la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

13 octobre 2019

Ultrasensibles au travail

Ultrasensibles au travail par Tomasella

Saverio Tomasella

ISBN : 2212570422

Éditeur : EYROLLES (05/09/2019)



4ème de couverture :

Un collègue ou votre chef vous ait-il déjà dit que vous preniez les choses trop à coeur ? Vous avez besoin de travailler au calme car le bruit vous épuise ? Vous avez tendance à être perfectionniste ? Pour vous, la bienveillance et l’écoute sont des qualités professionnelles essentielles, tout comme l’intuition et la générosité ?

Il se peut que votre grande sensibilité vous prédispose à subir de plein fouet un environnement professionnel fondé sur la performance et la compétition, engendrant conflits, brouillage des repères et perte de sens.

 

Extraits :

"Une sensibilité vive est extrêmement éprouvée dans les entreprises ou les administrations où les moqueries vont bon train, où il est coutume de tourner les autres en dérision, de les discréditer à la moindre occasion. C'est même devenu un sport collectif très répandu. Bien des plaisanteries s'avèrent véritablement blessantes. C'est d'ailleurs le plus souvent leur intention, cachée ou non. Celle ou celui qui n'arrive pas à les supporter s'attire encore plus de moqueries dans un cycle sans fin de dévalorisations, donc de mises à l'écart. Ne nous voilons pas la face. Certaines entreprises pratiquent le bizutage au quotidien : sans cesse sur la corde raide, nous n'avons pas de répit, et les plus sensibles deviennent des cibles idéales pour les cyniques et les railleurs, qui jouissent à bon compte de l'effort de leurs remarques disgracieuses. Comment ne pas être anxieux et stressé dans de telles conditions ?" 

 

“Aujourd’hui, une des pires injustices consiste à rendre les individus responsables des problèmes qui relèvent du collectif.”

 

“Les individus doivent devenir lisses, interchangeables, sous couvert de polyvalence.”

 

“Je m’acclimate mal à ce monde normé, compétitif et grégaire. C’est un vase clos, peu stimulant intellectuellement et très égocentré.”

 

“D’après mon enquête, le reproche le plus courant, qui blesse instantanément, est : tu es susceptible.”

 

“Je suis habituée à vivre en état de choc au boulot. Et à n’en rien donner à voir. Je surveille constamment mes paroles et mes attitudes.”

 

“Beaucoup de personnes que j’ai interrogées sur la pire des situations possibles au bureau l’ont décrites ainsi : pas de place attribuée, pas d’objet personnel, une table de travail qui change chaque jour de place. Une forme de cruauté institutionnalisée.”

 

Mon avis :

C’est une amie Babeliote, Palmyre, qui présentait ce livre. Ils arrivaient tous deux au moment où j’en avais besoin. J’ai écrit un petit commentaire, d’autres ami(e)s ont fait de même et je me suis rendu-compte que je n’étais pas si seule que ça. Je sais pourquoi je suis hypersensible,  je m’accepte et accepte les autres je ne le cache pas et j’ai la chance d’être bien entourée dans ma vie personnelle.

C’était le poste inespéré, un remplacement, contrat de six mois, secrétaire médico-sociale. Lors de l’entretien, l’ancien boss a été très clair sur les difficultés que je risquais de rencontrer. Le type était lucide. Le service en pleine réorganisation profonde, des départs, des burn-out, des rébellions, de la mauvaise foi aussi, mais bon, six mois c’est tenable. 

Deux mois plus tard alors que je me retrouvais seule au poste et plus chouchoutée par les anciennes secrétaires parties vers d’autres horizons,  la moitié de l’équipe ne m’adressait toujours pas la parole. Les arrêts de travail se sont succédés, non pas pour moi, pour les collègues, me mettant en difficulté car seule sur le poste au lieu de trois. 

Un mois plus tard, un lundi matin en rentrant dans le service, j’ai senti mon coeur s’affoler. Je me suis retrouvée aux urgences pour hypertension et avec un traitement que je dois prendre à vie. Je vais loin, hein ? De susceptible, comme j’encaisse, je suis devenue parano en très peu de temps. Je me suis retrouvée seule, une nouvelle fois cet été avec une nouvelle secrétaire à former car le contrat a été renouvelé… Deux mois… Puis encore deux mois… et encore deux mois.

Ce travail que j’adore est devenue une souffrance. Alors que certaines s’amusaient à mettre  en doute les paroles entendues (je suis parano, n’est-ce-pas), la nouvelle secrétaire a confirmé avoir entendu les mêmes paroles. Je n’avais pas de doute, hein, mais je me demande encore jusqu’où elles peuvent aller dans la maltraitance ou du moins dans l’essai.

Alors j’ai commandé le livre, juste pour réviser mes bases. Je l’ai commencé, retrouvant mes repères mais m’énervant si j’étais interrompue dans la lecture, un peu dans le même état dans lequel je suis, après une journée de travail, exaspérée. Jusqu’à la moitié du livre, j’arrivais à prendre du recul, je peux surmonter tout ça. Et puis arrivée à la dernière partie, en lisant des témoignages et l’avis des experts sur des situations bien précises, j’ai senti à nouveau mon coeur s’affoler, les situations décrites étaient exactement celles que je supportais, jusque dans la description de mes collègues, jusque dans la description de mon poste, aucun bureau personnel, un truc de dingue.

Cela fait quelques heures que j’ai fini le livre et même si je suis rassurée et lucide sur mon ressenti, je sais que je dois régler cette situation assez rapidement. Merci Palmyre et merci l’auteur.

Posté par pyrouette à 18:11 - Commentaires [7] - Permalien [#]

Commentaires

  • Le lieu où on travaille est très rarement un lieu où on rencontre des personnes bienveillantes...

    Posté par Cristine Verlédè, 13 octobre 2019 à 19:24
  • ... courage, chère Corinne, tu as tout compris ! Prend les décisions qui s'imposent !
    Même métier, de terribles souffrances,... c'est du harcèlement moral !!! Je ne le lirai pas, je l'ai vécu et payé extrêmement cher ...
    Merci d'en parler, cela peut aider d'autres lecteurs/lectrices à voir la réalité en face.
    Gros bisous et une semaine aussi bonne que possible ! Je te le souhaite de tout coeur

    Posté par Pahi, 13 octobre 2019 à 20:57
    • C'est un sujet tabou mais j'ose

      Posté par pyrouette, 14 octobre 2019 à 11:51
  • j'ai fait l'impasse volontairement... L’hypersensibilité est un problème qui me touche de près

    Posté par Eve-Yeshe, 14 octobre 2019 à 14:06
    • Tu as bien fait, c'est un livre déstabilisant.

      Posté par pyrouette, 16 octobre 2019 à 06:56
  • chut

    J'aime le calme en intérieur comme en extérieur.Au labo photo j'entend le chant du silence interrompu parfois par le compte pose une bonne façon de ressourcer ses oreilles qui le long d'une journée entendent divers bruits , ténus, sourds , explosions bruits de foules dans les gares Pour mon équilibre journalier dès que j'ai l'occasion télé éteinte ainsi que radio je me ferme au monde bruyant .

    Posté par celadon7, 20 octobre 2019 à 16:52
    • Ton témoignage me touche, merci Potier.

      Posté par pyrouette, 21 octobre 2019 à 06:25

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