la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Le poids de la neige

 

Le Poids de la neige par Guay-Poliquin

 

Christian Guay-Poliquin

ISBN : 1032902132

Éditeur : ÉDITIONS DE L'OBSERVATOIRE (10/01/2018)





4ème de couverture :

 

À la suite d'un accident, un homme se retrouve piégé dans un village enseveli sous la neige et coupé du monde par une panne d'électricité. Il est confié à Matthias, un vieillard qui accepte de le soigner en échange de bois, de vivres et, surtout, d'une place dans le convoi qui partira pour la ville au printemps, seule échappatoire. Dans la véranda d'une maison où se croisent les courants d'air et de rares visiteurs, les deux hommes se retrouvent prisonniers de l'hiver et de leur rude face-à-face.

Cernés par une nature hostile et sublime, soumis aux rumeurs et aux passions qui secouent le village, ils tissent des liens complexes, oscillant entre méfiance, nécessité et entraide.

Alors que les centimètres de neige s'accumulent, tiendront-ils le coup face aux menaces extérieures et aux écueils intimes ?



Extraits :

 

“Regarde. C'est un lieu plus vaste que toute vie humaine. Celui qui tente de fuir est condamné à revenir sur ses pas. Celui qui pense avancer en ligne droite trace de grands cercles concentriques. Ici tout échappe à l'emprise des mains et du regard. Ici, l'oubli du monde extérieur est plus fort que toute mémoire.”

 

“Nous allons désormais pouvoir mesurer notre désarroi.”

 

“Si on ne peut pas changer les choses, on finit par changer les mots.”

 

“Nous avons voulu fuir le sort qui nous était réservé et nous voilà engloutis par le cours des choses.”

 

“C'est un décor sans issue. Les montagnes découpent l'horizon, la forêt nous cerne de toute part et la neige crève les yeux.”

 

“Les grands choix de ma vie ont été faits il y a longtemps, je dois composer avec eux.”




Mon avis :

 

Il voulait voir son père. C’est pour ça qu’il est revenu dans son village natal. En arrivant il a eu un accident et s’est brisé les deux jambes. Il ne savait pas que son père était décédé récemment. Il ne savait pas que ce village rescapé, d’on ne sait quoi, n’avait plus d’électricité, n’était plus ravitaillé. Il ne restait que quelques habitants, ceux qui n’ont pas réussi à partir. L’hiver est là, la neige et le grand froid aussi. Un vigile, le pharmacien et la vétérinaire récupèrent l’accidenté et après réflexion décident de le confier à Matthias, un vieil homme, arrivé il y a peu, qui squatte la véranda d’une maison à une heure du village. Pour que Matthias accepte de s’occuper de lui, ils lui proposent une place dans un véhicule dès que possible pour qu’il puisse retourner en ville, du bois pour se chauffer et des vivres. Retourner en ville est comme une obsession pour Matthias, sa femme y est hospitalisée, le reste va lui faciliter la vie en attendant. Il accepte.

Au début notre narrateur dort beaucoup assommé par les médicaments prescrits. Puis petit à petit il reprend vie, reste immobilisé, regarde par la fenêtre en observant la nature figée par la neige et le froid, refuse de parler à Matthias qui monologue en cuisinant, en le soignant.

Régulièrement un habitant du village ramène des provisions, du bois, des médicaments, boit un café, discute de la situation avec Matthias et redescend au village.

Matthias règle sa journée avec des rituels. Instinctivement il sait que cela l’aidera.

La narrateur observe, écoute, ne répond pas et attend. Peu à peu il retrouve l’usage de ses jambes.

L’ambiance est pesante, glaçante et pourtant chaleureuse. Malgré les conditions de vie, on se sent presque bien à l’abri dans cette véranda. La cohabitation évolue, la solidarité des habitants n’existe plus, il n’y a plus d’espoir dans ce village et personne ne sait ce qui se passe plus loin dans les autres villages. Certains se sauvent, d’autres se terrent. Le narrateur et Matthias doivent se débrouiller seuls.

Encore une lecture addictive. L’évolution des rapports entre ces deux hommes est passionnante. Le décor est planté d’une telle façon qu’on est transporté dans ce village.

Posté par pyrouette à 16:09 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

    pays perdu

    Cela aurait pu se passer dans un village quasi déserté de la Creuse vers les moutiers d'Ahun où la neige et la froidure se plaisent en hiver , pays aux anciens terrils , vide de ses habitants sauf quelques anciens irréductibles habitués .Pas de télévision , un téléphone ancien à cadran pour communiquer pas de route mais des chemins tortueux invisibles en cette saison gélive , les jours se suivent la vie en ces lieux perdus soigner les bêtes, écouter la radio ,scier du bois , la routine qui maintient en vie La sonnerie du fixe est un bonheur

    Posté par lecracleur, 12 septembre 2018 à 11:18
    • Creuse, lozère, dans ces régions mais le lieu n'est pas identifiable, juste un village de montagne.

      Posté par pyrouette, 19 septembre 2018 à 16:34
  • retour à l'essentiel? Retrouver les vraies valeurs ou réflexion pessimiste sur la société?

    Posté par Eve-Yeshe, 12 septembre 2018 à 13:55
    • Ni l'un ni l'autre, juste une survie à deux dans un village de montagne.

      Posté par pyrouette, 19 septembre 2018 à 16:33

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