la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Le signal

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Ron Carlson

Sophie Aslanides (Traducteur)

ISBN : 2351780396

Éditeur : GALLMEISTER (05/01/2011)

 

 

 

4ème de couverture :

 

Pour la dernière fois, Mack et sa femme Vonnie partent camper dans les montagnes du Wyoming afin de se dire adieu. Enlisé dans les dettes, l'alcool et les trafics, Mack a peu à peu contraint Vonnie à renoncer à l'amour profond qui l'avait attirée vers l'Ouest, et la jeune femme a refait sa vie. Cette randonnée est un moment de complicité retrouvée, une ultime occasion de se révéler l'un à l'autre. Pour Mack, cette expédition est aussi la dernière mission qu'il exécute pour le compte d'un intermédiaire douteux afin de sauver son ranch de la faillite. Au cœur des vastes étendues sauvages, guidé par un faible signal GPS, il doit retrouver une mystérieuse balise égarée lors d'un survol de la région. Mais cette mission se révèlera bien plus périlleuse que prévu.

 

 

Extraits :

 

“C'est parce qu'ils signifiaient quelque chose qu'on transportait certains objets.”

 

“Les bonnes manières, toutes sans exception, sont des protections. Elles peuvent être plus efficaces que les muscles dans les endroits visqueux.”

 

“Il y a trop de montagnes dans ma vie pour qu'on y mette un avion.”

 

“Quitte à être fauché, autant l’être au bon endroit.”

 

 

Mon avis :

 

Mack est un looser. Il avait tout pour être heureux et son père lui avait donné de bonnes valeurs. Mais voilà, la mort prématurée de ce dernier laisse un Mack d’une vingtaine d’années désoeuvré et incapable de gérer le ranch familial qui aurait dû lui assurer une vie confortable.  À l’époque de son adolescence il fait la connaissance de Vonnie qui vient passer des vacances dans la région. Elle reviendra des années plus tard et épousera Mack.

 

Mack a déjà accepté du travail pas très clair, il est rentré tout entier dans la délinquance, ses seules possibilités de sauver le ranch qu’il doit louer. Les deux tourtereaux habitent un mobil home délabré et insalubre pendant quelques années.

 

Leur mariage tient dix ans et c’est un miracle. L’alcool, les dettes, le travail douteux vont faire fuir Vonnie qui va refaire sa vie assez rapidement.

 

Mack se retrouve en prison. À sa sortie, il demande à Vonnie de l‘accompagner dans les montagnes du Wyoming, randonnée qu’ils font tous les ans depuis leur mariage. Il ne prévient pas Vonnie qu’il a accepté encore une mission douteuse.

 

Mack est un raté, met tout le monde en danger, mais c’est un gars des montagnes. Il est né ici, c’est sa vie, même fauché et divorcé.

 

Des paysages magnifiques et des poursuites glauques.

 

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L'enfant pétrifié

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Valérie Lys

ISBN : 237260077X

Éditeur : PALÉMON ÉDITIONS (28/03/2017)

 

 

 

4ème de couverture :

 

Jimmy Quévélé, vendeur d'objets d'art à Quimper, est assassiné quelques jours avant une exposition d'art malgache dans la capitale cornouaillaise.

 Habitué des enquêtes bretonnes, le commissaire Velcro va découvrir Quimper et son impressionnante cathédrale.

 Mais il va aussi devoir dénouer les fils d'une intrigue opposant ambition occidentale et culture ancestrale et mêlant amour, amitié et vengeance...

 

 

Extraits :

 

“Il était d'une humanité consternante.”

 

“Je n'arrive jamais à ressentir un sentiment fort pleinement, sans arrière-pensée, sans autocontrôle.”

 

“Loin des ambitions destructrices, des trahisons et des frivolités contemporaines, mes valeurs étaient solides et saines. Clé de mon bonheur en tout cas.”

 

“Nous avons tous notre libre arbitre. C'est la route que nous choisissons qui fait de nous ce que nous sommes. Un virage à droite ou à gauche et c'est notre vie qui bascule.”

 

“Le spectacle était navrant. Véritable mise en scène de notre solitude. Élan narcissique contemporain. Nous n'avons jamais autant communiqué entre nous et paradoxalement nous ne nous sommes jamais sentis aussi seuls. Notre vie est devenue une sorte d'ego trip sans but et sans billet retour.”

 

“La vie n’est qu’une succession d’évènements qui s’emboîtent les uns dans les autres, plus ou moins bien d’ailleurs.”

 

 

Mon avis :

 

Il s’en passe des choses à Quimper. Le vol d’un objet d’art, un lithopédion qui est plutôt une pratique ancestrale malgache de conservation d’un corps de nouveau né, au Centre d’art contemporain.

