la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Sukkwan Island

 

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David Vann

Laura Derajinski (Traducteur)

ISBN : 2351780302

Éditeur : GALLMEISTER (2010)




4ème de couverture :

 

Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.

 

Sukkwan Island est une histoire au suspense inoubliable. Avec ce Roman qui nous entraîne au cœur des ténèbres l'âme humain, David Vann s'installe d'emblée parmi les jeunes auteurs américains de tout premier plan.



Extraits :

 

“Je crois que j'ai vécu trop longtemps au mauvais endroit. J'avais oublié à quel point j'aime être près de l'eau, à quel point j'aime voir les montagnes se dresser comme ça, et sentir l'odeur de la forêt, aussi.”

“Je ne sais pas à quoi c'est dû, je ne me suis jamais senti à ma place nulle part. Quelque chose me manquait.”

 

“Il sentait que tout cela dégageait un parfum d'inévitable, qu'il n'avait en réalité pas le choix.”

 

“Le truc, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche chez moi. Je ne peux jamais faire ce qu’il faut, jamais être celui que je suis censé être. Il y a quelque chose qui m’en empêche.”

 

“Il aurait voulu ne pas être celui qu’il était, ne jamais trouver personne. S’il trouvait quelqu’un, il faudrait lui raconter son histoire qui, il devait bien l’admettre, semblerait terrible.”

 

“Il lui faudrait bien réintégrer sa vie un jour ou l’autre. Il ne pouvait pas passer les cinquante prochaines années assis avec sa douleur.”

 

“Sa peur atroce avait presque disparu, mais une part de lui-même qu’il ne comprenait pas bien aurait voulu que son père meure de sa chute, pour qu’il soit soulagé, pour que tout s’éclaircisse et qu’il puisse reprendre le cours normal de son existence.”

 

 

Mon avis :

 

Roy ne voulait pas vraiment se retrouver pendant un an sur cette île en Alaska en compagnie de son père. Sa première réponse était négative,  Mais sa mère lui a demandé de bien réfléchir et il a compris qu’il était plus ou moins obligé d’accepter. Ses parents ont divorcé des années plus tôt et il vit avec sa soeur et sa mère en Californie. Il ne connait pas trop son père mais le sait fragile et instable.

Les premiers jours sur l’île vont lui donner raison. Jim, son père n’a rien préparé pour les conditions hivernales terribles de cette région. Roy du haut de ses treize ans doit organiser et prendre en charge les repas en pêchant, vidant le poisson, le cuisinant. La nuit il écoute son père pleurer et s’apitoyer sur son sort. Jim marche beaucoup. Souvent Roy le suit jusqu’au jour où Jim tombe d’une falaise. Roy le traîne jusqu’à la cabane, veille sur lui. Il ne peut prévenir personne, la radio ne fonctionne pas. Roy a un doute : son père est-il tombé ou s’est-il jeté du haut de la falaise ? Jim se remet de sa chute, comptant de plus en plus sur son fils pour le quotidien.

La marche vers l’enfer est enclenchée. La descente va être rude, lente, surprenante, choquante. L’état de sidération est total.

 

Je ne peux en raconter plus mais pour une fois je vais vous donner mon ressenti. Il n’y a rien de pire pour un enfant de ne pas se sentir en sécurité avec un parent. Alors lorsqu’il doit, en plus, prendre en charge cet adulte qui est censé le protéger, le sentiment d’insécurité est décuplé et l’envie, que tout cela s’arrête, est présente comme une voix lancinante. L’envie de reprendre une vie normale d’enfant.

 

Impossible d’écrire de cette façon sans avoir vécu ce sentiment de terreur. J’ai tourné les pages, rapidement, me demandant où était le bouton pause, histoire de reprendre mon souffle, mes esprits. Mais non, jusqu’au bout, jusqu’au fond du trou, jusqu’à l’éternité, jusqu’à la dernière page, dernière phrase, dernier mot.


Un récit époustouflant, choquant mais combien salutaire !

Posté par pyrouette à 07:50 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

  • assez tentant... et cela n'a pas l'air larmoyant ou bisounours

    Posté par Eve-Yeshe, 05 janvier 2017 à 14:16
    • Le père s'apitoie sur sur son sort, c'est énervant mais indispensable pour l'ambiance de l'histoire.

      Posté par pyrouette, 07 janvier 2017 à 07:06
  • J'ai trouvé ce livre très bien écrit et dérangeant. Je suis sortie de là choquée

    Posté par Deparla, 24 mars 2017 à 17:45
    • Il y a de quoi être choquée !

      Posté par pyrouette, 30 mars 2017 à 08:09

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