la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Les ronces

Les-ronces

 

 

 

 

Antoine Piazza

ISBN : 2742776869

Éditeur : ACTES SUD (15/08/2008)





4ème de couverture :

 

Au début des années 1980, l'auteur arrive comme instituteur dans un village du Haut-Languedoc.

Le pays se désertifie. Les terres sont à l'abandon. Les jeunes sont partis habiter en ville ou rêvent d'un pavillon de banlieue. La petite communauté, fermée sur elle-même, se préserve du monde moderne, du chaos incompréhensible que lui renvoient les écrans de télé. Ici, on vit encore au rythme des saisons et des dates d'ouverture de la chasse. Durant sept ans, il va se faire le témoin de ces vies immobiles.

Il arpente le pays, pénètre à l'intérieur des maisons et des destinées, se met à l'écoute des vieillards dressés au bord des routes. Il tisse ainsi des portraits minutieux : notables, hippies, familles vivant dans des hameaux isolés, gendarme à la retraite, chanteur raté. Il révèle les petites ambitions et les grandes rivalités, tout l'ordinaire de la comédie humaine. Avec sa capacité à reconstituer ces vies minuscules, Antoine Piazza charge chacune de ses pages d'une puissante densité romanesque.



Extraits :

 

“Les villes sont faites pour l'indifférence, pas pour la haine.”

 

“Je m’en prenais à l’impeccable ordonnance des canalisations rurales, au bonheur irréversible des autres.”

 

“J’étais tenu de saluer, de remercier, pas d’accrocher le néant des vies cantonales sur les murs de mon nouveau domaine.”

 

“Ce n’était pas la première fois que quelqu’un de village prenait la parole pour dire une énormité mais c’était la première fois que l’on affirmait, sans la moindre précaution, une opinion opposée à celle du maire.”

 

“La vie et la mort étaient liées au silence et la vallée mourait tout à fait.”

 

“Leur vie avait été celle des autres. Ici, une vie à côté de la vie.”

 

“En réalité, personne ne voulait s’installer ici.”

 

 

Mon avis :

 

Antoine arrive dans ce village des hauts-cantons, comme instituteur au début des années 1980. Et ce qu’il me raconte ressemble plus à une vie du début du XX° siècle.  Pas de disco, de jeans pattes d’eph, d’émancipation, de liberté. Non, rien de rien. Ici les gestes sont essentiels, pour le travail, se chauffer ou la chasse.

Le maire se débrouille pour avoir tous les pouvoirs et ne pas être contrarié dans ses projets. Il crée de l’emploi pour tous les gars qui ne pourront se placer ailleurs faute d’instruction ou d’intelligence, ils seront sapeurs-forestiers. Dehors toute la journée, été comme hiver, à guetter le moindre départ de feu. Les femmes restent à la maison ou quand elles ont la chance de pouvoir travailler à l’extérieur c’est pour aider les personnes âgées.

Il y a ceux qui partent fiers avec leur concours de la fonction publique en poche, faire carrière à la ville. Ils reviendront à la retraite, avec une bonne petite réserve d’argent qu’ils n’ont pas eu l’occasion de dépenser. Retapant la maison familiale pour y vivre leurs vieux jours, non, pas dans la sérénité, mais pour en mettre pleins les yeux aux villageois.

Les terres, les maisons sont des trésors pour ces gens. La seule chose valable qui fait se lever le matin.

Les premiers hippies sont installés plus haut sur le plateau, dans de vieilles maisons abandonnées. Les gamins iront à l’école si les parents arrivent à réparer une voiture.

Et puis il y a les commérages, les critiques, les mauvaises paroles, tout ce que l’on ne peut pas dire ou faire à la ville. Ici tout est permis, même maltraiter les animaux, surtout les chiens de chasse. Antoine nous donne la méthode de chasse des sangliers qui consiste à leur donner à manger hors période chasse pour les transformer en animaux domestiques qui resteront sur place et se feront tuer plus facilement.

Antoine, l’instituteur, se fera également critiquer. Au lieu de faire travailler les petits dans des livres, il les emmène découvrir la mer, la montagne, tout ce qu’il y a autour d’eux et pourtant un monde inaccessible.

Les gens partent de plus en plus, les vieux meurent et le maire pour garder son école ouverte fait venir des familles défavorisées avec des enfants.

J’habite un village des hauts-cantons depuis 2016 et je peux vous dire que pas grand chose a changé. Internet a amené la modernité, certes, mais le fond est le même, les valeurs les mêmes et il m’arrive de rencontrer des gens qui me font penser à ce récit.

J’ai adoré ce livre mais les ronces griffent et blessent.

 

Posté par pyrouette à 09:06 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

Commentaires

    il me tente, j'aime les extraits et le thème. je note....

    Posté par Eve-Yeshe, 25 août 2017 à 13:56

Poster un commentaire