la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Moi, Jean Gabin

 

Moi, Jean Gabin par Sapienza

Goliarda Sapienza

ISBN : 2370551275

Éditeur : LE TRIPODE (17/05/2017)




4ème de couverture :

 

La ville de Catane, en Sicile, au début des années 30. Le fascisme se déploie sur l’île, quand une enfant ressort exaltée d’une salle de cinéma de quartier.

Elle a la démarche chaloupée, une cigarette imaginaire au bec et l’œil terrible. Elle vient de voir le film Pépé le Moko et, emportée par cette incarnation du désir et de l’insoumission, elle n’a désormais plus qu’une idée en tête : être Jean Gabin.



Extraits :

 

“Chez moi tout le monde avait toujours tant à faire. Tant et tant qu'on était contraint soi-même aussi de s'inventer mille choses à trafiquer, à mener à bien, lire, jouer, parce que jouer et imaginer étaient eux aussi considérés, chez moi, comme un "faire".”

 

“Flairer le danger à distance est une prérogative de nous autres rebelles.”

 

“J'ai éprouvé d'autres fois ce vide terrible de ne pouvoir communiquer un enthousiasme.”

 

“La grande liberté de soi-même et de ses propres pensées n’est-elle pas quelque chose de plus douloureux qu’on ne saurait le dire ?”



Mon avis :

 

Si Natacha, bibliothécaire de mon village n’avait pas présenté ce livre lors du cercle de lecture, je serais certainement passée à côté d’une pépite. L’art de la joie vous dit quelque chose ? C’est le même auteur ou plutôt la même autrice.

Elle raconte quelque jours de sa vie, enfant. Goliarda, garçon manqué, vit avec son ami virtuel Jean Gabin qui incarne le courage et liberté pour cette fillette. Elle passe tout son temps dans la salle de cinéma du quartier la Civita ou elle vit avec sa famille fantasque. Sa mère, militante et adorée, son père avocat des pauvres, sont à la tête d’une tribu nombreuse. L’éducation libre mais non sans principes, donne beaucoup de temps libre à Goliarda. Un de ses frères est chargé de son éducation scolaire.

En sortant de la salle de cinéma, elle bouscule une fillette et sa mère. Elle doit gagner son argent de poche et le remettre à cette femme en dédommagement, conseil de sa propre mère. Goliarda va nous entraîner dans son quartier populaire, quêtant du travail ou des pièces pour honorer sa dette. Quand elle daigne rentrer, souvent, quelques membres de sa famille ont été arrêtés. Entre la mafia et le fascisme, cette famille garde le cap malgré les représailles.

La lecture de ce récit, oh combien, beau et enlevé donne envie de faire partie de cette famille haute en couleurs, libre et chaleureuse. L'ambiguïté de certaines scènes qui se veulent réconfortantes nous donne une autre version de la réalité si nous sommes capables de lire entre deux lignes. Les faits sont effleurés. La biographie en fin de livre nous éclaire un peu plus sur la vie au sein de cette famille.

Goliarda, fillette à l’esprit vif et imaginatif, deviendra une femme tourmentée et angoissée.

Posté par pyrouette à 11:51 - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

Commentaires

    oh dis donc, il fait envie ton commentaire (alors que le résumé éditeur ne me branchait pas du tout), je vais voir si je peux le trouver tiens.

    Posté par Plouf, 25 juin 2018 à 12:07
    • J'avoue que la biographie m'a apportée une clarté dans l'histoire mais c'est du beau !

      Posté par pyrouette, 26 juin 2018 à 11:17
  • je ne connais pas du tout, je le note illico car l’enthousiasme de ton commentaire est contagieux

    Posté par Eve-Yeshe, 25 juin 2018 à 18:26
    • Merci Eve

      Posté par pyrouette, 26 juin 2018 à 11:15
  • Oh j'avais lu "L'art de la joie" et j'avais beaucoup aimé le style d'écriture de l'auteure.
    Ton avis me met vraiment en appétit
    Gros bisous, Corinne, et bonne fin de soirée.

    Posté par Pahi, 25 juin 2018 à 20:08
    • L'histoire est intéressante et le style enlevé. Je ne me souviens pas si j'ai lu L'art de la joie, alors je l'ai réservé à la médiathèque. Gros bisous Denise

      Posté par pyrouette, 26 juin 2018 à 11:15

Poster un commentaire