la vie de ma voix intérieure

Certains humains sont plus doués que d’autres. Certains sont faits pour accomplir. D’autres pour détruire. D’autres pour sauver. Mais la plupart des humains ne sont pas faits pour quoi que ce soit. Thomas Vinau

Carambole

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Jens Steiner

ISBN : 2371190004

Éditeur : PIRANHA (2014)




4ème de couverture :

 

Un village écrasé par une chaleur estivale précoce. Trois adolescents désoeuvrés errent en se lamentant qu'il ne s'y passe jamais rien; une mystérieuse troïka se réunit régulièrement pour manger, boire et jouer au carambole; un étrange vagabond apparaît là où personne ne l'attend pour disparaître aussitôt.

Chacun des douze tableaux qui composent ce roman suit un ou plusieurs personnages que le lecteur attentif retrouve ensuite à l'arrière-plan ou hors champ. Leurs histoires anodines forment un kaléidoscope et font apparaître un tableau peint par petites touches dans lequel la torpeur et l'indolence qui se sont emparées des habitants du village masquent mal les frustrations de personnages parvenus au point de rupture.

Pourtant, les événements s'enchaînent : une explosion de voiture dans une usine, une star du tennis qui disparaît, un terrible accident de voiture, un flirt entre adolescents qui tourne mal, une mort inexpliquée...

 

 

Extraits :

 

“Si j'ai appris quelque chose dans ma fichue vie, c'est ceci : être rigoureux avec soi-même, sinon il est trop tôt trop tard.” (Le dos au mur)

 

“Il ne faut pas la diaboliser, la servitude. C'est le mot seulement qui sonne si fort l'inhumain.”(Le dos au mur)



“Il faut être large d'esprit avec les aléas de la vie. De toute façon, ça ne se passe jamais comme on veut.” ( Bredouille)

“Quiconque a grandi dans une famille comme la mienne et l'a quittée pour toujours considère le bonheur comme une grandeur mesurable.” (Pause et cetera)

 

“Après avoir osé, il y a de nombreuses années, sauter du bord de la mauvaise assiette, sur laquelle ma vie presque oubliée entre-temps se trouvait, me voilà, en tout-cas, assis maintenant sur le bord de la bonne. Ce fut un saut possible au dernier instant. Sur mon nouveau bord, je suis on ne peut plus heureux.” (Pause et cetera)

 

“Début et fin. Je suis certain que les deux existent. Mais ils ne sont jamais ce qu’ils semblent être.” (Pat)

 

“Un après-midi d’été prenait son élan. À la fois joyeux et indolent, insouciant et hésitant. Il ne se passait rien. Tout se passait.”



Mon avis :


L’auteur saisit des instants de vie des habitants d’un village. Il fait chaud, très chaud et la saison estivale est bientôt là. En douze tableaux, comme autant de dominos en équilibre, le chaos de la vie des uns a des répercussions sur la vie des autres, comme une dégringolade inexorable. La chaleur attise les mauvais sentiments, les frustrations, les dépressions. Des trois adolescents qui traînent leur ennui comme un boulet à la famille qui se croit heureuse en étant malheureuse et,  en passant par les deux frères qui ne se parlent plus depuis des décennies, épiés par le responsable de la mort de leurs parents, rien n’échappe à la plume lente et pourtant bien affûtée de cet écrivain. Un style différent pour une lecture agréable.

Posté par pyrouette à 10:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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