 Puis le meurtre par flèche empoisonnée du brocanteur qui s’est procuré le lithopédion. Puis le meurtre d’un mari jaloux, militaire faisant souvent des voyages à Madagascar et dans la ligne de mire de certains policiers parisiens. Autour de ces hommes, des femmes séduisantes, jalouses, aimantes.

 Le Commissaire Velcro est parachuté à Quimper pour cette enquête. Cela tombe bien, il aime la tranquillité de la Bretagne. Il doit travailler avec les enquêteurs locaux pas très doués, il faut le dire. Cet homme observe, discute avec les différentes personnes qu’il rencontre.

 Il fait la part des choses, recoupe les informations, relie les protagonistes de cette triste histoire, doucement, sans violence.

 La violence est à Paris avec les attentats.

 C’est une histoire d’amitié, d’amour et de haine.

 Enquête agréable sans hémoglobine et bien menée.

 Merci à Masse critique de Babelio et aux Éditions du Palémon pour cette découverte bretonne.

 

 

 

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Bérézina

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Sylvain Tesson

Thomas Goisque

ISBN : 2352211980

Éditeur : GUERIN ÉDITION (05/01/2017)

 

 

 

4ème de couverture :

 

« Un vrai voyage, c’est quoi ?

– Une folie qui nous obsède, dis-je, nous emporte dans le mythe ; une dérive, un délire quoi, irrigué de vodka, une glissade à la Kerouac, un truc qui nous laissera pantelants, le soir, en larmes sur le bord d’un fossé. Dans la fièvre…

– Ah ? Fit-il.

– cette année ceux sont les deux cents ans de la Retraite de Russie, dis-je.

– Pas possible ! dit Gras.

– Pourquoi ne pas faire offrande de ces quatre mille kilomètres aux soldats de Napoléon ? »

Sylvain Tesson embarqué l’Empereur dans son side-car pour une épopée carnavalesque et réjouissante.

Entraîné dans une effraction du temps, le lecteur enjambe les siècles avec jubilation.

 

 

Extraits :

 

“L'homme n'est jamais content de son sort, il aspire à autre chose, cultive l'esprit de contradiction, se propulse hors de l'instant. L'insatisfaction est le moteur de ses actes.”

 “La vodka est autrement plus efficace que l'espérance. Et tellement moins vulgaire.”

 “L'espoir meurt en dernier.”

 “Quiconque a marché quelques jours sous les futaies de ce pays sait le désespoir et l'angoisse qui étreignent l'âme, au soir d'une journée où tout effort a semblé vain pour faire se rapprocher l'horizon. L'étendue russe est décourageante.”

 “Les trente glorieuses avaient servi à cela : nous aménager des paradis familiers, des bonheurs domestiques, des jouissances privées. Nous permettre d'avoir beaucoup à perdre.”

 “Le froid ouvrait ses brèches. Il avait une vie autonome et ses propres plans.”

 

 

Mon avis :

 

J’aime bien suivre les aventure de l’auteur confortablement installée dans mon canapé et bien au chaud. Il le dit lui-même ses voyages sont des folies arrosées de vodka, du moins quand il s’agit de la Russie.

 Il décide avec quatre compagnons de vodka, voire de galère, deux français, deux russes, de suivre la route de la retraite de Napoléon de Moscou à Paris sur des motos ou plutôt des side-cars. Ils ont choisi de partir en hiver sinon quel intérêt ?

 La route de la retraite de Napoléon est une route fréquentée par des camions maintenant et dangereuse pour les engins plus ou moins à deux roues.

 Les deux copains russes partent plus tard à cause d’une avarie sur une moto et malheureusement ils ont les affaires des français permettant de braver le froid. Ce froid qui mord et s’infiltre partout.

 Le soir pas de bivouac, ils s’arrêtent dans des hôtels, auberges, bouis-bouis. De bons repas arrosés évidemment de vodka, histoire de l’oublier ce froid mordant. Les nuits au chaud sont indispensables.

 L’auteur évoque, au fil de son voyage, la tragédie des soldats et des chevaux, morts dans l’indifférence. Un véritable carnage dû au froid, aux maladies, à la faim. Les soldats mangent les chevaux puis se mangent en eux. Qu’aurions nous fait à leur place ?  Nous qui vivons avec tout le confort moderne et incapables de défendre une cause qui ne concerne pas un proche ?

 J’ai pris un cours d’histoire et j’ai suivi le voyage de quatre fous furieux, voyage qui n’a duré que treize jours - je suis étonnée - mais je n’ai pas vu les paysages grandioses de la Russie, juste des routes boueuses entre deux camions.

 

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Le prix de l'innocence

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Willa Marsh

ISBN : 2746734346

Éditeur : AUTREMENT (06/02/2013)

Traducteur : Éric Mc Comber

 

 

4ème de couverture :

 

« - On danse ?

