la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

La place

 

La place par Ernaux

 

Annie Ernaux

ISBN : 2070377229

Éditeur : GALLIMARD (30/11/-1)





4ème de couverture :

Il n'est jamais entré dans un musée, il ne lisait que Paris-Normandie et se servait toujours de son Opinel pour manger. Ouvrier devenu petit commerçant, il espérait que sa fille, grâce aux études, serait mieux que lui.

Cette fille, Annie Ernaux, refuse l'oubli des origines. Elle retrace la vie et la mort de celui qui avait conquis sa petite "place au soleil". Et dévoile aussi la distance, douloureuse, survenue entre elle, étudiante, et ce père aimé qui lui disait : "Les livres, la musique, c'est bon pour toi. Moi, je n'en ai pas besoin pour vivre." Ce récit dépouillé possède une dimension universelle.

 

Extraits :

"Sous le bonheur, la crispation de l'aisance gagnée à l'arraché."

"Déjouer constamment le regard critique des autres, par la politesse, l'absence d'opinion, une attention minutieuse aux humeurs qui risquent de vous atteindre."

“Cette méchanceté était son ressort vital, sa force pour résister à la misère et croire qu’il était un homme.”

“Un manque continuel sans fond.”

“Peut-être une tendance profonde à ne pas s’en faire, malgré tout.”

“La même vie désormais, pour lui. Mais la certitude qu’on ne peut pas être plus heureux qu’on est.”

“J’ai glissé dans cette moitié du monde pour laquelle l’autre n’est qu’un décor.”

 

Mon avis :

L’auteure raconte la vie de son père après la mort récente de ce dernier. Elle plonge dans les origines de ses parents, de ses grands-parents. Le milieu agricole, puis ouvrier pour son père et ce petit commerce qui permet à ses parents  d’évoluer et d’occuper une place dans la société et surtout la vie de leur village. Ce père taiseux, fier, simple, donnant le meilleur à sa fille sans comprendre que cela va créer une frontière entre eux. Annie raconte son enfance aussi, l’ouverture sur un monde que ses parents ne connaissent pas et la distance prise au fur et à mesure du temps. La honte devient la place.

Il n’est pas facile d’écrire sur soi ou sa famille et l’auteure a enlevé tout affect de ses écrits. J’ai aimé ce récit d’une vie simple et d’un autre temps, d’un autre monde où la dignité prenait tout son sens.

 

Posté par pyrouette à 07:24 - Commentaires [9] - Permalien [#]
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Commentaires

  • j'ai gardé de cette lecture, un style froid dénué d'émotions... Je n'accroche pas au style de cette auteure alors je n'ai pas tenté de lire un autre de ses romans

    Posté par Eve-Yeshe, 27 avril 2019 à 14:41
    • Je pense que cette froideur est due à son éducation, les normands ne sont pas réputés pour montrer leurs sentiments.

      Posté par pyrouette, 28 avril 2019 à 20:26
  • Coucou Corinne,
    Merci pour ce beau billet qui, d'emblée, m'a fait penser à Lydie Salvayre vue à La Grande Librairie mercredi passé : "Marcher jusqu'au soir - Ma Nuit au Musée".
    Gros bisous et bon week-end à toi

    Posté par Pahi, 27 avril 2019 à 15:03
    • J'ai lu tout homme est une nuit de Lydie Salvayre, effroyable récit sur le racisme rural ordinaire. Annie est plus douce quand même, je pense que sa froideur est culturelle, les sentiments y sont.

      Posté par pyrouette, 28 avril 2019 à 20:25
  • Je fais une capture d'écran, car ce livre me parait très bien. Un peu triste aussi, Peut-être, au regard de l'éloignement entre un père qui me semble aimant et sa fille .. Je te remercie infiniment pour ta chronique.

    Posté par Christine/Marmar, 27 avril 2019 à 22:10
    • Je ne l'ai pas trouvé triste et j'ai aimé ce récit, tu me diras.

      Posté par pyrouette, 28 avril 2019 à 18:49
  • Gasp !!! Je l'ai à la maison, emprunté depuis 3 ou 4 semaines, je m'apprêtais à le lire. .. j'adore les coïncidences 😉

    Posté par Plouf, 28 avril 2019 à 01:10
    • Moi aussi ! J'ai hâte de lire ton avis.

      Posté par pyrouette, 28 avril 2019 à 20:22
  • Oui je te dirai. La prochaine fois que j'irai à la médiathèque, je l'emprunterai si ils l'ont.

    Posté par Christine /Marma, 28 avril 2019 à 19:37

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