la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Un paquebot dans les arbres

 

Un-paquebot-dans-les-arbres

 

 

 

Valentine Goby

ISBN : 2330066481

Éditeur : ACTES SUD (17/08/2016)





 

 

4ème de couverture :

 

Au milieu des années 1950, Mathilde sort à peine de l’enfance quand la tuberculose envoie son père et, plus tard, sa mère au sanatorium d’Aincourt. Cafetiers de La Roche-Guyon, ils ont été le coeur battant de ce village des boucles de la Seine, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant est ruiné par les soins tandis que le placement des enfants fait voler la famille en éclats, l'entrainant dans la spirale de la dépossession. En ce début des Trente Glorieuses au nom parfois trompeur, la Sécurité sociale protège presque exclusivement les salariés, et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui par insouciance, méconnaissance ou dénuement tardent à solliciter la médecine.

À l’âge où les reflets changeants du fleuve, la conquête des bois et l’insatiable désir d’être aimée par son père auraient pu être ses seules obsessions, Mathilde lutte sans relâche pour réunir cette famille en détresse, et préserver la dignité de ses parents, retirés dans ce sanatorium – modèle architectural des années 1930 –, ce grand paquebot blanc niché au milieu des arbres.

 

 

Extraits :

 

“L'ennui est pire que la douleur, il n'existe pas de remède chimique à l'ennui.”

 

“Elle essaie de les voir eux, ceux qui sont là, de ne pas compter les absents.”

 

“La maladie les a banni, la misère les ramène. Ils reviennent en perdants. Ils vont d'une solitude à l'autre.”



“Des mois de volonté pour se hisser au-dessus du sort à défaut de le vaincre, pour tenir. Et maintenant un voeu d'immobilité. Ou plutôt, un non-vouloir.”


“ À ceux qui lui diront, plus tard, quand tout sera fini, tu aurais dû demander, petite, elle rétorquera : vous auriez dû voir.”



Mon avis :

 

Odile et Paulot, les parents irresponsables et immatures. Les enfants, Annie l'aînée, Mathilde née quelques années après la mort de leur petit garçon, mauvaise place dans la fratrie et Jacques le cadet presque invisible. Paulot tient un café-bar-guinguette, est généreux avec tous, fait beaucoup la fête le samedi soir, tout va bien. Odile supporte tout par amour pour son Paulot. Annie la princesse de ses parents, danse le samedi soir avec son père. Mathilde arrivée par erreur alors que ses parents ne voulaient plus d’enfant, en plus une fille que Paulot appellera son p’tit gars, n’aura de cesse de gagner en vain l’amour de son père. Jacques le petit, l’invisible.

 

Dans le monde de ces gens, il n’y a que le présent qui compte. Alors quand la maladie fait son apparition et touche Paulot, c’est le drame. Il part au sana, les clients désertent le café à cause de la contagion, Odile doit cumuler les petits boulots et se décharge  largement sur Mathilde.

 

Mathilde encore enfant fait face prenant la place petit à petit de sa mère.

 

Paulot sort du sana, continue à fumer comme un pompier, continue à faire la fête quand il peut. Mais la misère est là. de déménagement en déménagement, de boulot raté en boulot raté, aucun des deux ne voudra redevenir salarié, pourtant la sécurité sociale aurait pû prendre en charge les frais médicaux. La faim est là aussi et partager une boite de sardine à quatre un soir de Noël, dans un plat d’argent n’est guère réjouissant.

 

Annie, l'aînée a déjà fui le domicile familial, profitant de son âge pour rencontrer l’élu de son coeur, son futur mari. Tous les prétextes seront bons pour éviter d’aider ses parents et sa fratrie.

 

Paulot retombe malade, Odile est malade à son tour. Les deux partent au sana en laissant leurs enfants comme ça, sans regrets, sans remords, sans inquiétude. Loin du tracas de la vie courante Odile va revivre une lune de miel avec son Paulot tout à elle au sana.

 

Mathilde et Jacques sont placés séparément dans des familles d’accueil.

 

Commence le combat le plus violent, le plus épuisant pour Mathilde. Sortir de sa famille d’accueil, revivre dans la maison familiale pourtant placée sous scellés, faire en sorte que Jacques puisse venir vivre avec elle, rendre visite à ses parents le samedi dans une indifférence parentale assez choquante, étudier pour avoir son diplôme de comptable, travailler pour faire vivre sa famille, sans aucune aide de sa soeur évidemment, sans aucune aide des anciens amis des parents qui ont déserté le navire eux aussi pour cause de contagion. Anciens amis, élus à la mairie qui refuseront d’aider financièrement les enfants.

 

On dira plus tard à Mathilde : “mais tu arranges tout à chaque fois.” Ce sont ces mots que je retiendrai dans cette histoire, Mathilde vaillant petit soldat qui pourtant n’a pas le choix, elle est bien obligée de tout arranger pour survivre.

 

Le style de l’auteure est percutant et émouvant. J’ai suivi le combat de Mathilde le coeur serré, l’irresponsabilité des parents avec colère et la fuite d’Annie avec rage.



Posté par pyrouette à 07:32 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

    j'ai eu le même ressenti que toi en lisant ce roman, l'immaturité des parents est impressionnante, mais Mathilde est lumineuse, on l'admire et on compatit, c'est elle qui fait la force du livre

    Posté par Eve-Yeshe, 02 mars 2017 à 13:51
  • Coucou Corinne,
    Ce livre m'avait également beaucoup marquée et j'ai beaucoup aimé le style d'écriture de l'auteure.
    Gros bisous et merci pour ta "visite chez moi"
    Bon dimanche à toi.

    Posté par Pahi, 04 mars 2017 à 20:53

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