la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Les encombrants

 


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Marie-Sabine Roger

ISBN : 2742796827

Éditeur : Actes Sud (2011)



 

 

4ème de couverture :

Le mois dernier, on a fêté les cent ans de Mme Vivieux.

C'est bien d'avoir un centenaire, pour une maison de retraite.

Le centenaire, ça donne toujours un petit coup de pouce à la liste d'attente. À peine on a fini de souffler les bougies, hop, trois ou quatre nouveaux inscrits. On a droit aux articles dans les journaux locaux, La Petite Gazette, et L'Écho du pays. Dans le quotidien régional, aussi. Comme dit Mme Prunier, de l'accueil: le centenaire, c'est vendeur.

 

Extraits :

Il y a des gens auprès de qui tout vous semble facile. Des gens qui meublent le désert, avec un sourire et trois mots. Qui vous apportent un sentiment de complicité immédiate, quelque chose de fraternel, d'évident.

Le passé me meurtrit autant qu'il m'illumine, c'est un soleil violent.

Vieillir est un trop long chemin. C’est une impasse.

Certains jours, la maison sans son pas qui résonne, c’est une trahison. Les lieux devraient mourir, eux aussi. Disparaître. Ne pas offrir leur théatre désert au jeu truqué des souvenirs”

J’ai pleuré sur moi. Sur ce moi désarmé, désemparé sans elle.

Je me rends. Je sens que je deviens étanche. Je m’imbibe des sons, des parfums, des remous. Je suis un buvard, une éponge, c’est tout.

Me retourner de temps en temps, pour contempler la route inversée. Ce que je quitte, que je laisse.

Rien ne peut me distraire de mon oisiveté. J’assume, maintenant. Je veux savoir jusqu’où s’étend la vacuité, jusqu’où peut engloutir le vide.

Je déteste qu’on m’envahisse, qu’on viole mes frontières, je me sens dépossédée à l’inztant même, mon univers se rétrécit, se déprécie, il est souillé, gâché par l’occupant. Je me ferme, je me protège, j’ai l’air hostile. Je le suis. Je suis sauvage.

Il y a des gens auprès de qui tout vous semble facile. Des gens qui meublent le désert, avec un sourire et trois mots. Qui vous apportent un sentiment de complicité immédiate, quelque chose de fraternel, d’évident.



Mon avis :

La prose de l’Auteure peut décrire la situation la plus sordide en la transformant en quelque chose de poétique, de doux, histoire de faire passer la couleuvre. Ces nouvelles sont belles mais dérangeantes laissant un goût doux-amer. Il ne fait pas bon vieillir. Il faut se méfier des petits-enfants qui viennent quelques minutes pour demander un meuble ou autre babiole alors que le ménage en grand a été fait, un bon plat sur le feu, de la garde de nuit qui maltraite sans laisser de traces, de la sénilité qui nous guette, de la méchanceté, de la rage. Non il ne fait pas bon vieillir. IL y a de belles rencontres, des souvenirs, de la nostalgie, de quoi remplir toute une vie. Je me demande si ce sont les personnes âgées ou les souvenirs qui encombrent le plus. 

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Posté par pyrouette à 16:38 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

  • j'aime beaucoup cette auteure, "La tête en friche", "trente six chandelles", qui fait passer des messages importants avec des mots simples mais qui sonnent juste, elle ne ménage pas le lecteur...
    donc je le lirai sûrement...

    Posté par Eve-Yeshe, 15 février 2015 à 17:39
  • Je n'ai aucun doute sur l'intérêt et la qualité de ce livre, mais, franchement, encore maintenant, j'ai du mal à digérer ce thème...
    Gros bisous, Corinne, et bonne semaine à toi

    Posté par Pahi, 15 février 2015 à 20:01

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