la vie de ma voix intérieure

En totale reconstruction après deux années abominables passées en Lozère où j'ai appris que seuls les humains ne sont pas humains, je continue à partager ma passion de la lecture. Vous pouvez apprendre à me connaître à travers les citations.

La maison aux orties

 

La maison aux orties

Vénus Khoury-Ghata

ISBN : 2742760229

Éditeur : ACTES SUD (08/03/2006)




4ème de couverture :

 

Si les morts voulaient bien rester tranquilles, les écrivains pourraient inventer leurs histoires en toute quiétude.

Hélas, au moment où Vénus Khoury-Ghata commence ce nouveau livre, elle ne soupçonne pas dans quels conciliabules ses défunts vont l'entraîner.

C'est d'abord sa mère - pourtant analphabète - qui se penche par-dessus ses pages d'écriture, l'interpelle, la critique et y va de ses propres commentaires.

Surgit cette maison d'enfance entourée d'orties, où planent les ombres d'un père menaçant et d'un frère trop fragile dont l'amour de la poésie fut traité, mais nullement guéri, aux électrochocs.

Puis la silhouette de Jean, l'époux aimé, trop tôt et trop cruellement décédé. Et celle de M., peintre fantasque et narcissique, aux impérieuses prétentions de consolateur...

On n'en finit pas de vivre avec ceux qui ont fait de nous ce que nous sommes.

Voilà pourquoi ce roman aux inflexions très personnelles improvise une musique orphique, mystérieuse et envoûtante, œuvre de poète autant que de mémorialiste, à lire et à entendre telle une élégie, pour que vienne la nécessaire paix intérieure.



Extraits :

 

“Penchée par dessus mon épaule, mon analphabète de mère me dicte ses espoirs et ses désillusions.”

 

“Casser, faire du vacarme, produire du bruit est ma seule arme contre l'immobilité de l'air et celle du temps.”

 

“Il m’est impossible de fait la part du vrai et de l’inventé, de démêler la masse compacte faite de mensonges et de vérités.”



Mon avis :

 

Livre choisi à la médiathèque du village pour son titre. Besoin de réconfort et c’est ce que représente la maison. Les orties me faisaient penser à l’enfance, la nature.

Mais dans ce récit poétique, la maison aux orties est celle de l’enfance de Vénus. Sa mère analphabète et dépassée par les tâches journalières, laisse le jardin à l’abandon, alors les orties poussent griffant les jambes à chaque passage. Son père, un peu brute sur les bords ne fait que passer dans le récit surtout pour maltraiter le frère de Vénus, jeune homme différent, ne correspondant pas à l’idée que le père se faisait de son fils. Ils sont tous les trois décédés mais restent dans la vie de Vénus, surtout sa mère, qui regarde ses écrits par dessus son épaule en critiquant ou donnant ses avis, elle qui n’a jamais su lire.

Puis il y a Jean son amour, mort aussi, qui ne la laisse pas, il apparaît, lui parle, la conseille. Puis l’amant consolateur qui philosophe et ordonne un peu.

Vénus doit vivre et fait vivre ses morts. ses cris deviennent des écrits, ses chagrins, des regrets.

Comment faire le deuil de tous ces êtres aimés ?

C’est la mort du chat de son voisin, voisin un brin acariâtre et encombrant, qui va délivrer Vénus et lui permettre de laisser partir ses chers disparus.

Très beau texte.



Posté par pyrouette à 11:39 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    ta critique me donne envie je le note

    Posté par Eve-Yeshe, 12 août 2018 à 14:15

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