J'acquiesçai. Et c'est ainsi que tout commença. »

Pique-nique en virées en décapotable le week-end, première cigarettes, premiers slows : poussée par ses amis Vanessa et Tony, si joyeusement délurés, l’innocente Fiona prend goût à la liberté. Ce n’est pas le même chanson pendant la semaine. Au grand magasin Winslow, elle doit subir les remontrances de la terrible Mme Ferrars, chef du rayon verre et porcelaine. Elle découvre, stupéfaite, un monde d’intrigues et de coups bas. Trois décennies plus tard, Fiona reçoit une lettre de Vanessa lui annonçant la visite de son fils Alex. Les souvenirs Affluent… Peu à peu, pour Fiona, tout s’éclaire.

 

 

Extraits :

 

Je me demande comment il nous est possible de perdre les pas à ce point. Comment un couple capable de si bien glisser, tournoyer et chalouper ensemble peut-il soudainement trébucher, tomber et s'écraser les doigts de pied ?”

“Cependant, plus l'on vieillit, plus il nous arrive de nous tourner vers le passé qui, pour certains, semble baigner dans un éternel halo ensoleillé.”

 

“Nous devons tous faire face aux nouveaux départs.”

“Nos vies sont jonchées de ces petites trahisons d'amour et d'amitié, de cette répugnance à donner de nous-mêmes, et, occasionnellement, celles-ci nous reviennent nous hanter.”

“Peut-être devrions-nous toujours, en nous remémorant nos pires erreurs, nous rappeler les principaux faits qui ont entourés ces actions regrettables. Il est si facile de se labourer les tripes en se disant qu'on aurait dû mieux agir, se montrer plus forts, plus tolérants, tout en oubliant le contexte exact de nos actions passées.”

“Pourquoi, chaque printemps, lorsque je vois passer un corbeau portant une paille dans son bec, une mystérieuse nostalgie s’empare-t-elle de moi, un ardent désir qu’on pourrait associer davantage à l’impétuosité de la jeunesse qu’à la placidité de la cinquantaine ?”

 

 

Mon avis :

 

Fiona, la cinquantaine, demeure dans un cottage  pittoresque et chaleureux avec son mari. Bénévole dans de nombreuses associations et paroisse du village, Fiona vit au présent. La lettre qu’elle reçoit de sa meilleure amie, lui demandant de recevoir son fils, va la faire basculer dans le passé dans les jours qui suivent.

 

Elle n’osera pas parler de la lettre à son mari James, être distant, qu’il faut rassurer souvent. Leur fille, qu’ils ont eu temps de mal à avoir, est décédée. Le chagrin, la douleur, la culpabilité communs aux deux personnalités, sont vécus pourtant de façon différente.

 

Fiona, dès qu’elle est seule, remonte dans son passé de jeune fille à l’époque où son père la força à travailler dans un magasin et où elle fit connaissance avec Vanessa puis Tony le petit ami de cette dernière et James un ami de Tony.

 

Entre liberté, fêtes et travail, Fiona trace son petit chemin. Si Vanessa et Tony sont délurés et joyeux, Fiona et James, plus sérieux pensent à l’avenir et au mariage.

 

La vie éloigne les gens qui s’aiment, Vanessa et Tony se séparent malgré leur petit garçon, Fiona et James résistent au temps et aux failles.

 

L’arrivé d’Alex, va remettre les choses en place. et je ne peux en dire plus.

 

C’est une histoire sur l’amitié plus que l’amour, la vie, les erreurs faîtes, les regrets, la culpabilité.

 

Ce que j’aime dans le style de l’auteure, c’est cette résilience dans tous ses personnages principaux : accepter et résister aux chocs de la vie et surtout continuer.

 

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Winter

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Rick Bass

Béatrice Vierne (Traducteur)

ISBN : 2070414051

Éditeur : GALLIMARD (17/05/2010)

Traductrice : Béatrice Vierne







4ème de couverture :

 

Winter est le récit de l'installation de Rick Bass et de sa femme dans un coin reculé du Montana en plein hiver.

Pas d'électricité, pas de téléphone, juste un saloon à une demi-heure de route. Mais une vallée comme au début du monde, une nature splendide et cruelle. Par moins trente-neuf degrés, le rêve se fait parfois souffrance.

Dans une prose lumineuse, le défenseur de l'environnement Rick Bass redécouvre, au terme d'un progressif dépouillement, l'essentiel.



Extraits :

 

“C'est parfois tout à fait merveilleux de découvrir qu'on était dans l'erreur, qu'on est ignorant, qu'on ne sait rien, peau de balle. Comme ça, on peut recommencer.”

“Nous avons su aussitôt que c'était là que nous voulions vivre, là que nous avions toujours voulu vivre.”

