la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Tout homme est une nuit

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Lydie Salvayre

ISBN : 2021173704

Éditeur : SEUIL (05/10/2017)




4ème de couverture :

 

Des hommes retournent sur d’autres la brutalité d’un ordre dont ils souffrent. Ils s’inventent à peu de frais de commodes ennemis. Certaines frayeurs en eux les agissent.

Des questions vieilles comme le monde mais d’une brûlante actualité, auxquelles SYlvie Salvayre donne ici forme littéraire.

Un roman, donc, et d’une causticité jubilatoire, où vont se faire face, d’une part : un solitaire, un lettré, un pas-tout-à-fait-pareil, un pas-tout-à-fait-conforme, un homme malade qui a choisi de se retirer dans un lieu de beauté, et de l’autre : les habitant d’un paisible village que l’arrivé de ce nouveau, cet intrus, bouscule et profondément déconcerte.

Très vite surgiront, entre l’un et les autres, l'incompréhension et la méfiance, puis les malentendus et les soupçons mauvais, puis les grandes peurs infondées et les violences que sourdement elles sécrètent. Puisque tout homme est une nuit.



Extraits :

 

“J'avais ce sentiment que si ma vie devait être brève, je la voulais sinon heureuse, tout du moins adoucie.”

 

“Les gens d'ici n'étaient rien pour moi et je ne souhaitais pas faire partie de leur monde.”

 

“Alors que je m'évertuais à n'exister qu'à peine, j'avais la pénible impression que, pour les gens d'ici, je n'existais que trop.”

 

“Et cette mauvaiseté, cette rosserie, cette vacherie, cette saloperie des hommes, cette disposition à nuire, à meurtrir, à briser, à salir, à rabaisser qui est en chacun paraît-il à des doses diverses et sous des noms divers, cette saloperie, ils la vomirent sur la gueule des autres. Pour l’épuiser. Pour en finir.”

 

 

Mon avis :

 

C’est l’histoire du racisme ordinaire dans un village français. Pas la peine de regarder la couleur de peau ou l’origine, on est toujours l’étranger de quelqu’un et je peux vous en parler. L’écrivain Serge Joncour écrit : “Où qu'on aille on est d'ailleurs, et c'est sans fin qu'on n'est pas d'ici.” Tout est dit, quand on ne veut pas s’abaisser à raconter les détails de la bêtise humaine.

Anas, malade, vient se réfugier dans ce petit village du sud de la france pour adoucir ce mauvais moment qu’il traverse. Il ne veut rien, ne demande rien.

Dans ce petit village, Marcelin tient le café des Sports. Et ce lieu qui pourrait être convivial est un concentré d’êtres mauvais. Bon vous me direz, la chasse, l’alcool et l’idiotie font bon ménage et de la frustration à l'intolérance il n’y a pas grand chose sinon la haine. C’est un endroit où  des hommes désoeuvrés et malheureux en ménage se retrouvent et passent le plus clair de leur temps en buvant.

Anas nous raconte son histoire dramatique et son effort pour se faire accepter des villageois et  nous avons droit au récit des habitués du bistrot avec un sectarisme bien prononcé. Au début ces hommes gardent un peu de dignité, puis s’indignent, se révoltent devant cet étranger. Ils vont aller loin, très loin dans leur arriération mentale, on ne peut pas arrêter cette animosité.

Anas ira demander de l’aide au maire du village mais les maires ont toujours un ton affable en minimisant les faits.

Et le pire se produira.

C’est une histoire sordide mais bien représentative de la réalité.

 

 

 

 

 

Posté par pyrouette à 20:36 - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires

    Gasp ! Une histoire à faire peur et donner des insomnies... A la fois tentant et effrayant 😕

    Posté par Plouf, 27 janvier 2018 à 20:51
  • j'ai bien aimé "Pas pleurer" de Lydie Salvayre mais je ne sais pas si je tenterai celui-ci, l'intolérance est tellement présente dans la vie actuelle que la retrouver encore dans un livre....
    j'ai eu ma dose avec "Bakhita", "Alma" etc

    Posté par Eve-Yeshe, 28 janvier 2018 à 13:54
  • Tout est dit dans le paragraphe du café des sports

    Posté par celadon7, 10 février 2018 à 18:52

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