la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

15 novembre 2011

"1979"

1979 de Jean-Philippe Blondel

 

4ème de couverture :

 

1979. Quatre chiffres peints en rouge sur un mur décrépi. Et tant de combinaisons envisageables. Est-ce une date clé? Un code confidentiel? Une mauvaise blague? Une menace camouflée? Une invitation au voyage? Ou encore un signe du destin ? Rien de tout cela. Et un peu tout à la fois. Aux yeux, entre autres, de Virginie, Arnaud, Julien, Hervé, Paul, Elizabeth ou Annie. Respectivement maman rêveuse, jeune garçon perturbé, tagueur rageur, médecin au bout du rouleau, assassin repenti, chagrin d'amour ambulant et propriétaire très en colère. Et tous plus ou moins bouleversés par cette étrange date surgie de nulle part puis qui disparaît un beau jour, emportant avec elle un bien drôle de secret...

 

Extraits :

 « Oui, il y a une zone de magasins, des cars de touristes venant de toute la France s’y rendent le samedi pour acheter des tonnes de fringues dont ils n’auront jamais besoin mais quand même c’est tellement moins cher que dans les magasins du centre ville où de toutes façons ils ne vont jamais, c’est vrai que ce n’est pas tellement moins cher que les supermarchés, mais les supermarchés ce n’est pas de la qualité, c’est fabriqué en Thaïlande ou au Cambodge alors que les magasins d’usine, c’est fabriqué en Europe de l’Est, c’est sûr ce n’est pas chez nous, mais au moins c’est l’Europe… »

 

« Je suis à moitié rassurante. »

 

« Je sais bien que c’est en partie ma faute. J’ai entendu ce qu’on raconte sur le père qui n’est pas là parce qu’il est au travail et la rancœur et les trucs dans le genre, il y a sûrement du vrai dedans, mais qu’est ce que je peux y faire, j’ai un fils qu’est con comme un balai et qui croit qu’il sera heureux s’il a la dernière télé à écran plat ou je ne sais quoi, moi c’est trop tard, je ne peux plus revenir en arrière, c’est foutu. »

 

« Un éclat de rire. Elle dit qu’elle n’est pas extra même si elle est lucide. C’est juste une question d’observation. Regarder comment les gens mangent, prennent un objet, s’appesantissent de tout leur poids sur une chaise ou l’effleurent avec délicatesse, la façon dont ils marchent dans la rue, c’est fou tout ce qu’on peut deviner de la vie des autres en faisant ça. »

 

« Je suis un gars simple qui ne dérange personne et qui s’entend bien avec tout le monde, à la tête d’une affaire qui tourne. »

 

« Tu n’as pas le droit de me faire ça. Je suis mariée maintenant, et je suis fidèle parce que cet homme là est l’homme qu’il me faut. Parfois, on n’a pas ce qu’on veut, mais on arrive à avoir ce dont on a besoin… »

 

« C’était au moment de m’endormir, bien sûr, c’est là que tu viens parfois, et puis dans le bain, c’est pour cela que je ne prends plus de ces bains chaud que j’affectionnais, c’est pour ça que je ne ferme plus les yeux non plus dans les transports en commun et c’est pour ça que je garde les yeux ouverts en voiture, dans le siège du passager, mais parfois quand même, je baisse la garde et tu arrives. »

 

« Enfin, je veux dire, c’est bête tout ça, pour qui je me prends, j’ai l’air de quoi… »

 

« Comment est ce que quelqu’un qui n’existe qu’à peine peut vous donne confiance en vous, je n’en ai aucune idée. »

 

« Il parait que mon problème, c’est que je ne sais pas m’arrêter. M’arrêter de combler du vide par du semblant de plein… »

 

« Mais là, c’était une maladie mais c’était comme un accident de voiture. »

 

« Je suis un mur vierge. Et je ne ressens rien. Derrière, il y a mon histoire mais en surface, je suis un océan de calme et de fraîcheur. »

 

« Mais si je reste ici alors que c’est à deux pas, ça veut dire que je ne suis plus capable de prendre aucune décision, ça veut dire que ma vie ne vaut rien, ça veut dire que je suis déjà morte, parce que cette date, c’est la seule chose qui me fasse battre mon cœur… »

 

« Mais j’ai décidé d’être brave – et curieuse.  Je voulais t’affronter à mains nues. C’est peut être ma détermination qui t’a fait peur. Tu ne t’es pas montré. »

 

« Tu n’évacues pas les microbes, tu récures les mots. »

 

« Je n’ai pas le sens de la formule et je ne vibre pas sur les slogans. Je crois que les mots cachent. On est content d’avoir trouvé une phrase qui cogne et on la répète au lieu de taper. On se gargarise. Un bon mot. Tout devient une question de bons mots. Et puis le temps passe, l phrase perdure mais perd de son sens, à un moment donné, elle vire comme une crème fouettée laissée au soleil et elle devient ironique, on se la lance dans des contextes qui n’ont plus rien à voir, on la galvaude, on marche dessus. »

 

 

Mon avis :

 

Un graffiti sur un mur peut bouleverser la vie de tout un quartier. 1979 c’est  juste une date. Une date qui va réveiller les démons intérieurs d’une poignée de personnes habitant le même quartier sans se connaître. Une sacrée remise en question pour ces inconnus aux destins croisés. L’auteur a cette faculté de rentrer dans le cerveau des gens et d’y dévoiler leurs sentiments les plus intimes et aussi les plus noirs. Les personnages sont sombres, le livre est écrit comme un puzzle  dans un style familier pour arriver à un épilogue que nous sommes loin de deviner. Un très bon moment de lecture.

Posté par pyrouette à 18:09 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

  • c'est une histoire qui ma l'air bien intéressante que je serait curieuse de voir ce livre.

    Posté par suzanne, 15 novembre 2011 à 18:30
  • 1979

    ce n'est pas une tablette de chocolat poulain simplement une date sur un parcours de vie. deja deux ans de vie commune lui travaille aux espaces verts , elle travailleuse sociale une belle famille avec trois enfants.les dimanches passées en famille chez belle maman tout allait pour le mieux. lui et beau papa allaient à la pêche au cours d'eau voisin .il ne sentait pas ce changement en cours de sa belle. malgré les aides pour les courses et travaux menagers et s'occuper des enfants .elle avait un mari en or .deux ans ensemble c'en etait trop de cette vie monotone elle commença à sortir le soir ptretextant des reunions avec ses collegues quoi de plus normal il comprenait et assumait son rôle de père. les rituels des dimanches heureux en famille continuaient ainsi que les reunions tardives .il commença à se poser des questions .la belle etait maligne en trois phrase elle le rassurait avec des baisers brûlants , faisaient l'amour comme des fous .tout allait bien ........ (à suivre)

    Posté par lecracleur, 15 novembre 2011 à 18:35

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