“Je commence à me dissocier de la race humaine. Je ne voudrai pas passer pour un malotru - mais ça me plaît. Ça me plaît même tellement que ça me fait un peu peur.”

“C’est justement pour ça que nous sommes montés jusqu’ici, nous et tous les autres habitants du coin. Il n’y a pas de quoi être fiers, mais nous fuyons tous quelque chose, et cet isolement nous donne l’impression d’être en sécurité.”



Mon avis :

 

Rick et Elisabeth décident de déménager et se cherchent une maison dans l’ouest du Pays. Sans un sou vaillant en poche, mais avec leurs deux chiens, petit à petit, ils remontent vers le nord, ils n’ont pas les moyens de l’ouest. Artistes tous les deux, des rêves pleins la tête et une bonne dose de folie, ils visitent un domaine dans le Montana  dont les gardiens veulent partir ne supportant plus le climat très froid.

Les voilà dans leur nouvelle vie, loin de tout, en pleine nature, sans internet, téléviseur ou même téléphone. Ils vont apprendre en premier le besoin du bois pour le chauffage et la nourriture. Et du bois il en faut beaucoup, c’est la première tâche et la plus indispensable pour leur survie. Le bois, c’est sale, tous ceux qui vivent ou ont vécu dans des contrées froides le savent. Et puis dans cette région le bruit le plus répandu est celui des tronçonneuses.

Leurs voisins sont sympathiques, pas très causants mais agréables. Ils organisent des repas, des jeux pour les femmes, histoire de passer l’hiver. Pour Rick et Elizabeth, c’est différent, ils ne connaissent pas encore la lassitude, ils découvrent et contemplent et ce qu’ils voient leur plaît infiniment. Les corps doivent s’habituer, se lever malgré le froid et la fatigue, travailler au grand air, se promener, observer les animaux, se ravitailler et puis se réfugier devant  la cheminée ou le poêle le soir, bien au chaud, emmitouflés dans de chaudes couvertures. Attention de ne pas prendre feu.

Déneiger, puis éviter les congères pour les virées à la ville, de temps en temps, pour téléphoner à leur famille et tenter de réparer et d’équiper les voitures. Les astuces à transformer en réflexes pour ne pas subir de déboires.

J’ai suivi la nouvelle vie de ces deux être givrés avec plaisir. Des relents de ma vie en Lozère sont revenus, sans mauvais souvenirs cette fois.

Mais je suis prudente, j’ai attendu qu’il fasse bien chaud pour entamer ce récit !

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En roue libre

 

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Lisa Owens

ISBN : 2714471110

Éditeur : BELFOND (20/04/2017)

Traducteur : Guillaume-Jean Milan




 

4ème de couverture :

 

À presque trente ans, Claire a décidé de donner enfin du sens à sa vie. Étape 1 : démissionner de son poste dans la « communication créative ». Étape 2 : mettre ce temps libre à profit pour se sculpter un corps de déesse, courir les expos, raviver la flamme avec Luke, son amoureux de longue date. Étape 3 : PRO-FI-TER.

Six mois plus tard, le bilan est cata : Claire erre chez elle en pyjama, se vautre dans l'auto dépréciation et l’alcool, fouille les réseaux sociaux à la recherche d’indices sur l’infidélité supposée de Luke, commet une gaffe irréparable avec sa mère. Même ses amis les plus solidaires commencent à laisser filtrer un début de ras-le-bol devant son comportement d’ado paresseuse. Claire le sent : la situation lui échappe.

Freud le disait : « L’amour et le travail… Le travail et l’amour, c’est tout ce qui existe. » Mais quand les deux se font la malle, que faire pour reprendre pied ? A quel saint se vouer pour trouver le secret d’une vie réussie ?



Extraits :

 

"Aujourd'hui, c'est comme si chaque personne que je croise tentait d'arrêter le regard de toute personne qu'elle croise, dans l'espoir de reconnaître son âme soeur dans la foule, et ainsi que cette âme soeur la reconnaisse à son tour."

"Essayer de dissimuler le monstre à l'intérieur est ardu et un travail à plein temps."

"J'ai toujours trouvé suspects ces gens qui ont l'art de faire tout mieux que les autres."

"Je ne travaille peut-être pas toute la journée au sens traditionnel du terme, mais je reste néanmoins quelqu'un qui a aussi des ambitions."

"Tu ne trouveras pas d'emploi magique qui résoudra tous tes problèmes. Il y a un monde entre un métier quelconque et son métier."

"Quand une chose ne vous rend pas heureux, changez-la."



Mon avis :

 

Claire, 30 ans a perdu le contrôle de sa vie. Elle démissionne pour se trouver un métier à la hauteur de ses ambitions. Six mois de salaire d’avance, sa période de réflexion ne prendra pas tout ce temps.

