la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Repose-toi sur moi

Repose-toi-sur-moi

 

 

Serge Joncour

ISBN : 2081393980

Éditeur : FLAMMARION (17/08/2016)





4ème de couverture :

 

Aurore est une styliste reconnue et Ludovic un agriculteur reconverti dans le recouvrement des dettes. Ils n’ont rien en commun si ce n’est un curieux problème : des corbeaux ont élu domicile dans la cour de leur immeuble parisien. Elle en a une peur bleue, alors que son inflammable voisin saurait, lui, comment s’en débarrasser. Pour cette jeune femme, qui tout à la fois l’intimide et le rebute, il va les tuer. Ce premier pas les conduira sur un chemin périlleux qui, de la complicité à l’égarement amoureux, les éloignera peu à peu de leur raisonnable quotidien.

Dans ce grand roman de l’amour et du désordre, Serge Joncour porte loin son regard : en faisant entrer en collision le monde contemporain et l’univers intime, il met en scène nos aspirations contraires, la ville et la campagne, la solidarité et l’égoïsme, dans un contexte de dérèglement général de la société où, finalement aimer semble être la dernière façon de résister.



Extraits :

 

“Pourtant, c'est rude parfois, c'est rude de tout comprendre des autres, de tout en ressentir immédiatement.”

“Parfois, à des carrefours inattendus de la vie, on découvre que depuis un bon bout de temps déjà on avance sur un fil, depuis des années on est parti sur sa lancée, sans l'assurance qu'il y ait vraiment quelque chose de solide en dessous, ni quelqu'un, pas uniquement du vide.”

“Ce n'est jamais facile de regarder les choses en face.”

“On est si petit au regard d'une peur qui ne finit pas de croître en nous.”

“Parfois on croit s'intéresser aux autres alors qu'on ne fait que s'en servir.”

“C’était cette même sensation qui l’assaillait, cette impression d’être surplombée, et ça l’affolait.”

“Son coup de sonnette eut l'effet d'une douche froide. C'est la jeune femme qui vint lui ouvrir. C'était souvent les femmes qui lui ouvraient, ce sont elles qui vont au-devant des choses, pas trop les hommes.”



Mon avis :

 

C’est une impression bizarre de lire des ressentis de deux personnages qui ressemblent aux tiens du moment. Tu as l’impression d’être avec eux dans leur histoire à moins que ce ne soit l’écriture raffinée de l’auteur  qui n’épargne aucun détail.

Ludovic vit à Paris dans la partie de l’immeuble qui n’est pas rénovée, celle des courants d’air dans l’escalier, celle des petits logements occupés par des gens vieillissants. Son physique est imposant, rassurant, lui, l’ancien joueur de rugby, qui se doit d’être toujours fort. Il vient de la campagne, est veuf, et descend régulièrement dans la ferme familiale qu’il a laissé à sa soeur et son beau-frère. Il constate l’étendue des dégâts des pesticides, sa femme en est morte, les absences de sa mère qu’on traîne comme un légume du fauteuil au lit. Il fait face Ludovic, dans sa famille, dans son boulot, quand il aide ses voisines âgées. Il est bienveillant Ludovic.

Aurore est l’opposé de Ludovic. Elle vit à Paris, dans la partie de l’immeuble rénovée, confortable, dans un grand appartement avec son mari et ses enfants. Elle est délicate, un peu bourgeoise, dans une vie agréable mais depuis quelques temps se sent bien seule. L’impression de marcher sur un fil, d’être au bout de tout, même de ses enfants, parfois. Aurore a des angoisses, des peurs, des phobies.

La rencontre de ces deux êtres est celle de deux mondes différents, opposés. La petite fragile parisienne et le grand bonhomme protecteur, la campagne et la ville, le clinquant et l’authentique.

Une brève histoire d’amour, de manipulation, de traumatismes.

Les deux mondes s’échangent voyant dans l’autre, dans un moment de clairvoyance, les ratés, les gentilles manigances aux conséquences désastreuses. Le grand protecteur, avec sa violence latente, est un être fragile, et la délicate angoissée un être manipulateur. Et si c’était un peu plus compliqué ?

L’épilogue est savoureux ! Je ne vous raconte que les personnages, je vous laisse découvrir cette histoire clairvoyante qui représente bien notre société.






Posté par pyrouette à 11:18 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    j'ai bien aimé cette histoire qui est restée en fait bien présente dans ma tête.
    Serge Joncour est venu à la bibliothèque et sa manière de créer m'a beaucoup touchée

    Posté par Eve-Yeshe, 05 décembre 2017 à 14:09

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