la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Les insurrections singulières

 

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Jeanne Benameur

ISBN : 2330014503

Éditeur : Actes Sud (2013)



 

4ème de couverture :

Au seuil de la quarantaine, ouvrier au trajet atypique, décalé à l'usine comme parmi les siens, Antoine flotte dans sa peau et son identité, à la recherche d'une place dans le monde. Entre vertiges d'une rupture amoureuse et limites du militantisme syndical face à la mondialisation, il lui faudra se risquer au plus profond de lui-même pour découvrir une force nouvelle, reprendre les commandes de sa vie.

Parcours de lutte et de rébellion, plongée au coeur de l'héritage familial, aventure politique intime et chronique d'une rédemption amoureuse, Les Insurrections singulières est un roman des corps en mouvement, un voyage initiatique qui nous entraîne jusqu'au Brésil.



Extraits :

J'ai senti que ça venait en dehors de toute cause, ce temps vide, difficile à passer, un temps où le fait de vivre c'est pas évident, c'est pas donné, non. On sent que du temps passe, que de la vie passe, en nous, et c'est étrange d'en prendre conscience et de n'en rien faire. Rien. Juste passer le temps comme on dit. J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour les vrais oisifs, ceux qui arrivent à ne rien faire sans se détruire.

Ce qui tenait cette vie là, si évidente, ce sont les jours de rien, les jours qui ne vont pas jusqu'à la lumière.

Les mots, c'est pour habiter quelque part dans ma tête.

Je suis là, c'est vrai. Revenu. Mais pas avec eux, non, je le sais bien. Pourtant j'ai essayé.

Il y a des questions qu’on ne pose jamais à ses parents. On a peur de toucher là où on les sent fragiles.

On ne peut vraiment rêver qu’à la mesure des paumes de ses mains ?

J’ai eu beau toute ma vie essayer. Rien à faire. Il y a quelque chose qui ne colle pas entre moi et le monde, moi et ce que je vis. Et je ne sais pas ce que c’est. Je suis à côté. Toujours à côté.

 

Mon avis :

Antoine retourne vivre chez ses parents à 40 ans, mis à la porte par sa compagne. Ce retour aux sources va le faire réfléchir sur son parcours d’adulte mais aussi d’enfant. Ses parents ont toujours rêvé d’une vie meilleure pour leurs fils. Le rêve est devenu réalité pour son frère mais pas pour lui. Sa réalité, son avenir, c’est l’usine comme son père. Il s’est toujours senti différent et cela n’a pas changé. Il le dit lui-même, il est revenu, il est là mais pas avec eux. Son regard sur le monde est différent. Il a beau essayé, quelque chose ne colle pas entre le monde et lui.  Antoine aide sa mère pour les marchés en fin de semaine. Arrivée à l’âge de la retraite, elle s’est achetée ce camion mercerie qui la rend si heureuse. Elle rencontre des gens, discute, prend l’air. Antoine observe comme toujours ce petit monde. Il rencontre Marcel, un vieux bouquiniste. Une rencontre anodine qui va prendre beaucoup de place dans sa vie. Marcel va l’aider à faire sa révolution intérieure. Son père aussi avec son petit carnet et sa description des jours de rien. C’est une belle histoire superbement bien écrite. Ne pas attendre la fin pour construire sa vraie vie, cela n’a pas de prix.

 

Posté par pyrouette à 16:37 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

  • celui-ci j'ai prévu de le lire mais avant j'ai "Les demeurées". j'ai beaucoup aimé "Profanes" l’an dernier

    Posté par Eve-Yeshe, 22 février 2015 à 13:45

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