 

Elle vit avec Luke, interne en neurochirurgie, jeune homme brillant et aimant.

 

Ses parents la soutiennent au début, ses amis aussi.

 

La descente aux enfers est là pour Claire. Traînant en pyjama toute la journée, répondant à une offre d’emploi de temps en temps, Claire ne trouve pas sa voie. Elle ne sait absolument pas ce qu’elle veut faire comme métier. Rien, nada, aucune idée et aucune envie. Elle se laisse aller, sort, boit trop et de plus en plus, commet une gaffe irréparable à l’enterrement de son grand-père, se fâche avec sa mère. Et puis les journées sont trop courtes quand on ne travaille plus, pas le temps de s'occuper du ménage, des courses, de la maison, pas le temps.

 

Luke essaie bien de la raisonner avec diplomatie mais la voit chuter sans rien pouvoir faire. Les amis s’éloignent, surtout, depuis une soirée où elle s’est faite particulièrement remarquée, à la limite du coma éthylique. Inutile de dire  que le compte en banque de Claire est dans le rouge absolu

 

Sa mère ne lui pardonne pas mais se rapproche d’elle pour éviter la catastrophe.

 

Du coup, Claire parle plus à son père et ce dernier suit les traces de sa fille en démissionnant. Après quarante ans de bons et loyaux services, il vient de s’apercevoir qu’il s’était trompé de voie, il voulait être architecte.

 

C’est drôle et terriblement actuel. Il faut avoir des bases solides pour quitter son travail à notre époque, sinon la chute est inexorable.

 

Malgré quelques décennies  me séparant de Claire, nos histoires se ressemblent… Je me cherche encore ! Très agréable à lire, un peu comme un journal intime.


Merci à Babelio et aux Éditions Belfond pour cette découverte bien agréable.

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Petit traité sur l'immensité du monde

 

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Sylvain Tesson

ISBN : 2266167596

Éditeur : POCKET (17/01/2008)






4ème de couverture :

 

Pour ralentir la fuite du temps, Sylvain Tesson parcourt le monde à pieds, à cheval, à vélo ou en canot. Dans les steppes d’Asie centrale, au Tibet, dans les forêts françaises ou  Paris, il marche, chevauche, escalade aussi les monuments à mains nues.

Pour mieux embrasser la terre, il passe une nuit au sommet de Notre-Dame de Paris, bivouaque dans un arbre ou sous un pont, construit des cabanes.

Cet amoureux des reliefs poursuit le merveilleux et l’enchantement. Dans nos sociétés de communication, il en appelle à un nouveau nomadisme, à un vagabondage joyeux.

Ce Petit traité sur l’immensité du monde est un précis de désobéissance naturaliste, une philosophie de poche buissonnière, un récit romantique contre l’ordre établi.



Extraits :

 

“J'en suis venu à la conclusion que le nomadisme est la meilleure réponse à l'échappée du temps. Mon but n'est pas de la rattraper mais de parvenir à lui être indifférent.”

“Grâce à la route, je me suis mis en marche, grâce à la marche, je me maintiens en mouvement et paradoxalement, c'est quand j'avance, devant moi, que tout s'arrête : le temps et l'obscure inquiétude de ne pas le maîtriser.”

“Ouvrir les yeux est un antidote au désespoir.”

“La paix civile, c'est bien connu, c'est quand chacun dort chez soi. Le meilleur allié du bonnet phrygien, c'est le bonnet de nuit.”

“Pourquoi partir si c’est pour faire le tour de soi ?”

 

 

Mon avis :

 

Quel bonheur de lire ce petit traité pendant la campagne électorale qui fait des ravages partout. Au lieu de regarder la télé, d’écouter les médias qui rabâchent en boucle les déclarations des candidats, j’ai suivi Sylvain en Sibérie, au Tibet, dans les forêts.

Écouter la nature, regarder les étoiles, faire un bivouac potable ou non, choisir son endroit pour dormir, voilà une occupation paisible.

Lire les philosophes voyageurs, marcher le nez au vent, voir les merveilles naturelles, oh oui j’étais mieux avec l’auteur.

Marcher pour lutter contre le temps, marcher pour penser vagabonder ou simplement, vivre dans une cabane dans la forêt avec le minimum, un retour aux sources indispensable.

Et pour finir une petite citation : “une vie est réussie quand elle est n’est faite que de verbes d’action.”

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Assez de bleu dans le ciel

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Maggie O’Farrell

ISBN : 2714474322

Éditeur : BELFOND (06/04/2017)

Traductrice : Sarah Tardy





 

4ème de couverture :

 

Une maison à des kilomètres de tout.

