand-mère y aurait péri. Quels mystères effrayants recèle cette île que surplombent les ruines d’une forteresse vénitienne ? Pourquoi, Sophia, la mère d'Alexis, a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la déchirante destinée de ses aïeules et sur leurs sombres secrets...



Extraits :

 

“Alors qu'ils profitaient avec insouciance du bonheur de l'enfance sur l'étendue des galets chauds, leurs vies avaient basculé.”

 

“Il n'y avait rien à dire. Presque plus rien à ressentir.”

 

“Elle avait toujours mesuré le pouvoir d'un geste simple, la force du détail.”



“N'est-il pas étrange que le passage du temps rende encore plus difficile l'évocation de certaines choses ?”

“Mais pour tout te dire, j’ai l’impression que le destin en avait après toi, mais là je suis sûre qu’il est à court de munitions."

 

 

Mon avis :

 

Sophia est une femme secrète. Elle n’a jamais parlé de sa famille à ses enfants et a attisé la curiosité de sa fille Alexis qui décide de retourner sur les traces de sa mère en Grèce. Elle est certaine que sa propre vie est bloquée par rapport  aux secrets de famille de sa mère. Devant la détermination de sa fille, Sophia écrit et demande à la meilleure amie de sa mère d’accueillir Alexis et de lui raconter l’histoire de sa famille.

 

Le début du récit ressemble à une banale histoire d’amour ratée avec une jeune femme qui rejette son malheur sur sa mère. il faut s’accrocher quelques pages pour rentrer dans le vif du récit et être happé par cette île de Spinalonga. Je suis restée admirative devant la résilience de Maria qui a enchaîné sa vie durant les coups durs de l’existence.

 

La dissimulation, autrement dit le fait de taire quelque chose est-elle différente du mensonge comme le pense Sophia ? Ou plus simplement chaque être humain a t-il la liberté de conter son histoire ou non ?



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Meurtres entre soeurs

 

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Willa Marsh

Danielle Wargny (Traducteur)

ISBN : 2253157538

Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (2011)



 

4ème de couverture :

 

Olivia et Emily, des demi-sœurs, vivent une enfance heureuse dans l'Angleterre des années 1950. Jusqu'au jour où Mo et Pa font un troisième enfant : Rosie, la petite princesse, leur préférée. Une vraie peste. Peu à peu, Rosie parvient à empoisonner l'existence de toute la famille, poussant Olivia et Emily dans leurs derniers retranchements. Comment s'en débarrasser ? Coups bas, manipulations en tous genres, vengeances : impossible de s'ennuyer à la lecture de ce roman jubilatoire, aux héroïnes aussi cyniques que déjantées. Un festival d'humour noir !



Extraits :

 

“Le rire tient la peur à distance et fait reculer cette insécurité liée au monde adulte qui les frôle dangereusement.”

 

“Ce n'est pas parce qu'on trouve la mort obscène qu'on peut s'y soustraire.”

 

“C’est le genre de type qui ne tient à ses possessions que dans la mesure où elles suscitent chez autrui admiration et convoitise.”



Mon avis :


La vie d’une famille recomposée avec tous les coups bas, les disputes et plus si affinités ! Olivia et Emily, soeurs par le mariage du père de l’une et de la mère de l’autre, se détestant enfants, vont apprendre à s’unir et tisser de véritables liens à la naissance de la petite peste, leur soeur Rosie. Pa et Mo ravis de réunir leur famille par cette petite et comme tout parent, ne voient rien des chamailleries des trois filles. Rosie réussira à diviser pour mieux régner jusqu’à la cinquantaine pas très réjouissante des deux aînées, obligées de revenir vivre dans la maison familiale. Pa est mort, laissant toute la place aux femmes de sa vie. La suite ? Réjouissante, cynique et mortelle ! La flasque a toute sa place dans cette fin d’histoire, surtout ne respirez pas les vapeurs d’alcool.

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