la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

19 mars 2012

"Le premier amour"

le premier amour de Véronique Olmi -SBN : 2246755611 Éditeur : Grasset (2010) 


4ème de couverture :

 

Une femme prépare un dîner aux chandelles pour fêter son anniversaire de mariage. Elle descend dans sa cave pour y chercher une bouteille de vin, qu'elle trouve enveloppée dans un papier journal dont elle lit distraitement les petites annonces. Soudain, sa vie bascule : elle remonte les escaliers, éteint le four, prend sa voiture, quitte tout. En chacun d'entre nous repose peut-être, tapie sous l'apparente quiétude quotidienne, la possibilité d'être un jour requis par son premier amour...

 

 

Extraits :

 

« J’ai eu la sensation, durant toutes mes années de scolarité, de tenter de franchir une porte. Qui ne s’ouvrait jamais en entier. Me forçait à passer en me faufilant de côté, rentrant le ventre, sur la pointe des pieds, la respiration bloquée, des précautions d’obèse marchant sur un sol de papier. »

 

« C’étaient des discussions puériles et inutiles. Elles avaient l’ironie des gens qui s’agacent et se connaissent si bien que tout mystère, toute surprise sont impossibles, ne reste que cette certitude que l’on pourrait dire avant l’autre ce qu’il pense et la façon dont il va défendre son point de vue. »

 

« Souvent je me disais qu’au lieu d’exploser de colère, de rancune et de frustration, nous donnions dans le vide des coups de patte mesquins, transformant les gestes et les paroles du quotidien en actes guerriers aussi insignifiants que deux figurines dans les mains d’un enfant. »

 

« Je suis plus jeune aujourd’hui qu’à 20 ans. Mes désirs sont plus légers, mes a priori aussi. »

 

« Plus tard j’ai appris ce mot « intimité ». Presque « intimidé ». Presque la même douceur, la patience qu’il faut pou y parvenir. Et puis je l’ai perdu sans le savoir, une erreur d’étourderie. »

 

« Cet homme avec qui elle vit, il est son garde fou, pensa-t-elle, celui qui la calme. Celui qui la tue. »

 

« Je faisais de la peine à tout le monde, c’est incroyable comme on se sent seule si souvent, chaque jour pour être tout à fait honnête, et comme la moindre de nos décisions pèse sur les autres. »

 

« J’avais rythmé ma vie dans le mauvais tempo. »

 

« J’étais partie sans me retourner et qu’avais-je jamais fait d’autre qu’avancer sans faillir, et confondre mes souvenirs avec la nostalgie, mes chagrins avec l’attendrissement, et la paresse avec le temps perdu ? »

 

« Besoin de cette familiarité qui m’aiderait à me recentrer, besoin soudain de cet homme et de la connaissance qu’il avait de moi. Je voulais lui dire ce que peut être je ne lui avais jamais dit. Que je n’avais couru après une vie simple que parce que j’étais moi-même éparpillée, j’avais eu besoin de l’ancrage d’un mari pour ne pas voler en éclats… »

 

 

 

Mon avis :

 

Voici une histoire qui dérange et j’aime ça. La vie d’une femme n’est jamais lisse, ce n’est qu’une apparence. Nous marchons et vivons sur une frontière entre notre quotidien qui lui peut se révéler bien lisse, travail, famille, enfants, mari et nos envies, notre brin de folie, nos souvenirs de jeunesse. L’écriture est sublime avec cette envie de liberté qui nous prend d’un coup et nous suivons Emilie dans son voyage. Elle part en voiture ce qui lui permet de se poser des questions sur son couple, ses enfants, son enfance, de faire le point sur sa vie sans amertume mais avec beaucoup de lucidité. Au terme de son voyage et après des retrouvailles avec sa sœur, sa fille ainée et son premier amour, Emilie retrouvera un certain équilibre et qui sait, pourra peut-être regagner son quotidien en se disant qu’elle est allée au bout de son rêve. Je sais que la deuxième partie du livre, les raisons de l’annonce, n’a pas convaincu certains  lecteurs, moi si. C’est un arrêt brutal au rêve d’Emilie, nous ne sommes pas dans un conte de fée, mais dans une histoire bien actuelle de la vie d’une femme de 50 ans. Qui n’a pas essayé de savoir ce que devient son premier amour et retrouvé ses amis d’enfance me jette la première pierre. 



Posté par pyrouette à 13:10 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

Commentaires

  • Et ben ! J'adore ta critique, les citations me plaisent ! J'aime ce genre de livre ou tout n'est pas rose, l'inattendu ! C'est brillant comme ensemble mais tu es brillante !

    Posté par patounette, 19 mars 2012 à 23:13
  • Il faut que je regarde si ce roman est à la bibliothèque!

    Posté par Nadael, 21 mars 2012 à 11:41
  • Je me doutais qu'il allait te plaire celui là !

    Posté par pyrouette, 22 mars 2012 à 07:52
  • belle critique, les extraits me plaisent donc je rajoute à ma PAL.
    J'avais déjà bien aimé "nous étions faits pour être heureux"

    Posté par Eve-eshe, 22 juillet 2013 à 15:43

Poster un commentaire