Autour, rien que l'herbe verte, les trembles aux feuilles chargées de pluie et le ciel changeant du Donegal. Ce refuge, Daniel Sullivan s'apprête à le quitter le temps d'une semaine pour se rendre aux États-Unis, son pays d'origine. C'est l'anniversaire de son père, qu'il n'a pas vu depuis des années.

Dans la voiture qui le conduit à l'aéroport, une voix retentit à la radio : celle d'une femme dont il est sans nouvelles depuis vingt ans, son premier amour.

Les souvenirs se déversent. Replonger dans le passé, comprendre ce qui le pousse à abandonner ceux qu'il aime, Daniel ne pense plus qu'à ça.

Mais il y a son épouse Claudette, star de cinéma fantasque, passionnée, qui a choisi d'organiser sa propre disparition pour échapper au monde. Comment lui révéler l'homme qu'il est véritablement ? Que peut-il encore promettre, lui qui n'a jamais su que fuir ?

Avec un art de la construction vertigineux qui mêle les lieux, les époques et les voix, Maggie O'Farrell donne vie à une galerie de personnages complexes et livre la bouleversante radiographie d'un mariage, des forces qui le soudent aux pressions qui le menacent. Encensé par une presse unanime, un roman puissant, à la fois drôle et poignant.



Extraits :

 

“Ma vie n'a été jusqu'ici qu'une longue série de fuites en avant, de moments d'arrêt, caché, comme les mailles tombées d'un tricot.”

 

“Je dois me rendre à cette fête - et puis quoi ? Et puis revenir ici. Rester dans le rang, reprendre ma vie.”

 

“Que pensent les gens d'eux en regardant toutes ces choses, en regardant leurs possessions ?”

 

“Il se lisait souvent sur le visage de ma mère, je m'en souviens, un air distrait, une distance, comme si ses pensées étaient ailleurs, en exil dans un lieu auquel nul d'entre nous ne pouvait accéder.”

“Dehors, le monde est un tout autre endroit.”



“Cette maison a la curieuse habitude de retrouver l'atmosphère qui l'habitait auparavant, déserte et désolée : je n'oublie jamais semble-t-elle dire dès que nous nous absentons plus d'un jour ou deux ; mes pierres et mes poutres ont traversé des décennies d'abandon.”

“Cela ne ressemble pas à ce qu'elle attendait de la vie.”

 

"Selon toute vraisemblance, je suis un mari, un père, un citoyen, un enseignant, mais à la lumière je suis un déserteur, un imposteur, un voleur, un tueur. Je possède une certaine apparence en surface, mais je suis sillonné de trous et de galeries en dedans, comme une falaise de calcaire."



Mon avis :

 

Quand le passé revient à la surface, tout part de là. Ce passé, comme un diable sorti de sa boire, peut détruire une famille avec les non-dits, Daniel va en faire l’amère expérience même s’il en est le principal responsable. Il vit avec Claudette son épouse et ses enfants, dans un coin perdu d’Irlande. La maison est isolée et séparée du monde extérieur par douze portails.

Daniel doit partir pour les États-Unis fêter  l’anniversaire de son père avec qui les relations sont houleuses ou indifférentes selon les époques. Sur la route il entend, par hasard, la radio parler de son premier amour, Nicola, décédée.

Tout s’enchaîne et la famille va être décortiquée, tous les membres, un par un. L’auteure va nous balader dans les époques, des années 40 avec la mère de Daniel et son grand amour loupé, jusqu’à nos jours pour l’éclatement de la famille, en passant par les années 80 pour la jeunesse de Daniel et dans plusieurs pays. La fidélité, les grossesses, les avortements, les naissances, l’amour mais la mort aussi.

Daniel va sombrer. Il le dit lui-même, il est sillonné de trous et de galeries en dedans, comme une falaise de calcaire. La reconstruction sera longue et difficile. Il comprendra avec les années de souffrance, qu’il a le droit d’être heureux.

J’ai eu un coup de coeur pour Claudette, ancienne actrice qui n’a pas hésité à disparaître avec son fils afin de vivre normalement, loin de toute agitation mondaine. Elle n’admet aucune intrusion dans son petit monde et n’hésite pas à sortir le fusil. Daniel pense qu’elle est folle en gardant une certaine normalité. Je pense que c’est une mère louve, elle m’émeut et j’aime sa solitude.

Un grand merci à Masse critique de Babelio et aux  Éditions Belfond.

 

 

 

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Les brutes en blanc

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Martin Winckler

ISBN : 2081390337

Éditeur : FLAMMARION (05/10/2016)



4ème de couverture :

 

On attend d’un médecin qu’il écoute, rassure, explique et s’efforce de « Guérir parfois. Soulager souvent. Consoler toujours ». On attend d’un médecin qu’il soigne.

