la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Désolations

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David Vann

ISBN : 2351785258

Éditeur : GALLMEISTER (03/01/2013

Traductrice : Laura Derajinski



4ème de couverture :

 

Sur les rives d’un lac glaciaire au cœur de la péninsule de Kenai, en Alaska, Irene et Gary ont construit leur vie, élevé deux enfants aujourd’hui adultes. Mais après trente années d’une vie sans éclat, Gary est déterminé à bâtir sur un îlot désolé la cabane dont il a toujours rêvé. Irene se résout à l’accompagner en dépit des inexplicables maux de tête qui l’assaillent et ne lui laissent aucun répit. Entraînée malgré elle dans l’obsession de son mari, elle le voit peu à peu s’enliser dans ce projet démesuré. Leur fille Rhoda, tout à ses propres rêves de vie de famille, devient le témoin du face-à-face de ses parents, tandis que s’annonce un hiver précoce et violent qui rendra l’îlot encore plus inaccessible.



Extraits :

 

"Ma mère n'était pas réelle. Elle était un rêve ancien, un espoir. Elle était un lieu. Neigeux, comme ici, et froid."

"L'élan qui l'empêchait de s'arrêter en cet instant et de rentrer à la maison. Comment était-ce arrivé ?"

"Il savait qu'il aurait dû se sentir chanceux, mais il n'éprouvait rien d'autre qu'une légère terreur au fond de lui à l'idée de ne pas savoir comment passer la journée, comment meubler les heures."

"On vit et on meurt. Peu importe que l'on se rappelle plus qui l'on est, d'où l'on vient. C'était dans une autre vie."

"Ce qui est juste n'a jamais d'importance. Personne n'en tient compte, au final."

"Ceux qui ne trouvaient pas leur place ailleurs venaient ici, et s'ils ne s'ancraient nulle part, ils basculaient dans l'océan. Ces villes minuscules dans l'espace immense, ces enclaves de désespoir."

"Le début. Il n’existe rien de tel que le début."

 

 

Mon avis :

 

Irène et Gary ont vécu trente ans au bord d’un lac en Alaska. Gary voulait la nature et les grands espaces. Irène a suivi par amour. Ils ont élevés leurs deux enfants. Mais voilà, ils sont l’âge de la retraite tous les deux, enfin surtout Irène qui a travaillé comme institutrice, faisant bouillir la marmite de la famille. Gary lui, a toujours été un rêveur, l’homme aux mille projets qui n’aboutissent jamais, l’homme qui se réveille le matin en se demandant comment il va meubler les heures, survivre à la journée, survivre à la nuit.

 

Il a un dernier projet, une dernière folie : construire une cabane de trappeur sur une île où il a acheté un terrain. Le rêve de l’Alaska, vivre isolé, ne dépendre que de soi-même. Le lac gelé l’hiver est impraticable. La nature sauvage a quelque chose d’attirant et qui paraît facile. Elle peut vite devenir glaciale et impitoyable.

 

Irène le suit et l’aide par amour et surtout pour ne pas le perdre. Car si Gary a toujours eu des projets, il ne peut rien faire seul. Pourtant leur mariage est une île de solitude où la communication est faite de mesquineries, de pressions, de culpabilité.

 

Rhoda, leur fille, leur opposé est partie vivre à la ville. Contrairement à ses parents, elle aime le confort, la modernité. Elle court après un idéal de vie en regardant le face à face de ses parents avec inquiétude. L’hiver arrive, Irène et Gary campent sur leur île en essayant de construire leur masure.


L’écriture de l’auteur est addictive et ressemble à une bombe à retardement mais on ne sait jamais à quel moment tout va exploser. Il expose ses magnifiques grands espaces, décrit une nature magnifique tout en démontrant que l’homme doit être solide et sans failles pour pouvoir y vivre. Magnifique roman.

Posté par pyrouette à 08:11 - Commentaires [5] - Permalien [#]
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Commentaires

    Cela fait un moment que j'ai envie de découvrir cet auteur. Je note ce titre !

    Posté par Florence, 29 janvier 2017 à 11:07
  • l'Amérique me tente peu en général mais depuis l'élection de Donald c'est encore pire...
    vu le contexte, je fais un plongeon dans le 19e pour m'évader... bon dimanche à toi aussi

    Posté par Eve-Yeshe, 29 janvier 2017 à 14:57
    • C'est plus une histoire sur le couple, ça pourrait très bien se passer en Lozère

      Posté par pyrouette, 01 février 2017 à 11:55
  • très marquée par Sukkwan Island, j'ai voulu faire une pause avec l'auteur... mais ça y est, je me sens prête à le lire et tu donnes sacrément envie !

    Posté par Violette, 17 février 2017 à 15:46
    • Merci Violette ! Cette histoire est plus.... elle est moins..... Bref vas-y !

      Posté par pyrouette, 18 février 2017 à 11:45

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