la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

La mort de Santini

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Pat Conroy

ISBN : 295601210X

Éditeur : LE NOUVEAU PONT (12/09/2017)

Traductrice : Marie Bisseriex




4ème de couverture :

« J’ai détesté mon père bien avant de savoir qu’il existait un mot pour la haine. »

Ce livre en forme de mémoires se lit comme un roman. Pat Conroy, auteur acclamé du Prince des Marées, revient ici sur sa relation avec son père, pilote de chasse émérite chez les Marines mais patriarche maltraitant sous son propre toit.

Aîné d’une fratrie de sept enfants trimbalés de base aérienne en base aérienne à travers tout le Sud des États-Unis, Pat témoigne du lourd tribut payé par tous du fait de la cruauté du père. Mais La Mort de Santini est un livre de réconciliation. Père et fils avaient fini par trouver un terrain d’entente et ce père tant haï lui manqua terriblement après sa mort. Dans ce récit passionnant, c’est toute la destinée des Conroy que l’auteur passe au crible, y compris celle de sa mère Peg, la ligne de vie qui le reliait à un monde meilleur, celui des livres et de la culture.

De sa belle plume d’écrivain du Sud, parsemée d’humour, Pat Conroy nous emmène des Appalaches jusqu’à l’Irlande, en passant par Chicago et par sa bien-aimée Caroline du Sud.



Extraits :

“J'ai dû me battre pour être témoin de ma vie et pour l'enregistrer en mémoire. Je connais bien la douleur tapie derrière les pertes de mémoire nées du chaos.”

 

“Mon enfance ne fut que le prélude et le creuset du bazar que j'allais provoquer dans ma vie d'adulte.”

“Depuis ma toute jeune enfance, j'ai toujours été familier du désastre et de la catastrophe mais je me méfiais du triomphe, sous toutes ses formes. Les mauvaises nouvelles sont mon terrain de prédilection et c'est dans les bagarres que je me sens le plus chez moi.”

“Je ne crois pas aux familles heureuses. La famille est un vaisseau trop fragile pour parer aux risques de toutes les pulsions guerrières en action quand un tel groupe se retrouve sur un même terrain. Quand une famille se réunit dans l'harmonie, chacun sait bien que toutes les issues ont été minées avec des explosifs artisanaux.”

“Ma famille est ma ration d'enfer, ma flamme éternelle, mon destin et mon temps sur la croix.”

“Pour nous, l'amour était un cercle et un labyrinthe dont tous les passages et les culs-de-sacs étaient gardés par des monstres, créés par nous-mêmes.”

“Mais j’avais besoin de douceur dans la vie et d’une source infinie de compréhension.”



Mon avis :

Dans mon petit larousse en couleurs que je traine depuis mon enfance la définition de famille me fait plutôt rire : "Le père, la mère et les enfants", groupes d'êtres ou des choses présentant des caractères communs"

Cette phrase faisait partie de mon avis sur Beach Music, elle est valable pour cette autobiographie. Et cela m’étonne toujours autant : comment ces sept enfants peuvent avoir l’esprit de famille en ayant subi violence et maltraitances en sillonnant le pays en long en large selon les affectations du père militaire ?

Dans la fratrie un se suicidera, une aura des problèmes psychiatriques importants et Pat, le narrateur et l’aîné traînera sa vie d’adulte de dépressions en dépressions.

Malgré tout, ils resteront proches de leurs parents. Pat vouera un amour inconditionnel à sa mère, alors qu’elle est aussi responsable que son mari de la situation. Elle poussera le bouchon à demander le divorce,  alors que les enfants sont devenus des adultes.

Le grand Don qui a frappé et maltraité femme et enfants en sera tout penaud et malheureux ne comprenant pas les raisons de son épouse. Il arrivera même à devenir célèbre à travers les romans de son fils en niant la réalité.

Pourtant ce récit, loin d’être un conte de fée, est une déclaration d’amour, une réconciliation entre Pat et Don. Autour d’eux gravite la famille au sens large du terme.

Un style tendre et cynique, des situations cocasses, des souvenirs douloureux et une acceptation de ce qu’on ne peut pas changer. À lire !

Un grand merci à Babelio et aux Éditions Le Nouveau Pont pour cette lecture passionnante.

 

Posté par pyrouette à 10:15 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

  • "familles je vous hais" dirait...
    je n'ai encore rien lu de Pat Conroy alors pourquoi pas?

    Posté par Eve-Yeshe, 25 septembre 2017 à 14:29
    • ça remue quand même !

      Posté par pyrouette, 01 octobre 2017 à 10:49

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