En France, la réalité est autre : de la violence verbale aux jugements de valeurs, de la discrimination au refus de prescription, des épisiotomies arbitraires à la chimiothérapie imposée, bon nombre de médecins brutalisent les patients, à commencer par les femmes. Ces brutes en blanc trahissent la déontologie et enfreignent les lois.

Ce n’est pas un hasard : la caste hospitalière, profondément sexiste, ne se consacre pas aux soins, mais à ses luttes de pouvoir ; dans les facultés, la formation éthique et psychologique est absente, le savoir sous la coupe de mandarins aux valeurs archaïques et l’esprit scientifique parasité par les industriels. Comment s’étonner, alors, que tant de médecins se comportent en aristocrates hautains, et non en professionnels au service du public ?

Le temps est venu de dire non à cette maltraitance d’un autre âge. La santé des citoyens vaut bien une révolte. Ou une révolution.



Extraits :

 

"Même quand on a choisi de s'engager dans une profession de santé, le fait d'avoir été formé au soin ne confère aucune supériorité morale sur le commun des mortels."

"La douleur et la peur sont intimement liées : la douleur accentue la peur, et la peur accentue la perception et l'intensité de la douleur."

"Parfois, le respect consiste à ne rien dire. Ainsi, on est sûr de ne pas blesser."

"On n'aide pas les patients à prendre des décisions en tamisant les lumières ou en les poussant dans le brouillard."

"Un soignant n'est pas un sauveur de vie, mais quelqu'un qui aide la plupart des patients à vivre le moins mal possible."

"Le pouvoir est incompatible avec le soin. A fortiori, avec l'enseignement du soin."

“Le “c’est dans votre tête !” que trop de praticiens décochent aux patients invoquant un symptôme “non répertorié” est l’une des expressions les plus manifestes de l’obscurantisme médical français.”

 

Mon avis :

 

Il est très difficile de partager sur ce livre. Nous avons tous  fait l’expérience d’une maltraitance médicale qu’elle soit voulue ou non.

L’auteur nous informe sur une spécialité qu’il connaît et pratique : la gynécologie. Le domaine des femmes. Mais aussi sur  la psychiatrie, les soins de fin de vie, la gériatrie, la médecine en général.

Le système français donne le pouvoir aux médecins ; savez-vous que votre médecin traitant déclaré peut être un spécialiste et non un médecin généraliste ?

Votre déclaration est faite auprès de la cpam et vous dépendez maintenant du bon vouloir de ce médecin. S’il ne vous coupe pas la parole quand vous exposerez votre souffrance, c’est un bon médecin et c’est rare. Savez-vous que quand on vous laisse la parole sans vous interrompre, en moins de deux minutes, votre cas sera exposé ? Alors qu’après maintes questions, interruptions, à force de reprendre à chaque fois un récit déjà difficile, il sera remis en cause par le praticien : c’est dans votre tête.

Dans votre dossier il y aura les comptes rendus médicaux mais aussi des réflexions personnelles du médecin : est venu avec son mari/sa femme/sa mère/sa fille. Il faut savoir qu’un médecin a horreur de voir son patient accompagné. Il se sent déjà en faute, il doit justifier et garder pour lui toutes ces petites phrases assassines qui démontent un malade. Il propose un parcours de soins tenant compte des visiteurs de laboratoires qu’il a reçus.

Si vous osez vous rebeller, il sera noté dans ce fameux dossier : est agressif.

Parfois des annotations sur votre vie personnelle et intime.

Vous comprenez la rétention de votre dossier médical quand vous le demandez ? Votre dossier vous appartient selon la loi. Seulement en théorie.

Vous n’avez pas le droit d’arriver en retard alors que le médecin ne se gêne pas.

Il est temps de dire non et stop, de remettre un médecin à sa place, de refuser des examens coûteux et inutiles la plupart du temps. Il est temps de refuser une opération, de demander des précisions, des explications.

Nous sommes tellement conditionnés par ce système médical que la description des faits de cet auteur et médecin ne nous surprend pas, c’est une évidence !

J’ai vécu cette maltraitance pendant des années. Il y a deux ans, une gynécologue bretonne a jeté son spéculum qu’elle n’arrivait pas à installer car énervée, il est passé à deux centimètres de mon visage. Passant sa rage sur mon corps l’examen a été très douloureux, les propos désagréables et aucun soin proposé. Quelques semaines plus tard j’ai frôlé la catastrophe. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

J’avais acheté ce livre aussi pour ma fille qui souffre de deux pathologies graves. Je ne lui donnerai pas. Je n’en parlerai pas ou plus. Il sera rangé dans ma bibliothèque dans la rangée du fond. J’ai eu le tort de l'accompagner chez le spécialiste et chez son médecin traitant étant alertée par son état. C’était dans sa tête, elle n’avait rien ou presque et les deux médecins hommes qui regardaient plus ma fille dans les seins qu’ailleurs étaient presque moqueurs et cyniques la détruisant un peu plus. Il a fallu du temps, faire des recherches pour trouver des médecins bienveillants. Le diagnostic est tombé : deux pathologies graves. Sa souffrance est réelle, une première opération nécessaire et utile est programmée.

