la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

Le bruit du dégel

 

Le bruit du dégel par Burnside

 

John Burnside

ISBN : 1022607979

Éditeur : MÉTAILIÉ (23/08/2018)




4ème de couverture :

 

Kate, étudiante à la dérive, fait des « enquêtes » cinématographiques dans les rues désertées des banlieues pavillonnaires. Son père vient de mourir brutalement et elle noie son chagrin dans la défonce. Au cours d’une de ses déambulations, elle rencontre Jean, une vieille dame en pleine forme qui coupe son bois et prépare des thés délicats. Jean propose un étrange marché : elle veut bien raconter ses histoires, mais à condition que Kate cesse de boire.

Tandis que Jean déroule le mirage du rêve américain et règle ses comptes avec quelques fantômes, Viêtnam, guerre froide, mouvements contestataires, Kate affronte enfin son deuil impossible et retrouve une place dans le monde.

Avec sa prose magnétique et tendre, John Burnside rend le monde aux vivants et rappelle que seules les histoires nous sauvent.



Extraits :

 

“On a tous intérêt à se rappeler quels enfants on a été.”

 

“Aujourd'hui, je sais qu'en réalité, on ne perd qu'une ou deux choses au cours d'une vie, peut-être même rien qu'une, dont tout le reste n'est que l'écho.”

 

“Quand on est connu comme quelqu’un qui ne plie pas, les gens trouvent des moyens de nous contourner. Ils nous en veulent de compliquer les choses, mais ils acceptent qu’on soit ainsi fait et cessent de nous considérer comme un individu pour ne plus nous traiter qu’en obstacle malencontreux.”

 

“C'était ça. Rien de plus.Le bruit du dégel. Une sorte de musique. Une fin, et un commencement. ici, et ailleurs.”



Mon avis :

 

Je ne sais pas comment je fais pour choisir mes lectures qui font un parfait écho à ma vie du moment. Ma critique va être brouillon, je le sais, pour cause de fatigue et de ressentis nombreux et contradictoires. Il y a quelques mois j’ai eu la chance d’être embauchée à un poste où je me sens à ma place. Mais voilà, même si je suis en jeans, baskets, très peu maquillée, pas très sophistiquée tout en étant propre et nette, j’ai 54 ans et demi. Et les conversations de mes très jeunes collègues étaient : ahhh elle est vieille, on aurait préféré une jeune…” Ouais...Le rapport avec ce récit ? Une rencontre entre deux femmes, belle mais improbable dans notre société où l’individualisme est une star, où la vieillesse est un dégoût.

 

Kate boit pour oublier, pour arrêter le temps, pour faire son deuil, mais surtout à cause d’une mauvaise rencontre avec un jeune cinéaste qui a besoin d’excès pour créer ses oeuvres.

Jean vit en solitaire et c’est un choix pour ne pas faire de concession, pour vivre avec ses souvenirs. Jean a choisi une autre façon d’arrêter le temps.

La rencontre de ces deux femmes, différentes et pourtant si semblables va leur permettre de se réparer, l’une et l’autre.

À travers le récit des souvenirs de Jean et de sa façon de vivre  son quotidien pour survivre à un traumatisme et la vie actuelle de Kate et ses ressentis, John Burnside arrête le temps, nous permet de nous poser, de reprendre notre souffle, de nous attabler avec ces deux femmes autour d’un thé et de beignets aux pommes. Parce que la vie, le bonheur après lequel nous courons tous est là dans les gestes quotidiens et répétés : couper le bois, faire un gâteau, regarder la nature, le ciel et écouter.

Écouter les histoires des autres et ne plus s’en raconter. Écouter la vérité de l’autre qui n’est peut être pas la réalité mais la sienne avant de devenir un secret. Écouter et ne pas entendre simplement.

Se régénérer au contact d’une amitié sincère, authentique sans jugement, en prenant le temps.

Vous connaissez le bruit que fait le dégel ?

 

Posté par pyrouette à 09:49 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

    très jolie critique, ça donne envie, même si la 4ème de couverture ne m'emballait pas.

    Posté par plouf, 12 janvier 2019 à 10:10
    • Merci Sabine.

      Posté par pyrouette, 15 janvier 2019 à 06:16
  • D'accord avec Plouf. Une quatrième de couverture pas du tout engageante. À l'opposé de ta chronique. Bon. Eh bien je fais quoi ? Je m'en remets à toi ?😃

    Posté par Christine /Marma, 12 janvier 2019 à 16:45
    • Merci Christine. Il faut du temps pour lire ce roman.

      Posté par pyrouette, 15 janvier 2019 à 06:17

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