la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

22 janvier 2013

Miss Amérique ne pleure jamais

 

Miss Amériquede Julianna Baggott

Aline Azoulay (Traducteur)

 ISBN : 2744170712

Éditeur : France loisirs

 

 

4ème de couverture :

 

Pixie, ex-Miss New Jersey, croyait sincèrement que son titre suffirait à lui garantir une vie de rêve. Mais à mesure que les années passent, il lui faut bien se rendre à l’évidence. Son premier mari la quitte pour un homme. L’amour que lui porte son ennuyeux amant faiblit à mesure qu’apparaissent les rides. Et son fils, en pleine crise d’adolescence, ne lui est d’aucun soutien…

 

Extraits :

 

« Tout s’est déclenché en même temps. Comme si ma vie se décidait enfin à commencer. »

 

« Alors, j’ai besoin de faire le point. Mais il faut que je commence un peu avant le commencement pour que vous compreniez quel sombre merdier était déjà mon quotidien avant les évènements. Il faut que je vous décrive le mur avant d’ouvrir la porte. »

 

« On ne peut sauver personne, en fait. On peut tout juste se sauver soi-même. »

 

« Ma mère dit qu’une femme est la somme de toutes les femmes qu’elle a connues ou dont elle a entendu parler. »

 

« Je savais ce qu’elle voulait, dans le fond. Elle voulait que je cesse d’exister. »

 

« Un jour elle m’a dit qu’elle refusait de m’aimer pour mon propre bien, pour qu’on ne m’enlève pas à elle. Elle disait que la vie était une énorme balance avec un plateau plein de joies et un autre plein de peines, et qu’en m’aimant trop, elle risquait de la déséquilibrer. »

 

« Les mères finissent toujours par vieillir et tomber malades. Les maris sont des êtres compliqués. Le mariage n’est pas une partie de campagne. Parfois, vos enfants semblent vous implorer du regard, sans que vous ayez la moindre idée de ce qu’ils attendent de vous. Et surtout ils grandissent et vous quittent. »

 

« Tout à une fin : un beau jour, vous arrêtez de vous repassez mentalement l’histoire de votre vie. »

 

« Je n’avais pas encore découvert qu’il n’y avait que trois types d’individus sur cette planète : les putes, les maquereaux et les michetons. J’ignorais encore que cette révélation allait transformer mon existence. »

 

« En devenant une épouse et mère parfaite, j’oblitérais ma mère, mon père, mon frère, mon enfance, et je repartais de zéro. Je prouvais qu’on peut se hisser au-dessus de sa condition et se reconstruire sur des fondations solides. Devenir quelqu’un d’autre. Et c’est là que réside mon erreur tragique. Je le sais aujourd’hui. »

 

« Je me sentais vieux. Je me suis dit que lorsque j’aurais l’âge de ma grand-mère, je me sentirais sans doute jeune parce que j’aurais déjà été vieux dans ma jeunesse. »

 

Mon avis :

 

Le rêve américain se casse cruellement la figure dans cette histoire. Avec un humour d’une implacable férocité, l’auteur nous décrit la vie mais surtout la dérive de Pixie en lui donnant la parole ainsi qu’à son fils, spectateur de sa descente aux enfers. Aucun apitoiement de leur part, juste les faits et leur ressenti. Pixie pensait pouvoir oublier et rayer le passé, un lourd secret de famille qu’elle a si bien enfouie qu’il est presque le résultat de son imagination, du moins le croit-elle, en se présentant à l’élection de Miss New Jersey. Sa plastique est parfaite et elle rêve d’une vie normale avec un mari et des enfants. Son premier mari est le reflet de son rêve, mais juste le reflet alors. Il ne faudra pas longtemps, juste un premier enfant, pour qu’elle comprenne l’homosexualité de son mari. Quant à son deuxième mari, dentiste renommé, il sera le père de son deuxième enfant. Son superbe amant est devenu informe, malotru et ventru. La boucle est bouclée. Il ne reste que la révélation de sa mère pour que Pixie perde pieds et je n’en dirai pas plus. Enfin si, Pixie pense que sa mère ne l’aime pas et que cette dernière veut qu’elle cesse d’exister. Le point de vue d’Ezra, qui doit son prénom à un écrivain célèbre mais nazi, ce que ses parents ignoraient, est important. Il n’a jamais cru à la vie parfaite de sa mère et voit bien quelle se débat contre ses démons. Il arrive à faire face à son adolescence et ses premiers émois amoureux sinon sexuels et à la dérive annoncée de sa mère. Un bon moment de lecture.

Posté par pyrouette à 09:54 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

Commentaires

  • C'est effrayant ! Ta critique rassure heureusement

    Posté par Patounette, 22 janvier 2013 à 11:27
  • quel monde cruel que celui des miss et de la beauté en general.Nos miss de france trouvent pour la plupart un job dans les médias mais se doivent de rester"canon" pour survivre dans ce milieu.

    peux tu changer ton mode de mise de commentaires de canalblog il y en a un nouveau ou tu mets ton pseudo une fois et tu es identifié à long terme.

    Posté par lecracleur, 22 janvier 2013 à 12:36

Poster un commentaire