la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Fief

 

Fief par Lopez (II)

 

 

David Lopez

ISBN : 2021362159

Éditeur : SEUIL (17/08/2017)





4ème de couverture :

 

Quelque part entre la banlieue et la campagne, là où leurs parents avant eux ont grandi, Jonas et ses amis tuent le temps. Ils fument, ils jouent aux cartes, ils font pousser de l’herbe dans le jardin, et quand ils sortent, c’est pour constater ce qui les éloigne des autres.

Dans cet univers à cheval entre deux mondes, où tout semble voué à la répétition du même, leur fief, c’est le langage, son usage et son accès, qu’il soit porté par Lahuiss quand il interprète le Candide de Voltaire et explique aux autres comment parler aux filles pour les séduire, par Poto quand il rappe ou invective ses amis, par Ixe et ses sublimes fautes d’orthographe. Ce qui est en jeu, c’est la montée progressive d’une poésie de l’existence dans un monde sans horizon.

Au fil de ce roman écrit au cordeau, une gravité se dégage, une beauté qu’on extirpe du tragique ordinaire, à travers une voix neuve, celle de l’auteur de Fief.



Extraits :

 

“Pourtant il ne sort pas beaucoup, il attend qu'on vienne. Il est à la sortie de la ville, il y a un pré derrière, et la forêt plus loin. C'est calme. Cette maisonnette, il l'appelle sa grotte.”

 

“L'ennui, c'est de la gestion. Ça se construit. Ça se stimule. Il faut un certain sens de la mesure.”

 

“J’aime tout ce qui relate une vie où les règles de la société n’ont plus cours, et où ce qui était nécessaire devient superflu.”

 

"J'ai assez jardiné. J'ai bien aimé ça même si, en apercevant enfin le grillage sous les ronces que j'ai attaquées, j'ai comme de la peine pour elles. Elles n'ont rien demandé. Elles ne faisaient qu'accomplir ce que la nature leur dictait. Grandir. Moi-même je suis un genre de mauvaise herbe. Pas de plan. Pas de calendrier. Juste être."

 

 

Mon avis :

 

Jonas raconte sa vie, celle de ses amis d’enfance dans cette petite ville dortoir entourée de champs, de bois et de villages. Ils n’ont pas grandi dans la cité, pas plus que dans le quartier pavillonnaire riche. Un quartier à part, des lotissements de petites maisons ouvrières.  Jonas fait de la boxe, il aime ça, mais n’aime pas cogner. Lui c’est l’esquive, l’évitement, la fuite. D’ailleurs ses potes le surnomment deux rounds et demi, c’est ce qu’il tient en général.

Jonas et ses amis se retrouvent dans une maison ou l’autre selon le degré d’autonomie. Quand tu ouvres la porte, c’est le nuage de fumée qui t’accueille. Ils fument du shit et jouent aux cartes. Plus petits ils fumaient pour ne pas s’ennuyer, maintenant c’est un style de vie, ils fument, jouent aux cartes, discutent dans leur langage bien particulier et s’ennuient. Le père de Jonas fume aussi et Jonas doit s’occuper de l’approvisionnement pour son père et lui, pas le même dealer.

Jonas et ses amis ont une drôle de vie mais ce qui surprend, c’est qu’ils ne se plaignent de rien. Ils ne pensent pas à l’avenir, vivent dans le présent avec ce qu’ils ont à disposition, c’est à dire, pas grand chose, mais ça leur convient.

Une histoire sur des jeunes bien sympathiques. Jonas parle en caillera quand il est avec ses amis. Il reprend le français de base dans les descriptions de paysages ou de la boxe. C’est surprenant, mais j’ai aimé faire un petit bout de chemin avec ces jeunes. Mention spéciale humour pour l'explication de texte de Candide de Voltaire en caillera, du grand art !

 

Posté par pyrouette à 11:23 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    je ne suis pas sûre de tenter... La morosité actuelle me suffit... je note quand même pour le côté "humour"

    Posté par Eve-Yeshe, 29 octobre 2018 à 13:47

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