la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Petit pays

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Gaël Faye

ISBN : 2246857333

Éditeur : GRASSET (24/08/2016)

 

 

4ème de couverture :

 

«Au temps d'avant, avant tout ça, avant ce que je vais raconter et le reste, c'était le bonheur, la vie sans se l'expliquer. Si l'on me demandait “Comment ça va ?” je répondais toujours “Ça va !”. du tac au tac. Le bonheur, ça t'évite de réfléchir. C'est par la suite que je me suis mis à considérer la question. À esquiver, à opiner vaguement du chef. D'ailleurs, tout le pays s'y était mis. Les gens ne répondaient plus que par “Ça va un peu”. Parce que la vie ne pouvait plus aller complètement bien après tout ce qui nous était arrivé.»

G.F.

 

Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l'harmonie familiale s'est disloquée en même temps que son «petit pays», le Burundi, ce bout d'Afrique centrale brutalement malmené par l'Histoire.

Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d'orage, les jacarandas en fleur ... L'enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.



Extraits :

 

"Le bonheur, ça t'évite de réfléchir."

 

"L'enfance m'a laissé des marques dont je ne sais que faire."

 

"Ma vie ressemble à une longue divagation.Tout m'intéresse, rien ne me passionne."

 

"La colère me disait de braver ma peur pour qu'elle arrête de grandir. Cette peur qui me faisait renoncer à trop de choses."

 

"Je pensais être exilé de mon pays. En revenant sur les traces de mon passé, j'ai compris que je l'étais de mon enfance. Ce qui me paraît bien plus cruel encore."


"J’avais beau espérer, le réel s’obstinait à entraver mes rêves. Le monde et sa violence se rapprochaient chaque jour un peu plus."



Mon avis :

 

Gabriel, sa petite soeur Ana, sa mère rwandaise, son père français, vivent au Burundi, dans un petit coin tranquille qui ressemble au paradis. Une grande maison au fond d’une impasse, des copains, des domestiques, la belle vie pour des enfants. Le bonheur sans réfléchir.

Pourtant sa mère, fille de réfugiés rwandais, vit déjà avec ses blessures et ses failles. Son mari n’est pas très diplomate et le couple se sépare. La vie continue malgré tout pour Gabriel et Ana. Avec ses copains ils volent des mangues dans l’impasse qu’ils revendent. Une vieille voiture dans un terrain leur sert de lieu de rassemblement. Le paysage est idyllique.

Les désaccords politiques, l’assassinat du premier Président élu démocratiquement dans ce pays perturbé vont provoquer de nouveau une guerre et un génocide. Le petit coin de paradis de Gabriel s’effrite et s’écaille. Au début trois fois rien, juste les matelas mis dans le couloir pour éviter les balles perdues. Puis la haine prend de l’ampleur, les gangs de rues s’affrontent. La famille de la mère réagit, se sentant concernée. Au Rwanda les batailles et le génocide sont pires. Gabriel voit des cadavres dans la rue, l’école est souvent fermée. Grâce à une voisine il découvre l’évasion de la lecture pendant que la guerre continue dehors.

Sa mère au retour d’un voyage au Rwanda où elle découvre ses nièces et son neveu morts, perd la tête et s’en prend souvent à Ana. Il est temps de fuir, sans un au revoir, sans un mot sans la tête tournée en arrière, les enfants partent en France dans des familles d’accueil. Le choc est terrible et ces deux gamins sauvés de la guerre, sans leurs parents, vont devoir se construire malgré tout.

Gabriel reviendra dans le pays de son enfance qui a bien changé. Dans l’impasse un seul de ses copains est resté. Les maisons sont maintenant entourées de très hauts murs. Chacun chez soi. Cela ne change pas, en dehors du climat, des cages à poules de la région parisienne. Mais Gabriel  va faire une découverte grâce à son copain qui l'emmène dans le cabaret de leur enfance. La suite ? C’est l’épilogue, à vous de le découvrir !

 

Je ne voulais pas lire ce livre, trop de prix, trop de critiques, excellentes, trop, trop. Et puis ce texte écrit par un chanteur de rap, non merci. Et puis un beau jour, dans la médiathèque de mon village, je tourne, je vire, pas d’inspiration et Petit Pays me fait de l’oeil.

Je ne regrette pas. Le récit est sublime, la prose poétique malgré la violence des faits.

Posté par pyrouette à 15:16 - Commentaires [5] - Permalien [#]
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Commentaires

    Moi aussi je suis réticente à lire un livre dont on parle de trop et moi aussi je me suis laissée embarquée dans ce voyage de l'enfance et de l'horreur

    Posté par Murielle, 13 avril 2017 à 15:31
  • je l'ai bien aimé. ce jeune homme a du talent!!!

    Posté par Eve-Yeshe, 13 avril 2017 à 16:16
  • Je suis contente que tu en aies fait la critique. Je ne voulais pas le lire pour les mêmes raisons, mais là, grâce à toi, je m'y mettrai. Donc, merci Corinne
    Gros bisous

    Posté par Pahi, 25 avril 2017 à 21:20
    • C'est une très belle histoire avec un style poétique. La guerre et ses horreurs sont frôlées, jamais dévoilées, ce qui facilite la lecture pour suivre la vie de ce petit garçon.

      Posté par pyrouette, 27 avril 2017 à 07:07
  • J'ai adoré aussi ce roman ! L'écriture, les personnages, l'intrigue, tout ! Ce jeune auteur est très prometteur

    Posté par bibliblogueuse, 14 août 2017 à 18:41

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