Mais de toute façon, le rôle du médecin est de soulager quelque soit la souffrance. Et c’est toute la démonstration de l’auteur dans ce livre.






 

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Petit pays

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Gaël Faye

ISBN : 2246857333

Éditeur : GRASSET (24/08/2016)

 

 

4ème de couverture :

 

«Au temps d'avant, avant tout ça, avant ce que je vais raconter et le reste, c'était le bonheur, la vie sans se l'expliquer. Si l'on me demandait “Comment ça va ?” je répondais toujours “Ça va !”. du tac au tac. Le bonheur, ça t'évite de réfléchir. C'est par la suite que je me suis mis à considérer la question. À esquiver, à opiner vaguement du chef. D'ailleurs, tout le pays s'y était mis. Les gens ne répondaient plus que par “Ça va un peu”. Parce que la vie ne pouvait plus aller complètement bien après tout ce qui nous était arrivé.»

G.F.

 

Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l'harmonie familiale s'est disloquée en même temps que son «petit pays», le Burundi, ce bout d'Afrique centrale brutalement malmené par l'Histoire.

Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d'orage, les jacarandas en fleur ... L'enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.



Extraits :

 

"Le bonheur, ça t'évite de réfléchir."

 

"L'enfance m'a laissé des marques dont je ne sais que faire."

 

"Ma vie ressemble à une longue divagation.Tout m'intéresse, rien ne me passionne."

 

"La colère me disait de braver ma peur pour qu'elle arrête de grandir. Cette peur qui me faisait renoncer à trop de choses."

 

"Je pensais être exilé de mon pays. En revenant sur les traces de mon passé, j'ai compris que je l'étais de mon enfance. Ce qui me paraît bien plus cruel encore."


"J’avais beau espérer, le réel s’obstinait à entraver mes rêves. Le monde et sa violence se rapprochaient chaque jour un peu plus."



Mon avis :

 

Gabriel, sa petite soeur Ana, sa mère rwandaise, son père français, vivent au Burundi, dans un petit coin tranquille qui ressemble au paradis. Une grande maison au fond d’une impasse, des copains, des domestiques, la belle vie pour des enfants. Le bonheur sans réfléchir.

Pourtant sa mère, fille de réfugiés rwandais, vit déjà avec ses blessures et ses failles. Son mari n’est pas très diplomate et le couple se sépare. La vie continue malgré tout pour Gabriel et Ana. Avec ses copains ils volent des mangues dans l’impasse qu’ils revendent. Une vieille voiture dans un terrain leur sert de lieu de rassemblement. Le paysage est idyllique.

Les désaccords politiques, l’assassinat du premier Président élu démocratiquement dans ce pays perturbé vont provoquer de nouveau une guerre et un génocide. Le petit coin de paradis de Gabriel s’effrite et s’écaille. Au début trois fois rien, juste les matelas mis dans le couloir pour éviter les balles perdues. Puis la haine prend de l’ampleur, les gangs de rues s’affrontent. La famille de la mère réagit, se sentant concernée. Au Rwanda les batailles et le génocide sont pires. Gabriel voit des cadavres dans la rue, l’école est souvent fermée. Grâce à une voisine il découvre l’évasion de la lecture pendant que la guerre continue dehors.

Sa mère au retour d’un voyage au Rwanda où elle découvre ses nièces et son neveu morts, perd la tête et s’en prend souvent à Ana. Il est temps de fuir, sans un au revoir, sans un mot sans la tête tournée en arrière, les enfants partent en France dans des familles d’accueil. Le choc est terrible et ces deux gamins sauvés de la guerre, sans leurs parents, vont devoir se construire malgré tout.

Gabriel reviendra dans le pays de son enfance qui a bien changé. Dans l’impasse un seul de ses copains est resté. Les maisons sont maintenant entourées de très hauts murs. Chacun chez soi. Cela ne change pas, en dehors du climat, des cages à poules de la région parisienne. Mais Gabriel  va faire une découverte grâce à son copain qui l'emmène dans le cabaret de leur enfance. La suite ? C’est l’épilogue, à vous de le découvrir !

 

Je ne voulais pas lire ce livre, trop de prix, trop de critiques, excellentes, trop, trop. Et puis ce texte écrit par un chanteur de rap, non merci. Et puis un beau jour, dans la médiathèque de mon village, je tourne, je vire, pas d’inspiration et Petit Pays me fait de l’oeil.

Je ne regrette pas. Le récit est sublime, la prose poétique malgré la violence des faits.

Posté par pyrouette à 15:16 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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