la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

11 octobre 2010

"Les derniers jours d'un homme."

arton16847_2ae48de Pascal Dessaint

4ème de couverture :

Une cité industrielle du Nord-Pas-de-Calais où la pollution a tout gangrené, une cité séparée du monde "sain et normal" par une autoroute, une cité qu'on ne quitte pas, sinon pour aller au cimetière.

A quinze ans d'intervalle, deux voix se répondent. Celle d'un père, Clément, et celle de sa fille Judith. Ce sont des voix endeuillées. Clément raconte la mort de sa jeune épouse et l'horreur de l'usine qu'il finit par quitter, pour arriver au drame qui va tout faire basculer. Judith, elle, est âgée de dix-huit ans et orpheline. Elle parle de sa vie avec son oncle Etienne, qui l'a élevée, et cherche à éclaircir le mystère de la mort brutale de son père. L'usine n'est plus là ; il n'en reste que des traces indélébiles : crassiers, pollution des sols et des cours d'eau, maladies et chômage. Cette usine était la vie des gens, leur gagne-pain, elle a aussi été leur mort.

L'histoire de cette famille décimée, c'est celle de toute une communauté victime de pratiques industrielles dévastatrices et de cynisme d'affairistes voyous. Romancier de l'intime et du réel, Pascal Dessaint évoque le scandale de l'usine Metaleurop à Noyelles Godault, qui fut liquidée sans préavis pour les salariés et rasée.

Avec ce roman choc sur un drame écologique et humain d'une rare ampleur, Pascal Dessaint élargit encore sa palette de romancier noir. Il quitte cette fois le pays toulousain pour renouer avec ses origines d'homme du Nord. Entre révolte et compassion, ni le ton ni le fond de ce livre ne peuvent laisser indifférent.

Extraits :

" Nous cherchons tous une échelle pour atteindre un bonheur qui jamais ne se présente."

"On ne peut pas vivre sans quelque chose de beau à regarder."

"Je me ressaisis. Maintenant, c'est fait, ça ne doit pas avoir plus d'importance que ça. C'est triste mais pas dramatique. Le drame a déjà eu lieu."

"Un couloir noir et pas de lumière. Pas besoin d' être aveugle pour se cogner. et ça tournait et retournait. Et je me cognais, je me cognais. J'étais là dedans depuis je ne sais combien de temps. C'était peut être bien un labyrinthe. Je n'y étais pas entré de mon plein gré. C'était comme ça et pas autrement. J'étais comdamné à marcher dans le noir. ça avait été décidé avant même que je naisse. Et sans doute  que si j'étais touché  par autant de malchance, c'était que d'une certaine manière je l'avais mérité. Je cherchais la lumière et elle m'étais refusée. ça n'en finirait donc jamais ? Mais soudain, j'apercevais une lueur au bout du couloir noir. Et je courais, je courais vers la lumière."

Mon avis : Une petite ville du Nord de la France, le genre d'endroit tellement pollué qu'on ne voit plus la lumière de l'espoir, qu'on quitte seulement quand on est mort parce qu'il y a l'usine et qu'il faut bien vivre. L'usine ferme et il ne reste que le chômage pour survivre, mais avant il faut suivre les autres dans leurs revendications et tout ne se passe pas toujours bien.... Très beau récit d'un père et sa fille, une vie simple, une histoire fatale.

Posté par pyrouette à 06:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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