la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

23 septembre 2013

Manuel de survie à l'usage des incapables

51mg5zITchLThomas Gunzig

 

ISBN : 2846264147

Éditeur : Au Diable Vauvert (2013)

 

4ème de couverture :

« Au début, il n’y avait rien, ni espace, ni lumière, ni temps qui passe. Pas d’hier, pas de demain, pas d’aujourd’hui. Pire qu’un jour de grève. Pire qu’une rupture de stock. Rien d’autre que le rien, mais bon, le rien, c’était déjà pas mal. Le rien, ça laisse quand même des perspectives. » 

 

Extraits :

« Mais le quelque chose qu'il y eut à ce moment, entre la fin du rien et le début de reste, c'était quelque chose qui ne ressemblait pas à grand-chose. »

« La peur était, sans nul doute, l’enzyme la plus efficace de tout le biotope. »

« Ils ne semblaient avoir aucune idée de ce que la misère et le désespoir, la colère et la peur sont capables de provoquer chez les gens. »

« Et cette tristesse semblait emporter avec elle la chose à laquelle il tenait plus que tout au monde, son énergie vitale. »

« Que les plans, les projets, les stratégies ou les programmes qu’on pouvait élaborer, quel que soit le domaine, une fois mis en pratique, trouvaient toujours dans la réalité, mille raisons de ne pas se passer exactement comme on l’avait voulu. »

« Toute situation chaotique finissait à un moment ou un autre pour trouver un nouvel état d’équilibre. »

« Le destin ça n’existe pas, il n’y a que la volonté. »

« En fait, c’était simple d’être aux commandes de sa vie. »

 

Mon avis :

J’ai un doute : l’auteur est-il cynique ou simplement réaliste avant l’heure ? Car nous sommes bien dans notre future réalité : une grande surface et son parking, une cité pour seul décor. Les personnages humains à gènes d’animaux choisis par leurs parents, habillés célio pour ceux qui ont un bon job,  vivent sous un ciel que nous devinons gris dans des appartements de la cité, crasseux meublés suédois. La plupart des gens travaillent dans la grande surface à des postes différents selon leurs études. Une caissière pas assez rapide et productive et hop on va chercher à la faire démissionner. Le service de sécurité est là pour ça. La vie dans la cité : les viols qui ne sont plus des viols mais des relations sexuelles consenties, qui se pratiquent toujours dans les caves des immeubles. Un manque de sentiments évident. Les braqueurs (et oui je termine le livre en plein dans l’actualité), laissés libres et tranquilles, les assurances remboursent. On peut tuer, blesser (et franchement lire cette histoire avec l’ouverture de la chasse et les coups de fusil à répétition qui me font croire que nous sommes en période de guerre donnent encore plus de réalisme à cette histoire.). Ah oui la police existe toujours mais je n’ai pas bien compris son rôle ? Pion sans tête ? Et pourtant, dans cette histoire cruelle et déjantée ou futuriste, selon nos états d’âme du moment, j’ai trouvé quelques perles où les personnages se posent des questions sur ce qu’ils ressentent. Ils parlent de colère, de désespoir et finalement même d’amour. Et si tout recommençait ?

Je vous conseille de lire cette histoire au milieu d’une cité ou sur le parking d’une grande surface. Vous pouvez aussi comme moi, la déguster au milieu des chasseurs avec des gènes de loutre, serpent ou loup.

J’ai passé un excellent moment de lecture et je remercie vivement les éditions Au Diable Vauvert  et Masse critique de Babelio.

Posté par pyrouette à 09:09 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

    rien ,nada, que dalle

    fallait il rester au début du rien et vivre comme le monde animal là nous n'aurions pas pollué la planête ou accepter la fin du rien et voir venir les inconvenients qui en diffèrent.Que ferions nous si un cataclysme nous ramenaient au début du rien avec nos connaissances actuelles ?

    Posté par lecracleur, 26 septembre 2013 à 13:39
  • Ça m'interpelle, j'aime beaucoup ta critique et les citations.

    Posté par Patounette, 05 octobre 2013 à 09:10

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