la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Les rêveurs

 

Les Rêveurs par Carré

Isabelle Carré

ISBN : 2246813840

Éditeur : GRASSET (10/01/2018)




4ème de couverture :

 

Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées de l’époque, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d’écriture.



Extraits :

 

“Il y a des chocs silencieux, presque invisibles, qui modifient entièrement le fragile équilibre d'un être, et passent pourtant inaperçus.”

“Tout ce qui vient d'eux lui est égal désormais. Et tout ce qui ne viendra jamais.”

 

“Demander, y compris des petits riens, m'a toujours paru périlleux.”

 

“Elle espère juste trouver une place quelque part pour se sentir utile. Elle ne prétend pas être indispensable, mais qu'on l'attende chaque matin, qu'on compte sur elle la rassure.”

“Qu'est-ce qui cloche ? Qu'est-ce qui a tout fait déraper ? Ils n'ont pas toujours été si fragiles. Leur monde n'a pas pu chavirer comme ça, du jour au lendemain, sans signe avant-coureur.”

 

“Et puis, il y a toutes les joies, comme des éclaboussures de soleil, les secondes chances, si précieuses que je préfère les taire et continuer de les contempler en silence.”

 

“Mon sourire ne se force plus aujourd'hui, il sourit s'il en a envie. Cela semble une évidence. Mais d'autres savent comme moi combien cela peut demander du temps, beaucoup de temps, une lente et silencieuse révolution.”

 

“Le temps s'applique-t-il à adoucir les changements même ceux qui semblent les plus définitifs, jusqu'à les rendre insensibles ?”

 

“Je ne suis pas ce que je suis. Je continuerai comme ça, comme nous le faisons tous, parce que le reste n’est pas dicible. La partie émergée donne seulement l’idée de l’énormité silencieuse qu’on ne verra jamais."

 

 

Mon avis :

 

Isabelle raconte son enfance et la vie de ses parents, les rêveurs. Leur rencontre était improbable : la mère d’Isabelle enceinte et reniée par sa famille d’aristocrates qui attendait qu’elle accouche pour faire adopter l’enfant, et son père artiste refoulant son identité amoureuse. Pourtant le couple s’installe dans un appartement dans le 7ème arrondissement de Paris. Du rouge, de la couleur, des tableaux, un piano, Isabelle et ses deux frères grandissent dans un habitat peu adapté pour des enfants. Leur mère, secrétaire de direction, combat sans cesse ses démons, ses angoisses, sa fragilité. Les enfants grandissent livrés à eux-mêmes, sans réelle tendresse. Isabelle ressent de l’insécurité, sa mère n’est pas vraiment là, ne la sauvera d’aucun danger. Leur père peint, travaille et mène une vie parallèle et un peu secrète.

Les enfants ont du mal à trouver leur place à l’école.  La normalité est, pour eux, à la maison et celle des autres terrorise cette petite fille.

Une tentative de suicide à l’âge de quatorze ans fait comprendre à Isabelle qu’elle doit quitter ses parents qui se séparent, vivre seule malgré sa terreur, se construire. Son père ne combat plus son homosexualité, sa mère ses talents d’artiste. Ils trouvent l’un et l’autre une sorte de stabilité.

Isabelle trouve sa voie, sa passion : le théâtre. Quoi de plus réconfortant que de se mettre dans la peau de personnages différents ?

C’est un très beau récit de souvenirs, pudique et sobre. La plume de l’auteure, ferme et posée, fait remonter ses souvenirs, ses ressentis de petite fille, son enfance chaotique dans un désordre total et vécu.

Il est très difficile de donner son avis sur un roman lié à l’enfance, celui-ci est délicat.

 

Posté par pyrouette à 18:41 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    j'hésite encore... Les autofictions et moi, ça ne fait pas bon ménage, en général... mais comme tu as l'air d'avoir apprécié je tenterai peut-être

    Posté par Eve-Yeshe, 20 août 2018 à 16:29

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