la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

L'art de perdre

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Alice Zeniter

ISBN : 2081418010

Éditeur : FLAMMARION (16/08/2017)

 

Prix Goncourt des Lycéens



 

 

4ème de couverture :

 

L'Algérie dont est originaire sa famille n'a longtemps été pour Naïma qu'une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?

Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu'elle ait pu lui demander pourquoi l'Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l'été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l'Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?

Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l'Algérie, des générations successives d'une famille prisonnière d'un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d'être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

 

 

Extraits :

 

"Pendant les journées de gueule de bois, elle touche du doigt l'extrême difficulté que représente être vivant et que la volonté réussit d'ordinaire à masquer." (Prologue)

"À quel moment a-t-il décidé que sa détresse avait la taille d'un pays manquant et d'une religion perdue ?" (Prologue)

L'argent n'est rien en soi. Il est tout dès qu'il se transforme en une accumulation d'objets.

"La politesse se rend. L'amitié se partage. On ne fait pas des sourires ni des courbettes à ceux qui ne nous disent même pas bonjour."

"Ils veulent une vie entière, pas une survie."

"Dans sa tête, ça fait comme un bruit d'ongles sur un tableau noir."

"Tout est facile. C'est ce qu'on voulait, non ? Qu'on choisisse un côté ou l'autre, ce qu'on voulait c'est que ça devienne facile pour nos enfants…"

"C'est violent, une vie."

"Il se dit parfois que s'échapper prend plus de temps que prévu, et que s'il n'a pas fui aussi loin de son enfance qu'il le souhaiterait, la génération suivante pourra reprendre là où il s'est arrêté."

 

 

Mon avis :

 

Une histoire familiale tendre et violente, subtile et belle. Ce n’est pas mon histoire mais c’est un bout de mon enfance puisque j’ai grandi dans une cité ouvrière et j’ai lu cette fresque avec bonheur, impatience et à la fois triste de finir cette histoire.

Naïma, fille de Hamid et Camille, ne s’est jamais posée de questions sur une partie de ses origines jusqu’aux attentats. Elle a grandi avec cette grand-mère aimante qui ne parle pas français, qui cuisine pour tous. Ses nombreux oncles et tantes animent aussi cette famille dans ce tout petit logement hlm.

Alors dans cette quête des origines nous commençons par la vie d’Ali en Kabylie. Jusqu’aux évènements tragique d’Algérie, il menait son petit bonhomme de chemin, avec ses deux frères, dans son domaine qu’il agrandissait selon les naissances.

Il a préféré partir et rejoindre le continent, lui, l’ancien combattant français de la deuxième guerre mondiale. Avec sa femme Yema, ses deux fils et sa fille, il prend le bateau pour fuir la guerre et pour un avenir meilleur.

La famille sera parquée dans un camps de toile dans le sud de la france pendant quelques mois puis dans des tous petits chalets ou la débrouille sera de mise, puis par chance, du moins le croit-il, la famille a obtenu un logement à Flers en Normandie.

Ali deviendra ouvrier, Yema s’occupera de la maison et Hamid grandira en s’accrochant pour apprendre le français correctement, pour rattraper le niveau des autres élèves, ce qu’il fera brillamment. Il ne comprend pas pourquoi ses parents courbent le dos pour tout en remerciant même ceux qui tournent la tête en les voyant. Il a un peu honte aussi.

Dès qu’il le pourra il quittera sa famille et ce HLM. Il rencontrera Camille, obtiendra un bon poste à la CAF n’ayant pas d’autres rêves que de se fondre dans la masse, et aura quatre filles dont Naïma. Il ne voudra jamais retourner en Algérie.

Naïma le fera pour lui, remontant jusqu’au village de son grand-père. Elle voyagera dans ce pays avec peur, malgré les belles rencontres. Elle reviendra apaisée et clairvoyante, laissant derrière elle le passé et ses origines. Comme tous ceux qui n’ont pas de point d’ancrage, elle restera en mouvement.

Un style vif et sublime, un récit grandiose.

 

 

 

 

 

 

 

Posté par pyrouette à 13:25 - Commentaires [6] - Permalien [#]
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Commentaires

    j'ai beaucoup aimé ce livre, très bien écrit, plein d'émotion et de sincérité

    Posté par Eve-Yeshe, 19 mars 2018 à 13:53
    • Oui une belle histoire

      Posté par pyrouette, 19 mars 2018 à 16:19
  • Rha la la ton avis fait envie !! J'ai beaucoup hésité face à ce livre. Comme toi ce n'est pas mon histoire mais j'ai grandi avec dans la banlieue parisienne nord des années 70, ma nounou était pied-noir, etc. Bon... vais essayer de le trouver.

    Posté par plouf, 19 mars 2018 à 14:52
    • Si tu as envie de lire ce livre alors que je n'ai rien dévoilé ou presque vas-y, fonce ! On a les mêmes souvenirs. Lirais-tu à travers mes lignes ?

      Posté par pyrouette, 19 mars 2018 à 16:18
  • Ah je suis contente que tu l'aies lu ! Je ne savais que penser... On est parfois hésitant quant à la lecture de certains livres.
    Mais vois-tu, je n'ai jamais regretté de lire un livre conseillé par notre "Pyrouette"
    Merci et gros bisous à toi.

    Posté par Pahi, 20 mars 2018 à 12:02
    • Rhooooo merci Denise, tes mots me touchent, des bisous

      Posté par pyrouette, 22 mars 2018 à 08:22

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